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Posts Tagged ‘bioéthique’

Agir pour le « care ». Liens entre philosophie et soin

Posted by Hervé Moine sur 6 août 2012

Des concepts pour penser le soin

La plateforme Ethique du Centre hospitalier Sainte-Anne et les animateurs de « Agir pour le care » poursuivent leur exploration des liens existant entre philosophie et soin. Chaque mois à partir de septembre se tiendront des moments de réflexion et d’échanges, ouverts à tous, dans l’esprit du séminaire « Approches philosophiques des figures du soin » organisé en 2010.

Agenda

19 septembre 2012 – L’ai-je bien techniqué ? Du système technicien au Gestell

  • Dominique FOLSCHEID, professeur émérite de philosophie, fondateur du master et doctorat de philosophie pratique – Université Paris-Est Marne-la-Vallée

31 octobre 2012 – Le dépistage relève t-il du soin ou du marché ?

  • Didier SICARD, professeur émérite, Université Paris Descartes

21 novembre 2012 – Le care, entre éthique et politique

  • Marie GARRAU, agrégée et docteure en philosophie

19 décembre 2012 – Littérature et vie morale

  • Solange CHAVEL, maître de conférences en philosophie à l’Université de Poitiers

16 janvier 2013 – La vulnérabilité : ces limites où tout s’inverse ?

  • Olivier ABEL, professeur de philosophie éthique à l’Institut protestant de théologie de Paris

Informations pratiques

Ces conférences se tiendront de 18 h à 20 h aux dates indiquées, sur le site de l’amphithéâtre Morel, pavillon Magnan

CHSA, 1, rue cabanis, 75014 Paris

L’inscription est obligatoire :

conference.plateforme.ethique@ch-sainte-anne.fr

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Quelle est notre attitude face à une personne vulnérable ?

Posted by Hervé Moine sur 11 novembre 2011

La vulnérabilité : danger ou richesse ?  Photo DR

La vulnérabilité : danger ou richesse ? Photo DR

Colloque international de Bioéthique

« la vulnérabilité »

à Paray-le-Monial

du 11 au 13 novembre 2011

Du 11 au 13 novembre se déroulera un colloque organisé par Bioéthique et vie humaine dans le cadre des activités d’amour et vérité.

Le thème retenu pour cette année est celui de la vulnérabilité avec cette interrogation danger ou richesse.

Quelle est notre attitude face à une personne vulnérable, quelle est celle de la société, comment l’accueillir et quelle est la position chrétienne face à cette thématique.

Pour apporter des éléments de réponses à cela, les organisateurs ont invité Mgr d’Ornellas, Catherine Perrotin, Pierre-Yves Gomez, et le père Christophe Liony. Des ateliers concernant le sujet et plus largement les questions de bioéthique se dérouleront tous les jours ainsi que des temps de rencontres et de partage.

Programme des conférences

Vendredi 11 : 14 h 45-16 h 15 : Mgr d’Ornellas, Les enjeux de l’accueil de la personne vulnérable.

Samedi 12 : 9 h à 10 h 30 : conférence 2, Pierre-Yves Gomez, vulnérabilité et société, de 16 à 1 7 h 30 : conférence 3 : Catherine Perrotin, Reconnaître la vulnérabilité, un enjeu de responsabilité.

Dimanche 13 : 9 h 15 : père Christophe Liony, Le sens chrétien de la vulnérabilité.

Inscriptions et renseignements, Emma 03 85 81 62 22.

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Ruwen Ogien visionnaire : Vers une profonde transformation de nos idées morales ?

Posted by Hervé Moine sur 28 octobre 2011

Ruwen Ogien, spécialiste de philosophie morale et de philosophie des sciences sociales

« Les innovations biomédicales peuvent seulement modifier nos conceptions de la vie bonne, pas de la vie juste. » Ruwen Ogien

Ci-dessous un article de Ruwen Ogien, titré « Ruwen Ogien, philosophe inquiet« , paru dans le blog des InRocks à l’occasion du 25ème anniversaire des Inrockuptibles, dans lequel il exprime sa vision du onde pour les 25 ans à venir.

Ruwen Ogien, philosophe inquiet

Si le génie génétique permet d’améliorer dans des proportions considérables notre taille, nos capacités athlétiques, notre vision, notre mémoire et notre intelligence, l’idée que nous nous faisons de ce qu’est un être humain « normal » pourra-telle rester la même ? S’il devient possible de surveiller et de manipuler les pensées à volonté, d’induire chimiquement dans les esprits toutes sortes de croyances, de désirs, de sensations, les notions d’expérience personnelle et de liberté de conscience intérieure pourront-elles résister ?

Si la transplantation d’organes naturels ou artificiels ne pose plus aucun problème technique, conserverons-nous l’idée que le corps humain est sacré, indivisible, hors commerce, ou finirons-nous par le voir comme un assemblage de pièces détachées qu’on peut librement vendre et acheter ? Si le clonage reproductif humain devient possible, pourrons-nous encore penser qu’un avenir personnel dont on ne sait presque rien est constitutif de notre identité ? Si le processus de vieillissement est mieux compris et mieux contrôlé, si nous vivons infiniment plus longtemps en bonne santé, nos conceptions de ce qu’est une vie « ratée » ou « réussie » pourront-elles être les mêmes ?

S’il devient possible de créer des êtres transhumains, posthumains, subhumains, cyborgs ou chimères, les idées que nous nous faisons des limites de la communauté morale, c’est-à-dire des êtres que nous avons choisi de ne pas traiter comme des choses, juste bonnes à exploiter et à consommer, ne risquent-elles pas d’être profondément transformées ? Si tout cela se réalise, nos idées morales seront-elles modifiées ? Il est probable que ces innovations biomédicales changeront nos idées de ce qu’est une vie bonne, heureuse, réussie, accomplie. Mais pourquoi devraient-elles changer nos idées de la justice sociale ? Pourquoi devraient-elles annuler l’exigence que chacun puisse avoir accès à ce que la technique propose, dans la mesure de ses désirs ou de ses besoins, sans discrimination selon l’âge, la condition sociale ou l’orientation sexuelle ? En fait, les innovations biomédicales peuvent seulement modifier nos conceptions de la vie bonne, pas de la vie juste. Elles ne seront donc pas très importantes du point de vue moral, tout au moins pour ceux qui, comme c’est mon cas, accordent une priorité à la vie juste sur la vie bonne.

Paru dans le 28 octobre : http://blogs.lesinrocks.com/25ans/2011/10/28/ruwen-ogien-philosophe-inquiet/

Dernier ouvrage de Ruwen Ogien

L’influence de l’odeur des croissants chauds sur la bonté humaine

Klinde éditions

Vous trouverez dans ce livre des histoires de criminels invisibles, de canots de sauvetage  qui risquent de couler si on ne sacrifie pas un passager, des machines à donner du plaisir que personne n’a envie d’utiliser, de tramways fous qu’il faut arrêter par n’importe quel moyen, y compris en jetant un gros homme sur la voie.
Vous y lirez des récits d’expériences montrant qu’il faut peu de choses pour se comporter comme un monstre, et d’autres expériences prouvant qu’il faut encore moins de choses pour se comporter quasiment comme un saint : une pièce de monnaie qu’on trouve dans la rue par hasard, une bonne odeur de croissants chauds qu’on respire en passant.
Vous y serez confrontés à des casse-tête moraux. Est-il cohérent de dire : « ma vie est digne d’être vécue, mais j’aurais préféré de ne pas naître » ? Est-il acceptable de laisser mourir une personne pour transplanter ses organes sur cinq malades qui en ont un besoin vital ? Vaut-il mieux vivre la vie brève et médiocre d’un poulet d’élevage industriel ou ne pas vivre du tout ?
Cependant, le but de ce livre n’est pas de montrer qu’il est difficile de savoir ce qui est bien ou mal, juste ou injuste. Il est de proposer une sorte de boîte à outils intellectuels pour affronter le débat moral sans se laisser intimider par les grands mots (« Dignité », « vertu », « Devoir », etc.), et les grandes déclarations de principe (« Il ne faut jamais traiter une personne comme un simple moyen », etc.).
C’est une invitation à faire de la philosophie morale autrement, à penser l’éthique librement.

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Bioéthique : plusieurs ouvrages qui interrogent les lois actuelles

Posted by Hervé Moine sur 11 février 2011

La bioéthique : questionnements et débats

Article publié dans non-fiction vendredi 11 février 2011 par Margaux Loire

http://www.nonfiction.fr/article-4242-la_bioethique__questionnements_et_debats.htm

Alors que les discussions au Parlement de la nouvelle loi de bioéthique commencent enfin, sortent plusieurs ouvrages qui interrogent les lois actuelles, mais aussi le projet de révision. Parmi ces ouvrages, deux ont particulièrement retenus notre attention. Il s’agit de l’ouvrage d’Irène Théry Des humains comme les autres et de celui de Sylvie et Dominique Mennesson La gestation pour autrui, l’improbable débat.

Le premier de ces ouvrages aborde la question de l’anonymat des donneurs dans le cadre de la procréation médicalement assistée. A travers cette réflexion, la sociologue Irène Théry, retrace le cadre historique et conceptuel du particularisme bioéthique français et élargit son propos, à la fois, aux questions de filiation juridique, d’homoparenté et de gestation pour autrui.

Le second ouvrage a été rédigé par des parents français d’enfants nées d’une gestation pour autrui en Californie en 2000 et qui ont connu les difficultés à la fois du parcours d’une gestation pour autrui et des suites judiciaires en France pour faire reconnaître la filiation, notamment maternelle. Leurs filles sont enregistrées à l’état civil de Californie comme étant nées de Sylvie et Dominique Mennesson et ont la nationalité américaine, alors que la Cour d’appel de Paris en 2010 a conclu à l’annulation des actes de naissance français des deux enfants.

Ce dossier a pour but de susciter un débat en donnant un maximum d’informations et non pas en confisquant le débat avec des idéologies ou des présupposés. Ces ouvrages doivent permettre d’ouvrir un débat qui n’aura pas réellement lieu au sein de l’hémicycle puisque les articles du projet de loi de bioéthique relatifs à la question de l’anonymat des donneurs de gamètes ont été supprimés par la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la bioéthique et que la question de la gestation pour autrui a été exclue très rapidement de tout projet.

Je m’étonne que ces questions ne fassent pas l’objet d’un débat auprès de notre représentation nationale, alors que dans le premier projet soutenu par Mme Bachelot-Narquin, alors ministre de la Santé, il était prévu de lever l’anonymat des dons de gamètes. La nomination de M. Xavier Bertrand comme ministre a eu pour conséquence de renvoyer le projet de loi en commission pour le rediscuter.

Dans un entretien accordé au journal Libération paru le 8 février 2011, Xavier Bertrand montre toute la personnalisation à l’œuvre dans les lois de bioéthique. En effet, tout comme pour d’autres lois qui touchent au vivant (bioéthique, fin de vie, peine de mort, etc.), il semble que la conviction d’une personne doive prévaloir sur la question du bien commun, la définition du bien commun n’étant pas unanime. Pourquoi les valeurs ou les modèles prônés par Xavier Bertrand ou par d’autres acteurs de la bioéthique (et pas toujours clairement explicitées) devraient-elles primer ?

C’est pour vous permettre de vous forger votre propre conviction que nous vous proposons une présentation de la révision des lois de bioéthique, du livre de Sylvie et Dominique Mennesson sur la gestation pour autrui et de celui d’Irène Théry sur l’anonymat du don de gamètes et la bioéthique plus largement.

rédacteur : Margaux LOIRE , Critique à nonfiction.fr

Illustration : Flickr / DeSarahaIsis

 

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Hans Jonas, une éthique fondée dans la vie et portant sur la vie

Posted by Hervé Moine sur 9 février 2011

L’Ethique de la vie chez Hans Jonas

colloque international

25 et 26 février 2011

Organisé par PhiCo, laboratoire de philosophie contemporaine de Paris I,

Catherine Larrère et Eric Pommier


Vendredi 25 salle 1 panthéon de 13h à 17h45

Samedi 26 amphithéâtre 2B Panthéon de 9h à 18h

Centre Panthéon, 12 place du Panthéon – 75005 Paris


L’Ethique de la vie chez Hans Jonas

Alors que l’humanisme dans sa dimension pratique instaure une opposition entre l’ordre de la vie et celui du devoir, au point que seul l’homme puisse être considéré comme sujet de respect, Hans Jonas s’efforce de définir une responsabilité de l’homme, en tant que vivant et pour la vie. S’il y a « une éthique de la vie chez Hans Jonas, c’est bien à la fois dans le sens où c’est par la vie que l’homme acquiert son statut de sujet moral et à la vie qu’il montre le respect auquel, en tant qu’objet éthique, elle a droit. C’est ainsi que Hans Jonas entend réconcilier la morale et la vie dans l’impératif éthique qu’il énonce, entre autres, de la manière suivante : « Agis de façon que les effets de ton action soient compatibles avec la permanence d’une vie authentiquement humaine sur terre ». On peut en effet se demander si la crise environnementale sans précédent que nous connaissons aujourd’hui, ainsi que les risques de « dévalorisation » que l’homme court, notamment dans le domaine des nouvelles techniques « médicales » ne résultent pas de la forme anthropocentrique que l’éthique a prise depuis l’avènement de la modernité, en faisant de la nature et de la vie un type d’être dépourvu de valeur. Ce colloque a donc pour objectif d’interroger la pertinence du dispositif jonassien qui propose une éthique fondée dans la vie et portant sur la vie. Une des pièces centrales de cette démarche, la question de la relation au nourrisson, sera examinée ainsi que ses conséquences au plan bioéthique.

Au programme de la première journée du colloque, 4 interventions sur le thème du fondement de l’éthique jonassienne :

Jeudi 24 février 2011

M. Regenaldo Da Costa, professeur à l’Université de l’Etat du Ceara au Brésil : « L’éthique de la responsabilité comme défense morale de la vie dans le contexte de la crise écologique du XXIème siècle (A ética da responsabilidade como defesa moral da vida no contexto da crise ecologica do Século XXI). »

M. Roberto Franzini Tibaldeo, Docteur et associé scientifique de l’Université de Turin : « From Dualism to the preservation of Ambivalence. Hans Jonas « ontological revolution » as the background for his ethics of responsability. »

M. Frédérick Bruneault, Docteur en philosophie : « Fondement de la valeur et de la finalité chez Hans Jonas. Le passage du bien au devoir-être dans le Principe de responsabilité peut-il faire l’économie d’une déduction transcendantale ? »

M. Etienne Bimbenet, Maître de Conférence à l’Université de Lyon III : « Reductio ad absurdum : la structure de l’argumentation antiréductionniste chez Hans Jonas. »

Vendredi 25 février 2011

Deux thématiques partageront la deuxième journée du colloque consacré à Hans Jonas, la première intitulée « Du soin du nouveau-né au respect envers les générations futures » et la seconde, « Dans le prolongement du Principes responsabilité : cosmogonie et bioéthique ». Pas moins de 8 intervenants se succèderont :

M. Philippe Descamps, Post-doctorant au CERSES : «  Le paradigme du nouveau-né chez Jonas ».

M. Hicham-Stéphane Afeissa, Directeur de programme au CIPh : « Nos enfants nous accuseront. Négligence coupable, repantance préventive et inversion de la flèche du temps ».

Mme Sylvie Courtine-Denamy, Docteur en philosophie de l’Université de Paris IV, chercheure associée au Centre Alberto Benveniste pour les études séraphades et au CEVIPOF : Natalité chez Hans Jonas et Hannah Arendt ».

Eric Pommier, Docteur en philosophie : « Le Principe responsabilité est-il un humanisme ? »

M. Jean-Claude Gens, Professeur à l’Université de Bourgogne : « Du Principe responsabilité aux conjectures de Matière, esprit et création ».

Mme Marie-Geneviève Pinsart, Professeur à l’Université libre de Bruxelles : « Mise en perspective bioéthique de la relation entre le « bio » et la « technique » chez Hans Jonas ».

M. Jacques Dewitte, Philosophe : « La critique existentielle du clonage de Hans Jonas ».

Mme Laura Bossi, Neurologue : « Hans Jonas et la polémique sur les critères de la mort à l’ère des greffes d’organes ».

Les deux journées du colloque s’achèveront chacune par une discussion générale.

Le programme complet du colloque international sur Hans Jonas (fichier PDF)

Contacts :

L’intérêt de Hans Jonas aujourd’hui

Philosophe d’envergure paradoxalement peu étudié en France et non-inscrit au programme de philosophie des classes de terminale, une lacune à combler. Eric Pommier, spécialiste du philosophe insiste sur l’intérêt de Jonas aujourd’hui.

« Hans Jonas est l’un des premiers, et même peut-être le premier philosophe de cette envergure, à avoir mis au cœur de sa pensée le souci de la nature et de la vie, souci qui occupe désormais une place de premier choix au sein des enjeux sociaux, économiques et politiques du moment. Sans lui nous ne parlerions probablement pas de la même façon du respect que nous devons aux générations futures, de la responsabilité que nous avons à l’égard de l’environnement ou des espèces, des précautions qu’il nous faut prendre en vue d’éviter des catastrophes qui affecteraient aussi bien l’homme que la possibilité de la vie en général.

Mais Hans Jonas est aussi paradoxalement un des philosophes qui reste assez peu étudié et assez peu travaillé en France. Il n’est d’ailleurs pas inscrit au programme de philosophie des classes de Terminale, lors même qu’il nous propose une analyse de premier plan du phénomène gnostique, une ontologie, une éthique générale et appliquée, des perspectives cosmogoniques et théologiques.

C’est cette lacune que ce colloque international, consacré à la dimension pratique de sa pensée, voudrait contribuer à combler.  » Eric Pommier

La lecture même du Principe responsabilité, convaincra assurément de l’intérêt de la pensée de Hans Jonas aujourd’hui.

En couverture : Paul Klee, Angelus Dubiosus, 1939

 

Hans Jonas

Le Principe responsabilité

Une éthique pour la civilisation technologique

Collection Champs essai chez Flammarion

En quatrième de couverture de l’édition Flammarion

Les morales traditionnelles sont devenues inopérantes en particulier pour les décideurs politiques. Hans Jonas propose une reformulation de l’éthique autour de l’idée de responsabilité, sous ses différents (naturelle et contractuelle), et voit dans les parents et les hommes d’Etat deux modèles essentiels ; il discute les idéaux de progrès et les utopies (d’où le titre qui rappelle Le Principe espérance d’Ernst Bloch) et dessine une philosophie de l' »espérance responsable » fondée sur le respect. L’accueil réservé à cette grande oeuvre – des philosophes aux décideurs politiques et des pédagogues aux scientifiques – témoigne de l’actualité d’une telle réflexion.

Présentation de Paul Klein, référence à l’édition reliée du Principe responsabilité du Cerf

L’homme moderne est désormais conscient que ses technologies peuvent aboutir à l’extinction de toute vie sur Terre. Cette éventualité n’est bien sûr qu’un possible, mais elle n’est pas improbable et la peur qu’elle provoque peut fonder une nouvelle éthique de la précaution qui invite l’humanité à empêcher que le pire ne se réalise.

Dans cet ouvrage, qui a participé au renouveau de la pensée éthique contemporaine, Hans Jonas approfondit une réflexion qui s’inscrit sans doute dans le courant écologiste, mais qui invite surtout à penser les devoirs qui nous lient aux générations futures. Si le monde nous a été prêté par nos petits-enfants, comme le rappelle un proverbe indien, il faut donc tout mettre en oeuvre pour que les conditions d’une vie future authentiquement humaine sur Terre ne soient pas compromises. Paul Klein

Extrait de la Préface

« Le Prométhée définitivement déchaîné, auquel la science confère des forces jamais encore connues et l’économie son impulsion effrénée, réclame une éthique qui, par des entraves librement consenties, empêche le pouvoir de l’homme de devenir une malédiction pour lui. La thèse liminaire de ce livre est que la promesse de la technique moderne s’est inversée en menace, ou bien que celle-ci s’est indissolublement alliée à celle-là. Elle va au-delà du constat d’une menace physique. La soumission de la nature destinée au bonheur humain a entraîné par la démesure de son succès, qui s’étend maintenant également à la nature de l’homme lui-même, le plus grand défi pour l’être humain que son faire ait jamais entraîné. (…) Ce que l’homme peut faire aujourd’hui et ce que par la suite il sera contraint de continuer à faire, dans l’exercice irrésistible de pouvoir, n’a pas son équivalent dans l’expérience passée. Toute sagesse héritée, relative au comportement juste, était taillée en vue de cette expérience. Nulle éthique traditionnelle ne nous instruit donc sur les normes du « bien » et du « mal » auxquelles doivent être soumises les modalités entièrement nouvelles du pouvoir et de ses créations possibles. La terre nouvelle de la pratique collective, dans laquelle nous sommes entrés avec la technologie de pointe, est encore une terre vierge de la théorie éthique. (…) La conscience croissante d’une crise qui nous menace suscite des livres tels que celui-ci. Quelle que soit la faiblesse de la parole face à la contrainte des choses et face à la poussée des intérêts, elle peut néanmoins contribuer à ce que cette conscience franchisse le pas de la crainte vers la responsabilité pour l’avenir menacé et que nous devenions ainsi un peu plus disponibles pour ce que la cause de l’humanité exigera de nous avec une urgence croissante. » Hans Jonas, Préface au Principe responsabilité, pp.15-16 et pp. 19-20 de l’édition Flammarion.

Pour se procurer l’ouvrage de Hans Jonas Le Principe responsabilité chez Flammarion ou Le principe responsabilité aux éditions du Cerf (édition relié)

 

 



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Débat bioéthique : le compromis ?

Posted by Hervé Moine sur 9 février 2011

La recherche sur l’embryon reste au coeur des débats

Article de Cécile Rouden paru dans La Croix, le 9 février 2011

http://www.la-croix.com/La-recherche-sur-l-embryon-reste-au-coeur-des-debats/article/2454714/4076

L’examen du projet de révision des lois de bioéthique qui a débuté mardi 8 février à l’assemblée nationale montre que les clivages sur cette question sont toujours très forts.

Loi de bioéthique après loi de bioéthique, la question de la recherche sur l’embryon reste au cœur des interrogations du législateur. Si la France a choisi avec constance depuis 1994 d’affirmer une interdiction de principe dans ce domaine, celle-ci a toutefois été assortie depuis 2004 de possibilités de dérogations.

C’est cette position jugée « équilibrée » que le gouvernement a décidé de reconduire dans le projet de révision des lois de bioéthique dont l’examen a commencé mardi 8 février à l’assemblée nationale.

« Cette position reste la bonne, a défendu le ministre de la santé, Xavier Bertrand en ouverture des débats, parce que cela montre l’importance que notre société accorde à la protection de l’embryon et que, dans ce domaine, les symboles ont toute leur importance ».

Une interdiction « vidée de sa substance »

Le projet du gouvernement apporte néanmoins deux nouveautés de taille par rapport à la précédente loi. D’une part, il met fin au moratoire qui limitait les recherches sur les cellules souches embryonnaires à 5 ans et, d’autre part il élargit son champ au diagnostic et à la prévention. « Grâce à un système pérenne de dérogation, j’ai acquis la conviction que la recherche médicale française ne sera pas freinée », a assuré le rapporteur de la commission spéciale, Jean Leonetti (UMP, Alpes-Maritimes).

Or, c’est bien ce « compromis » qui fait débat dans l’hémicycle. Le député socialiste de la Vienne Alain Claeys, qui plaide depuis longtemps en faveur d’une autorisation, a mis en avant les contradictions de la majorité sur cette question. « On peut s’interroger sur la nécessité de maintenir une telle interdiction, dès lors que l’on prévoit des possibilités d’y déroger » a-t-il insisté estimant que « la transgression a lieu au moment où l’on utilise des embryons surnuméraires voués à la destruction ».

Une argumentation reprise par le député écologiste Noël Mamère (Gironde), pour qui cette position est « illogique du point de vue juridique » puisque le principe de l’interdiction « est vidé de sa substance par la portée de l’exception dont il est assorti ». Il a jugé que la loi serait plus « lisible » et plus « conforme à la réalité » si elle prévoyait un régime d’autorisation précisément encadré.

Certains regrettent la « libéralisation » des expérimentations

Des députés de la majorité, hostiles à toute recherche sur l’embryon, n’hésitent pas également à remettre en cause ce « compromis ».

C’est le cas du député villiériste de Vendée, Dominique Souchet. « Inscrire dans la loi une dérogation à titre pérenne n’équivaut-il pas à son inscription comme principe ? » s’est-il interrogé, regrettant que le texte permette au contraire une « libéralisation » de l’expérimentation sur l’embryon. « Les progrès actuels de la recherche sont-ils tels que l’on peut abandonner cette expérimentation ? La réponse est non », a argumenté le député du Nouveau centre Olivier Jardé (Somme).

Nombreux sont cependant les députés de l’UMP qui ont récusé l’argumentation scientifique. Les recherches sur les cellules souches embryonnaires « outre les problèmes éthiques qu’elles posent, n’ont aucunement fait la preuve de leur intérêt thérapeutique et de leur pertinence scientifique » a expliqué Xavier Breton (Ain), favorable comme Jacques Remiller (Isère) à ce que l’on encourage des recherches alternatives à celles sur l’embryon.

« La science est libre, et nous devons être libres devant la science », a justifié le député UMP Hervé Mariton pour qui il revient au législateur « de fixer des bornes dans ce domaine ».

Céline ROUDEN

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Des humains comme les autres : un livre, une conférence

Posted by Hervé Moine sur 8 février 2011

Irène Théry

Des humains comme les autres

Bioéthique, anonymat et genre du don

Editions EHESS

 

Présentation de l’éditeur

Faut-il lever l’anonymat des donneurs dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation ? Alors que les premiers enfants nés grâce aux dons sont devenus de jeunes adultes et, pour certains, revendiquent l’accès à leurs origines, comment distinguer les places respectives des protagonistes du don d’engendrement : parents, enfants, donneurs ? L’enfant n’est-il pas le grand oublié de la perspective médicale traditionnelle assimilant don de gamètes et don du sang, au prix de l’effacement d’une partie de son histoire ?

D’une plume résolument engagée, Irène Théry propose un regard critique sur le modèle bioéthique français qui a sacralisé l’anonymat du don de gamètes alors que tant de pays démocratiques ont su passer du modèle initial Ni vu ni connu à celui de Responsabilité où le donneur – homme ou femme – cesse d’être perçu comme un spectre menaçant.

La panique morale qui semble saisir la société française – corps médical, responsables politiques, religieux – devant une telle évolution révèle les préjugés et les résistances face aux nouvelles représentations de l’identité personnelle et de la filiation, transformées par l’égalité des sexes, le démariage et l’émergence sociale de l’homoparentalité.

Biographie de l’auteur

Irène Théry est directrice d’études l’EHESS. Elle a publié plusieurs ouvrages sur les mutations du droit de la famille, sur les familles recomposées et sur le masculin et le féminin.

Pour se procurer l’ouvrage d’Irène Théry Des humains comme les autres : Bioéthique, anonymat et genre du don

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Lundi 14 février 2011

à la Fondation Jean Jaurès

Débat autour du livre d’Irène Théry

Des humains comme des autres

Nonfiction.fr et la Fondation Jean-Jaurès vous invitent à un débat le lundi 14 février à 18h45 à la Fondation Jean-Jaurès, 12 Cité Malesherbes, 75009 Paris, avec Irène Théry, autour de son livre, Des humains comme les autres. Bioéthique, anonymat et genre du don (EHESS), et du modèle bioéthique français, avec Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS aux questions de société, et Laurent Bouvet, professeur de science politique à Science-Po et l’université de Nice Sophia-Antipolis.

Le débat sera animé par Margaux Loire, coordinatrice du pôle Bioéthique de nonfiction.fr, et Frédéric Martel, rédacteur en chef de nonfiction.fr.

L’accès à la Cité se fait par la rue des Martyrs. Il suffit d’appuyer sur n’importe quel bouton du digicode pour ouvrir la grille d’entrée à la Cité. Le débat sera suivi d’une séance de dédicaces.

RSVP à citedeslivres@gmail.com. Places limitées.

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Bioéthique : points de vue croisés autour de l’épineuse question du suicide assisté

Posted by Hervé Moine sur 31 janvier 2011

Débat proposé par le Monde

Le droit de mourir dignement

L’euthanasie, entre danger et humanité

Mercredi 26 janvier, les sénateurs ont finalement renoncé à instaurer une « assistance médicalisée pour mourir ». Mais le problème éthique demeure entier. Points de vue croisés autour de l’épineuse question du suicide assisté. Pour Robert Holcman, une chose est claire : riches et pauvres ne sont pas égaux devant la mort. C’est pour cela qu’il faut protéger et entourer les plus faibles plutôt que faciliter leur disparition, insistent Pierre Mazeaud et Didier Sicard, car toutes les vies valent d’être vécues, écrit Corine Pelluchon. Et pourtant, ceux qui soufrent ont droit à une autre mort, estime Pierre Zaoui. Mais pourquoi, s’interroge Jean-Louis Lejonc, faudrait-il que l’euthanasie et les soins palliatifs soient contradictoires ? On peut faire bouger un tout petit peu la loi sur l’euthanasie. Pour Thierry Calvat, ce débat législatif ne saurait nous exonérer de nos responsabilités, à nous citoyens, à l’endroit des plus âgés. Mais attention, prévient Danièle Klein-Laharie, car avec une nouvelle législation, il n’y aura plus de rattrapage possible, plus de possibilité de changer d’avis, ni de changer de vie. Gianni Vattimo en sait quelque chose, lui qui raconte qu’il a failli être complice d’un suicide assisté. Mais justement, au nom de la liberté, de l’humanité et de l’égalité, il faut une nouvelle loi sur l’euthanasie, souligne Geneviève Darmon.

http://wwwo.lemonde.fr/idees/ensemble/2011/01/28/l-euthanasie-entre-danger-et-humanite_1471575_3232.html

 

L’euthanasie, un débat sans cesse relancé

Article paru dans la Croix du 26/01/2011

http://www.la-croix.com/L-euthanasie-un-debat-sans-cesse-relance/article/2453314/4076

 

La loi Leonetti, qui proscrit l’acharnement thérapeutique sans légaliser de « permis de tuer », couvre l’immense majorité des situations de fin de vie délicates. Pourtant, en France, les partisans d’un droit à la mort ne désarment pas.

La proposition de loi relative à l’assistance médicalisée pour mourir a été écartée au Sénat dans la nuit de mardi à mercredi (photo ci-contre Demarthon/AFP).

C’est un paradoxe français. Depuis la loi Leonetti du 22 avril 2005, la France dispose d’une des législations sur la fin de vie les plus abouties, fruit d’un travail parlementaire de longue haleine, salué aussi bien par la droite que par la gauche. Une loi dont d’autres pays, comme l’Espagne, souhaitent s’inspirer ; une loi saluée jusque dans les rangs des partisans de l’euthanasie.

Ainsi, le sénateur Jean-Pierre Godefroy (PS, Manche), auteur d’une proposition de loi ouvrant un droit à la mort – texte rejeté en séance mardi 25 janvier –, reconnaît qu’elle « a marqué une avancée significative » et que « l’accès universel aux soins palliatifs est un combat qui nous unit tous ».

Refus de l’acharnement thérapeutique, droit à l’arrêt des traitements, soulagement de la douleur au risque d’abréger la vie, directives anticipées… Lacunaire jusqu’en 2005, le droit français est désormais dense et innovant, couvrant la quasi-totalité des cas où la question d’un arrêt des soins se pose.

Et pourtant, le débat n’est pas clos. Régulièrement, à la faveur de cas médiatisés comme ceux de Vincent Humbert ou de Chantal Sébire, ou du dépôt d’un texte au Parlement, la question de l’euthanasie revient sur le devant de la scène. Étrange, si l’on considère que les situations de fin de vie délicates trouvent une réponse dans la loi Leonetti, loi encore complétée par de nouvelles dispositions après l’affaire Sébire, en 2008.

Il existe plusieurs raisons à ce paradoxe. La première tient à la méconnaissance de cette loi, qui persiste six ans après son vote. Un chiffre, issu d’un sondage OpinionWay (1), en dit long : selon cette enquête, 68 % des Français ignorent qu’il existe une loi interdisant l’acharnement thérapeutique.

« Ce texte oblige les médecins à descendre de leur piédestal »

Or, comme l’a rappelé le ministre de la santé, Xavier Bertrand, mardi, « ce qui est en jeu, c’est l’angoisse de souffrir ». Ne sachant pas qu’un texte proscrit déjà la souffrance en fin de vie, il n’est pas étonnant que l’euthanasie (qui signifie littéralement « bonne mort ») apparaisse, pour beaucoup, comme une solution.

D’autant qu’il ne suffit pas d’inscrire un principe dans la loi pour qu’il s’applique. En la matière, le texte de Jean Leonetti est un triste cas d’école. Dans son rapport d’évaluation, en 2008, le député UMP des Alpes-Maritimes reconnaissait lui-même que sa loi était peu ou mal mise en œuvre.

« Il y a des résistances, car, en introduisant la collégialité, ce texte oblige les médecins à descendre de leur piédestal et à travailler en étroite collaboration avec les soignants », décrypte Jean-Marc La Piana, qui dirige la Maison de soins palliatifs de Gardanne (Bouches-du-Rhône).

De son côté, Louis Puybasset, responsable du service de neuroréanimation de la Pitié-Salpêtrière à Paris, y voit notamment l’effet de la tarification à l’acte dans les hôpitaux. « La tendance actuelle, c’est de faire des actes, ce qui favorise un certain acharnement thérapeutique », regrette ce médecin.

Sans parler du manque d’unités et d’équipes mobiles en soins palliatifs dans certaines régions, même si les choses s’améliorent. Conséquence : à l’heure actuelle, en dépit d’une législation adaptée, il arrive encore très souvent que l’on meure dans de mauvaises conditions. De quoi nourrir les revendications pro-euthanasie.

Mais ce n’est pas tout. Pour les militants d’un droit à la mort, la loi Leonetti, même bien appliquée, ne suffit pas. Ces derniers réclament « l’ultime liberté », au nom du droit de chacun de choisir sa destinée jusqu’au bout.

« Est-on vraiment libre lorsque l’on demande à mourir ? »

« L’autonomie de la volonté, consacrée en matière civile depuis la Révolution, s’est étendue progressivement à tous les domaines de la vie, a expliqué Jean-Pierre Godefroy, mardi, lors de l’examen de sa proposition de loi.

Ce texte propose de mettre fin à un paradoxe selon lequel le respect de la volonté de l’individu ne s’applique pas au moment de sa mort. » D’autant, ajoute-il, que l’on peut soulager la douleur sans parvenir à apaiser la souffrance, dont l’individu est seul juge, selon lui.

Liberté, autonomie, soit, mais « est-on vraiment libre lorsque l’on demande à mourir ? interroge Anne Richard, présidente de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs (Sfap). Quand on en arrive là, c’est que l’on n’a pas d’autre choix. »

Aux médecins, à l’entourage d’entendre ce qui se joue vraiment derrière cette demande, poursuit la chef du service des soins palliatifs au CHU de Saint-Étienne, qui constate que les demandes d’euthanasie disparaissent très souvent lorsque l’on offre au patient une prise en charge adaptée.

On trouve là un autre argument résumé par Jean Leonetti sur le site de l’espace éthique de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) : « L’homme en fin de vie et ses proches même sont traversés alternativement de désir de mort et de volonté de vie. Ainsi peuvent se succéder des moments où, devant une douleur intolérable, la mort est demandée, et d’autres où l’espoir renaît et l’attente d’une visite ou d’un événement heureux fait renoncer à ce désir mortifère. Les personnes qui ont réellement attenté à leur vie et qui sont sauvées ne réitèrent qu’exceptionnellement leur projet suicidaire. La liberté n’est-elle pas de pouvoir changer d’avis ? »

« Il faut légiférer pour que le patient prenne la décision »

À cette divergence de fond sur la notion de liberté s’en ajoute une autre : celle du sens donnée aux derniers jours de vie. Pour les uns, il est hypocrite, voire cruel de ne pas accorder « une mort rapide et sans douleur » à un patient en phase terminale d’une maladie incurable dont la souffrance ne peut être apaisée. Car si la loi Leonetti permet au médecin, dans de tels cas, de recourir à la sédation terminale, nul ne sait quand précisément le patient va mourir.

Pour les partisans de l’euthanasie, les heures, voire les jours d’agonie sont inutiles et douloureux, assure l’Association pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD) : « Il faut légiférer pour que le patient et lui seul prenne la décision – et non son médecin ou ses proches – et pour que la mort arrive dès que l’acte médical est exécuté, alors qu’il n’intervient aujourd’hui – dans le cas d’une sédation terminale – qu’aux termes de plusieurs jours de souffrance abominables et inutiles, voire plusieurs semaines. »

Pour les autres, au contraire, ce temps est crucial, il a un sens, et il est bien moins cruel ou violent qu’une injection létale à effet immédiat. « Tous les jours, dans mon service, je constate qu’il se passe énormément de choses lors de ces derniers jours, témoigne Louis Puybasset, à la Pitié-Salpêtrière, dès lors que la douleur ou les signes d’inconfort sont pris bien pris en charge. »

Ce médecin évoque tout aussi bien « le passage de témoin entre le parent et son enfant » que « les liens qui se renouent dans des familles parfois déchirées ». L’enjeu : éviter les deuils pathologiques. « Au cours de ce temps-là, ceux qui restent font leur chemin, à leur rythme », ajoute Anne Richard, de la Sfap.

MARINE LAMOUREUX

(1) Sondage réalisé en ligne du 7 au 10 janvier auprès d’un échantillon de 1 015 personnes, représentatif de la population française de 18 ans et plus pour la Sfap.

 

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Bioéthique. La révision des lois bioéthiques dans le respect de la dignité de l’homme ?

Posted by Hervé Moine sur 20 janvier 2011

Le projet de révisions des lois de bioéthique.

Respecte-t-il le principe juridique fondateur du droit fondateur constitué par la dignité de l’être humain ?

Réponse d’Elizabeth Montfort

Nous l’annoncions il y a quelques jours, sur ActuPhilo, une conférence-débat sur les questions problématiques de la révision de la loi de 2004 a eu lieu, hier, 19 janvier 2011 à l’Espace Bernanos. Rappelons qu’elle était organisée par l’Association pour la Fondation de Service politique, à l’occasion du débat parlementaire sur la révision des lois de bioéthique. Les intervenants étaient Elizabeth Montfort, ancien député européen et le Docteur Nathalie de Soultrait, pédiatre. Dans la vidéo, ici présentée, Elizabeth Montfort exprime son point de vue en répondant à l’une des questions posées à l’issue de cette conférence. La question est la suivante : ce projet, comme le demandait le Premier ministre François Fillon en 2008, respecte-t-il le principe juridique fondateur de notre droit constitué par la dignité de l’être humain ? Ses propos ont été recueillis par Thierry Boutet.

Un rappel du contexte

Après de longs mois d’attente, le projet de loi de révision des lois de bioéthique est enfin présenté en Conseil des ministres le 20 octobre 2009. Celui devrait, en principe, être examiné par les députés le mois prochain. « Au reproche du simple toilettage, le ministre de la Santé a opposé des « nouveautés importantes ». Rappelant que son projet faisait suite à de nombreux débats et travaux d’évaluation confiés à des organismes consultatifs, à la demande du Premier ministre François Fillon en 2008, Roselyne Bachelot, alors en charge du dossier, remplacée depuis par Xavier Bertrand, a évoqué les principes élémentaires dont ceux notamment de « respect de la dignité humaine » s’exprimant notamment par le « refus de toute forme de marchandisation et d’exploitation biologique du corps humain ».

N’est-ce pas au regard de ces principes, principes auxquels sont attachés les Français, si l’on en croit ce qui s’est exprimé lors des états généraux de la bioéthique, qu’il convient de juger les propositions du projet de loi prochainement mis à l’examen des parlementaires, les représentants des Français ?

D’autre part, L’Elysée a de son côté, expliqué dans un communiqué du 20 octobre dernier que « le projet de loi, prenant acte de la stabilité de ces principes fondamentaux précédemment cités, ne prévoit pas de clause générale de révision ». Ainsi, le texte, qui révise la loi du 6 août 2004, porte principalement sur la génétique, la greffe, le diagnostic prénatal, l’interruption de grossesse pour motif médical, le don de gamètes et l’assistance médicale à la procréation (AMP).

Le sujet le plus sensible concernant la recherche sur l’embryon. Quel est le statut de l’embryon ?

Hervé Moine, d’après le site libertepolitique.com

 

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Réviser les lois de bioéthiques sans brader la dignité de l’homme

Posted by Hervé Moine sur 18 janvier 2011

Conférence-débat organisé par la Fondation de Service Politique

Les questions problématiques du projet de révision de la loi de bioéthique

avec Elizabeth Montfort

le 19 Janvier 2011 de 19h à 21h

à l’auditorium de l’Espace Georges Bernanos de Paris

Le projet de révision de la loi de bioéthique 2004 sera examiné par les députés en février prochain. Celui-ci présente des dérives éthiques injustifiables et des nouveautés à haut risque. D’ores et déjà, la Fondation de Service politique intervient auprès des membres de la commission spéciale chargée d’examiner le texte. Chaque citoyen responsable doit s’engager. Il est temps de se mobiliser pour éclairer le jugement de ses élus sur les points les plus sensibles :
  • Recherche sur l’embryon : celle-ci serait autorisée non à des fins « thérapeutiques » mais à des fins « médicales », ce qui ouvrirait la voie à toute sorte de manipulations et d’expérimentations qui videraient le principe d’interdiction de son contenu.
  • Assistance médicale à la procréation : le recours de l’AMP aux couples pacsés comme pour les couples mariés, sans exigence de deux ans de vie commune n’est pas acceptable. Le Pacs est un contrat de couple alors que le mariage est une institution qui fonde la famille. Le recours à des donneurs pour des dons de gamètes brouille la filiation et rend insatisfaisante la levée de l’anonymat.
  • Diagnostic pré-implantatoire et prénatal : le DPI ne doit pas être étendu à la trisomie 21. Ceci entraînerait la stigmatisation de cette maladie qui est déjà traquée dans le cadre du DPN. Le manque d’information dès les premiers tests met la femme dans une situation anxiogène et empêche le couple d’exprimer une décision libre et éclairée.
Les lois de bioéthique se développent comme un ensemble de normes juridiques de plus en plus indépendantes de notre corpus juridique. Or on ne peut pas légiférer sans cohérence avec les principes fondateurs de notre droit, auxquels les Français sont attachés, comme l’a rappelé de son côté le Premier ministre.
L’objet de cette conférence-débat est d’examiner les points sur lesquels il est raisonnable d’obtenir des résultats positifs, et comment intervenir auprès des parlementaires qui devront se prononcer.
Cette conférence-débat aura lieu autour d’Elizabeth Montfort, ancien député européen, administrateur de la Fondation de service politique de l’Alliance pour un nouveau féminisme européen, et le Docteur Nathalie de Soultrait, pédiatre, responsable avec son mari François de Soultrait de la commission Bioéthique et vie humaine de la communauté de l’Emmanuel.
Pour en savoir davantage

l’Association de Service politique propose un dossier que l’on peut consulter en ligne sur libertepolitique.com ainsi que les Notes bleues adressées aux parlementaires.
D’autre part, toujours concernant ce projet de révision de loi on pourra consulter avec profit le site du gouvernement, la communication en Conseil des ministres de Madame Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé, ainsi que le dossier concocté sur ce sujet par la documentation française. Voir ci-dessous.
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Méthode et contenu de la révision de la loi de bioéthique

Roselyne Bachelot a présenté en Conseil des ministres, le 16 juillet, une communication relative à la méthode et au contenu de la révision de la loi de bioéthique prévue pour le premier trimestre 2010.

Un projet de loi sera déposé avant fin 2009.

Afin de permettre l’adaptation du droit aux évolutions de la science et de la réflexion bioéthique, le Gouvernement souhaite se donner les moyens d’une réflexion rigoureuse en consultant plusieurs institutions :

  • le Conseil d’État en vue d’une étude préalable à la révision de la loi. Les conclusions sont attendues pour la fin de l’année ;
  • le Comité consultatif national d’éthique qui remettra, avant fin septembre, un mémoire où seront identifiés les problèmes philosophiques et les interrogations éthiques.

Toutefois, afin de ne pas limiter la réflexion aux seuls débats d’experts, le président de la République et le Gouvernement organiseront des États généraux de la bioéthique au premier semestre 2009. Un débat public s’engagera, faisant appel à la participation des citoyens : des réunions, des colloques, des forums seront organisés avec le concours des nouvelles technologies de l’information.

Une campagne d’information aura pour objectif d’identifier clairement les questions qui seront débattues : la recherche sur l’embryon, le prélèvement et la greffe d’organes, de tissus et de cellules… Enfin, précise la communication, les questions du consentement, de l’anonymat et de la gratuité devront être repensées globalement de manière à assurer la cohérence de la réflexion bioéthique.

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Lois de bioéthique : la révision 2010

Dossier réalisé en avril 2010

Introduction

Photo : Centre d'étude et de conservation des oeufs etCi-contre Photo de Philippe Desmazes. ©AFPCentre d’étude et de conservation des oeufs et du sperme (CECOS) de Lyon, 2010.

Six ans après la dernière révision des lois sur la bioéthique, un réexamen complet est en cours, en vue d’adapter la législation à l’évolution de la science, du droit et de la société. Cette fois, un large panel d’intervenants est consulté, organismes et institutions aussi bien que simples citoyens, afin de parvenir au consensus le plus large possible sur des sujets souvent très complexes.

La problématique de la bioéthique est présente depuis une vingtaine d’années dans les discussions entre médecins, juristes, hommes politiques, religieux et journalistes qui tentent d’analyser les conséquences sociales, juridiques, morales et culturelles de l’évolution des pratiques médicales sur le corps humain. De manière progressive, mais de plus en plus passionnée, ces débats engagent également les citoyens « ordinaires », les associations et les ONG. En effet, de nouvelles questions surgissent : après le clonage, la recherche sur l’embryon ou sur le génome humain, d’autres sujets de controverses sont apparus sur le risque d’eugénisme, les mères porteuses, l’euthanasie, la transplantation d’organes, les expérimentations médicales…

Les évolutions proposées dans la prochaine loi vont s’appuyer sur les synthèses du vaste débat public organisé notamment dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, ainsi que sur les avis de différentes institutions telles que le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil d’Etat ou l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques. Pour l’essentiel, la nouvelle version de la loi ne devrait pas bouleverser les principes établis par les textes précédents.

Accéder au dossier : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/bioethique/index.shtml

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