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Cycle de conférences Entrer en « raisonnance » Saison 2013-2014

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2013

Université Catholique de Lyon

Communiqué le 06/11/2013

Le cycle de conférences créé en 2012 par la Faculté de Théologie et la Faculté de Philosophie de l’Université Catholique de Lyon, revient pour une deuxième édition. Pour cette année ce cycle propose un regard croisé grâce à des approches riches et variées : spiritualité, littéraire et artistique, scientifique et éthique, sciences du langage et informatique, science et foi. Les chercheurs rendent ainsi accessible, à tous, leur travail.

Pour cette nouvelle saison 6 dates à retenir, trois pour la Faculté de Théologie et trois pour la Faculté de Philosophie. Pour la théologie le 14 novembre 2013, le 13 février et le 10 avril. Pour la philosophie, le 12 décembre, le 20 mars et le 22 mai.
Ces conférences auront de nouveau lieu les jeudis soir à la bibliothèque universitaire du site Bellecour de l’Université Catholique de Lyon, 25 rue du Plat, Lyon 2ème. Cette année un nouvel horaire, de 19h30 à 21h00.

La première conférence du cycle aura lieu le 14 novembre. Elle sera organisée par la Faculté de Théologie et  servira de conclusion à la journée d’étude organisée par le Centre Chrétien pour l’Étude du Judaïsme : Le bonheur dans le judaïsme : bonheur et sagesse.
La conférence peut être suivie indépendamment de la journée d’étude.

Inscriptions pour le cycle entier 20 euros, ou 5 euros par conférence, auprès de la Faculté de Philosophie, philo@univ-catholyon.fr, ou de la Faculté de Théologie, theo@univ-catholyon.fr.

>> Demande de renseignements

En savoir plus : www.univ-catholyon.fr/ecoles-fac-instituts/faculte-de-theologie/le-livre-de-ruth-entre-exegeses-et-representations–1086

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Que Dieu te comble d’années

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2011

Bertrand Vergely

Retour à l’émerveillement

Chez Albin Michel

Collection Essais Clés

Présentation de l’ouvrage de Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement

« Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui je sortirai du plus sombre des labyrinthes ». Partant de cette magnifique formule de Christiane Singer, qui fut son amie, Bertrand Vergely s’attaque à un sujet non seulement essentiel, mais indispensable à l’équilibre de chaque être humain : l’acte de savoir s’émerveiller, envers et contre tout. Cet essai écrit d’une plume vive est un vibrant plaidoyer pour retrouver l’amour de la vie et la noblesse de l’âme.

Qui s’émerveille n’est pas indifférent mais est ouvert au monde, à l’humanité, à l’existence. Il rend possible un lien à ceux-ci. On comprend donc que la faculté de s’émerveiller soit jugée comme la

chose la plus précieuse qui soit. On peut être pauvre mais si l’on sait s’émerveiller, on est riche.

Bertrand Vergely enracine sa grande culture et son propos dans une véritable philosophie du vécu, et montre comment il est possible de renouveler sans cesse ses capacités d’émerveillement devant

l’existence.

Se procurer de l’ouvrage de Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement

Bertrand Vergely : « Bien vieillir c’est savoir rester jeune »

Interview par Chantal Cabé – publié dans La Vie le 04 novembre 2011

http://www.lavie.fr/bienvivre/sante/bertrand-vergely-bien-vieillir-c-est-savoir-rester-jeune

Qu’est-ce que la vieillesse et pourquoi certains vieillissent-ils mieux que d’autres ? Peut-on se préparer à vieillir ? Réflexion avec Bertrand Vergely, philosophe, sur cette question existentielle.

Le philosophe et théologien Bertrand Vergely est l'auteur de "Retour à l'émerveillement" © Camille Tassel

Le philosophe et théologien Bertrand Vergely est l'auteur de "Retour à l'émerveillement" © Camille Tassel

Bien vieillir, est-ce rester jeune ?

Oui, c’est le paradoxe. Les gens qui vieillissent bien n’ont pas tué leur jeunesse. Ils savent s’émerveiller. Bien vieillir, ce n’est donc pas tant être jeune que savoir le rester. En l’occurrence, c’est savoir recevoir la vie comme don et comme présent. C’est être présent. Le philosophe Martin Heidegger explique cela quand il parle d’« habiter l’existence ». Bien vieillir, c’est être capable d’habiter tous les âges de sa vie : l’enfance, la jeunesse, l’âge adulte et la vieillesse.

L’homme est-il comme le bon vin, se bonifie-t-il avec le temps ?

Oui, comme le vin prend de l’ampleur en mûrissant, nous nous bonifions tous avec le temps. Les vignerons ne perçoivent pas le vieillissement du vin comme un handicap mais comme une absolue nécessité. Trop jeune, le vin est acide. Il n’a pas cette patine que donne le fait d’habiter le fût. Mûrir, c’est l’œuvre du temps, de la bonification. Les personnes qui vieillissent bien ne sont pas obsédées par les inconvénients de l’âge – il y en a toujours. Elles ont comme principal souci de demeurer dans la vie et dans l’intelligence. Et elles en sont récompensées en faisant tous les jours des découvertes intellectuelles, affectives, sentimentales. Elles vivent.

Comment expliquez-vous, alors, que certains d’entre nous échappent aux bénéfices du temps ?

Si certaines personnes sont vieilles, c’est pour une seule raison : elles se comparent aux autres. Si, par exemple, vous regardez votre passé de femme et vous dites : « Ah, ce que j’aimerais être cette jeune fille ravissante pour que tous les garçons me regardent », vous plongerez dans la tristesse. Vous courrez derrière votre jeunesse que vous ne rattraperez jamais. C’est l’enseignement de Jean-­Jacques Rousseau. L’inégalité sociale apparaît dès qu’on regarde dans l’assiette du voisin et qu’on en est jaloux : « Il a ça et moi pas, je ne comprends pas. » Dans son livre Éloge de la faiblesse, le philosophe et écrivain contemporain suisse Alexandre ­Jollien fait un constat semblable, que l’on peut résumer ainsi : « Moi qui suis handicapé, si je regarde le corps des autres, je suis mort. Si je reste à l’intérieur de moi-même sans me comparer aux autres, je suis sauvé. » En ce sens, pour bien vieillir, il faut être capable de détachement et d’humour. Si on ne prend pas de recul, on est mort. Vieillir implique une croissance, alors qu’être vieux est synonyme de décadence. Vieillir, c’est aller dans la vie. Être vieux, c’est perdre le goût de la vie.

Les personnes qui « vieillissent bien » ont-elles des caractéristiques communes ?

Toutes gardent de la curiosité intellectuelle et s’intéressent aux autres. Selon le philosophe Friedrich Nietzsche, il existe de multiples façons de regarder l’existence. Je peux l’envisager du point de vue de l’enfance, sans être un éternel enfant. Je peux la regarder du point de vue de la jeunesse, sans être un éternel adolescent. Je peux la voir du point de vue de l’âge adulte pour, à un moment donné, la voir avec les yeux de la vieillesse. L’important étant d’aller toujours plus loin. Le regard qu’on porte sur la vie peut en changer le cours.

Quelle est la démarche à suivre pour accepter de vieillir ?

Accepter de vivre. Ne pas penser que la vieillesse tue la vie mais que la vie peut réveiller la vieillesse. Plus on vit longtemps, plus on a de chances de fabriquer ce recul extraordinaire que donne la vieillesse. C’est pour cela que les Grecs se souhaitent « Chronia pola », c’est-à-dire : « Que Dieu te comble d’années. »

Se procurer de l’ouvrage de Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement

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Des pourceaux quittent le Jardin pour la Pléiade, les épicuriens dans la cour des grands

Posted by Hervé Moine sur 26 février 2011

Vous prononcez le mot « épicurien », et aussitôt un mur de clichés et de préjugés s’interpose. Par définition, un « épicurien » est un individu sensuel grossier, une sorte de notable bourgeois de province qui ne pense qu’à manger, boire et baiser. Ce matérialiste borné est incapable de voir plus loin que son propre corps. Il faut croire que la philosophie d’Épicure (IIIe siècle avant notre ère) a fait, et fait encore, l’effet d’une bombe atomique dont il faut à tout prix se protéger. Un penseur profond dans un « Jardin » ? Quelqu’un qui vous dévoile, en toute sérénité, la nature des choses ? Qui accepte près de lui n’importe qui sans tenir compte de ses origines sociales ? Qui va même jusqu’à s’entourer de femmes ? Horreur. Lisez, et vous comprendrez pourquoi tous les systèmes de pensée tant vénérés, comme tous les pouvoirs, ont de sérieuses raisons de discréditer cette vision prophétique. Épicure, Lucrèce, deux noms qu’il vaut mieux éviter.

Philippe Sollers, Le Nouvel Observateur n°2398 du 21 octobre 2010 (voir ci-dessous)

Les Epicuriens

Bibliothèque de la Pléiade Gallimard nrf

Edition publiée sous la direction de Daniel Delattre et de Jackie Pigeaud

Présentation de l’éditeur

Débauché, flagorneur, pilleur des théories d’autres écoles, « diseur d’obscénités » pour Épictète, « pourceau » pour d’autres, Épicure a suscité des débats acharnés, c’est le moins que l’on puisse dire. Appel à la libération individuelle vis-à-vis des craintes et des illusions, mise en cause des institutions qui diffusent la superstition, sa philosophie était peut-être trop novatrice. Son projet : supprimer la douleur, et nous combler de joie ; son but : rechercher le bien-être, en d’autres termes la paix de l’âme. Un tel programme ne pouvait laisser indifférent.

La philosophie d’Épicure passa à la postérité grâce au De rerum natura de Lucrèce — un des plus grands poèmes de la langue latine—, et à la Vie d’Épicure de Diogène Laërce qui retranscrit les Abrégés philosophiques du maître (ses Lettres à Hérodote, Pythoclès et Idoménée) et ses Maximes capitales. Il aura fallu une circonstance improbable pour que les écrits des épicuriens de l’Antiquité nous parviennent : la découverte à Herculanum de la bibliothèque philosophique, unique en son genre, de Philodème de Gadara, disciple d’Épicure, conservée par la lave de l’irruption du Vésuve en 79. Outre les écrits de Philodème, ardent défenseur de la cause épicurienne auprès des nobles romains, cette bibliothèque renfermait plusieurs exemplaires de la somme du fondateur du Jardin : La Nature, ainsi que de nombreux écrits de ses disciples.

Ce volume s’ouvre sur l’indispensable témoignage de Diogène Laërce, puis il offre, pour la première fois en français, une traduction aussi complète que possible des fragments retrouvés de La Nature d’Épicure. Suivent les recueils de témoignages et de fragments relatifs aux disciples de la première génération (Métrodore, Hermarque, Idoménée, Polyène), dans une présentation identique à celle du volume que la Pléiade a consacré aux Présocratiques. Des disciples du Jardin qui fleurirent au tournant des IIe-Ier siècles avant notre ère, on donne les quelques textes, de Zénon de Sidon, de Démétrios Lacon et de Philodème, qui nous sont parvenus, sans oublier, bien sûr, le poème de Lucrèce, ici publié dans une nouvelle traduction. En contrepoint s’impose le témoignage de Cicéron, un des principaux détracteurs de l’épicurisme. Enfin, on s’attache à l’épicurisme des Ier-IIIe siècles, connu surtout à travers des témoignages (Plutarque, Sénèque, Galien) : peu de textes épicuriens de cette époque ont été retrouvés. Mais la polémique autour des doctrines du Jardin reste vive. Le volume se clôt sur Diogène d’Œnoanda qui voulut donner à lire aux habitants de sa cité — tous les jours et pendant des siècles — les préceptes épicuriens en les gravant sur un mur. Ainsi nous est restituée la philosophie épicurienne, avec laquelle s’est constituée toute une dimension de la modernité.

Pour se procurer le volume « Les Epicuriens » dans la Bibliothèque de la Pléiade

Les Epicuriens : traduction francaise en Pléiade

http://www.zetesis.fr/spip.php?article468

Le volume propose un regroupement de textes antiques, grecs et latins, couvrant l’espace de quelque sept siècles. Il s’ouvre sur le témoignage de Diogène Laërce et les abrégés et maximes d’Epicure qu’il a transmis ; puis il offre, pour la première fois en français, une traduction des fragments de La Nature d’Épicure retrouvés, à Herculanum, dans la bibliothèque de la Villa des papyrus.

Les recueils de témoignages et de fragments relatifs aux disciples de la première génération (Métrodore, Hermarque…) sont ensuite donnés, dans une présentation semblable à celle du volume de la Pléiade consacré aux Présocratiques. Suit un écrit peu banal de Polystrate, inédit en français. Des disciples du Jardin de la fin du IIe et du Ier siècles avant notre ère, on découvrira les témoignages et fragments de Zénon de Sidon, la traduction de quelques textes qui nous sont parvenus de Démétrios Lacon, un choix important de fins de rouleaux, parmi les mieux conservées, de Philodème de Gadara, pour la première fois accessibles en français, et le magnifique poème de Lucrèce, dans une nouvelle traduction. A quoi s’ajoute le témoignage incontournable de Cicéron, critique particulièrement bien informé de l’épicurisme.

L’épicurisme des Ier-IIIe s. de notre ère est ensuite présenté à travers le témoignage de Plutarque dont trois traités sont ici traduits en entier, puis un choix de lettres de Sénèque et de passages de Cléomède, Galien et Sextus Empiricus. Le volume se clôt par l’inscription monumentale que Diogène d’Œnoanda avait fait graver pour donner à lire aux habitants de sa cité lydienne les préceptes du Maître et d’autres textes épicuriens – dont une grande partie, encore enterrée, reste à découvrir.

Une Introduction générale à l’épicurisme, des Repères chronologiques, une carte des sites antiques et un Vocabulaire de l’épicurisme complètent avantageusement l’ensemble des textes traduits.

Édition sous la direction de Jackie Pigeaud avec la collaboration de Agathe Antoni, Clara Auvray-Assayas, Jacques Boulogne, Jacques Brunschwig, Christophe Darras, Daniel Delattre, Joelle Delattre-Biencourt, Tiziano Dorandi, Julie Giovacchini, José Kany-Turpin, Carlos Levy, Annick Monet, Pierre-Marie Morel, Robert Muller, Laurent Pernot, Jean-Louis Poirier, David N. Sedley, Voula Tsouna Traducteur : un collectif de traducteurs

Edition paru le 21 Octobre 2010, dans la Bibliothèque de la Pléiade, n° 564, 1552 pages , rel. Peau, 105 x 170 mm

Pour se procurer le volume « Les Epicuriens » dans la Bibliothèque de la Pléiade

On trouvera dans ce volume

  • Diogène Laërce : Vies et doctrines des philosophes illustres, X ;
  • Épicure : La Nature – [Sur la piété et le culte populaire] ;
  • Métrodore ;
  • Hermarque ;
  • Idoménée ;
  • Polyène ;
  • Polystrate : Le Mépris irraisonné des opinions répandues dans la multitude ;
  • Zénon de Sidon ;
  • Démétrios Lacon : Difficultés rencontrées dans la lecture des textes épicuriens – La Forme du dieu – Les Poèmes ;
  • Lucrèce : La Nature des choses ;
  • Philodème : Les [Phénomènes] et les Inférences – [Les Choix et les Rejets] – La Colère – [L’Économie] (Les Vices, IX) – [L’Arrogance] (Les Vices, X) – La Mort, IV – La Rhétorique, III – Les Poèmes, V – La Musique, IV – Les Stoïciens – À l’adresse des … ;
  • Cicéron : La Nature des dieux, I – Les Fins ultimes des biens et des maux, I et II ;
  • Sénèque : Lettres à Lucilius (choix) ;
  • Plutarque : Contre Colotès pour défendre les autres philosophes – Si l’on se conforme à Épicure, il n’est même pas possible de vivre plaisamment – Si l’expression «Vis caché» est bien dite ;
  • Cléomède : Théorie élémentaire du monde céleste, II ; Claude Galien : [Passages choisis] ;
  • Sextus Empiricus : Contre les philosophes (passages choisis) – Contre les professeurs (passages choisis) ;
  • Diogène d’Œnoanda

Ci dessous deux articles à propos de la sortie des épicuriens dans la Pléiade, celui de Philippe Sollers et de Georges Leroux…

Scandaleux Épicure

Article de Philippe Sollers paru dans le Nouvel Observateur, le 21 octobre 2010

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20101027.BIB5861/scandaleux-epicure-par-philippe-sollers.html

Vous prononcez le mot « épicurien », et aussitôt un mur de clichés et de préjugés s’interpose. Par définition, un « épicurien » est un individu sensuel grossier, une sorte de notable bourgeois de province qui ne pense qu’à manger, boire et baiser. Ce matérialiste borné est incapable de voir plus loin que son propre corps. Il faut croire que la philosophie d’Épicure (IIIe siècle avant notre ère) a fait, et fait encore, l’effet d’une bombe atomique dont il faut à tout prix se protéger. Un penseur profond dans un « Jardin » ? Quelqu’un qui vous dévoile, en toute sérénité, la nature des choses ? Qui accepte près de lui n’importe qui sans tenir compte de ses origines sociales ? Qui va même jusqu’à s’entourer de femmes ? Horreur. Lisez, et vous comprendrez pourquoi tous les systèmes de pensée tant vénérés, comme tous les pouvoirs, ont de sérieuses raisons de discréditer cette vision prophétique. Épicure, Lucrèce, deux noms qu’il vaut mieux éviter.

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Epicure DR Nouvel Obs

Personne n’a été plus injurié et censuré qu’Épicure (mais Platon brûlait déjà les livres de Démocrite, son prédécesseur). Ces atomes qui tombent éternellement dans le vide sont abominables. Pire : un petit saut de côté sans cause (le « clinamen »), et voilà l’origine de tout ce qui existe, vous compris. Pas de Dieu créateur, donc, pas de Big-Bang Father, pas de Jugement dernier, aucun au-delà. Nihilisme? Pas du tout, glorification de la vie et de la sensation, négation de la mort, apologie du plaisir. Penser et sentir sont une même substance, ce qui explique d’ailleurs que ceux qui ne sentent pas grand-chose pensent peu. Athéisme ? Mais non, il y a bel et bien des dieux, mais ils vivent, indestructibles et bienheureux, dans des « intermondes ». Ils ne s’occupent pas des humains, mais les mortels peuvent arriver, par la pensée, jusqu’à eux. Cet Épicure se prend donc pour un dieu? Il va jusqu’à soutenir cette fanfaronnade, cette insupportable rodomontade? Écoutez-le, il va décidément très mal : « Souviens-toi que, tout en ayant une nature mortelle et disposant d’un temps limité, tu t’es élevé, grâce aux raisonnements sur la nature, jusqu’à l’illimité et l’éternité, et que tu as observé ce qui est, ce qui sera et ce qui a été. »

Ici, les philosophes se déchaînent: Épicure (dont nous ne connaissons l’œuvre qu’en partie) est scandaleux, ignare, débauché, voleur, menteur, immoral, bâfreur, dépensier, plagiaire, habitué des prostituées, mégalomane. Le christianisme ira jusqu’à le traiter de porc, ce qui est tout à son honneur. « Les pourceaux d’Épicure » reste une formule célèbre. Diogène Laërce, dans ses Vies et doctrines des philosophes illustres, grâce à qui nous lisons ce grand dérangeur, rapporte ces insultes, et conclut sobrement : « Voilà ce que des écrivains ont osé dire d’Épicure, mais tous ces gens-là sont des fous. »

Les fous, apparemment normaux mais totalitaires en puissance, veulent que nous soyons soumis à la peur de la mort. Or : « Habitue-toi à penser que la mort n’est rien pour nous, puisque le bien et le mal n’existent que dans la sensation. D’où il suit qu’une connaissance exacte de ce fait que la mort n’est rien pour nous nous permet de jouir de cette vie mortelle, en évitant d’y ajouter une idée de durée éternelle et en nous enlevant le regret de l’immortalité. Car il n’y a rien de redoutable dans la vie pour qui a compris qu’il n’y a rien de redoutable dans le fait de ne plus vivre. Celui qui déclare craindre la mort non pas parce qu’une fois venue elle est redoutable, mais parce qu’il est redoutable de l’attendre est donc un sot. » Plus net : « La nécessité est un mal, mais il n’y a aucune nécessité de vivre avec la nécessité. »

La grande chance d’Épicure est d’avoir suscité un poète de génie : Lucrèce, et son De natura rerum. Là encore, que d’histoires ! Saint Jérôme nous assure qu’il est devenu fou sous l’effet d’un philtre d’amour, et qu’il s’est suicidé à l’âge de 43 ans. C’était fatal : Lucrèce fait d’Épicure le vainqueur de la religion, cette surveillance du haut du ciel, cette fausse tête « horrible » qui ne peut qu’entraîner des crimes. Il dédie ses vers à Vénus, « plaisir des hommes et des dieux ». Son charme agit partout, dans les fleurs, le rire de la mer, les oiseaux, la musique, « les semences innombrables dans l’univers profond». Épicure a, le premier, brisé les verrous serrés des portes de la nature, et « a parcouru le tout immense par l’âme et par l’esprit ». C’est donc le libérateur par excellence, un vrai dieu, incompatible avec une petite monnaie « hédoniste ». Lucrèce dit et redit son enthousiasme, tout en déroulant les lois qui règlent tous les phénomènes, des astres à l’ouïe ou à la vue. Il finira, sans trembler, par décrire la peste d’Athènes, les ravages de la maladie, l’amoncellement public des cadavres : «Alors la religion des dieux et leur puissance n’étaient pas d’un grand poids. Car la douleur présente dépassait tout. » La connaissance du plaisir n’est rien s’il n’y a pas, aussi, une connaissance de la douleur. Mais voici le quadruple remède : rien à craindre de la divinité, rien à redouter de la mort, on peut atteindre le bonheur, on peut supporter la douleur. Si la douleur est trop vive, la mort y met fin, et, de toute façon, la porte du suicide est ouverte.

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Lucrèce DR Nouvel Obs

Lucrèce a des accents inouïs, sa certitude est entière (on retrouve cette même fièvre chez Dante ou Lautréamont) : « Je marche là où personne n’a jamais marché, joie d’approcher aux sources inviolées, joie de cueillir des fleurs neuves pour en faire ma couronne. » Épicure a fait jaillir la lumière des ténèbres, c’est le découvreur du monde, ses écrits sont «des paroles d’or», grâce à elles, les terreurs de l’âme s’enfuient. « Je vois à travers le vide tout entier s’accomplir les choses. »La puissance des dieux apparaît dans les forces du temps immense, apparaissent aussi les «séjours de paix». Cette grande paix de la vraie pensée, au milieu des tourbillons et dans l’oeil des cyclones, est finalement un mystère éprouvé.

Malgré la censure, Épicure et Lucrèce ont pénétré dans l’Histoire. On les retrouve, plus ou moins sous le manteau, à la Renaissance. Il suffit ensuite de citer les noms de Montaigne, de Molière (qui aurait traduit le De natura), de Sade et, logique, du jeune Marx. Épicure aujourd’hui, sur une planète envahie par le contrôle constant des simulacres ? On peut penser qu’il serait un spectateur impassible devant ce déluge d’images et qu’il ferait même un pacte faustien méprisant, en connaissance de cause, avec l’illusion. Par-delà le bien et le mal, donc, comme Nietzsche, grand admirateur d’Épicure. Qu’est-ce que Généalogie de la morale sinon un acte suprême d’affranchissement ? Le Spectacle n’est rien, il n’y a pas lieu de s’en indigner le moins du monde. Restons maintenant avec La Fontaine, dans ce fervent hommage à Épicure : « Volupté, volupté, qui fut jadis maîtresse / Du plus bel esprit de la Grèce, / Ne me dédaigne pas, viens-t’en loger chez moi, / Tu n’y seras pas sans emploi. »

Philippe Sollers, Le Nouvel Observateur n°2398 du 21 octobre 2010

Site de Philippe Sollers : http://www.philippesollers.net/

Philosophie – «Tel un dieu parmi les hommes…»

Les épicuriens entrent dans la Bibliothèque de la Pléiade

Article de Georges Leroux paru dans le Devoir, le 26 février 2011

http://www.ledevoir.com/culture/livres/317620/philosophie-tel-un-dieu-parmi-les-hommes

La collection de la Pléiade répare aujourd’hui une injustice : les écrits des philosophes stoïciens y figurent depuis 1962, dans une édition dirigée par Pierre-Maxime Schuhl, à côté des présocratiques, dans la belle édition de Jean-Paul Dumont et des dialogues de Platon dans la traduction de Léon Robin, mais ni Aristote ni Plotin n’y sont encore. On peut donc se réjouir d’y trouver maintenant les épicuriens.

À ceux qui seraient tentés de croire que les textes de cette école se réduisent à quelques lettres et maximes, cette édition apporte un superbe démenti: les responsables de la publication, Daniel Delattre et Jackie Pigeaud, n’ont ménagé aucun effort pour tout rassembler, retraduire, présenter, annoter, et tout semble frais comme au premier jour.

Le résultat impressionne, qu’on en juge: les écrits doxographiques côtoient les textes transmis directement, de sorte qu’on peut lire aussi bien le livre X des Vies et doctrines de Diogène Laërce, à qui on doit d’avoir les trois lettres (à Hérodote, à Pythoclès, à Ménécée), et les Maximes capitales que les Sentences vaticanes, un recueil découvert à l’époque moderne dans un manuscrit du Vatican.

La grande nouveauté de cette édition est l’assemblage des textes anciens, comme ce fragment de son traité De la nature sur la piété ou les fragments doxographiques de Métrodore ou Hermarque. Ce premier morceau, joliment intitulé par les éditeurs «Le jardin d’Épicure», est suivi par un important recueil de textes du moyen épicurisme, une tradition qui va du second au premier siècle avant Jésus-Christ. La pièce de résistance est ici le poème de Lucrèce La nature des choses (De natura rerum), dans une magnifique traduction de Jackie Pigeaud: hommage au maître aimé, mais surtout hymne lyrique au cosmos, ce texte retrouve ici son rythme somptueux et presque une jeunesse oubliée. Il est suivi par le corpus de Philodème, cher aux logiciens: on y trouve tout, des fragments sur la mort et les poèmes au traité sur la musique.

Tradition romaine

Est-ce vraiment tout ? Non, les éditeurs ont étendu leur générosité à la tradition romaine, incluant une riche section sur le dernier épicurisme, celui que nous font connaître Plutarque, Galien, Sextus Empiricus. Chacun à sa manière, dans le pour et le contre, témoigne de la vitalité de l’école du Jardin.

Mais cela ne saurait être complet sans ce chef-d’oeuvre inusité que sont les fragments de Diogène d’Oenanda, présentés et traduits ici par Pierre-Marie Morel. Ce qu’on sait de ce disciple tardif ne nous permet pas vraiment de l’identifier, mais la vénération du maître dont il témoigne montre que, jusque tard dans l’Empire, la réputation d’Épicure demeurait sans tache. Chose stupéfiante, Diogène d’Oenanda fit graver sur un mur de près de quatre mètres de haut l’ensemble de ses lectures et de son interprétation. Hélas détruit dès l’Antiquité, ce mur ne saurait être reconstitué avec précision, mais environ le quart des inscriptions a pu être restauré par une équipe de l’École française d’Athènes! Un exploit sans précédent, encore inachevé puisqu’on ne cesse de retrouver des morceaux.

Les modernes ont lié le nom d’Épicure à la recherche de la jouissance, mais rien n’est moins épicurien que les délices qu’on imagine sous ce nom. Le maître avait certes présenté une doctrine des plaisirs, mais d’abord pour disqualifier ceux qui sont vains et inutiles et proposer ensuite une sagesse fondée sur un idéal de sérénité et de détachement. Sa physique met en question les fondements matériels de la liberté, qu’Épicure souhaitait protéger, et elle débouche sur une éthique d’une extraordinaire rigueur.

Au coeur de cet édifice complexe, on trouve une doctrine de l’amitié et de la communauté morale qui n’a pas d’équivalent dans la tradition philosophique: adopter le mode de vie philosophique, c’était non seulement se consacrer à la méditation sur les lois universelles de la nature, comme Lucrèce ne cesse de le rappeler, mais inscrire sa vie dans un réseau de soutien et d’amour (comment traduire autrement cet idéal de la philia?). C’est ce lien, de tous le plus précieux, qui rend possible pour le philosophe une communion avec la nature: «L’amitié danse autour du monde, nous ordonnant à tous, comme un héraut, de nous éveiller à ce qui constitue la béatitude» (Sentences vaticanes, 52).

Le matérialisme d’Épicure a fait le sujet de la thèse de doctorat de Marx, qui avait entrepris de le comparer à celui de Démocrite : qu’on soit le partisan de l’un ou de l’autre, l’important demeure dans la pensée épicurienne la priorité de la contemplation de l’univers matériel, seule source de la sérénité. Cicéron, qu’on retrouvera également ici, ne savait trop comment juger les dieux d’Épicure, ces êtres lointains, matériels et indifférents, mais il avait reconnu la force de cette théologie qui désamorçait la crainte et invitait d’abord à la piété. Tout cela, on le lira dans ce volume admirable, qui une fois encore nous fait saluer le travail des équipes de savants réunies par la collection.

Pour se procurer le volume « Les Epicuriens » dans la Bibliothèque de la Pléiade

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Y a-t-il des recettes du bonheur ?

Posted by Hervé Moine sur 10 février 2011

«On ne donne pas sens à sa vie mais on découvre le sens de la vie». D'après une photo d'Alexandre MARCHI

Regard sur un collègue, professeur de philosophie dans ma région natale, un enseignant semble-t-il heureux. Son bonheur, il entend bien le faire partager dans un monde et une époque se caractérisant par la morosité et le pessimisme voire l’indignation, en publiant un « Petit traité de la joie« . Y aurait-il des recettes du bonheur ? La réponse certainement dans le petit traité de Martin Steffens, mais pour l’heure, nous reprenons simplement ici, l’article de l’Est Républicain rédigé par Pierre Perotto qui a rencontré notre jeune philosophe à l’occasion de la sortie de son ouvrage plein d’espoir.

Hervé Moine

Cadeau – Dans son «Petit traité de la joie», Martin Steffens, qui enseigne la philosophie à Metz, pense que « la vie mérite qu’on lui donne le meilleur de soi-même »

Professeur de bonheur

Article de Patrick Perotto paru dans l’Est Républicain du 10 février 2011

http://www.estrepublicain.fr/fr/france/info/4598250-Cadeau-Dans-son-petit-traite-de-la-joie-Martin-Steffens-qui-enseigne-la-philosophie-a-Metz-pense-que-la-vie-merite-qu-on-lui-donne-le-meilleur-de-soi-meme-Professeur-de-bonheur

SES YEUX PÉTILLENT et s’illuminent dès qu’il parle. Martin Steffens est heureux et cela se sent. La vie, il la prend comme elle vient. Un «consentement» qui ne s’apparente surtout pas à du fatalisme, mais plutôt aux petites gorgées de bière de Delerm, ces petits riens qui, mis bout à bout, finissent par écrire une destinée. «Non, il n’y a pas de recette du bonheur», sourit le professeur de philosophie. «C’est plutôt un geste qui consiste à ouvrir les bras, à écouter quelqu’un», à se laisser modeler par le cours de choses. Et accepter de croquer la vie à pleines dents sans se poser d’infinies questions : «Si on s’en pose trop, on ne tranche jamais. Il faut plutôt sauter dans le vide pour voir quelque chose se dessiner». Comme lorsque naît l’amour et que l’on se lance dans la merveilleuse aventure du couple.

«Consentir à la vie», ainsi que le dit Martin Steffens, n’est pas pour autant se résigner. L’indignation y garde toute sa place, à condition de se révolter « par amour du monde». Pour lui, Stéphane Hessel appartient à cette catégorie, alors que tant, à notre époque, sombrent dans l’individualisme. Le bonheur, la capacité à s’émerveiller, ne relève pas de «la conquête, mais de l’accueil», poursuit l’enseignant du lycée messin Georges de la Tour. «On passe sa vie à l’attendre si l’on pose des conditions. Si l’on est heureux de ce que l’on a, on obtiendra encore plus», parce que quelles que soient les épreuves, «toute vie en elle-même vaut la peine d’être vécue».

« Nous sommes dans une société des larmes et des nez qui coulent. Nous devons être des aristos de la vie quotidienne, montrer notre plus beau visage face aux difficultés »

Engagé auprès d’ATD-Quart monde, le philosophe lorrain reste attentif à la souffrance, au scandale de la misère qu’il faut combattre. Convaincu qu’«on ne souffre qu’à la mesure de ce que l’on aime», il admet dans une contradiction qu’il souhaite pleine d’espérance «la joie douloureuse de vivre». Chrétien, rockeur inspiré par le groupe américain Violent femmes et par Cure, Martin Steffens dit avoir tout appris de ses élèves du lycée technique Louis Vincent à Metz et puise son optimisme dans le film «La vie est belle» de Frank Capra. «Lorsque je me lève, je ne sais pas ce que je vais apporter aux gens, mais je vais au-devant d’eux», rappelle le jeune homme.

Spécialiste de Nietzsche, il en est l’antithèse. A la vision tragique du philosophe allemand, il préfère celle, conséquente, de Leibniz et encore plus, la sienne, chrétienne. «Si je dis merci, j’ai une relation à Dieu», convient-il. «La personne humaine est bien plus grande que la matière. Avoir la foi, c’est voir le sens de ma vie», dominée par l’amour : «Je demande à la religion de m’ouvrir le plus grand angle de perspectives, pas de m’enfermer. L’amour est plus fort que la haine. Même la souffrance reste une occasion d’aimer. Nous sommes dans une société des larmes et des nez qui coulent. Nous devons être des aristos de la vie quotidienne, montrer notre plus beau visage face aux difficultés».

Dans une France pessimiste sur son propre avenir, Martin Steffens propose un chemin opposé, à l’instar du «petit bonheur» du chanteur canadien Félix Leclerc. «Actuellement, on se prend au sérieux sans prendre la vie au sérieux, alors qu’elle mérite qu’on lui donne le meilleur de soi. Le jeu en vaut la chandelle», pense-t-il. Avec tout le monde, loin de l’individualisme ou du «No life» (pas de vie) des ados vissés à leurs jeux vidéo. Parce qu’«il n’existe pas de maillon faible. Chacun est utile». Et même si «l’homme est l’espèce la plus risquée, l’aventure vaut le coup d’être vécue».

Patrick PEROTTO, Est Républicain

Pour se procurer l’ouvrage de Martin Steffens Petit traité de la joie

Martin Steffens

Petit traité de la joie

Consentir à la vie

forum / Salvator

Présentation de l’éditeur

« Il est un fait universel : tous, nous avons reçu la vie sans l´avoir demandée. Notre propre vie ne nous est pas propre: elle s’est d´abord faite en nous, sans nous. Puis vient le jour où, l’homme ayant appris à se posséder mieux, lui revient le pouvoir de refuser cette vie passivement reçue. N’est-ce pas là la liberté proprement humaine: dire non à ce qui s’impose sans se proposer ? Mais il est une autre liberté, plus généreuse, plus pleine de risques : consentir à la vie. Non pas d’un oui du bout des lèvres : la question du consentement à l’existence est, selon le mot de Nietzsche, « la question primordiale ». D’une telle question dépend notre façon d’accueillir le passé comme d’engager l’avenir. Elle exige donc, en guise de réponse, que nous offrions à l’existence un oui à la mesure de nos vies : ample comme nos peines, plein comme nos joies. Alors le présent sera ce qu´il a toujours été : un présent, c’est-à-dire un don qui n’attendait que d´être pleinement reçu.

Biographie de l’auteur

Martin Steffens (né en 1977) est professeur agrégé de philosophie. Il est l’auteur d’études sur Descartes, Simone Weil (Gallimard 2006 et 2007) et Nietzsche (Ellipses 2008). Son appétit spirituel et philosophique le porte tout autant à penser le quotidien (Une journée philosophique Ellipses 2010) qu’à mettre ses pas dans ceux d´une grande mystique (Prier 15 jours avec Simone Weil Nouvelle Cité 2009). Père de deux enfants, il enseigne la philosophie à Metz, au lycée, en classes préparatoires ainsi qu’aux résidents d’un foyer d’accueil pour handicapés physiques. »

Pour se procurer l’ouvrage de Martin Steffens Petit traité de la joie

 

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Deux conférences en Sorbonne pour la 4ème séance du séminaire de philosophie hellénistique et romaine

Posted by Hervé Moine sur 16 mars 2010

4ème séance du Séminaire de philosophie héllénistique et romaine

Samedi 20 mars 2010

en Sorbonne

La quatrième séance du Séminaire de philosophie hellénistique et romaine (Paris 4 Sorbonne, Paris Est-Paris 12, ENS Lettres et sciences humaines) se tiendra samedi prochain 20 mars, de 10h à 13h à l’Université Paris Sorbonne, Salle de lecture de l’UFR de latin, escalier E, 3e étage.

Deux conférences sont programmées

  • F. Aronadio de l’Université Roma Tor Vergata, Félicité et condition humaine dans l’Alcion pseudoplatonicien. Sur de possibles développements de la tradition académicienne
  • S. Alexandre de l’Université de Grenoble 2, Ataraxie du sujet, troubles dans les normes. Les enjeux d’une allégeance performative

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Conférence à Toul : « Vie bonne ou vie réussie ? »

Posted by Hervé Moine sur 9 mars 2010

Vie bonne ou vie réussie ?

Conférence de Florence Grumillier  agrégée de philosophie

et de Sylvie Prévost professeure agrégée de lettres

Samedi 27 mars 2010 à 17h15 salle jean Pèlerin, médiathèque de Toul

Pieter De Hooch, Garçon portant une corbeille de grenades (détail) 1662

Choisit-t-on sa vie ?

Nous avions annoncé la précédente conférence de Florence Grumillier sur la question de savoir si l’on choisit sa vie, le texte de cette conférence est disponible sur le site de Florence Grumillier :

texte de la conférence du 14 novembre 2009 : « Choisit-on sa vie ? »

« J’aurais pu, j’aurais dû…Toujours au conditionnel passé ! Si j’avais su, hélas ! j’aurais agi tout autrement. Et l’homme épilogue avec mélancolie sur les vies qu’il aurait pu avoir, la carrière qui aurait pu être la sienne, les possibles qu’il a laissé se perdre. Cette misère de la vie en pointillé, celle qu’on n’a pas eue, c’est le jeu démoralisant de l’uchronie. »

Vladimir Jankélévitch Le Je-ne-sais quoi et le presque-rien 3 La volonté de vouloir.

Qu’est-ce que choisir ? Choisir c’est d’abord disposer d’une capacité d’initiative : le mouvement réflexe ou la réaction mécanique à un stimulus ne relève pas d’un choix. C’est ensuite avoir le pouvoir d’opter, de trancher entre plusieurs possibles – là où une seule voie s’offre, là où il n’y a pas réellement alternative, il n’y a pas réellement choix – en donnant la préférence à l’un d’eux (une image familière est celle du voyageur parvenu à la croisée des chemins : deux ou plusieurs voies s’ouvrent devant lui : pour laquelle va-t-il opter?) Choisir c’est donc toujours élire, là où il y a choix il y a sélection.

La puissance de choix, ainsi définie, apparaît comme une puissance positive, en ce qu’elle permet à l’homme de vouloir au lieu de subir passivement. La conscience qui choisit s’éprouve comme active. Pour choisir véritablement il faut être libre, ne subir ni contrainte, ni pression ni entrave. Choix cependant implique engagement – choisir, c’est prendre parti – et responsabilité : j’ai à répondre des conséquences de mes choix, à les assumer. D’où le fait que le choix entraîne souvent l’angoisse, comme l’a bien montré Sartre.

D’autre part, choisir, c’est aussi renoncer – là où il y a choix, il y a exclusion – donc consentir à un sacrifice. Ajoutons qu’il n’y a pas de choix sans risque, d’abord parce que tout choix enveloppe des conséquences que je ne peux pas prévoir, met en jeu un devenir dans lequel quelque chose échappe à la prévision, ensuite parce que je peux me tromper, faire un mauvais choix (il y a de bons et de mauvais choix).

L’expression sa vie indique d’emblée qu’il n’est pas ici question de la vie en général, mais de la vie en particulier. Dans son sens individuel, la vie peut être définie comme un parcours – on parlera à ce propos du « cours de la vie » – un déroulement ou une trajectoire qui s’effectue dans le temps – la durée est la condition naturelle de toute existence – entre ces deux bornes que sont la naissance et la mort. A l’intérieur de ce cadre temporel viennent s’insérer un certain nombre d’événements, de faits, d’actes et de réalisations qui en constituent en quelque sorte le contenu – on parlera à ce propos d’une vie bien pleine ou bien remplie – C’est cet ensemble de faits, particulièrement les plus forts, les plus marquants, qu’on cherche à raconter quand on fait le récit d’une vie (la sienne ou celle d’un autre).

La question qui nous est posée est donc claire. Il s’agit de savoir si nous possédons – ou pas – un pouvoir d’initiative sur cette trajectoire temporelle que constitue notre existence individuelle et sur l’ensemble des évènements et des réalisations qui viennent s’y insérer. Ce qui suppose que nous ne sommes pas réduits à les subir passivement, mais que nous y jouons un rôle actif, que nous pouvons les vouloir.

>>>lire la suite<<<

Voir le site de Florence Grumillier : http://www.philoflo.fr/

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Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Qu’est-ce qu’une vie réussie ? de luc ferry est un livre qui traite de la réussite d’une vie, de « la vie bonne ». luc ferry nous propose ici une réflexion nouvelle sur des interrogations présentes dans la pensée philosophique depuis l’antiquité, et de quelle façon se pose la question de la vie bonne, de la vie réussie aujourd’hui. C’est-à-dire selon quels critères, et à quelles conditions une existence, une vie est-elle réussie pour nous ? Ce livre est l’histoire de grandes réponses passées, des vies idéales imaginées par nos ancêtres ; luc ferry nous fait ressortir ce que ces sagesses avaient de plus puissant, ce par quoi, aujourd’hui encore, on peut y trouver des idées qui nous parlent. L’enjeu du livre a une certaine importance, ferry appartient à cette pensée qui reconsidère le rôle existentiel et pratique de la philosophie, et il va ainsi tenter d’élaborer une sagesse pour aujourd’hui.

Depuis la naissance de la philosophie, la question de « la vie bonne » est au centre des interrogations humaines, luc ferry observe que la façon d’y répondre dépend de la vision du monde où elle s’inscrit. Il distingue alors trois grandes problématiques ; il traite, dans la première, du monde théologico-religieux, réussir sa vie revient à trouver sa place dans un ordre transcendant. Dans la seconde, il explique pourquoi avec l’avènement de l’individualisme démocratique, la question de « la vie bonne » se pose différemment. Il s’agit, en effet, de régler son salut sur des finalités non transcendantes. Et enfin, dans la troisième grande problématique, ferry se demande ce qu’il reste de cette sotériologie, de cette doctrine du salut, à l’âge de la mort de Dieu, et de la disparition des grandes eschatologies. À partir de ces trois grandes problématiques, ferry expose les principales réponses fournies par les philosophes et les religions, avec les stoïciens, le christianisme, une étude de la pensée nietzschéenne, ainsi que de la sagesse ancienne en se demandant pourquoi s’intéresser à la sagesse des Anciens si elle n’est plus d’aujourd’hui, en se questionnant sur ce que peut nous apporter aujourd’hui cette sagesse antique ; mais aussi les peintres hollandais, les écrivains du XIXe siècle.

Pour se procurer le livre de Luc Ferry,Qu’est-ce qu’une vie réussie ?

Les autres ouvrages de Luc Ferry

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Programme du séminaire de philosophie hellénistique et romaine

Posted by Hervé Moine sur 17 novembre 2009

Programme 2009-2010 du Séminaire de philosophie hellénistique et romaine

La nature à Rome : le point de vue éthique

Axiologie, mos maiorum (moeurs des anciens) et vie heureuse

Université de Paris Est Créteil, LISEA 4395

Université Paris Sorbonne, EA 4081

ENS LSH Lyon

Centre d’Etudes sur la philosophie hellénistique et romaine

Responsables : B. Besnier, A. Gigandet, C. Lévy, P.-M. Morel

Les séances auront lieu le samedi de 10h à 12h à l’Université Paris Sorbonne ou à l’Université de Paris 12 Val de Marne, 94 Créteil, ou à l’E.N.S. Ulm, 45 rue d’Ulm, Paris 5e.

28 novembre 2009

  • I. HADOT, CNRS

Par quels moyens les stoïciens pensent-ils pouvoir devenir vertueux ? Réflexions sur le chap. X de B. Inwood, Reading Seneca

30 janvier 2010

  • A. BRANCACCI, Université de Roma Tor Vergata

Dion Chrysostome entre cynisme et Platonisme. Axiologie, mos maiorum et vie heureuse dans l’Euboïque

13 février 2010

  • L. MONTEILS-LAENG, U. de Caen

Les intermittences de la voluntas dans l’oeuvre de Sénèque

  • T. BENATOUÏL, Université de Nancy 2, IUF

Disciplina et débat philosophique dans le De finibus

20 mars 2010

  • F. ARONADIO, Université de Roma Tor Vergata

Félicité et condition humaine dans l’Alcion pseudoplatonicien. Sur de possibles développements de la tradition académicienne

  • S. ALEXANDRE, Université de Grenoble 2

Ataraxie du sujet, troubles dans les normes. Les enjeux d’une allégeance performative

08 et 09 avril 2010

  • à l’ENS LSH – Lyon : Atelier de lecture de l’Adversus Colotem de Plutarque

T. Bénatouïl (Nancy), M.Bonazzi (Milan), L. Castagnoli (Durham), M. Erler (Würzburg), A. Gigandet, J.-B. Gourinat (Paris), A.-M. Ioppolo (Rome), V. Laurand (Bordeaux), C. Lévy, P.-M. Morel, J. Opsomer (Cologne), G. Roskam (Leuven), E. Spinelli (Rome), J. Turpin, J. Warren (Cambridge).

15 mai 2010

  • C. CODONER, Université de Salamanque

L’évolution du mos maiorum dans la philosophie de Sénèque

  • C. LEVY, Université de Paris 4

L’éthique de la transcendance chez Cicéron du De republica aux Tusculanes

12 juin 2010

  • M. NIEHOFF, Université de Jérusalem

Réflexions sur Philon et Sénèque

  • F. GROS, Université de Paris 12

Sur le concept de securitas

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Le bonheur ou la quête de soi

Posted by Hervé Moine sur 22 octobre 2009

Après L’homme est-il l’aboutissement de l’évolution ? samedi 3, La Bioéthique : enjeux et perspectives samedi 10, Quel monde après la crise ? samedi 17

Dernier volet ce samedi des colloques de Menton

Le bonheur ou la quête de soi

Samedi 24 octobre 2009

Intervenants : Pascal Bruckner, Jean Salem et Robert Misrahi

« Le bonheur est une idée neuve en Europe » clamait Saint-Just en 1793. Aujourd’hui, chaque individu désire le bonheur. Mais comment le définir et, surtout, comment l’atteindre ? Scientifiques, économistes, psychologues, sociologues, tous veulent savoir pourquoi certains hommes se sentent heureux et d’autres pas. Est-on plus ou moins doué pour le bonheur ? Suffit-il de décider de chercher le bonheur pour le trouver ? Le bonheur est-il dans le travail, le mouvement, ou bien dans la contemplation ? Autant de questions auxquelles les philosophes invités tenteront de répondre.

  • Robert Misrahi, philosophe, grand spécialiste de Spinoza. Professeur émérite de philosophie éthique à l’Université de Paris I (Sorbonne)
  • Jean Salem, philosophe, directeur du Centre d’Histoire des Systèmes de Pensée Moderne.
  • Pascal Bruckner, romancier et essayiste

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Bac philo 2009 : Sujets nationaux des séries Technologiques 2009

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2009

Sujet 1

Peut-on être sûr d’avoir raison ?

Sujet 2

La technique s’oppose-t-elle à la nature ?

Sujet 3

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

« La loi ne consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu’à le guider vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. S’ils pouvaient être plus heureux sans elle, la loi s’évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte. De sorte que, quelles que soient les erreurs commises à son propos, la finalité de la loi n’est pas d’abolir ou de restreindre mais de préserver et d’élargir la liberté ; et dans toutes les conditions des êtres créés qui sont capables de vivre d’après des lois, là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas de liberté. Car la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être lorsqu’il n’y a point de loi ; mais la liberté n’est pas ce que l’on nous dit, à savoir une liberté, pour tout homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n’importe quel homme peut nous imposer ses humeurs ?). Mais c’est une liberté de disposer et d’ordonner comme on l’entend sa personne, ses actions, ses biens et l’ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa propre volonté. »

Locke

Questions :

1. Dégagez la thèse de ce texte et mettez en évidence les étapes de son argumentation.

2.

a. Précisez la conception de la liberté à laquelle Locke s’oppose dans ce texte.

b. En vous appuyant sur l’image de la ligne 4, expliquez : « guider [un agent libre et intelligent] vers ses propres intérêts ».

c. Comment Locke définit-il la liberté ? Expliquez cette définition en vous appuyant précisément sur le texte.

3. La loi est-elle la condition de la liberté ?

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Série S

Posted by Hervé Moine sur 16 juin 2009

Sujet 1

La maîtrise de la technique donne-t-elle le pouvoir de gouverner les hommes ?

Sujet 2

Peut-on douter d’une vérité démontrée ?

Sujet 3

Nous ne savons ce que c’est que bonheur ou malheur absolu. Tout est mêlé dans cette vie; on n’y goûte aucun sentiment pur, on n’y reste pas deux moments dans le même état. Les affections de nos âmes, ainsi que les modifications de nos corps, sont dans un flux continuel. Le bien et le mal nous sont communs à tous, mais en différentes mesures. Le plus heureux est celui qui sent le moins de peines; le plus misérable est celui qui sent le moins de plaisirs. Toujours plus de souffrances que de jouissances: voilà la différence commune à tous. La félicité de l’homme ici-bas n’est donc qu’un état négatif; on doit la mesurer par la moindre quantité de maux qu’il souffre.

Tout sentiment de peine est inséparable du désir de s’en délivrer; toute idée de plaisir est inséparable du désir d’en jouir; tout désir suppose privation, et toutes les privations qu’on sent sont pénibles; c’est donc dans la disproportion de nos désirs et de nos facultés que consiste notre misère. Un être sensible dont les facultés égaleraient les désirs serait un être absolument heureux.

Jean-Jacques Rousseau, Emile ou de l’éducation

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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