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Un ouvrage pour se familiariser avec la philosophie de Wilfrid Sellars

Posted by Hervé Moine sur 25 juillet 2012

Wilfrid Sellars et le mythe du donnéAude Bandini

Wilfrid Sellars et le mythe du donné

PUF

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur

On doit à Wilfrid Sellars d’avoir mis en évidence que le dogme empiriste selon lequel la connaissance trouve son fondement dans le donné de l’expérience ne relève que d’un mythe, créé par une confusion fondamentale entre ce qui, dans l’ordre de la justification, ressort de l’espace des causes et ce qui ressort de celui des raisons. De Locke à van Frassen, l’empirisme s’est ainsi rendu coupable d’avoir pris pour primitives et indubitables des croyances dont le contenu et la signification sont en réalité intrinsèquement déterminés par l’ensemble de l’édifice cognitif qu’elles étaient censées fonder.

Cet ouvrage vise non seulement à expliquer en quoi l’idée de « donné » de l’expérience ne peut être qu’un mythe, mais également les raisons qui ont pourtant conduit nombre de philosophes à y adhérer et les conséquences que son abandon entraîne pour l’épistémologie et la philosophie des sciences.

Table des matières de l’ouvrage

Avant-propos : Empirisme et mythe du donné / La fusion stéréoscopique des images scientifique et manifeste de l’homme dans le monde

Chapitre premier. — Le donné et le fondement de la connaissance

  • Empirisme, réalisme et donné
  • Donné et observation

Chapitre II. — Le mythe du donné

  • La réfutation du donné épistémique
  • Les sources du mythe du donné
  • Application de la critique sellarsienne : la version phénoménaliste du donné
  • Conclusion : le bon grain et l’ivraie dans les théories du donné

Chapitre III. —La structure de nos connaissances

  • La réfutation du donné sémantique
  • L’éléphant sur la tortue et le serpent autophage
  • Une conception révisionniste du rapport entre observation et théorie

Conclusion

Aude Bandini

Aude Bandini

L’auteure de Wilfrid Sellars et le mythe du donné est enseignante et post doctorante au département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal, (Chaire de recherche du Canada en philosophie de la logique et des mathématiques). Aude Bandini est également membre du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la normativité (GRIN) de l’Université de Montréal.

Spécialiste de Wilfrid Sellars, elle a d’ailleurs soutenu sa thèse en 2008 sur le sujet suivant : « De l’épistémologie à l’ontologie : science et métaphysique dans l’oeuvre de Wilfred SELLARS ».

Pour la science

Article de Christophe AL-SALEH, paru dans NonFiction le 24 juillet 2012

http://www.nonfiction.fr/article-6007-pour_la_science.htm

Wilfrid Sellars photo Cova/flick.fr

L’oeuvre de Wilfrid Sellars, quoique déterminante pour la philosophie analytique est bien moins servie en France que celles de Wittgenstein ou de Quine, ou même d’Austin ou de Ryle, pour prendre d’autres philosophes qui peuvent être également considérés comme des pionniers de la philosophie analytique. Cela est sans doute dû à la difficulté intrinsèque des textes du maître de Pittsburgh, mais, après tout, qui dirait des textes de Wittgenstein ou de Quine qu’ils sont simples ? Quoi qu’il en soit de cette relative méconnaissance dans laquelle se trouve l’oeuvre de Sellars en France (l’auteur salue dans une note, p.7, les travaux à cet égard pionniers de Fabien Cayla, Jacques Bouveresse, Jocelyn Benoist et Mathias Girel), il n’en demeure pas moins que le début de popularité que connaissent les travaux d’héritiers de Sellars, comme John McDowell, Richard Rorty ou Robert Brandom, dont le monumental Making it Explicit a été traduit récemment, ne perdrait rien à ce que des travaux sellarsiens francophones se multiplient.

L’ouvrage d’Aude Bandini devrait y contribuer.

Aude Bandini réussit en effet le tour de force, en un volume réduit, de nous familiariser avec les thèmes centraux de la philosophie de Sellars, tout en dessinant les enjeux de l’héritage sellarsien, et ce sans jamais céder à la facilité du raccourci théorique ou argumentatif. Elle est servie et ce doublement, par une écriture très claire et précise (mais qui n’élude jamais la difficulté), et par sa connaissance très précise et très fine des textes sellarsiens et du contexte historique et polémique des contributions du philosophe.

Le livre consiste en trois parties. La première partie est une présentation contextualisée de la notion de donné. Car si la critique sellarsienne de la notion de donné a un empan historique large (beaucoup d’auteurs de la tradition philosophique, des pré-socratiques à nos jours peuvent être concernés), il n’en demeure pas moins que la polémique sellarsienne est ciblée sur les empiristes, britanniques et américains, et viennois. L’auteur montre donc que le donné a trois propriétés épistémiques. Il est indépendant, autonome et efficace. Ces trois propriétés sont censées constituer son autorité épistémique. Le donné a en effet un rôle fondationnel. Il doit fournir de quoi justifier toute connaissance (ordinaire ou scientifique) de manière non-régressive et non-circulaire. Autrement dit, dans le contexte où Sellars intervient, l’appel du donné vient d’une réaction à l’idéalisme et d’un souci réaliste que Sellars partage. Sa critique vise donc à assainir l’empirisme.

La deuxième partie du livre expose les lignes directrices de la critique du mythe du donné, telle que Sellars la mène dans Empirisme et philosophie de l’esprit (1956). Le nerf de la critique est que rien, ni une sensation, ni une perception, ni une intuition, ne peut être à la fois indépendant et efficace épistémiquement, car « l’autorité épistémique est un statut normatif que nous attribuons, par apprentissage, à certains états non épistémiques : nous transformons des causes en raisons ou en preuves quand les normes épistémiques que nous avons intégrées nous y autorisent » . Autrement dit, même à supposer que je sois en contact de manière privilégiée avec un objet dans une intuition, par exemple, il faudrait encore, pour pouvoir transformer cette relation en connaissance que j’adopte les normes qui permettent de reconnaître quelque chose comme une connaissance, normes qui sont socialement transmises, et qui supposent donc l’acquisition d’un langage.

La troisième partie montre comment la critique du mythe du donné est supposée libérer le champ pour une nouvelle forme d’épistémologie, libérée des dichotomies habituelles, et qui devrait permettre de réconcilier, dans une vision stéréoscopique, l’image scientifique et l’image manifeste du monde, la science et le sens commun. « Sellars s’efforce de ménager une troisième voie entre des couples de positions épistémiques traditionnellement opposés : l’empirisme fondationnaliste et le rationalisme cohérentiste, les conceptions externaliste et internaliste de la justification et de la signification, le naturalisme et le normativisme » .

L’ouvrage d’Aude Bandini est le guide de lecture qui manquait, celui qui va permettre aux philosophes attirés par les promesses d’une épistémologie pragmatiste mais rebutés par l’écriture âpre d’Empirisme et philosophie de l’esprit, l’un des rares ouvrages de Sellars traduits en français, de comprendre ce texte et d’en apprécier les enjeux. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que cela contribue au développement des études sellarsiennes dans le monde philosophique francophone !

Références : W. Sellars, Empirisme et philosophie de l’esprit, traduit par F. Cayla, Editions de l’Eclat, 1992

Empirisme et philosophie de l'esprit

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Recensement et interprétation du lexique de la connaissance dans les oeuvres des Anciens

Posted by Hervé Moine sur 21 juillet 2012

Colloque franco-britannique en sciences de l’Antiquité

du 5 au 8 septembre 2012

Bordeaux

par l’Institut Ausonius

à l’Université de Bordeaux 3

L’institut Ausonius et l’université de Bordeaux 3 accueillent du 5 au 8 septembre 2012 la VIIe Celtic Conference in Classics (CCC), ou colloque franco-britannique en sciences de l’Antiquité. Environ cent-dix chercheurs, majoritairement anglo-saxons, s’y retrouveront, répartis en dix ateliers de réflexion très variés, relevant de l’histoire, de la littérature ou de la philosophie. Les communications se feront en français ou en anglais. L’atelier relevant plus particulièrement de la philosophie portera sur la connaissance.

Philosophie : le lexique de la connaissance / Philosophy of knowledge

Qu’est-ce que la connaissance ? Cette question peut rester implicite dans des contextes dévolus à d’autres notions, ou être au contraire propulsée au premier plan en tant que sujet propre d’une enquête philosophique. Mais ce que l’on appelle « connaître » ou « la connaissance » ne relève jamais exclusivement de l’épistémologie. Comprendre, en effet, ce qu’est la connaissance pour tel philosophe de l’antiquité est tout simplement au cœur de l’entreprise consistant à comprendre sa pensée de façon globale.

Les chercheurs réunis dans cet atelier de discussion s’attacheront à recenser et à interpréter le lexique de la connaissance présent dans les œuvres des philosophes antiques, depuis les Présocratiques jusqu’à l’époque impériale.

Les intervenants à cet atelier de discussion

  • Lesley Brown (Oxford), « Varieties of agreement in Plato »
  • Fritz-Gregor Herrmann (Swansea), « doxa from the Presocratics to Plato »
  • Catherine Rowett (East Anglia), « Knowledge and correct impressions in Plato’s Meno »
  • Antony Hatzistavrou (Hull), « The instability of true beliefs in the Meno »
  • Walter Cavini (Bologne), « On episteme as a stable mental state »
  • Emmanuel Bermon (Bordeaux), « Connaissance de soi et connaissance d’elle-même / Knowledge of the self and knowledge of itself »
  • Paolo Crivelli (Genève), « Aristotle’s Definition of Universals in de Interpretatione 7 »
  • Annamaria Schiaparelli (Genève), « Aristotle’s Account of Fallacious Language in the Sophistical Refutations »
  • Valentina di Lascio (Durham), « The role of beliefs in Aristotle’s Sophistical Refutations »
  • Luca Castagnoli (Durham), « The language of aporia from Socrates to SextusEmiricus »
  • Angelo Giavatto (Nantes), « Epictetus on preconceptions »
  • Pierre Pellegrin (Paris), « Thoughts on Aristotle’s cognitive vocabulary »

Pierre Pellegrin et Emmanuel Bermon

Le vocabulaire d'AristoteAncien élève de Canguilhem et philosophe, Pierre Pellegrin est directeur de recherche émérite au CNRS, dans l’unité CHSPAM (Centre d’Histoire des Sciences et Philosophies Arabes et Médiévales.) Grand spécialiste d’Aristote a traduit de nombreux ouvrages de cet illustre philosophe de l’Antiquité et notamment Les Parties des animaux : Edition bilingue français-grec en 2011, c’est à ce titre qu’il interviendra dans l’atelier de discussion « philosophie », dans une réflexion à propos du vocabulaire cognitif du maître. On pourra d’ailleurs lire à profit, Le vocabulaire d’Aristote qu’il a écrit sous la direction de Jean-Pierre Zarader aux éditions Ellipses en 2001, dont voici une présentation :

« Une lecture superficielle du corpus aristotélicien peut laisser l’impression que l’on a affaire à une pensée d’une systématicité sans faille, alors qu’une approche plus fine en montre les tensions, les regrets, les détours. Il en est de même pour le vocabulaire qui exprime cette pensée faussement rigide. Quelques termes ont été créés par Aristote lui-même, mais la plupart viennent du grec ordinaire, et Aristote prête une pertinence certaine à leur emploi habituel. Chaque mot ou expression fait donc l’objet d’un usage polyphonique, valant à plusieurs niveaux et jouant sur plusieurs registres. De plus, l’impression que nous avons affaire, en lisant les traités aristotéliciens, à une langue technique, au sens moderne du mot, est largement le fait d’une illusion rétrospective. Vocabulaire coloré et rigoureux, foisonnant et économe. »

Pierre Pellegrin – France Culture

Autre ouvrage, parmi d’autres, qui pourrait nous intéresser, publié aux éditions du Seuil en 2002 par Pierre Pellegrin, co-écrit avec Miche Grubellier,  : Aristote : Le philosophe et les savoirs, ouvrage qui offre un parcours complet, clair et argumenté de l’oeuvre d’Aristote ainsi qu’une tentative de cerner cette façon particulière, originale et souvent imitée de philosopher. Aristote est, sinon le premier philosophe, du moins le premier à avoir proposé une carte des savoirs, de la littérature à la théologie. La question fondamentale que résout la philosophie aristotélicienne est de savoir comment l’homme connaît, pense le réel, dans sa diversité et ses différences. « Il y a aujourd’hui plusieurs manières d’être aristotélicien. Nous sommes aristotéliciens, que nous le voulions ou non, parce que le poids historique d’Aristote dans notre paysage intellectuel et mental n’est comparable à aucun autre. Il n’est pour ainsi dire aucune des disciplines qui se développent sous nos yeux à laquelle on ne finisse par trouver un fondement aristotélicien. Mais on peut aussi être aristotélicien parce que l’aristotélisme, plus qu’un ensemble de thèses, est une manière de philosopher. Une manière, donc, de situer le sujet par rapport à l’objet connu et par rapport à la connaissance elle-même. Une manière aussi de dessiner une carte, au sens géographique du terme, du savoir. Car le savoir n’est unique qu’en un sens équivoque. Aussi faut-il en repérer les fractures, en trouver les articulations et les passages, y reconnaître les mêmes schèmes en des lieux différents. C’est un parcours de l’œuvre entière d’Aristote à travers la « volonté de savoir » que cet ouvrage propose. » (4ème de couverture. Aristote : Le philosophe et les savoirs)

_____________________

Photo de Emmanuel BERMON

Emmanuel Bermon

A noter la participation également à cet atelier consacré plus spécialement à la philosophie, présidé par Fritz-Gregor Herrmann de Swansea et par Walter Cavini de Bologne, d’Emmanuel Bermon, professeur à l’Université de Bordeaux3.

Son intervention portera sur la connaissance de soi et la connaissance d’elle-même, thématique faisant d’ailleurs l’objet d’un de ses cours de Master « Métaphysique, herméneutique, philosophie de la religion ».

L’ancien élève de l’Ecole Normale de la rue d’Ulm est spécialiste de l’histoire de la philosophie antique, de la philosophie de la connaissance et de la philosophie du langage. Il a publié chez Vrin, en 2002, Le cogito dans la pensee de saint augustin, en 2007, La signification et l’enseignement et a co-écrit avec Valérie Laurant et Jean Terrel, Politique d’Aristote : Famille, régimes, éducation, ouvrage paru en 2011, paru aux Presses Universitaires de Bordeaux et notamment préfacé par Pierre Pellegrin.

 

Pour en savoir davantage sur ce colloque vous pouvez contacter : Jean Yvonneau

  • jean.yvonneau@u-bordeaux3.fr

au consulter le site « VIIe Colloque franco-britannique en sciences de l’Antiquité », Colloque, Calenda, publié le vendredi 20 juillet 2012, http://calenda.revues.org/nouvelle24808.html ou le site http://ausonius.u-bordeaux3.fr/new/index.php/manifestations

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La logique stoïcienne au programme à l’ENS

Posted by Hervé Moine sur 20 février 2010

Cycle de Conférences Léon Robin 2009 – 2010

LE STOÏCISME

26 Février 2010

La logique stoïcienne

de 14h00-17h30

Zénon de Cittium

Intervenants et thèmes des interventions :

  • Jonathan BARNES de l’Université de Paris IV-Sorbonne : La logique et les énoncés
  • Paolo CRIVELLI de l’Université d’Oxford : Universels et définitions dans la logique stoïcienne

Lieu du séminaire :

Le séminaire a lieu à l’Ecole Normale Supérieure, bâtiment annexe, 46, rue d’Ulm, 75005 Paris, salle de Conférences (Rez de Chaussée)

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Série L

Posted by Hervé Moine sur 16 juin 2009

Sujet 1

La connaissance rationnelle comble-t-elle toutes les attentes de l’homme ?

Sujet 2

Le dialogue permet-il de surmonter les obstacles qui nous empêchent de comprendre autrui ?

Sujet 3

Expliquer le texte suivant :

Il me semble que la vertu est chose autre, et plus noble, que les inclinations à la bonté qui naissent en nous. Les âmes réglées d’elles-mêmes et bien nées, elles suivent même train, et représentent en leurs actions même visage que les vertueuses; mais la vertu sonne je ne sais quoi de plus grand et de plus actif que de se laisser, par une heureuse complexion1, doucement et paisiblement conduire à la suite de la raison. Celui qui, d’une douceur et facilité naturelle, mépriserait les offenses reçues, ferait sans doute chose très belle et digne de louange; mais celui qui, piqué et outré jusqu’au vif d’une offense, s’armerait des armes de la raison contre ce furieux appétit de vengeance, et après un grand conflit s’en rendrait enfin maître, ferait sans doute beaucoup plus. Celui-là ferait bien, et celui-ci vertueusement: l’une action se pourrait dire bonté, l’autre vertu; car il semble que le nom de la vertu présuppose de la difficulté au combat et du contraste, et qu’elle ne peut être sans partie2. C’est à l’aventure pourquoi nous nommons Dieu3, bon, fort, et libéral, et juste; mais nous ne le nommons pas vertueux; ses opérations sont toutes naïves et sans effort.

Montaigne, Essais – Livre II

1.  tempérament

2.  adversaire

3.  Comprendre: « C’est pourquoi, parmi d’autres noms, nous nommons Dieu … »

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Série ES

Posted by Hervé Moine sur 16 juin 2009

Sujet 1

Pourquoi vouloir à tout prix connaître la vérité ?

Sujet 2

Le droit doit-il être fondé sur la nature ?

Sujet 3

Nous sentons la douleur, mais non l’absence de douleur; le souci, mais non l’absence de souci ; la crainte, mais non la sécurité. Nous ressentons le désir, comme nous ressentons la faim et la soif ; mais le désir est-il satisfait, aussitôt il en advient de lui comme de ces morceaux goûtés par nous et qui cessent d’exister pour notre sensibilité, dès le moment où nous les avalons. Nous remarquons douloureusement l’absence des jouissances et des joies, et nous les regrettons aussitôt; au contraire, la disparition de la douleur, quand bien même elle ne nous quitte qu’après longtemps, n’est pas immédiatement sentie, mais tout au plus y pense-t-on parce qu’on veut y penser, par le moyen de la réflexion. Seules, en effet, la douleur et la privation peuvent produire une impression positive et par là se dénoncer d’elles-mêmes : le bien-être, au contraire, n’est que pure négation. Aussi n’apprécions-nous pas les trois plus grands biens de la vie, la santé, la jeunesse et la liberté, tant que nous les possédons ; pour en comprendre la valeur, il faut que nous les ayons perdus, car ils sont aussi négatifs. Que notre vie était heureuse, c’est ce dont nous ne nous apercevons qu’au moment où ces jours heureux ont fait place à des jours malheureux. Autant les jouissances augmentent, autant diminue l’aptitude à les goûter : le plaisir devenu habitude n’est plus éprouvé comme tel. Mais par là-même grandit la faculté de ressentir la souffrance; car la disparition d’un plaisir habituel cause une impression douloureuse. Ainsi la possession accroît la mesure de nos besoins, et du même coup la capacité de ressentir la douleur.

Schopenhauer, Le monde comme volonté et représentation

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Séries technologiques

Posted by Hervé Moine sur 16 juin 2009

Sujet 1

L’ignorant peut-il être libre ?

Sujet 2

L’art nous éloigne-t-il de la réalité ?

Sujet 3

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Tant qu’on désire, on peut se passer d’être heureux ; on s’attend à le devenir: si le bonheur ne vient point, l’espoir se prolonge, et le charme de l’illusion dure autant que la passion qui le cause. Ainsi cet état se suffit à lui-même, et l’inquiétude qu’il donne est une sorte de jouissance qui supplée à la réalité, qui vaut mieux peut-être. Malheur à qui n’a plus rien à désirer ! il perd pour ainsi dire tout ce qu’il possède. On jouit moins de ce qu’on obtient que de ce qu’on espère et l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux. En effet, l’homme, avide et borné, fait pour tout vouloir et peu obtenir, a reçu du ciel une force consolante qui rapproche de lui tout ce qu’il désire, qui le soumet à son imagination, qui le lui rend présent et sensible, qui le lui livre en quelque sorte et, pour lui rendre cette imaginaire propriété plus douce, le modifie au gré de sa passion. Mais tout ce prestige* disparaît devant l’objet même;  rien n’embellit plus cet objet aux yeux du possesseur ; on ne se figure point ce qu’on voit ; l’imagination ne pare plus rien de ce qu’on possède, l’illusion cesse où commence la jouissance.

Rousseau

*Prestige : ici, illusion

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.

a)           En vous appuyant sur le texte, expliquez « l’on n’est heureux qu’avant d’être heureux ».

b)           Montrez comment l’imagination « rend présent et sensible » à l’homme « tout ce qu’il désire ».

c)           En vous appuyant sur le texte, expliquez «l’illusion cesse où commence la jouissance ».

3. N’y a-t-il de bonheur que dans l’espoir d’être heureux ?

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Bac Blanc de Philosophie pour la terminale S

Posted by Hervé Moine sur 16 avril 2009

Vous traiterez l’un des trois sujet suivant :

Durée : 4 heures

  1. Faut-il chercher à tout démontrer ?

  2. La vérité dépend-elle de nous ?

  3. Le bonheur est-il la finalité de la politique ?

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T.ES & T.S Devoir à rendre pour le 30 avril 2009

Posted by Hervé Moine sur 13 avril 2009

Vous traiterez l’un des deux sujets au choix. Ce devoir est à rendre pour le 30 avril 2009.

  1. Peut-on identifier œuvre et travail ?

  2. Les sciences progressent-elles vers la vérité ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire çi-dessous pour apporter vos contributions et réflexions sur ces sujets.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°8

Posted by Hervé Moine sur 12 mars 2009

Nous terminons notre lecture de l’ouvrage de Descartes, par cette dernière partie, le deuxième volet de la « connaissance de la nature ». Et comme c’était le cas, dans les cours précédents, nous terminerons par des questions dont le but est de vous accompagner dans votre lecture et pour vous permettre de l’approfondir.

René Descartes

René Descartes

IV CONNAISSANCE DE LA NATURE (suite)

F. Sixième partie du Discours de la Méthode

« Et en la dernière, quelles choses il croit être requises pour aller plus en avant en la recherche de la nature qu’il n’a été, et quelles raisons l’ont fait écrire. »

Le but de Descartes, dans l’ultime partie de cette préface, est de chercher à susciter la curiosité du public et de rechercher des mécènes. En douze paragraphes et deux mouvements, l’auteur déploie sa stratégie.

1°) [para.1 à 3] Le premier moment montre que la connaissance doit maîtriser la nature.

Pour Descartes, la philosophie doit être pratique et rendre maître les hommes « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Pour cela, il faut combiner les raisonnements théoriques et les observations expérimentales. Il insiste sur la nécessité des expérimentations pour la recherche scientifique.

2°} [para.4 à 12] Le second moment nous montre les hésitations de Descartes à publier ou ne pas publier.

D’abord, Descartes passe en revue les motifs qui pourraient encore le forcer à publier, puis il reprend les raisons tout aussi fortes qui le retiennent (la confrontation de ses thèses avec celles des autres lui fait courir le risque d’être attaqué et dérangé dans ses recherches), et enfin, il dit pourquoi il ne livre que des fragments et des aperçus de sa physique.

QUESTIONS

  1. Que signifie « procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes » [2ème paragraphe] ? Quel est ce bien ?
  2. Comment interpréter la célèbre formule : « nous rendre comme maître et possesseur de la nature » ? Dieu n’est-il pas le seul à maîtriser et à posséder la nature ?
  3. Un seul homme peut-il venir à bout de la connaissance des forces naturelles ? Descartes pense-t-il épuiser ces ressources à lui seul ?
  4. A quoi sert l’image du lierre, et que prouve-t-elle contre les scolastiques qui cherchent à expliquer la nature à partir des livres du maître ?
  5. Maîtrise et démiurgie : peut-on tout se permettre envers ce qu’on maîtrise ?
  6. La brièveté de la vie et ses conséquences éthiques ?
  7. Devoirs de l’homme privé, devoirs de l’homme public : que doit-on à l’humanité ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n° 7

Posted by Hervé Moine sur 11 mars 2009

Nous abordons à présent la dernière grande partie du Discours de la méthode, à savoir « la connaissance de la nature », celle-ci est traitée dans la 5ème et 6ème partie de l’ouvrage. Ce cours aura pour objectif de lire la cinquième et avant dernière partie de l’œuvre. Et pour compléter ce cours, vous trouverez des questions.

René Descartes

René Descartes

IV CONNAISSANCE DE LA NATURE

E. Cinquième partie du Discours de la Méthode

« En la cinquième, l’ordre des questions de physique qu’il a cherchées, et particulièrement l’explication du mouvement du cœur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine, puis aussi la différence qui est en notre âme et celle des bêtes. »

La cinquième partie du Discours ébauche le développement de la vision mécaniste du monde corporel par des aperçus sur la physique et sur sa physiologie. Le monde sensible étant justifié (4ème partie), il s’agit de montrer d’abord, comment l’optique de la certitude s’applique à la nature ; ensuite, comment elle permet de poser rationnellement le mécanisme ; et enfin, comment seule cette thèse permet d’effectuer une différentiation entre la machine, l’animal et l’homme. Ce triple mouvement est déployé dans cette présente partie, en onze paragraphes.

1°) [para. 1 à 3} Descartes montre, dans un premier moment, que la nature peut être connue par l’homme.

Pour éviter les controverses, Descartes indique à grands traits le contenu du Traité du Monde qu’il n’avait pu terminer en 1633, à cause de la condamnation de Galilée. Ce livre contenait les fondements de la physique : les lois de la nature, établies par Dieu en nos âmes, déduites, donc, des premières vérités métaphysiques. Descartes affirme qu’en connaissant Dieu et en suivant la raison on peut reconstruire intellectuellement le monde. Mais il se contente ici d’affirmations générales par crainte de heurter les autorités religieuses.

2°) [para.4 à 9] Le deuxième mouvement de cette partie présente la théorie du corps-machine.

Descartes explique le mouvement du sang en faisant du cœur une chaudière qui chauffe le sang et le rend fluide. Le mouvement du sang s’explique de façon purement mécanique, ce qui signifie par extension que tous les corps sont des machines.

3°) [para. l0 et 11] Le troisième mouvement a pour idée essentielle que seul l’homme est doté d’une âme.

Selon Descartes, si les animaux ne sont que des machines, car ils ne sont que corps et n’ont point de raison (d’ailleurs, le fait qu’ils n’aient pas de langage en est la preuve), seul l’homme a une raison et donc une âme. L’homme est un être composé d’un corps et d’une âme.

QUESTIONS

  1. Une fois établi le principe de la vérité de la pensée, pourquoi la connaissance de la nature devient-elle possible ?
  2. Comment Descartes entend-il traiter des lois de la nature et dans quelles limites ?
  3. Y a-t-il un enjeu de méthode à concevoir le mouvement du coeur comme l’effet d’un bouillonnement du sang ?
  4. La physique est-elle rendue possible par la véracité divine ?
  5. La distinction de l’étendue et de la pensée permet-elle de mieux comprendre le mouvements des corps ?
  6. Qu’est-ce qu’une interprétation mécaniste de la vie ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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