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Posts Tagged ‘Descartes’

L’histoire d’une tête pensante qui commence un 9 février

Posted by Hervé Moine sur 9 février 2011

Que reste-t-il de Descartes ?

Il y a 415 ans, le 9 février 1596, naissait au sein d’une famille de petite noblesse tourangelle, René Descartes. Il n’est cependant pas besoin de rappeler sa date d’anniversaire de naissance pour rappeler à notre mémoire ce grand philosophe, un des plus influents et controversés de son temps. Mais que reste-t-il de ce grand philosophe ? Son oeuvre assurément, notamment son célèbre Discours de la méthode écrit dans la langue vulgaire et ses Méditations métaphysiques dessinant son parcours du doute au savoir en passant par le cogito, oeuvres d’ailleurs toujours étudiée en classe de philosophie ou faisant l’objet d’étude de texte dans les épreuves du baccalauréat ; un adjectif  « cartésien », d’ailleurs souvent utilisé à tort et à travers dans le langage courant, ou avec plus de rectitude dans le langage mathématique lorsqu’il qualifie un produit, un repère, un plan ou encore une équation ; une fierté nationale, grand philosophe français qui a d’ailleurs dû quitter la France… ; et ses restes au sens propres du termes, son squelette…

En marge de la philosophie rationaliste, les mystères ou les tribulations du crane d’un penseur

Alors que René Descartes nous donne dans le Discours de la méthode et dans sa correspondance de quoi établir sa biographie, il n’en est pas de même de son histoire post-mortem, histoire truffée de mystères digne de Dan Brown.

Le grand philosophe, s’éteint d’une pneumonie en février 1650 au coeur de l’hiver scandinave à  Stockholm, si l’on en croit la version officielle rapportée dans tous les livres évoquant sa mort, ou si l’on excepte les soupçons d’empoisonnement, selon la version soutenu par Theodor Ebert dans La Mort mystérieuse de René Descartes (cf. https://actuphilo.com/2010/02/12/descartes-ne-serait-pas-mort-dune-pneumonie/). En 1666 ou 1667, ses ossements furent exhumés et rapatriés en toute discrétion dans sa patrie d’origine pour être inhummés à l’église Sainte Genevive à Paris. C’est seulement lors de cette exhumation que l’on découvre la profanation dont sa dépouille a fait l’objet, le crane est manquant. Juste après son décès, des admirateurs avaient soudoyé les fossoyeurs pour qu’on les laisse emporter la tête du penseur.

Le crâne de Descartes a beaucoup voyagé  - PHOTO AFP

Le crâne de Descartes - PHOTO AFP

Comme le narre Russell Shorto, dans son livre, Le squelette de Descartes, l’exhumation des restes de Descartes furent « le début d’une rocambolesque odyssée« . « Fétichisme morbide ou véritable vénération pour l’inventeur du concept de raison, des fragments du squelette vont être dérobés, utilisés, disparaître et réapparaître au cours des trois derniers siècles. Leur authenticité sera au cœur de polémiques acharnées impliquant les plus grands noms de la science : Cuvier, Gay-Lussac, Laplace, Condorcet, Lavoisier, Franklin, Delambre, Fermat ou Foucault… » (Le squelette de Descartes de Russell Shorto.) En effet, plus d’un siècle plus tard, les ossements de l’illustre philosophe, échappant aux ravages de la Révolution de 1789. Ceux-ci sont transférés au couvent des Bernardins. Ils furent ensuite ré-inhumés à Saint-Germain-des-Prés.

Mais c’est un corps sans tête qui repose en paix, si tant est il est possible de reposer en paix sans tête. Celui qui avait proclamé de son vivant, dans cette célèbre phrase inaugurale de son Discours que « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée », se retrouvait une fois mort, sans tête. C’est que le crâne de Descartes avait continué de circuler dans le froid pays de la reine Christine. Il est passé entre les mains d’une bonne demi-douzaine de collectionneurs passionnés désireux de posséder une relique du penseur de la raison. Le chimiste suédois Jöns Jacob Berzélius, membre de l’Académie des sciences à l’Institut de France , l’achète à l’orée du XIXe siècle, et l’expédie au biologiste français, Georges Cuvier, alors directeur du musée de l’Homme à Paris où réside toujours cette « tête bien faite » selon l’expression de Montaigne.

Fin de l’histoire ? Non ! François Fillon premier ministre, élu de la Sarthe exprimait le souhait de déloger le crâne du penseur exposé au côté de celui d’un australopithèque et d’un moulage du crâne du footballeur Lilian Thuram, pour le rendre à ce qu’il estimait être son lieu légitime. Quoi de mieux en effet pour cette tête pensante de retrouver La Flèche, lieu de sa formation intellectuelles. Ce souhait n’aboutira pas. Comment, en effet, obliger Descartes à regagner un lieu qui fut pour lui celui d’une amère déception, celle de n’avoir reçu que des enseignements incertains, douteux.

Hervé Moine, ActuPhilo ©

Se procurer l’ouvrage de Russell Shorto, Le squelette de Descartes

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Qui était vraiment René Descartes et ce qu’il reste-t-il aujourd’hui

Posted by Hervé Moine sur 22 septembre 2010

Parution de Monsieur Descartes, la fable de la raison, par Françoise Hildesheimer chez Flammarion

Monsieur Descartes ou La Fable de la Raison

Présentation de l’éditeur

Il pense, donc il est : sérieux, solitaire, méditatif et de noir vêtu, Descartes est depuis des siècles l’incarnation de la raison triomphante et du génie français. Tant de limpidité et d’éclat a éclipsé l’homme même, qui demeure très méconnu : fils d’un temps d’incertitude ? père de la philosophie moderne ? Qui était vraiment René Descartes et qu’en reste-t-il aujourd’hui, au-delà des idées reçues et de la référence obligée ? Mettant en lumière les contradictions du philosophe, Françoise Hildesheimer brosse le portrait d’un homme fort éloigné du mythe officiel. On le veut rationnel, on ne l’imagine pas rêvant ; c’est pourtant sur trois songes que Descartes a fondé son projet d’une science universelle qui devait faire de lui le nouvel Aristote. Il a côtoyé de très près les courants déviants de l’époque (Rose-Croix en Allemagne, libertins en France), avant de s’établir en Hollande en 1628 pour concevoir son système, dévoilé au fil du Discours de la méthode, des Méditations métaphysiques, des Principes de la philosophie et des Passions de l’âme. Sa vie durant, Descartes a balancé entre désir de reconnaissance officielle et soif d’incognito ; il invitait le monde entier à débattre de ses théories, mais n’aimait guère la contestation ; il affectionnait le repos, et n’a cessé de voyager, sans jamais s’établir durablement ; lui qui se tenait éloigné du pouvoir a fini ses jours, en 1650, à la cour de la reine Christine de Suède. Curieux paradoxe que cet obsédé du secret, ce maniaque du brouillage des pistes, se soit consacré corps et âme à la quête de la Vérité et à l’étude de la lumière…

Biographie de l’auteur

Conservateur général du Patrimoine et professeur associé à l’université de Paris I, Françoise Hildesheimer est l’auteur de Richelieu (Flammarion, 2004) et de La Double Mort du roi Louis XIII (Flammarion, 2007).

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Le Dessous Descartes

Un article de Marianne paru le 21/09 par Philippe Petit

http://www.marianne2.fr/Le-Dessous-Descartes_a197695.html

Afin qu’on ne m’accuse pas de plagiat, je préviens tout de suite les auditeurs, mon titre est un emprunt. Il s’agit d’une recension parue dans Livres Hebdodans la rubrique Avant-critiques. C’est un bon titre, et comme la biographie auquel il renvoie est réussie, je ne vais m’en priver. Monsieur Descartesde Françoise Hildesheimer est un livre à mettre entre toutes les mains. Il est écrit au scalpel, d’une plume qui vous emporte, et vous fait croire, que pour être philosophe, on en est pas moins homme. Après lecture, il est inutile d’avoir recours au subterfuge de Nietzsche, disant que toute grande philosophie est la biographie de son auteur. Quand on sait lire, c’est une évidence. Les petits secrets ne font pas forcément les grandes œuvres, mais les grands esprits ont toujours leurs gran…
Lire la suite sur : Pensées Libres

Source : http://www.marianne2.fr

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Bientôt un essai de Pierre Guenancia sur l’idée de cosmopolitisme

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Rompre avec la complicité envers soi-même

Article de Roger Pol-Droit, publié dans le Monde des Livres

http://www.lemonde.fr/livres/article/2010/04/23/rompre-avec-la-complicite-envers-soi-meme_1341434_3260.html

Dans la famille des philosophes, il en est de discrets. Peu soucieux de tapages, sérieux en besogne, solides, certains, comme Pierre Guenancia, n’oublient pas pour autant d’être inventifs et singuliers. Dans cette catégorie rare, peut-être en voie de disparition, il trace son sillon de pensée depuis déjà longtemps. En 1976, il publiait un premier livre, vite remarqué et estimé par les cercles savants, Du vide à Dieu. Essai sur la physique de Pascal (Ed. François Maspero), qui fut suivi de nombreuses études sur Descartes, dont plusieurs sont rassemblées dans un beau volume récemment publié par les éditions Encre Marine, Descartes chemin faisant (302 p., 29 euros).

On aurait tort, malgré tout, de ranger hâtivement ce philosophe dans la cohorte des historiens et des commentateurs érudits. Certes, il est d’abord professeur, rôle aujourd’hui décrié, mais qu’il revendique avec fierté : « Mon métier, dit-il, c’est vraiment d’enseigner aux étudiants, à tous les niveaux, les grands auteurs et les grandes philosophies du passé. » Rien d’étonnant, du coup, à ce que cet agrégé, normalien de l’ENS de Saint-Cloud, élève du grand maître que fut Jean-Toussaint Desanti, ait beaucoup enseigné : une vingtaine d’années en khâgne à Dijon, puis une grande dizaine d’années à l’université de Bourgogne, où il est notamment responsable du master de philosophie.

Malgré tout, l’histoire de la pensée ne l’intéresse qu’à une condition simple : qu’elle permette d’avoir une prise sur les questions du présent. Sur ce point, son diagnostic est sans ambiguïté : « Aujourd’hui, la philosophie, dans son enseignement comme dans sa production, est plus ou moins dans une ornière. Elle est immobilisée par un rapport écrasant à sa propre histoire, qui l’enferme dans un commentaire indéfini. Je crois au contraire qu’il est indispensable de marier l’étude rigoureuse des systèmes et l’attention aux problèmes actuels, y compris évidemment ceux qui se posent dans d’autres domaines que la philosophie. »

« MON BUT EST ÉTHIQUE »

Montrer comment des questions que notre époque croit neuves possèdent un arrière-plan historique considérable, ou bien faire voir combien demeurent ouvertes, actives, ou toujours réactivables, les interrogations d’auteurs anciens que l’on pensait figées ou caduques, telles sont pour Pierre Guenancia les tâches premières du travail philosophique. C’est pourquoi il n’a cessé, en particulier, de souligner la nécessité de lire Descartes dans ce qu’il a d’imprévu, d’inventif, de vivant – quand il s’agit pour lui de répondre à des objections qui le surprennent, ou aux questions de la princesse Elisabeth de Bohème qui le déconcertent.

En fait, qu’il s’intéresse à « l’ordre politique » dans la pensée de Descartes, à « l’intelligence du sensible » (Gallimard, 1998), à la représentation de soi ou au cosmopolitisme, c’est toujours pour répondre à une question de notre époque que ce philosophe rédige ses essais. Ainsi, c’est bien contre le repli des individus sur eux-mêmes, et contre le mépris dangereux pour le travail intellectuel, qu’il a publié récemment Le Regard de la pensée. Il y combat les illusions de l’intuition et de l’authenticité et défend la nécessité de se faire, si l’on peut dire, une idée de ce que l’on est. « Mon but est éthique : il s’agit de rompre avec la complicité envers soi-même, afin de passer du registre de la compréhension à celui de l’intellection. Se voir « comme un autre », c’est finalement se voir en tant qu’homme plutôt qu’en tant que soi. C’est donc passer du soi, très privatif, à une aventure commune que chacun partage évidemment de son point de vue, à partir de son lieu et de son époque, mais qu’il partage malgré tout. En ce sens, la représentation de soi ouvre sur l’horizon du partage de l’existence humaine avec les autres. »

Dès lors, on ne s’étonne pas d’apprendre que Pierre Guenancia travaille actuellement à un prochain essai sur l’idée de cosmopolitisme. A ses yeux, on aplatit trop souvent cette notion cruciale. « Cosmopolitisme ne signifie pas réunion de tous les hommes dans un Etat mondial, ni même dépassement des nations. C’est trop réaliste, trop empirique. L’idée du cosmopolitisme désigne une ouverture à l’extérieur, aux autres cultures, qui renvoie en fait à l’essence toujours ouverte de l’homme. » On comprend donc mieux, au fil de ses explications, comment se conjuguent pour lui les préoccupations de notre époque et la réflexion philosophique.

En fait, il ne s’agit nullement d’une démarche forcée ni même d’une nouveauté. « La philosophie a toujours été constituée d’une attention tous azimuts au monde et aux hommes. Jamais, en fait, elle ne se désintéresse de la façon dont les hommes vivent, gouvernent et se gouvernent, se soignent ou se racontent des histoires. Sans doute le fait-elle sous une forme rigoureuse, car une démonstration philosophique n’a rien d’une simple opinion. Mais, en fait, rien n’est étranger aux philosophes. Ce sont toutes les questions humaines qu’ils doivent pouvoir aborder. » Si c’est le cas, pourquoi donc les philosophes seraient-ils dotés d’une pareille omnicompétence ? Quelle qualification les rend ainsi capables de traiter de tout ? « La pratique quotidienne des grands systèmes de la pensée fait connaître comment les concepts sont construits, comment les démonstrations s’organisent et comment la pensée se met en place. »

D’un moment passé en compagnie de Pierre Guenancia, pourquoi a-t-on l’impression de sortir ragaillardi ? Un professeur qui poursuit une oeuvre originale, un homme qui ne méprise ni l’université ni le monde qui l’entoure, un penseur qui n’abandonne pas plus la rigueur des analyses que les réalités de ses contemporains, cela devrait être fréquent chez les philosophes – mais en fait ça ne court pas les rues. Somme toute, on a l’impression de rencontrer un homme libre, qui se tient résolument à l’écart des modes et des tourbillons, pour mieux s’efforcer d’être au coeur de son temps. Voilà, comme eût dit Montaigne, qui éjouit.

Roger-Pol Droit

Article paru dans l’édition du 24.04.10

Le regard de la pensée. Philosophie de la représentation

L’ouvrage

Par le terme de représentation on désigne le plus souvent ce qu’il y a dans l’esprit de manière vague et générale, comme lorsque l’on dit que nous n’avons affaire qu’à nos représentations, ou, selon une célèbre expression, que le monde est notre représentation. Cette conception commune aplatit et méconnaît le caractère dynamique de l’acte ou de l’activité de se représenter, opération par laquelle l’esprit fait venir au-devant de lui quelque chose qui n’est pas réellement présent mais qui le devient grâce à l’effort pour se donner un modèle, une figure, un schéma de ce qui ne peut être directement saisi. Trop de lumière éblouit, dit Pascal qui avait parfaitement compris qu’il fallait un peu d’ombre pour représenter la lumière, et du recul pour voir ce qui est représenté sur un tableau. Il est aujourd’hui essentiel de souligner l’importance de la médiation dans le rapport que l’homme établit avec la réalité présente, avec les autres hommes comme aussi et surtout avec lui-même.

Table des matières

Avant-propos

Introduction. — Les trois caractéristiques de la représentation

Section I. — Pourquoi se représenter la réalité ?
La représentation comme acte de se représenter
La représentation comme réflexion
La représentation comme figuration
La représentation comme attention
La représentation et l’imaginaire
La représentation comme passion de l’admiration

Section II. — Les deux formes de la représentation
Idée générale, figure et conscience d’exemple
Le souvenir, l’humour
La représentation n’est pas une imagination (Pascal)…
… mais une intellection
L’image, le portrait (Husserl)
Le regard, le spectacle, l’espace

Section III. — La représentation de soi
Exposition du thème de cette section
Le moi peut-il être représenté ?
Le moi et les qualités (Pascal)
La représentation de soi versus l’image de soi
Moi représenté – moi réel
Le moi comme acteur et personnage
Ce que c’est qu’être soi (Pascal, encore)
Vers l’estime de soi
Du Je au Nous : élargissement de la question de la représentation

Conclusion. — Le pouvoir de la représentation

Se procurer l’ouvrage : Le regard de la pensée. Philosophie de la représentation

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Berkeley guide pour une relecture de Descartes

Posted by Hervé Moine sur 21 mars 2010

Berkeley l’Irlandais

d’Alain Simon

aux Editions Yoran Embanner

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Annonce de publication par les éditions Yoran Embanner

À l’occasion de la Saint Patrick, les éditions Yoran Embanner ont le plaisir de vous annoncer la publication d’un nouvel ouvrage de Simon Alain : Berkeley, l’Irlandais. En quelque sorte, la suite de « Descartes, Breton ? » publié en 2009.

George Berkeley (1685-1753) est un philosophe irlandais qui n’a pas toujours été reconnu par son Irlande natale. Il a souvent été minoré comme philosophe. Pourtant, il est l’auteur d’une œuvre à la fois puissante et paradoxale. Il a été qualifié d’« idéaliste », d’« immatérialiste », de « doux rêveur ». Les siècles ont passé, et on le considère  aujourd’hui comme une figure d’avant-garde, au point d’avoir inspiré les plus grands penseurs : Hume, Mill, Emerson, Peirce, Einstein, Wittgenstein…

George Berkeley s’intéresse à la perception et à nos erreurs de perception. Le point de départ de sa pensée n’est autre que celle de René Descartes. En effet, là où Descartes résume sa pensée à un principe : « Je pense, c’est-à-dire j’existe », Berkeley résume la sienne à un autre : « Exister, c’est être perçu ou percevoir ».

Il peut dès lors être intéressant de prendre en considération ce qui a retenu l’attention de Berkeley chez Descartes, voire le prendre pour guide pour une relecture adéquate de Descartes.

Yoran Embanner est une maison d’édition basée à Fouesnant.
71 Hent Mespiolet
29170 Fouesnant
yoran.embanner@gmail.com

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Descartes ne serait pas mort d’une pneumonie

Posted by Hervé Moine sur 12 février 2010

Il y a des preuves que René Descartes a été assassiné

Publié par Rue89 http://www.rue89.com

« Il y a des preuves que René Descartes a été assassiné » By Books Created 02/12/2010 – 17:20

[1]Il y a trois cent soixante ans, jour pour jour, dans la lointaine et glaciale Suède, s’éteignait René Descartes. Officiellement, d’une pneumonie. Dans un livre non encore traduit, l’universitaire allemand Theodor Ebert (professeur de philosophie à l’université d’Erlangen, en Bavière) remet en cause la version officielle. Entretien.

Mais d’abord, la version « officielle » : la reine Christine, qui avait attiré le philosophe à sa cour, obligeait Descartes à lui donner des leçons dès 5 heures du matin dans une pièce très mal chauffée : il en serait mort.

Pourtant, il y eut aussi des soupçons d’empoisonnement, vite étouffés. Dans « La Mort mystérieuse de René Descartes » (« Der rätselhafte Tod des René Descartes », non traduit en français), Theodor Ebert soutient donc, documents à l’appui, la thèse de l’assassinat.

Quelle est la version officielle de la mort de Descartes ?

Officiellement, Descartes est mort d’une pneumonie. C’est la version rapportée par Pierre Chanut, ambassadeur de France à Stockholm, dans sa lettre à la princesse Elisabeth de Bohème du 19 février 1650, et répétée depuis dans presque tous les livres qui donnent un récit de la mort du philosophe.

Pourquoi pensez-vous que cette version est erronée ?

La version officielle ne s’accorde pas bien avec les symptômes constatés dans les rapports sur la maladie, surtout avec ce que nous trouvons dans la longue lettre (en latin) du médecin Van Wullen et dans la lettre (en néerlandais) de Henri Schluter, le valet de Descartes.

Van Wullen raconte qu’en examinant l’urine de Descartes, il a vu que le philosophe était atteint de quelque chose de très grave (il emploie le mot grec « deinon ») et en a conclu à une mort imminente. Cela veut sans doute dire qu’il y avait du sang dans l’urine.

Or, ce n’est pas là un symptôme de pneumonie. C’est en revanche un symptôme d’empoisonnement, notamment à l’arsenic.

Van Wullen rapporte en outre que Descartes s’est fait préparer un émétique [2] et qu’il l’a bu afin de provoquer un vomissement. Quelle conclusion en tirer, sinon que le philosophe, qui connaissait bien la médecine de son temps, croyait avoir été empoisonné ?

Par la suite, la reine Christine de Suède a obligé Van Wullen à ne pas divulguer sa lettre. Cela montre qu’elle aussi s’était aperçue que, dans cette lettre, il n’était pas question d’une pneumonie. Bien sûr, Van Wullen dit que Descartes est mort d’une pleurésie (« peripneumonia »), donc d’une maladie des poumons.

Mais il est évident qu’il n’aurait pas pu parler ouvertement d’un empoisonnement (pas plus que Chanut) : cela aurait été un scandale absolu, et en ce temps-là il n’y avait aucun moyen scientifique de démontrer qu’une mort avait été causée par l’arsenic.

Etes-vous le premier à émettre l’hypothèse d’un assassinat ?

L’hypothèse d’un assassinat a déjà été émise par Eike Pies dans son livre « Der Mordfall Descartes » (« L’Affaire Descartes »), paru en 1996. Malheureusement, Pies a fondé sa thèse sur un seul document -la lettre de Van Wullen. Il a ignoré les autres textes qui relatent la maladie et la mort de Descartes (surtout la lettre de Schluter et les lettres de Chanut à Elisabeth). Il ne connait aucun des documents qui existent sur François Viogué à qui il veut attribuer le meurtre.

De plus, il a commis une vraie bévue en se vantant de la découverte de la lettre en question, alors que ce document avait été publié dans l’édition des « Œuvres de Descartes » par Adam et Tannéry -qu’il cite pourtant dans la bibliographie de son livre.

Qui était ce François Viogué, à qui vous attribuez le meurtre du philosophe ?

Viogué était aumônier à l’ambassade de France à Stockholm depuis plusieurs années et en même temps missionnaire pour les pays du Nord de la congrégation pontificale de Propaganda Fide. Il a très probablement commis ce meurtre au moyen d’une hostie empoisonnée à l’arsenic le 2 février 1650, jour de la fête de la purification de la Vierge.

Adrien Baillet, à qui nous devons une grande biographie de Descartes (publiée en 1691), rapporte que le philosophe a reçu la communion de la main de Viogué ce jour-là. Il cite, pour étayer cette affirmation, un rapport d’un membre de l’ambassade français (rapport aujourd’hui perdu).

De plus, il est probable que Descartes a reçu une deuxième hostie empoisonnée le 8 février, si l’on en croit Catherine Descartes, nièce du philosophe, qui rapporte en 1693, les propos d’une personne qui était à Stockholm en 1650.

Quelles auraient été les motivations de Viogué ?

Viogué connaissait les tendances catholisantes de la reine Christine. Il en avait informé ses supérieurs à Rome dès juin 1648.

Il est très probable qu’il a vu en Descartes un obstacle à la conversion de la reine à la foi catholique (Christine, pourtant élevée dans le protestantisme et reine d’un pays protestant, se convertira au catholicisme après son abdication en 1654).

Viogué est convaincu que la métaphysique de Descartes est incompatible avec la théologie catholique de la transsubstantiation -de la présence physique du corps du Christ dans l’hostie- et que sa métaphysique s’accorde beaucoup mieux avec l » « hérésie » calviniste.

C’est ce qui ressort clairement de ses lettres à Claude Clerselier de 1654 (lettres publiées pour la première fois en français et en traduction allemande dans mon livre).

Fait significatif, Viogué n’a pas voulu donner à Descartes (après tout son pénitent ! ) l’extrême onction.

Viogué a-t-il agi seul ? N’était-il pas l’instrument d’une plus vaste machination, impliquant les plus hauts responsables de l’Eglise catholique ?

Je suis convaincu que Viogué a agi seul et surtout que ses supérieurs à Rome n’ont rien à voir avec son forfait. Viogué a vécu en Suède pendant tout le temps des négociations qui ont amené Descartes à Stockholm.

Et, durant cette période, aucun cardinal ne s’est rendu à Stockholm (la Suède protestante était territoire ennemi pour Rome). Viogué n’a donc pas eu l’occasion de s’entretenir de vive voix de son projet avec un prélat.

Discuter un tel plan avec ses supérieurs à Rome par correspondance aurait été trop dangereux (même avec le système d’écriture chiffrée dont disposait le Vatican). Il n’est même pas sûr que les cardinaux de Rome aient pris très au sérieux l’information fournie en juin 1648 par Viogué au sujet de la sympathie éprouvée par Christine pour la religion catholique. Peut-être, après tout, ce jeune moine ne voulait-il que faire son fanfaron…

Pourquoi cette thèse de l’assassinat ne s’est-elle pas imposée ?

Pour plusieurs raisons. Lorsqu’elle a été exposée pour la première fois dans le livre de Pies, à cause de fautes commises par l’auteur et de son ignorance de documents importants, elle n’a pas été prise au sérieux. En outre, pour les spécialistes français de Descartes -souvent des catholiques- l’idée qu’il ait été assassiné par un prêtre de l’Eglise n’a pas un grand charme…

C’est probablement pour cela que Jean-Luc Marion, professeur à la Sorbonne, déclare dans Le Point que « la question, purement anecdotique, n’a aucun intérêt ».

A tout cela s’ajoute que des documents importants pour l’éclaircissement de ce problème n’ont pas été publiés dans l’édition des Œuvres de Descartes par Adam et Tannery (reéditée par Costabel et al.). C’est le cas des deux textes écrits par Viogué au sujet de Descartes et publiés dans la biographie de Baillet (1691) ou de la lettre d’Isaac Vossius à Saumaise du 16 février 1650 (publiée en latin et en traduction allemande dans mon livre).

D’autres textes n’avaient, quant à eux, jamais été publiés auparavant, comme les lettres de Viogué à Clerselier. Enfin, la lettre de Van Wullen n’a jamais été analysée sous l’angle médical -sauf par Pies-, et la lettre de Schluter jamais analysée du tout par qui que ce soit. Il reste à espérer qu’à l’avenir les spécialistes français de ce grand philosophe prendront plus au sérieux les documents concernant sa maladie et sa mort.

► Der rätselhafte Tod des René Descartes (« La mort mystérieuse de René Descartes ») de Theodor Ebert – éd. Alibri.

En partenariat avec Books [1]


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[1] http://www.booksmag.fr/
[2] http://fr.wikipedia.org/wiki/Émétique
[3] http://www.rue89.com/2008/12/30/pourquoi-fillon-veut-il-le-crane-de-rene-descartes-chez-lui
[4] http://www.rue89.com/tag/philosophie
[5] http://livre.fnac.com/a2768143/Genevieve-Rodis-Lewis-Descartes?Origin=RUE89_EDITO

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Philosophie cartésienne et matérialisme

Posted by Hervé Moine sur 26 septembre 2009

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Colloque international
Flèche bleue Du 29 avril au 2 mai 2009, à la salle W-5215, UQAM

Chaire de recherche du Canada en Mondialisation, Citoyenneté et Démocratie (Chaire MCD) Chaire UNESCO d’études des fondements philosophique de la justice et de la société démocratique Institut d’études internationales de Montréal (IEIM)

Se proposant d’interroger les rapports de la philosophie cartésienne et du matérialisme, ce colloque souhaite apporter un nouvel éclairage tant sur les études cartésiennes que sur l’histoire du matérialisme. Il s’adresse à tous ceux qui s’intéressent aux transformations de la pensée moderne, d’un point de vue philosophique, historique ou scientifique. Colloque international, il réunira les contributions d’éminents spécialistes de la philosophie moderne comme de jeunes chercheurs prometteurs, et se tiendra en français et en anglais.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°8

Posted by Hervé Moine sur 12 mars 2009

Nous terminons notre lecture de l’ouvrage de Descartes, par cette dernière partie, le deuxième volet de la « connaissance de la nature ». Et comme c’était le cas, dans les cours précédents, nous terminerons par des questions dont le but est de vous accompagner dans votre lecture et pour vous permettre de l’approfondir.

René Descartes

René Descartes

IV CONNAISSANCE DE LA NATURE (suite)

F. Sixième partie du Discours de la Méthode

« Et en la dernière, quelles choses il croit être requises pour aller plus en avant en la recherche de la nature qu’il n’a été, et quelles raisons l’ont fait écrire. »

Le but de Descartes, dans l’ultime partie de cette préface, est de chercher à susciter la curiosité du public et de rechercher des mécènes. En douze paragraphes et deux mouvements, l’auteur déploie sa stratégie.

1°) [para.1 à 3] Le premier moment montre que la connaissance doit maîtriser la nature.

Pour Descartes, la philosophie doit être pratique et rendre maître les hommes « comme maîtres et possesseurs de la nature ». Pour cela, il faut combiner les raisonnements théoriques et les observations expérimentales. Il insiste sur la nécessité des expérimentations pour la recherche scientifique.

2°} [para.4 à 12] Le second moment nous montre les hésitations de Descartes à publier ou ne pas publier.

D’abord, Descartes passe en revue les motifs qui pourraient encore le forcer à publier, puis il reprend les raisons tout aussi fortes qui le retiennent (la confrontation de ses thèses avec celles des autres lui fait courir le risque d’être attaqué et dérangé dans ses recherches), et enfin, il dit pourquoi il ne livre que des fragments et des aperçus de sa physique.

QUESTIONS

  1. Que signifie « procurer autant qu’il est en nous le bien général de tous les hommes » [2ème paragraphe] ? Quel est ce bien ?
  2. Comment interpréter la célèbre formule : « nous rendre comme maître et possesseur de la nature » ? Dieu n’est-il pas le seul à maîtriser et à posséder la nature ?
  3. Un seul homme peut-il venir à bout de la connaissance des forces naturelles ? Descartes pense-t-il épuiser ces ressources à lui seul ?
  4. A quoi sert l’image du lierre, et que prouve-t-elle contre les scolastiques qui cherchent à expliquer la nature à partir des livres du maître ?
  5. Maîtrise et démiurgie : peut-on tout se permettre envers ce qu’on maîtrise ?
  6. La brièveté de la vie et ses conséquences éthiques ?
  7. Devoirs de l’homme privé, devoirs de l’homme public : que doit-on à l’humanité ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n° 7

Posted by Hervé Moine sur 11 mars 2009

Nous abordons à présent la dernière grande partie du Discours de la méthode, à savoir « la connaissance de la nature », celle-ci est traitée dans la 5ème et 6ème partie de l’ouvrage. Ce cours aura pour objectif de lire la cinquième et avant dernière partie de l’œuvre. Et pour compléter ce cours, vous trouverez des questions.

René Descartes

René Descartes

IV CONNAISSANCE DE LA NATURE

E. Cinquième partie du Discours de la Méthode

« En la cinquième, l’ordre des questions de physique qu’il a cherchées, et particulièrement l’explication du mouvement du cœur et de quelques autres difficultés qui appartiennent à la médecine, puis aussi la différence qui est en notre âme et celle des bêtes. »

La cinquième partie du Discours ébauche le développement de la vision mécaniste du monde corporel par des aperçus sur la physique et sur sa physiologie. Le monde sensible étant justifié (4ème partie), il s’agit de montrer d’abord, comment l’optique de la certitude s’applique à la nature ; ensuite, comment elle permet de poser rationnellement le mécanisme ; et enfin, comment seule cette thèse permet d’effectuer une différentiation entre la machine, l’animal et l’homme. Ce triple mouvement est déployé dans cette présente partie, en onze paragraphes.

1°) [para. 1 à 3} Descartes montre, dans un premier moment, que la nature peut être connue par l’homme.

Pour éviter les controverses, Descartes indique à grands traits le contenu du Traité du Monde qu’il n’avait pu terminer en 1633, à cause de la condamnation de Galilée. Ce livre contenait les fondements de la physique : les lois de la nature, établies par Dieu en nos âmes, déduites, donc, des premières vérités métaphysiques. Descartes affirme qu’en connaissant Dieu et en suivant la raison on peut reconstruire intellectuellement le monde. Mais il se contente ici d’affirmations générales par crainte de heurter les autorités religieuses.

2°) [para.4 à 9] Le deuxième mouvement de cette partie présente la théorie du corps-machine.

Descartes explique le mouvement du sang en faisant du cœur une chaudière qui chauffe le sang et le rend fluide. Le mouvement du sang s’explique de façon purement mécanique, ce qui signifie par extension que tous les corps sont des machines.

3°) [para. l0 et 11] Le troisième mouvement a pour idée essentielle que seul l’homme est doté d’une âme.

Selon Descartes, si les animaux ne sont que des machines, car ils ne sont que corps et n’ont point de raison (d’ailleurs, le fait qu’ils n’aient pas de langage en est la preuve), seul l’homme a une raison et donc une âme. L’homme est un être composé d’un corps et d’une âme.

QUESTIONS

  1. Une fois établi le principe de la vérité de la pensée, pourquoi la connaissance de la nature devient-elle possible ?
  2. Comment Descartes entend-il traiter des lois de la nature et dans quelles limites ?
  3. Y a-t-il un enjeu de méthode à concevoir le mouvement du coeur comme l’effet d’un bouillonnement du sang ?
  4. La physique est-elle rendue possible par la véracité divine ?
  5. La distinction de l’étendue et de la pensée permet-elle de mieux comprendre le mouvements des corps ?
  6. Qu’est-ce qu’une interprétation mécaniste de la vie ?

Vous pouvez utiliser la fonction commentaire ci-dessous et y déposer vos contributions relatives à la lecture de cette première partie de l’ouvrage et concernant les réponses aux questions.

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°6

Posted by Hervé Moine sur 10 mars 2009

Dans ce 6ème cours consacré à la lecture du Discours de la Méthode de Descartes, après avoir abordé les fondements de la connaissance, la morale provisoire, il nous faut maintenant envisager les fondements métaphysiques à travers la lecture de la quatrième partie. A la fin, de ce cours, vous trouverez des questions pour vous accompagner.

René Descartes

René Descartes

III. LES FONDEMENTS METAPHYSIQUES

D. La quatrième partie du Discours de la Méthode

« En la quatrième, les raisons par lesquelles il prouve l’existence de Dieu et de l’âme humaine, qui sont les fondements de sa métaphysique. »

Dans cette partie, Descartes nous présente un enchaînement serré et continu de raisons en huit paragraphes, dont on peut distinguer trois moments.

1°) [para. 1 et 2] Ce premier moment montre que pour prouver quelque chose d’absolument certain, il faut douter de tout : le doute absolu fait découvrir une vérité et une existence : « je pense donc je suis ».

Descartes pose d’abord cette entente préalable de l’existence (« je pense donc je suis ») à partir de l’expérience fondamentale du rêve, qui permet d’effectuer le mouvement fondamental du doute radical ; puis, il fait nettement réaliser que cette existence est celle d’un entendement pensant. Pour Descartes, la certitude de l’existence devient modèle pour penser toute vérité.

2·) [para.3 à 5] Ce moment est un appel à Dieu.

Descartes prend acte de cette existence pensante imparfaite, ce qui le renvoie à ce dont elle dépend, et qui existe donc aussi : une existence pensante parfaite, Dieu. Descartes énonce trois preuves de l’existence de Dieu.

2·) [para.6 à 8] Ce dernier moment montre en particuliers que Dieu met fin au doute radical.

Pour Descartes, Dieu garantit l’existence (la réalité du monde) et la vérité de notre idée du monde. Il assure que les idées des hommes (ou l’image qu’ i la ont en leur pensée) correspondent à ce qu’est le monde réel. Dieu met ainsi fin au doute.

QUESTIONS

  1. Quelle différence Descartes reconnait-il exister entre les réflexions qui précèdent et celles qui commencent ici ? Que signifie l’expression « méditations métaphysiques » que l’on trouve au tout début de cette troisième partie ?
  2. Quel est l’argument qui autorise Descartes à s’éloigner des maximes provisoires fixées antérieurement et à rejeter toutes ses opinions, même probables ?
  3. Quelles sont les différentes entre la nature corporelle et notre vraie nature ?
  4. Comment Descartes parvient-il à concevoir ce qui fait que nos pensées sont vraies ou fausses ?
  5. Par quel raisonnement Descartes établit-il que l’idée d’un Dieu, être plus parfait que je ne suis, n’a pas sa cause en moi mais en Lui-même ? En quel sens est-ce une preuve ?
  6. S’il y a une « assurance morale » de l’existence des corps sensibles et s’il est extravagant d’en douter ? Pourquoi Descartes le fait-il ?
  7. Pourquoi n’est-il plus nécessaire de douter une fois le principe de la pensée établi ? Comment les arguments du début (le songe de l’erreur de raisonnement, les sens trompeurs) sont-ils réfutés à la fin ?
  8. Qu’est-ce que conduire ses pensées par ordre ?
  9. En quel sens le doute est-il une épreuve ?
  10. L’existence de Dieu a-t-elle besoin de preuves ? Et l’existence du monde ?
  11. La géométrie démontre-t-elle l’existence des êtres de raison ?

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Descartes : Discours de la Méthode Cours n°5

Posted by Hervé Moine sur 9 mars 2009

Dans ce cours, nous ouvrons le deuxième volet important du Discours de la Méthode, celui de ce que l’on appelle communément « la morale provisoire » qui est abordé dans la troisième partie de l’œuvre. Et, comme précédemment, suite à ce cours, vous trouverez des questions pour vous aider dans votre lecture et pour aller plus loin.

René Descartes

René Descartes

II. LA MORALE PROVISOIRE

C. La troisième partie du Discours de la Méthode

« En la troisième, quelques unes de celles de la morale qu’il a tiré de cette méthode. »

La troisième partie du Discours est comme un repos que s’accorde Descartes pour s’inquiéter de vivre malgré tant de rigueur. La vie ne peut être mise en sursis jusqu’au moment où chacun des problèmes qu’elle rencontre sera pourvu d’une solution certaine. Il faut donc adopter une morale d’urgence, une morale provisoire, en attendant la vraie morale qui n’est possible qu’une fois les sciences constituées. Après les quatre règles de la méthode (2éme partie), Descartes énonce les maximes de la morale provisoire, dans cette troisième partie. Celle-ci contient sept paragraphes et on peut y voir trois moments.

1°) [para.1] Ce premier moment énonce principalement la différence entre la morale et la connaissance.

Descartes montre que la vie quotidienne réclame qu’on agisse sans attendre d’avoir complètement réfléchi sur le monde. Il est donc impératif de se donner une morale non fondée en raison, une morale provisoire qui permet à l’entendement d’orienter la volonté, à l’homme d’agir et de chercher la science. Cette morale précède la science qu’elle permet précisément de constituer et elle cédera la place à la future morale issue de cette science qu’elle a rendue possible.

2°) [para. 2 à 4] Le deuxième moment énonce les trois maximes de la morale provisoire.

La première maxime (para.2) soutient et délimite le conformisme (« obéir aux lois et aux coutumes de son pays »).

La deuxième maxime (para.3) oblige à la résolution (il faut savoir ce que l’on vent).

La troisième maxime (para.4) commande à la résignation ou plutôt salon la tradition stoïcienne, l’amour de la nécessité.

30) [para.5 à 7] La troisième partie est en quelque sorte la conclusion de cette morale provisoire.

Descartes nous fait la confidence d’une conviction (qui, celle-ci n’est pas provisoire) à savoir, qu’il a choisi le meilleur genre de vie qui soit qui est celle de se consacrer à la connaissance et à elle seule. L’acquisition des connaissances permet d’élargir le jugement : un jugement plus instruit est plus capable de régir la volonté et de la mener vers le bien moral. La fin de cette partie retourne à l’autobiographie afin de confirmer cette idée intellectualiste de la sagesse.

QUESTIONS

  1. La première maxime prescrivant de suivre les opinions les plus sensées, est-elle un e application du principe du bon sens ?
  2. Descartes recommande-t-il de s’en tenir fermement à une règle de conduite douteuse ? Quel avantage retire-t-il de la seconde maxime ?
  3. La troisième maxime qui préconise de changer ses désirs plutôt que l’ordre du monde, est-elle une maxime de bon sens ? En quoi constitue-t-elle un renoncement ?
  4. La conclusion tirée par Descartes de sa morale provisoire n’est-elle inspirée que par la prudence et l’aversion pour le changement inutile ?
  5. Quelle valeur exemplaire ont les hommes de bon sens dans une période troublée ?
  6. Comment peut-on changer ses désirs ?
  7. La vie peut-elle se conformer à la raison ?

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