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Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Posts Tagged ‘croyance’

Bac Philo 2012 série L

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2012

Sujets de philo du bac L 2012 :

            Sujet  1 :  Que gagne-t-on en travaillant ?
            Sujet  2 : Toute croyance est-elle contraire à la raison ?
           Sujet  3 : Expliquer le texte suivant
La fin de l’Etat n’est pas de faire passer les hommes de la condition d’êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d’automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s’acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu’eux-mêmes usent d’une raison libre, pour qu’ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu’ils se supportent sans malveillance les uns les autres. La fin de l’Etat est donc en réalité la liberté. [Et], pour former l’Etat, une seule chose est nécessaire : que tout le pouvoir de décréter appartienne soit à tous collectivement,soit à quelques-uns, soit à un seul. Puisque, en effet, le libre jugement des hommes est extrêmement divers, que chacun pense être seul à tout savoir et qu’il est impossible que tous opinent pareillement et parlent d’une seule bouche, ils ne pourraient vivre en paix si l’individu n’avait renoncé à son droit d’agir suivant le seul décret de sa pensée. C’est donc seulement au droit d’agir par son propre décret qu’il a renoncé, non au droit de raisonner et de juger ; par suite nul à la vérité ne peut, sans danger pour le droit du souverain, agir contre son décret, mais il peut avec une entière liberté opiner (1) et juger et en conséquence aussi parler, pourvu qu’il n’aille pas au-delà de la simple parole ou de l’enseignement, et qu’il défende son opinion par la raison seule, non par la ruse, la colère ou la haine.
SPINOZA
Traité théologico-politique
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Le fantasme du 11ème jour du 11ème mois de la 11ème année du millénaire à 11h11

Posted by Hervé Moine sur 11 novembre 2011

S’enflammer pour une date

Le philosophe, auteur du livre « Croyance et superstition », Christian Godin, sur Europe 1, à propos du 11/11/11 à 11h11

« Cette conjoncture rare, donc exceptionnelle, est l’une des seules superstitions qu’on peut exercer de manière collective » (…)

« Les croyances n’obéissent pas aux mêmes logiques que les connaissances.

Les connaissances progressent mais les croyances, liées aux fantasmes, désirs et angoisses des individus demeurent. »

http://www.europe1.fr/France/11-11-11-quand-le-Net-s-affole-809651/

Christian Godin

Croyance et superstition

Editions Cécile Defaut

Présentation de l’ouvrageCroyance et superstition

Pourquoi a-t-on pu penser à partir du XVIIIe siècle que la superstition allait disparaître ? Et pourquoi subsiste-t-elle aujourd’hui ? Devrait-on déduire des statistiques concernant la superstition en général ou même de l’observation empirique la plus simple que la superstition, contrairement à ce que l’on a cru, n’est décidément pas un accident historique mais une donnée anthropologique de base ?

Il y a plusieurs manières de contester la pertinence de la distinction entre croyance et superstition, la plus courante consistant à pointer la relativité des superstitions : le mot ne serait qu’une insulte adressée à des croyances qu’on ne partage pas. Contre cette vulgate aujourd’hui bien reçue, l’auteur entend montrer qu’il existe des critères objectifs pour distinguer parmi les croyances celles qui sont superstitieuses et celles qui ne le sont pas. Pour ce faire, l’analyse philosophique aussi bien que les exemples les plus banals de la vie quotidienne sont utilisés afin d’éclairer ce qui aurait paru une énigme à la plupart des intellectuels du XIXe siècle : comment expliquer que dans des sociétés massivement gouvernés par les sciences et les techniques, ainsi que par la rationalité économique, une bonne partie de la population continue de s’adonner à des pratiques superstitieuses ?

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La Pensée scientifique versus la pensée magique

Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2011

Le professeur Cyrille Barrette sera à la salle Georges-Dor du cégep de Drummondville, le vendredi 18 novembre prochain, dès 14 h 30, dans le cadre du projet Hermès du Département de philosophie. Il y présentera sa conférence «La Pensée scientifique versus la pensée magique».

Le professeur Cyrille Barrette sera à la salle Georges-Dor du cégep de Drummondville, le vendredi 18 novembre prochain, dès 14 h 30, dans le cadre du projet Hermès du Département de philosophie. Il y présentera sa conférence «La Pensée...

Un adepte du scepticisme prononcera une conférence à la salle Georges-Dor du cégep le 18 novembre 2011

Le Département de philosophie du cégep de Drummondville (Québec) accueillera le biologiste et professeur bien connu Cyrille Barrette, le vendredi 18 novembre prochain, dès 14 h 30, à la salle Georges-Dor de l’établissement, dans le cadre des conférences d’Hermès, un projet novateur qui met à l’avant-plan le sens critique et démontre que la philosophie s’enracine dans la vie de tous les jours.

À cette occasion, M. Barrette prononcera une conférence intitulée «La Pensée scientifique versus la pensée magique», lui qui est régulièrement invité par les médias à commenter des croyances à la mode (créationnisme, raëliens, numérologie, ésotérisme, etc.). D’ailleurs, à la suite de la parution de son livre «Mystère sans magie – science, doute et vérité : notre seul espoir pour l’avenir», en 2006, le journal de l’Université Laval (où il a longtemps enseigné) décrivait l’ouvrage comme «un éloge du scepticisme», «un réquisitoire contre l’endoctrinement religieux des enfants», «une attaque contre la pensée molle de notre époque» et «un appel à nous affranchir de notre crédulité enfantine».

Pourquoi les pseudosciences, le paranormal et l’ésotérisme sont-ils si populaires? Comment reconnaître la vraie science? La science est-elle différente des autres approches qui tentent de comprendre le monde? Est-ce la meilleure? La science n’est-elle qu’une croyance comme les autres? Voilà autant de questions auxquelles M. Barrette tentera de répondre au cours de sa conférence.

«Dans cette conférence, je tente […] de faire la promotion de l’esprit critique comme condition primordiale d’une bonne hygiène mentale, a-t-il fait savoir. Un esprit critique vigoureux est d’autant plus important dans notre monde où les médias et les spécialistes nous bombardent d’informations de plus en plus complexes et contradictoires […] et où les vendeurs et les charlatans sont de plus en plus habiles à exploiter nos vulnérabilités et notre crédulité.»

Biologiste spécialisé dans le comportement et l’écologie des mammifères, Cyrille Barrette est docteur en éthologie de l’Université de Calgary. Il donne chaque année plusieurs conférences concernant l’application rigoureuse de la démarche scientifique comme outil pour produire de la connaissance. Il défend également cette dernière contre les différentes croyances qui s’y opposent ou qui tentent de s’attribuer son prestige. Il a d’ailleurs déjà été nommé sceptique de l’année par l’association Les Sceptiques du Québec.

Rappelons que les conférences d’Hermès sont présentées gratuitement aux étudiants du cégep de Drummondville et à l’ensemble de la population. Pour en savoir plus à propos de cette activité, il suffit de contacter par courriel Jordan Raymond-Robidoux, enseignant en philosophie, à l’adresse raymondj@cdrummond.qc.ca.

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L’étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Réforme des études ecclésiastiques de philosophie

Article de Guillaume de Thieulloy paru dans Chrétienté Info le 22 mars 2011

http://www.chretiente.info/201103223921/reforme-des-etudes-ecclesiastiques-de-philosophie/

Mgr Bruguès secretaire de la Congrégation pour l’éducation catholique

 

Présentant ce matin, avec le cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, le décret de réforme des études ecclésiastiques de philosophie, Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation, a déclaré : «  Les disciplines strictement philosophiques devront constituer au moins 60 % des cours de première et deuxième année. »

Le RP Charles Morerod, recteur de l’Université pontificale St Thomas d’Aquin, a ajouté que « L’étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques, à les évaluer en évitant d’imposer à sa théologie ou à sa prédication un cadre conceptuel incompatible avec la foi. Pour être juste, la réflexion critique sur les systèmes philosophiques doit rechercher la vérité au delà des apparences. »

Les futurs prêtres seront mieux formés à la philosophie

Article de Frédéric Mounier paru dans La Croix le 22 mars 2011

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2459362&rubId=4078#

La Congrégation pour l’Éducation catholique, le «ministère» du pape en charge, notamment, des séminaires et de l’enseignement catholique supérieur, a publié hier une réforme visant à renforcer, tant sur le fond que sur la forme, les études de philosophie dans ces établissements

Dans quel contexte se situe cette réforme ?

«L’effondrement actuel de la culture générale, et plus précisément de la culture religieuse, impose de notre part un effort plus grand en direction des séminaristes. La plupart d’entre eux, avant d’entrer au séminaire, n’ont en effet jamais pu approcher la philosophie.» Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire (numéro 2) de la Congrégation pour l’éducation catholique, motive en ces termes la réforme des études ecclésiastiques de philosophie annoncée mardi 22 mars à Rome, devant les recteurs et doyens des universités pontificales.

Pour sa part, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la même congrégation, a lui aussi expliqué cette réforme, fruit d’une large réflexion entamée en 2004, par «la faiblesse de la formation philosophique dans de nombreuses institutions ecclésiastiques, avec l’absence de points de références précis, notamment en ce qui concerne les matières à enseigner et la qualité des enseignants.»

Il a poursuivi : «Cette faiblesse est accompagnée de la crise des études philosophiques en général, à une époque où la raison est menacée par l’utilitarisme, le scepticisme, le relativisme et l’abandon de la métaphysique, lui rendant difficile de prendre en compte la vérité sur les problèmes fondamentaux de la vie». L’idée est aussi de rééquilibrer un enseignement qui, selon les responsables romains, s’est ces dernières années trop orienté vers les sciences humaines.

Quelles en sont les modalités ?

Trois catégories d’établissements sont concernées. Les facultés ecclésiastiques de philosophie devront faire passer leur premier cycle de deux à trois ans. Les programmes devront inclure la métaphysique et la logique. Le corps enseignant en philosophie devra désormais être «stable», qualifié par des titres universitaires ecclésiastiques, et composé au minimum de sept enseignants.

Les premiers cycles des facultés ecclésiastiques de théologie et les instituts affiliés en théologie, par exemple les séminaires, devront veiller à ce que la philosophie constitue au moins 60% des crédits des deux premières années. Celles-ci doivent donc être «principalement dédiées à la philosophie».

Par ailleurs, afin d’éviter un corps enseignant trop externalisé, ou insuffisamment qualifié en philosophie car spécialiste d’autres disciplines, ces établissements devront compter au moins deux enseignants philosophes «stables». Enfin, le nombre des enseignants stables d’un institut affilié en philosophie (notamment les séminaires) doit être d’au moins cinq, avec les qualifications requises.

Quelles en seront les conséquences ?

Sur le fond, il s’agit pour la Congrégation de remédier au constat déjà dressé par Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio , qui stigmatisait «une fragmentation du savoir qui entrave l’unité intérieure de l’homme contemporain, parce qu’elle entraîne une approche parcellaire de la vérité et que, par conséquent, elle en fragmente le sens».

Sur la forme, les 50 facultés catholiques de philosophie et les 400 facultés de théologie présentes dans le monde devront, pour certaines d’entre elles, se livrer à un sérieux effort, notamment matériel, de mise en conformité.

Frédéric Mounier, de Rome

 

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Nouveaux ajustements entre convictions et vie commune, entre foi et politique.

Posted by Hervé Moine sur 12 février 2011

Le numéro de Février de la Revue Esprit

Religion et politique :

séparations sous tension

Religions et politique : séparations sous tension

Les nouvelles donnes de la laïcité

Avons-nous besoin d’une théologie politique ?

Mohammed Arkoun et la critique de l’islam

Le « désenchantement » moderne : une fable occidentale ?

Autour du fonds Paul Ricoeur

http://www.esprit.presse.fr/

Pour se procurer la Revue Esprit, N° 372, Février 2011 : Religions et politique : séparations sous tension

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Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres

Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.

Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le « la » et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.

Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.

Hervé Moine

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Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”

KANT, Critique de la raison pratique.

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Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande;  les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité « technique », qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité « technique » est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La « connaissance » cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

1 credo : affirmation d’une croyance

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Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.

Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

Cicéron

Notes

* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

Questions :

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.      a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».

b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».

c) Expliquez: « si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, […] il n’y a absolument plus de justice ».

3. La justice est-elle fondée sur la raison?

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