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La Pensée scientifique versus la pensée magique

Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2011

Le professeur Cyrille Barrette sera à la salle Georges-Dor du cégep de Drummondville, le vendredi 18 novembre prochain, dès 14 h 30, dans le cadre du projet Hermès du Département de philosophie. Il y présentera sa conférence «La Pensée scientifique versus la pensée magique».

Le professeur Cyrille Barrette sera à la salle Georges-Dor du cégep de Drummondville, le vendredi 18 novembre prochain, dès 14 h 30, dans le cadre du projet Hermès du Département de philosophie. Il y présentera sa conférence «La Pensée...

Un adepte du scepticisme prononcera une conférence à la salle Georges-Dor du cégep le 18 novembre 2011

Le Département de philosophie du cégep de Drummondville (Québec) accueillera le biologiste et professeur bien connu Cyrille Barrette, le vendredi 18 novembre prochain, dès 14 h 30, à la salle Georges-Dor de l’établissement, dans le cadre des conférences d’Hermès, un projet novateur qui met à l’avant-plan le sens critique et démontre que la philosophie s’enracine dans la vie de tous les jours.

À cette occasion, M. Barrette prononcera une conférence intitulée «La Pensée scientifique versus la pensée magique», lui qui est régulièrement invité par les médias à commenter des croyances à la mode (créationnisme, raëliens, numérologie, ésotérisme, etc.). D’ailleurs, à la suite de la parution de son livre «Mystère sans magie – science, doute et vérité : notre seul espoir pour l’avenir», en 2006, le journal de l’Université Laval (où il a longtemps enseigné) décrivait l’ouvrage comme «un éloge du scepticisme», «un réquisitoire contre l’endoctrinement religieux des enfants», «une attaque contre la pensée molle de notre époque» et «un appel à nous affranchir de notre crédulité enfantine».

Pourquoi les pseudosciences, le paranormal et l’ésotérisme sont-ils si populaires? Comment reconnaître la vraie science? La science est-elle différente des autres approches qui tentent de comprendre le monde? Est-ce la meilleure? La science n’est-elle qu’une croyance comme les autres? Voilà autant de questions auxquelles M. Barrette tentera de répondre au cours de sa conférence.

«Dans cette conférence, je tente […] de faire la promotion de l’esprit critique comme condition primordiale d’une bonne hygiène mentale, a-t-il fait savoir. Un esprit critique vigoureux est d’autant plus important dans notre monde où les médias et les spécialistes nous bombardent d’informations de plus en plus complexes et contradictoires […] et où les vendeurs et les charlatans sont de plus en plus habiles à exploiter nos vulnérabilités et notre crédulité.»

Biologiste spécialisé dans le comportement et l’écologie des mammifères, Cyrille Barrette est docteur en éthologie de l’Université de Calgary. Il donne chaque année plusieurs conférences concernant l’application rigoureuse de la démarche scientifique comme outil pour produire de la connaissance. Il défend également cette dernière contre les différentes croyances qui s’y opposent ou qui tentent de s’attribuer son prestige. Il a d’ailleurs déjà été nommé sceptique de l’année par l’association Les Sceptiques du Québec.

Rappelons que les conférences d’Hermès sont présentées gratuitement aux étudiants du cégep de Drummondville et à l’ensemble de la population. Pour en savoir plus à propos de cette activité, il suffit de contacter par courriel Jordan Raymond-Robidoux, enseignant en philosophie, à l’adresse raymondj@cdrummond.qc.ca.

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Un doute tous azimuts, violent et subversif

Posted by Hervé Moine sur 16 mars 2011

Bertrand Russell

Essais sceptiques

Les Belles Lettres


Présentation de l’éditeur

C’est avec ces mots que Bertrand Russell ouvre ce qui est en effet un livre révolutionnaire. Prenant pour point de départ l’irrationalité du monde, il offre par contraste un point de vue  » violemment paradoxal et subversif  » : la croyance en la capacité de la raison à déterminer les actions humaines. Parce qu’ils pressentirent les horreurs qui résultèrent, dans les années suivant leur première publication en 1928, des passions irrationnelles issues des convictions religieuses et politiques, ces Essais sceptiques furent constamment réimprimés. Aujourd’hui, harcelés que nous sommes par les assauts violents du capitalisme, la défense russellienne du scepticisme et de l’indépendance d’esprit est plus que jamais d’actualité. Par sa prose engagée, il nous guide à travers les problèmes philosophiques fondamentaux qui concernent notre vie quotidienne – la liberté, le bonheur, les émotions, l’éthique et les croyances – et nous offre des conseils avisés.  » Quels pourraient être les effets, demande-t-il ironiquement à ses lecteurs, d’une extension du rationalisme sceptique ? « 

Article de Maxime Rovere paru dans le Magazine Littéraire

Au fondement des méditations du philosophe Bertrand Russell (1872-1970), qui a si profondément révolutionné la logique du XXe siècle, on pouvait légitimement s’attendre à découvrir une confiance absolue dans les forces du raisonnement. Son oeuvre majeure, les Principia mathematica, ne propose-t-elle pas de ramener toutes les branches des mathématiques à une logique des relations ? Mais c’est compter sans l’autre côté de Bertrand Russell, militant pacifiste, antinucléaire, ardemment en prise avec son temps et soucieux de faire exister les idées qu’il défend. L’engagement dans l’action a donné au logicien l’étoffe d’un moraliste, qui trouve à s’exprimer, en 1928, sous la forme d’essais où il affronte courageusement l’articulation entre le recto et le verso de sa vie, la théorie et la pratique. Le résultat est un scepticisme des plus réjouissants. Dès les premières pages, le philosophe propose à ses lecteurs une doctrine susceptible, selon lui, de transformer complètement notre vie sociale et notre système politique. « La doctrine en question est celle-ci : il n’est pas désirable d’admettre une proposition quand il n’y a aucune raison de supposer qu’elle est vraie. » Telle quelle, l’idée fait songer plutôt au doute méthodique de Descartes qu’au scepticisme véritable de Pyrrhon d’Élis. Mais il y a deux différences : chez Russell, ce doute s’applique au concret de la vie, et non (comme chez Descartes) aux fondements des mathématiques ; ensuite, il ne s’agit pas d’une morale provisoire, mais d’une approche résolue et définitive des discours et des évènements.

De là un livre amusant à lire, résolument tourné vers un public non spécialiste. Russell fait preuve d’une grande générosité dans sa manière – simple et précise – de présenter les problèmes et les propositions qu’il leur fait en réponse. Rien n’est rafraîchissant comme de voir le père de l’atomisme logique se pencher sur des questions comme celles-ci : « Peut-on garder le poète et l’amoureux sans garder le fou ? », « Qu’est-ce qu’une conduite raisonnable ? », « Est-ce que le critère de la vertu ne serait pas le mouvement relatif à la Terre ? » Souvent facétieux, Russell montre une familiarité non feinte avec les plus grands auteurs, dont il parle comme d’amis proches – ce qui ne l’empêche pas d’aboutir à des conclusions originales, telles ces deux maximes éthiques : « La première est que la perfection est facilement mesurable, la seconde qu’elle consiste dans la conformité à la loi. » En prenant le ton de la plaisanterie et du simple bon sens, Russell ne se départit jamais de l’habitude de trier et de numéroter les arguments (meilleure méthode pour y voir clair), et encore moins de celle qui consiste à préciser les diverses acceptions d’un terme qui fait problème. De la sorte, il distille les raffinements d’une philosophie éthique de la meilleure tenue, contre une époque qui a « réussi à donner des connaissances sans donner de l’intelligence ».

Par Maxime Rovere

Robert Maggiori – Libération du 10 mars 2011

Publiés en 1928, au moment où il adjoignait de plus en plus à son travail de philosophe, de logicien et d’épistémologue un intense activisme politique, les Essais sceptiques n’ont pas peu contribué à la renommée de Bertrand Russell. Ils ne provoquent pas le scandale que suscitera l’année suivante le Mariage et la morale. Mais font probablement mieux. Ou irritent encore davantage bigots et bien-pensants, parce que le maître du Trinity College de Cambridge, en mêlant l’ironie, l’argumentation, l’exemplification, y démonte calmement les mythes, les peurs, les croyances sises dans la culture occidentale, qu’ils touchent l’influence de la psychanalyse, la théorie de la relativité, la superstition qui peut s’insinuer dans la science, les faux-semblants de la politique, la liberté, «les dangers des guerres de religion», le puritanisme ou «le mal que font les « hommes de bien »».

Roger-Pol Droit – Le Monde du 20 janvier 2011

Mine de rien, le doute de Russell, appliqué sur tous registres, se révèle effectivement « violemment paradoxal et subversif ». Et le plaisir du lecteur est d’autant plus vif que le ton – l’ironie à l’anglaise – est inimitable…

Il est fortement recommandé, si l’on s’intéresse à la philosophie, de délaisser régulièrement les spéculations opaques pour fréquenter ce doute tonique, pratique et déconcertant. On peut aussi garder près de soi, bien en évidence, cette simple maxime du pyrrhonien Russell : « L’argument fondamental pour la liberté d’expression est le caractère douteux de toutes nos croyances. »

Pour se procurer l’ouvrage de Russell Essais sceptiques

Betrand Russell

Rappelons que l’auteur des Essais sceptiques, Bertrand Russell (1872-1970) est l’un des plus éminents philosophes britanniques du XXe siècle. Il apporta des contributions décisives dans les domaines de la logique et de l’épistémologie.

Ses principes éthiques, qu’il incarna à travers ses engagements politiques et ses prises de position tranchées, lui valurent deux fois la prison mais aussi le prix Nobel de littérature en 1950.

Il est l’un des auteurs au programme  au baccalauréat de philosophie des classes de terminale.


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Bac philo 2009 : Sujets nationaux des séries Technologiques 2009

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2009

Sujet 1

Peut-on être sûr d’avoir raison ?

Sujet 2

La technique s’oppose-t-elle à la nature ?

Sujet 3

Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

« La loi ne consiste pas tant à limiter un agent libre et intelligent qu’à le guider vers ses propres intérêts, et elle ne prescrit pas au-delà de ce qui conduit au bien général de ceux qui sont assujettis à cette loi. S’ils pouvaient être plus heureux sans elle, la loi s’évanouirait comme une chose inutile ; et ce qui nous empêche seulement de tomber dans les marais et les précipices mérite mal le nom de contrainte. De sorte que, quelles que soient les erreurs commises à son propos, la finalité de la loi n’est pas d’abolir ou de restreindre mais de préserver et d’élargir la liberté ; et dans toutes les conditions des êtres créés qui sont capables de vivre d’après des lois, là où il n’y a pas de loi, il n’y a pas de liberté. Car la liberté consiste à être délivré de la contrainte et de la violence exercées par autrui, ce qui ne peut être lorsqu’il n’y a point de loi ; mais la liberté n’est pas ce que l’on nous dit, à savoir une liberté, pour tout homme, de faire ce qui lui plaît (car qui peut être libre quand n’importe quel homme peut nous imposer ses humeurs ?). Mais c’est une liberté de disposer et d’ordonner comme on l’entend sa personne, ses actions, ses biens et l’ensemble de sa propriété, dans les limites de ce qui est permis par les lois auxquelles on est soumis ; et, dans ces limites, de ne pas être assujetti à la volonté arbitraire de quiconque, mais de suivre librement sa propre volonté. »

Locke

Questions :

1. Dégagez la thèse de ce texte et mettez en évidence les étapes de son argumentation.

2.

a. Précisez la conception de la liberté à laquelle Locke s’oppose dans ce texte.

b. En vous appuyant sur l’image de la ligne 4, expliquez : « guider [un agent libre et intelligent] vers ses propres intérêts ».

c. Comment Locke définit-il la liberté ? Expliquez cette définition en vous appuyant précisément sur le texte.

3. La loi est-elle la condition de la liberté ?

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