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La culture et la politique destinées aux élèves de classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES

Posted by Hervé Moine sur 26 octobre 2011

Cours particuliers de philosophie

Culture et politique

Charles-Eric de Saint Germain

Aux éditions Ellipses

Au sommaire de ce volume 1 à paraître en novembre 2011 :

  • La culture
  • L’art
  • Technologie et écologie
  • Le travail
  • Dieu et la religion
  • L’Etat et le pouvoir politique
  • La politique
  • Le droit et la justice.

Destinées aux élèves de Classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES, ces leçons offrent une présentation globale et complète de l’ensemble des questions philosophiques du programme sous une forme pédagogiquement claire et accessible.

L’auteur propose dans ce premier volume consacré à la Culture et la Politique un traitement  » exhaustif  » des grandes notions (La Culture, l’Art, Technique et Ecologie, le Travail, Dieu et la Religion, l’Etat et le Pouvoir politique, la Politique, le Droit et la Justice). Pour cela, il a mobilisé quasiment l’intégralité des philosophes de la longue tradition qui est celle de la philosophie, depuis les présocratiques jusqu’à ses développements les plus contemporains.

Outre les philosophes  » classiques « , qui nourrissent la substance de ces cours, il mobilise des sociologues dont l’étude est désormais un  » passage obligé  » pour tout candidat un peu sérieux mais aussi des philosophes contemporains dont la connaissance s’impose aujourd’hui à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec les enjeux de la réflexion contemporaine.

Leçons Particulières de Philosophie Volume 1 Culture & Politique (Culture Art Technique Ecologie)

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Gisèle Halimi en Tunisie : « Aller de l’avant pour la consécration de la liberté de la femme et des droits humains »

Posted by Hervé Moine sur 2 avril 2011

Le Premier ministre du gouvernement transitoire, Bji Cad Essebsi recevant samedi matin  la Kasbah la militante fministe franaise d'origine tunisienne Gisle Halimi

Le Premier ministre du gouvernement transitoire, Bji Cad Essebsi recevant samedi matin la Kasbah la militante fministe franaise d'origine tunisienne Gisle Halimi

Gisèle Halimi: « Il est impératif de préserver le statut de la femme tunisienne »

LA KASBAH, 2 avr 2011 (TAP) – Il est impératif de préserver le statut avant-gardiste de la femme tunisienne, a souligné, samedi, à Tunis, la militante féministe française d’origine tunisienne Gisèle Halimi.

« Le Code du Statut Personnel garantit à la femme tunisienne le statut de citoyenne à part entière », a soutenu Mme Halimi, affirmant que la « préoccupation majeure, aujourd’hui, est de ne pas toucher à ce statut qui a fait d’elle la femme la plus libre au monde arabe ».

Mme Halimi, qui était reçue à la Kasbah par le Premier ministre du gouvernement transitoire, Béji Caïd Essebsi, a fait part de sa vive émotion de revisiter « son pays, sa terre natale », et de retrouver « un vieil ami, un homme modeste et un grand patriote qui constituera le meilleur rempart contre le désordre, l’extrémisme et surtout la régression ».

L’avocate et femme politique française a assuré avoir « toute confiance » que la Tunisie, qui entame aujourd’hui une phase « cruciale » de son histoire, parviendra à la « construction d’une vraie démocratie » à la faveur de sa direction transitoire qui « comme Bourguiba, représente l’école des lumières, de la philosophie et du respect de l’autre ».

Mme Halimi donnera une conférence dans le cadre de la manifestation « Fête de la citoyenneté et de la solidarité », samedi à la Coupole d’El Menzah et participera à une conférence-débat, dimanche matin, au Zéphyr (la Marsa).

« Il s’agit d’encourager les jeunes femmes et les jeunes hommes de la société civile qui se sentent responsables de l’avenir de leur pays à préserver l’héritage bourguibiste et à aller de l’avant pour la consécration de la liberté de la femme et des droits humains », a-t-elle estimé.

Gisèle Halimi, femme engagée

Née le 27 juillet 1927 en Tunisie, au sein d’une famille juive traditionaliste, elle entre au barreau de Tunis en 1949 et poursuit sa carrière d’avocate à Paris en 1956.

Son enfance dans une famille traditionaliste sera l’origine de son combat dans la lutte féministe. En effet, dès son plus jeune âge, elle remet en cause ses obligations de fille au sein de sa famille. C’est pourquoi, à l’âge de 13 ans, elle entame une grève de la faim afin de ne plus avoir à faire le lit de son frère. Au bout de trois jours, ses parents cèdent et elle écrira dans son journal intime de l’époque : « aujourd’hui j’ai gagné mon premier petit bout de liberté ».

Mariée en secondes noces à Paul Halimi, administrateur civil au ministère de l’agriculture (français) — dont elle porte toujours le nom sous lequel elle s’est fait connaître —, puis en troisièmes noces à Claude Faux, ancien secrétaire de Jean-Paul Sartre — dont elle a été l’amie et l’avocate. Elle est la mère de Jean-Yves Halimi, avocat, Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique, et d’Emmanuel Faux, journaliste à Europe 1.

Sur le plan politique Gisèle Halimi est fortement engagée. Elle milite en effet, dans plusieurs causes, notamment en faveur de l’indépendance de son pays la Tunisie et aussi pour l’Algérie, elle dénonce les tortures pratiquées par l’armée française et défend les militants du MNA (mouvement national algérien) poursuivis par la justice française. Elle cosigne avec Simone de Beauvoir Djamila Boupacha, livre dans lequel elle obtient de nombreux soutiens et la participation de grands noms comme Picasso dont le portrait de Djamila Boupacha figure sur la couverture.

Dans le même esprit, elle préside une commission d’enquête sur les crimes de guerre américains au Viêt Nam.

En 1965, Gisèle Halimi, en compagnie de Madeleine Guilbert, Marguerite Thibert, Évelyne Sullerot, Colette Audry, Andrée Michel, participèrent au Mouvement démocratique féminin, sorte d’union de la gauche avant la lettre qui soutint la candidature de François Mitterrand aux présidentielles de 1965 et veut unir socialisme et féminisme.

Féministe, Halimi est signataire en 1971 du Manifeste des 343, parmi 343 femmes qui déclarent avoir avorté et réclament le libre accès aux moyens anticonceptionnels et l’avortement libre.

Aux côtés notamment de Simone de Beauvoir et de Jean Rostand, elle fonde en 1971 le mouvement féministe « Choisir la cause des femmes » et milite en faveur de la dépénalisation de l’avortement. Elle prendra la présidence de cette association à la disparition de Simone de Beauvoir.

Au procès de Bobigny en 1972, qui eut un retentissement considérable, elle défend une mineure qui s’était fait avorter après un viol, en faisant une tribune contre la loi de 1920. Ce procès a contribué à l’évolution vers la loi Veil, votée en décembre 1974 et promulguée en janvier 1975, sur l’interruption volontaire de grossesse.

De même, sa stratégie de défense médiatisée de femmes victimes d’un viol collectif devant les Assises d’Aix-en-Provence en 1978 contribuera à l’adoption d’une nouvelle loi en 1980 définissant clairement le viol et l’attentat à la pudeur.

Gisèle Halimi est également une des fondatrices de l’association altermondialiste ATTAC en 1998. L’activiste palestinien Marouane Barghouti lui a demandé d’être l’un de ses avocats.

Elle est membre du comité de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le 4 mars 2009.

Le 23 février 2010 est adoptée par le Parlement français, en sa présence, une résolution européenne sur le principe de la « clause de l’Européenne la plus favorisée » visant l’harmonisation des législations européennes concernant les droits des femmes suivant l’idée qu’elle avait émise dès 1979 lors de la première élection du parlement européen au suffrage universel.

Gisèle Halimi ne se contente pas de militer, elle fut une représentante du peuple comme députée à l’Assemblée nationale et de la nation comme Ambassadrice auprès de l’Unesco. Élue à l’Assemblée nationale en tant que députée de l’Isère à Voiron près de Grenoble de 1981 à 1984, elle siège comme apparentée au groupe socialiste. Elle constate avec amertume que ses projets n’avancent pas autant qu’elle le souhaiterait et elle dénonce un bastion de la misogynie. Son amendement instaurant un quota pour les femmes aux élections a pourtant été voté à la « quasi-unanimité » par les députés, en 1982. La mise en échec de cet amendement revient au conseil constitutionnel qui le considéra comme une entrave à la liberté du suffrage et à la libre expression de la souveraineté nationale.

Bien qu’elle fut nommée par le président Mitterrand ambassadrice de la France auprès de l’UNESCO, d’avril 1985 à septembre 1986, elle se déclare déçue par cet homme qu’elle juge machiavélique.

Elle rejoindra Jean-Pierre Chevènement à l’occasion des élections européennes de 1994 (elle figure en seconde position sur la liste du MDC).

D’après Wikipédia

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Une nouvelle interprétation de l’œuvre de Cornélius Castoriadis

Posted by Hervé Moine sur 10 mars 2011

 

Nicolas Poirier

L’ontologie politique de Cornélius Castoriadis

Création et Institution

Payot (2011)

Présentation de l’éditeur

L’objet de ce livre est de proposer une interprétation nouvelle de l’œuvre de Cornélius Castoriadis, à rebours des approches plus traditionnelles consistant à scinder l’aspect philosophique et la dimension politique de son travail. L’analyse d’un certain nombre de textes philosophiques de Castoriadis, restés longtemps inédits, permet de saisir la cohérence d’un parcours intellectuel et politique marqué par la volonté de penser les conditions de possibilité et d’effectivité de l’émancipation. Cohérence marquée toutefois de moments de rupture. S’il travaillait au départ à partir de la notion marxienne de praxis, dont il cherchait à fournir une interprétation nouvelle, Castoriadis va par la suite reformuler les termes de l’ontologie traditionnelle à partir d’une relecture de la pensée grecque.

Le principal apport de Castoriadis à la pensée politique de l’émancipation est sans doute d’avoir réussi à dégager, au-delà des apories du marxisme et de la philosophie politique traditionnelle, tout ce qu’implique l’idée de l’autonomie, à savoir la capacité pour les sociétés d’assumer leur historicité en ne s’aliénant pas à la fiction d’une origine extra-sociale de la loi. Il défendra l’idée qu’une politique de l’émancipation doit avoir pour but principal l’abolition de la division entre ceux qui exercent le pouvoir et ceux qui le contestent. Refusant en définitive de séparer la question du psychique de celle du social, il cherchera à réfléchir sur le sens d’une dynamique de l’émancipation.

Plus on prend des distances réflexives avec cet ouvrage, plus on en retient deux éléments décisifs pour notre époque : le premier concerne la  » trajectoire  » (l’auteur prend pour équivalent  » trajectoire « ,  » cheminement  » et  » parcours « ) d’un philosophe durant le XX° siècle, tenant compte de ses apports comme de ses tragédies ; le second veut contribuer à la clarification de notre époque – et de ses exigences : repenser l’histoire, la politique, la démocratie -, en dressant un tableau des oppositions théoriques autour de la pensée de ce philosophe (A. Badiou et S. Zizek d’un côté, l’Ecole de Francfort et H. Arendt de l’autre), lequel est destiné tout à la fois à relever l’actualité de la pensée du philosophe et à donner une orientation (démocratique) à notre époque.

Se procurer l’ouvrage de Nicolas Poirier L‘ontologie politique de Cornélius Castoriadis Création et Institution

Démocratie et révolution sont-ils dissociables ?

Article de Christian Ruby paru dans nonfiction.fr le 10 mars 2011

http://www.nonfiction.fr/article-4360-democratie_et_revolution_sont_ils_dissociables_.htm

De qui et de quoi s’agit-il donc ? D’abord de la pensée de Cornelius Castoriadis (né à Constantinople en 1922, et décédé à Paris en 1997), ensuite d’une  » somme  » philosophique (au sens totalisant du terme, non au sens propre) due à Nicolas Poirier, portant sur l’existence intellectuelle de Castoriadis, si l’on veut bien comprendre par là qu’il ne s’agit pas d’une biographie, mais d’une synthèse articulant la vie du militant qu’il fut et celle du philosophe qu’il demeure. Autrement dit, un travail philosophique de fond, qui retranscrit cette philosophie en instrument vivant, revisitant aussi ce qui est parfois laissé de côté par les commentateurs. On peut alors effectivement parler d’une  » trajectoire  » philosophique mise au jour si l’on ne craint pas la réduction de cette option à un parcours linéaire et téléologique.

Deux mots sur la personne de Castoriadis, pour commencer. On le dit philosophe, économiste et psychanalyste dans les biographies habituelles. Disons plus exactement qu’il est connu, en tout cas, pour avoir fondé en 1949, avec Claude Lefort, le groupe Socialisme ou Barbarie, dissout en 1967. Il rompt avec le marxisme, s’intéresse à la psychanalyse, puis rompt avec Lacan, lit Margaret Mead, … et finit professeur aux Hautes Etudes, où il dispensa des séminaires dont le dernier vient d’être publié(1).

Pour autant, Nicolas Poirier n’a pas connu Castoriadis. Son intérêt pour sa philosophie n’est donc pas dû à un rapport personnel. Il raconte lui-même être venu à ses ouvrages par un compte-rendu publié dans Le Monde de l’ouvrage La Société bureaucratique (Publié en deux volumes : Les Rapports de production en Russie et La Révolution contre la bureaucratie, Paris, UGE, 1973). Dès cette lecture, il comprend qu’il est possible de poser le problème politique, en rejetant le point de vue marxiste, sans céder pour autant au libéralisme.

L’ouvrage présenté ici se décompose en trois parties qui répondent exactement aux soucis successifs de Castoriadis, même si les découpages sont toujours un peu aventureux réduits trop souvent à des dates ou thèmes fixes. La première concerne la période 1945-1967, ce moment où Castoriadis, à partir de sa thèse de doctorat, prend à parti la notion classique de  » contemplation  » dans ses rapports avec la théorie de la connaissance ; pour s’y opposer, il invente alors, en 1955, la notion de  » création « , conçue comme opposée à celle de contemplation. La deuxième partie s’inquiète des antinomies du marxisme telles que les met à jour le philosophe ; cette partie se déploie autour des catégories de praxis, de bureaucratie (avec un premier moment entre 1946 et 1952 et un second dans les années 1960) et de déterminisme historique. La troisième partie s’ancre à la fois dans le thème majeur de  » l’imaginaire social instituant  » et dans l’analyse pointilleuse de la politique telle que conçue dans le cadre de la démocratie grecque (à partir de 1963, et surtout entre 1982 et 1986). A cet égard, Castoriadis, par bien des côtés, demeure Grec. Entendons par là, peu importe le relevé de la nationalité, qu’il reste attaché à la place d’Athènes et de Périclès dans la pensée et notamment dans la pensée politique. Il ne cesse sur ce plan de tenter d’actualiser la Grèce antique pour nos jours, tout en la laissant au passé. En ce sens, la Grèce ne sera jamais un modèle pour lui. Elle occupe plutôt le statut d’un germe.

Castoriadis, donc, fut militant et philosophe. L’auteur montre qu’il n’y a pas de coupure entre les deux faces du personnage, indissociables, précise-t-il. Nul ne saurait discerner un Castoriadis politique qui aurait succédé à un Castoriadis philosophe. Castoriadis s’est livré dès le départ à un travail de réflexion philosophique concernant les questions fondamentales et n’a pas attendu pour porter son attention à la fois sur la pratique et sur la théorie. Le militant révolutionnaire et le philosophe n’énoncent pas des propos différents, dans une sorte de dédoublement :  » Les fils de la réflexion philosophique et ceux de l’engagement militant sont chez lui tissés de façon si étroite qu’il est difficile de distinguer ces deux dimensions « (2). De toute manière, ils sont unis dans la même critique de la politique marxiste, telle qu’on peut la fréquenter à l’époque ; et ils sont non moins unis dans la critique de  » l’ontologie  » traditionnelle, ce qui constitue pourtant une dénomination un peu vaste et peu élaborée chez l’auteur de l’ouvrage – sauf une précision(3), qui vaut pour une prudence à l’égard d’un lecteur qui verrait là une opération régressive vers un mode de pensée métaphysique – pour parler de Platon, d’Immanuel Kant et de GWF Hegel, dans leur conception de la politique ou de la cité. Mais là n’est pas le point. Plus caractéristique, en effet, se trouve être le fait que ces deux critiques se conjoignent pour faire de Castoriadis un penseur de la démocratie et de la révolution simultanément.

Sur ce dernier plan, donc, la thèse de Poirier tient en quelques mots, si elle ne permet pas une analyse complète de l’usage de ce concept de nos jours(4). Pour Castoriadis, les démocraties actuelles ne sont rien d’autre que des  » oligarchies libérales « . Elles n’ont aucune teneur démocratique, malgré le fait qu’elles en adoptent le terme.  » Dans la grande majorité des sociétés actuelles la caractéristique commune est de rendre impossible toute activité politique qui viendrait mettre en cause les fondements du pouvoir « . Qu’il s’agisse de l’ordre politique des sociétés traditionnelles ou des régimes totalitaires, le pouvoir interdit toute critique publique des lois. Raison majeure de cette interdiction : la majorité des sociétés humaines s’est édifiée sur la base de l’occultation du fait de l’auto-institution, en imputant à une origine extra-sociale la création de leurs lois et de leurs institutions.

A leur encontre, le philosophe se réfère à un concept normatif de démocratie, dont le contenu est l’auto-institution. Concept normatif, parce qu’il implique les principes suivants :  » postulat de l’égal droit reconnu à quiconque de participer à l’exercice du pouvoir, défense des libertés individuelles, dont le droit justement à la critique des institutions existantes, reconnaissance du caractère légitime de la contestation publique sous la forme de manifestations, pétitions, regroupements en association, syndicats, partis, … « (5).

Qu’entendre par conséquent par ce concept d’auto-institution dès lors qu’il est appliqué à la démocratie ? Ceci : ces sociétés (démocratiques) s’instituent et ne peuvent se référer à une norme transcendante qui indiquerait aux hommes ce qu’ils ont à entreprendre. Ceci nous vaut un beau passage de la part de l’auteur :  » Il apparaît que la nécessaire dénonciation des atteintes aux droits fondamentaux des peuples et des individus présuppose au contraire que l’on maintienne la référence à un projet substantiel de démocratie proposant une réelle alternative, et conceptuelle et politique, à ce que les oligarchies dominantes présentent effectivement comme figurant la  » démocratie «  »(6). On reconnaît là une approche anthropologique – au sens où l’homme, par différence avec l’animal, fait quelque chose qui n’existe pas : il crée – et philosophique, qui est bien celle de Castoriadis, mais pour autant qu’elle ait une dimension politique militante :  » Il s’agit toujours de penser les conditions d’un pouvoir politique souverain organisé en vue de l’autonomie de la société et de ses membres « (7). La démocratie n’est réservée ni à une culture ni à une société, elle renvoie à des processus, ceux par lesquels une société reconnaît qu’il n’y a pas de source extra-humaine de la loi. Elle expose une conception du pouvoir comme capacité pour les hommes de décider par eux-mêmes de leurs propres affaires.

C’est en ce point chez Castoriadis que la Grèce fait son apparition sur le devant de la scène. Publié en 1960, l’ouvrage intitulé L’Institution imaginaire de la société(8) ouvre le champ d’accueil de cette référence (ce germe), en soutenant le souci de penser l’autonomie individuelle et sociale, à partir d’une théorie de la création (et non plus de la praxis) ajointée à une théorie de l’imaginaire(9). Cette théorie de l’imaginaire ( » source de création première « ) est explorée par l’auteur, suivant parfois de trop près Castoriadis lorsqu’il cherche à nous faire croire qu’il est le premier à penser l’imagination comme telle(10). Cela dit, dans la Grèce, il faut lire une invention politique qui est une création. L’avènement de la pensée rationnelle (Castoriadis se situe dans le profil de J-P. Vernant et P. Vidal-Naquet) coïncide avec la naissance conjointe de  » la philosophie en tant qu’interrogation permanente sur la vérité et remise en question des fausses représentations, et de l’activité politique d’auto-institution explicite qui ne reconnaît d’autre légitimité à la loi que celle du démos « , écrit l’auteur, résumant la thèse du philosophe. La naissance conjointe de la Polis démocratique et de la rationalité confère à la philosophie la teneur d’un  » refus des représentations simplement héritées, simplement instituées, et prétention d’établir les représentations vraies par l’activité autonome de la pensée humaine « (11).

Dans ce bref compte-rendu, nous n’avons pas exploré toutes les dimensions de cet ouvrage. Nous laissons de coté, notamment, une belle discussion (ici fictive) entre Castoriadis et Claude Lefort. Quoi qu’il en soit, l’ouvrage est ancré dans une perspective globale qui consiste à affirmer qu’en matière politique, il n’est ni loi de l’histoire, ni loi de la nature, ni loi divine qui doive s’imposer. En quoi, démocratie et révolution ne sont pas dissociables.

Il n’en demeure pas moins vrai que l’ouvrage a quelques défauts. Le défaut central de ce livre, qui ne constitue pas tout à fait un essai d’interprétation, c’est, tout en prenant pied dans les textes, d’énoncer des vérités comme si elles avaient leur assise dans une origine intouchable, c’est-à-dire d’extraire Castoriadis de la critique susceptible de désarçonner les théories les plus sûres d’elles-mêmes pour l’enfermer dans la statue du Commandeur. On le voit bien, lorsque l’auteur, sollicité par les textes de Castoriadis, relève, sans la commenter, l’idée selon laquelle le socialisme ayant existé constituait un  » abus  » de socialisme, et celle selon laquelle la critique de Marx par Castoriadis a été accomplie  » au nom d’une fidélité rigoureuse aux principes du marxisme « (12), comme s’il était possible de se référer encore et toujours à une origine pure des choses. Castoriadis n’en constitue pas une non plus. Mais la lecture de ses ouvrages est incontournable.

rédacteur : Christian RUBY,

Notes :
1 – Cornelius Castoriadis, Thucydide, la force et le droit, ce que fait la Grèce, Paris, Seuil, 2011
2 – p.22
3 – p.39
4 – l’auteur cite pourtant bien l’ouvrage Démocratie, dans quel état ? (Paris, La Fabrique, 2009), lequel réunit des contributions, entre autres, de Zizek, Badiou, Rancière, …
5 – p.7
6 – p.8
7 – p. 18
8 – 1975, Paris, Seuil
9 – p. 244
10 – p. 274
11 – p. 423
12 – p. 13

Photo : Nicolas Poirier

Se procurer l’ouvrage de Nicolas Poirier L‘ontologie politique de Cornélius Castoriadis Création et Institution

Pour en savoir davantage sur Cornelius Castoriadis : http://www.castoriadis.org/


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Bioéthique : plusieurs ouvrages qui interrogent les lois actuelles

Posted by Hervé Moine sur 11 février 2011

La bioéthique : questionnements et débats

Article publié dans non-fiction vendredi 11 février 2011 par Margaux Loire

http://www.nonfiction.fr/article-4242-la_bioethique__questionnements_et_debats.htm

Alors que les discussions au Parlement de la nouvelle loi de bioéthique commencent enfin, sortent plusieurs ouvrages qui interrogent les lois actuelles, mais aussi le projet de révision. Parmi ces ouvrages, deux ont particulièrement retenus notre attention. Il s’agit de l’ouvrage d’Irène Théry Des humains comme les autres et de celui de Sylvie et Dominique Mennesson La gestation pour autrui, l’improbable débat.

Le premier de ces ouvrages aborde la question de l’anonymat des donneurs dans le cadre de la procréation médicalement assistée. A travers cette réflexion, la sociologue Irène Théry, retrace le cadre historique et conceptuel du particularisme bioéthique français et élargit son propos, à la fois, aux questions de filiation juridique, d’homoparenté et de gestation pour autrui.

Le second ouvrage a été rédigé par des parents français d’enfants nées d’une gestation pour autrui en Californie en 2000 et qui ont connu les difficultés à la fois du parcours d’une gestation pour autrui et des suites judiciaires en France pour faire reconnaître la filiation, notamment maternelle. Leurs filles sont enregistrées à l’état civil de Californie comme étant nées de Sylvie et Dominique Mennesson et ont la nationalité américaine, alors que la Cour d’appel de Paris en 2010 a conclu à l’annulation des actes de naissance français des deux enfants.

Ce dossier a pour but de susciter un débat en donnant un maximum d’informations et non pas en confisquant le débat avec des idéologies ou des présupposés. Ces ouvrages doivent permettre d’ouvrir un débat qui n’aura pas réellement lieu au sein de l’hémicycle puisque les articles du projet de loi de bioéthique relatifs à la question de l’anonymat des donneurs de gamètes ont été supprimés par la Commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi relatif à la bioéthique et que la question de la gestation pour autrui a été exclue très rapidement de tout projet.

Je m’étonne que ces questions ne fassent pas l’objet d’un débat auprès de notre représentation nationale, alors que dans le premier projet soutenu par Mme Bachelot-Narquin, alors ministre de la Santé, il était prévu de lever l’anonymat des dons de gamètes. La nomination de M. Xavier Bertrand comme ministre a eu pour conséquence de renvoyer le projet de loi en commission pour le rediscuter.

Dans un entretien accordé au journal Libération paru le 8 février 2011, Xavier Bertrand montre toute la personnalisation à l’œuvre dans les lois de bioéthique. En effet, tout comme pour d’autres lois qui touchent au vivant (bioéthique, fin de vie, peine de mort, etc.), il semble que la conviction d’une personne doive prévaloir sur la question du bien commun, la définition du bien commun n’étant pas unanime. Pourquoi les valeurs ou les modèles prônés par Xavier Bertrand ou par d’autres acteurs de la bioéthique (et pas toujours clairement explicitées) devraient-elles primer ?

C’est pour vous permettre de vous forger votre propre conviction que nous vous proposons une présentation de la révision des lois de bioéthique, du livre de Sylvie et Dominique Mennesson sur la gestation pour autrui et de celui d’Irène Théry sur l’anonymat du don de gamètes et la bioéthique plus largement.

rédacteur : Margaux LOIRE , Critique à nonfiction.fr

Illustration : Flickr / DeSarahaIsis

 

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Des humains comme les autres : un livre, une conférence

Posted by Hervé Moine sur 8 février 2011

Irène Théry

Des humains comme les autres

Bioéthique, anonymat et genre du don

Editions EHESS

 

Présentation de l’éditeur

Faut-il lever l’anonymat des donneurs dans le cadre de l’assistance médicale à la procréation ? Alors que les premiers enfants nés grâce aux dons sont devenus de jeunes adultes et, pour certains, revendiquent l’accès à leurs origines, comment distinguer les places respectives des protagonistes du don d’engendrement : parents, enfants, donneurs ? L’enfant n’est-il pas le grand oublié de la perspective médicale traditionnelle assimilant don de gamètes et don du sang, au prix de l’effacement d’une partie de son histoire ?

D’une plume résolument engagée, Irène Théry propose un regard critique sur le modèle bioéthique français qui a sacralisé l’anonymat du don de gamètes alors que tant de pays démocratiques ont su passer du modèle initial Ni vu ni connu à celui de Responsabilité où le donneur – homme ou femme – cesse d’être perçu comme un spectre menaçant.

La panique morale qui semble saisir la société française – corps médical, responsables politiques, religieux – devant une telle évolution révèle les préjugés et les résistances face aux nouvelles représentations de l’identité personnelle et de la filiation, transformées par l’égalité des sexes, le démariage et l’émergence sociale de l’homoparentalité.

Biographie de l’auteur

Irène Théry est directrice d’études l’EHESS. Elle a publié plusieurs ouvrages sur les mutations du droit de la famille, sur les familles recomposées et sur le masculin et le féminin.

Pour se procurer l’ouvrage d’Irène Théry Des humains comme les autres : Bioéthique, anonymat et genre du don

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Lundi 14 février 2011

à la Fondation Jean Jaurès

Débat autour du livre d’Irène Théry

Des humains comme des autres

Nonfiction.fr et la Fondation Jean-Jaurès vous invitent à un débat le lundi 14 février à 18h45 à la Fondation Jean-Jaurès, 12 Cité Malesherbes, 75009 Paris, avec Irène Théry, autour de son livre, Des humains comme les autres. Bioéthique, anonymat et genre du don (EHESS), et du modèle bioéthique français, avec Najat Vallaud-Belkacem, secrétaire nationale du PS aux questions de société, et Laurent Bouvet, professeur de science politique à Science-Po et l’université de Nice Sophia-Antipolis.

Le débat sera animé par Margaux Loire, coordinatrice du pôle Bioéthique de nonfiction.fr, et Frédéric Martel, rédacteur en chef de nonfiction.fr.

L’accès à la Cité se fait par la rue des Martyrs. Il suffit d’appuyer sur n’importe quel bouton du digicode pour ouvrir la grille d’entrée à la Cité. Le débat sera suivi d’une séance de dédicaces.

RSVP à citedeslivres@gmail.com. Places limitées.

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Sujet de dissertation : Vaut-il mieux une justice imparfaite ou une justice politisée ?

Posted by Hervé Moine sur 5 février 2011

Une justice imparfaite préférable à une justice politisée ?

Le Procureur de la République de Nice Eric de Montgolfier réagit dans Libération du 5 février 2011 aux propos présidentiels mettant en cause le monde des magistrats suite au drame survenu à la jeune Laetitia Perrais, victime d’un prédateur récidiviste en liberté. Protestant contre cette intervention du politique, il en appelle au respect du principe fondamental de la séparation des pouvoirs. « Car, dit-il, si le politique doit prendre les rênes de la justice, où est la garantie pour le citoyen que la justice sera rendue équitablement ? Peut-être vaut-il mieux qu’elle soit imparfaite plutôt que politisée. » Cela signifie-t-il alors qu’une justice politisée pourrait être parfaite ? Mais dans ce cas, alors pourquoi préférer une justice imparfaite ? Assurément, cela donne pas à penser ? Peut-être un sujet de philo pour les candidats aux épreuves de philosophie du baccalauréat !

Hervé Moine

lire l’interview d’Eric de Montgolfier paru dans Libération paru ce jour

 

Quel est l’intérêt de la séparation des pouvoirs pour le fonctionnement de la justice ?

article paru dans le site officiel de vie-publique.fr, mis à jour le 15.10.2008

http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/justice/definition/principes/quel-est-interet-separation-pouvoirs-pour-fonctionnement-justice.html

La théorie de la séparation des pouvoirs désigne la distinction entre les différentes fonctions de l’État, mise en œuvre afin de limiter l’arbitraire et d’empêcher les abus liés à l’exercice de la souveraineté. Cette doctrine, qui est au cœur de l’organisation actuelle de nos institutions, garantit l’indépendance fonctionnelle des juridictions par rapport aux différents pouvoirs.

La théorie classique de la séparation des pouvoirs distingue dans tout régime politique trois fonctions fondamentales : le pouvoir législatif édicte les normes générales organisant la vie sociale, tandis que le pouvoir exécutif se charge de l’exécution de ces règles et de la gestion de leurs conséquences administratives, et que le pouvoir judiciaire en assure l’application dans le cadre du règlement des litiges.

On retrouve cette distinction dans la Constitution de la Ve République, qui garantit solennellement l’indépendance de la fonction judiciaire à l’égard des autres pouvoirs :

L’indépendance de la justice par rapport au pouvoir législatif résulte d’une double interdiction : celle fait aux juges de se substituer du législateur en rendant des décisions générales et impersonnelles (les arrêts de règlement), et celle fait au législateur d’intervenir (sauf impérieux motif d’intérêt général) dans une affaire judiciaire en cours en édictant une loi rétroactive.

L’indépendance de la justice par rapport au pouvoir exécutif est garantie par la séparation des fonctions administratives et judiciaires, ainsi que par les diverses règles statutaires détaillées dans la question qui suit.

 

 

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Médecine, philosophie et judaïsme

Posted by Hervé Moine sur 19 janvier 2011

Jeudi 10 février 2011 à 20h30

Cycle «Médecine, Philosophie et judaïsme»

Table ronde : «Adoption et judaïsme»

Avec Raphaël Draï, professeur ; Pierre Lévy-Soussan, psychiatre, psychanalyste ; Nicole Moatti, sage-femme ; Paule-Henriette Lévy, (modératrice) rédactrice en chef de RCJ (Communauté Juive Francophone)

La table ronde sera suivie d’un cocktail, à l’Espace Rachi – 39, rue Broca – Paris 5e

L’entrée est libre et sur réservation au 01 42 17 10 70 ou : a.partouche@fsju.org

Raphaël Draï est professeur de droit et de science politique à l’université d’Aix-Marseille. Spécialiste de recherche interdisciplinaire en droit, science politique, psychanalyse et théologie. Il est l’un des meilleurs connaisseurs actuels de l’univers biblique. Auteur d’une œuvre en constant mouvement comportant à présent plus de vingt-cinq ouvrages (dont, chez Fayard, « La Sortie d’Egypte » ou « l’Invention de la liberté » et d’une somme en trois volumes sur La communication prophétique), il est profondément engagé dans le dialogue des religions et des cultures.

Pierre Levy-Soussan est psychiatre et psychanalyste. Il est médecin-directeur, enseignant attaché à la faculté Paris VII et membre de la Société Psychanalytique de Paris. Expert reconnu de l’adoption. Auteur, de « L’éloge du secret » (Hachette en 2006) et de « Destins de l’adoption » (Fayard 2010).

Nicole Moatti est Sage-femme à l’assistance publique hôpitaux de Paris, aujourd’hui à la retraite. Elle a travaillé à l’œuvre d’Adoption : « Les Liens du Cœur » dont le but est d’aider et de respecter les femmes qui choisissent de faire adopter leur enfant (qu’elles accouchent sous X ou pas) en les entourant et en les guidant.

Paule-Henriette Lévy est journaliste, essayiste, rédactrice en chef de RCJ.

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Réviser les lois de bioéthiques sans brader la dignité de l’homme

Posted by Hervé Moine sur 18 janvier 2011

Conférence-débat organisé par la Fondation de Service Politique

Les questions problématiques du projet de révision de la loi de bioéthique

avec Elizabeth Montfort

le 19 Janvier 2011 de 19h à 21h

à l’auditorium de l’Espace Georges Bernanos de Paris

Le projet de révision de la loi de bioéthique 2004 sera examiné par les députés en février prochain. Celui-ci présente des dérives éthiques injustifiables et des nouveautés à haut risque. D’ores et déjà, la Fondation de Service politique intervient auprès des membres de la commission spéciale chargée d’examiner le texte. Chaque citoyen responsable doit s’engager. Il est temps de se mobiliser pour éclairer le jugement de ses élus sur les points les plus sensibles :
  • Recherche sur l’embryon : celle-ci serait autorisée non à des fins « thérapeutiques » mais à des fins « médicales », ce qui ouvrirait la voie à toute sorte de manipulations et d’expérimentations qui videraient le principe d’interdiction de son contenu.
  • Assistance médicale à la procréation : le recours de l’AMP aux couples pacsés comme pour les couples mariés, sans exigence de deux ans de vie commune n’est pas acceptable. Le Pacs est un contrat de couple alors que le mariage est une institution qui fonde la famille. Le recours à des donneurs pour des dons de gamètes brouille la filiation et rend insatisfaisante la levée de l’anonymat.
  • Diagnostic pré-implantatoire et prénatal : le DPI ne doit pas être étendu à la trisomie 21. Ceci entraînerait la stigmatisation de cette maladie qui est déjà traquée dans le cadre du DPN. Le manque d’information dès les premiers tests met la femme dans une situation anxiogène et empêche le couple d’exprimer une décision libre et éclairée.
Les lois de bioéthique se développent comme un ensemble de normes juridiques de plus en plus indépendantes de notre corpus juridique. Or on ne peut pas légiférer sans cohérence avec les principes fondateurs de notre droit, auxquels les Français sont attachés, comme l’a rappelé de son côté le Premier ministre.
L’objet de cette conférence-débat est d’examiner les points sur lesquels il est raisonnable d’obtenir des résultats positifs, et comment intervenir auprès des parlementaires qui devront se prononcer.
Cette conférence-débat aura lieu autour d’Elizabeth Montfort, ancien député européen, administrateur de la Fondation de service politique de l’Alliance pour un nouveau féminisme européen, et le Docteur Nathalie de Soultrait, pédiatre, responsable avec son mari François de Soultrait de la commission Bioéthique et vie humaine de la communauté de l’Emmanuel.
Pour en savoir davantage

l’Association de Service politique propose un dossier que l’on peut consulter en ligne sur libertepolitique.com ainsi que les Notes bleues adressées aux parlementaires.
D’autre part, toujours concernant ce projet de révision de loi on pourra consulter avec profit le site du gouvernement, la communication en Conseil des ministres de Madame Roselyne Bachelot alors ministre de la Santé, ainsi que le dossier concocté sur ce sujet par la documentation française. Voir ci-dessous.
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Méthode et contenu de la révision de la loi de bioéthique

Roselyne Bachelot a présenté en Conseil des ministres, le 16 juillet, une communication relative à la méthode et au contenu de la révision de la loi de bioéthique prévue pour le premier trimestre 2010.

Un projet de loi sera déposé avant fin 2009.

Afin de permettre l’adaptation du droit aux évolutions de la science et de la réflexion bioéthique, le Gouvernement souhaite se donner les moyens d’une réflexion rigoureuse en consultant plusieurs institutions :

  • le Conseil d’État en vue d’une étude préalable à la révision de la loi. Les conclusions sont attendues pour la fin de l’année ;
  • le Comité consultatif national d’éthique qui remettra, avant fin septembre, un mémoire où seront identifiés les problèmes philosophiques et les interrogations éthiques.

Toutefois, afin de ne pas limiter la réflexion aux seuls débats d’experts, le président de la République et le Gouvernement organiseront des États généraux de la bioéthique au premier semestre 2009. Un débat public s’engagera, faisant appel à la participation des citoyens : des réunions, des colloques, des forums seront organisés avec le concours des nouvelles technologies de l’information.

Une campagne d’information aura pour objectif d’identifier clairement les questions qui seront débattues : la recherche sur l’embryon, le prélèvement et la greffe d’organes, de tissus et de cellules… Enfin, précise la communication, les questions du consentement, de l’anonymat et de la gratuité devront être repensées globalement de manière à assurer la cohérence de la réflexion bioéthique.

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Lois de bioéthique : la révision 2010

Dossier réalisé en avril 2010

Introduction

Photo : Centre d'étude et de conservation des oeufs etCi-contre Photo de Philippe Desmazes. ©AFPCentre d’étude et de conservation des oeufs et du sperme (CECOS) de Lyon, 2010.

Six ans après la dernière révision des lois sur la bioéthique, un réexamen complet est en cours, en vue d’adapter la législation à l’évolution de la science, du droit et de la société. Cette fois, un large panel d’intervenants est consulté, organismes et institutions aussi bien que simples citoyens, afin de parvenir au consensus le plus large possible sur des sujets souvent très complexes.

La problématique de la bioéthique est présente depuis une vingtaine d’années dans les discussions entre médecins, juristes, hommes politiques, religieux et journalistes qui tentent d’analyser les conséquences sociales, juridiques, morales et culturelles de l’évolution des pratiques médicales sur le corps humain. De manière progressive, mais de plus en plus passionnée, ces débats engagent également les citoyens « ordinaires », les associations et les ONG. En effet, de nouvelles questions surgissent : après le clonage, la recherche sur l’embryon ou sur le génome humain, d’autres sujets de controverses sont apparus sur le risque d’eugénisme, les mères porteuses, l’euthanasie, la transplantation d’organes, les expérimentations médicales…

Les évolutions proposées dans la prochaine loi vont s’appuyer sur les synthèses du vaste débat public organisé notamment dans le cadre des Etats généraux de la bioéthique, ainsi que sur les avis de différentes institutions telles que le Comité consultatif national d’éthique, le Conseil d’Etat ou l’Office parlementaire des choix scientifiques et technologiques. Pour l’essentiel, la nouvelle version de la loi ne devrait pas bouleverser les principes établis par les textes précédents.

Accéder au dossier : http://www.ladocumentationfrancaise.fr/dossiers/bioethique/index.shtml

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Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres

Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.

Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le « la » et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.

Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.

Hervé Moine

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Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”

KANT, Critique de la raison pratique.

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Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande;  les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité « technique », qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité « technique » est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La « connaissance » cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

1 credo : affirmation d’une croyance

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Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.

Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

Cicéron

Notes

* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

Questions :

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.      a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».

b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».

c) Expliquez: « si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, […] il n’y a absolument plus de justice ».

3. La justice est-elle fondée sur la raison?

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La prison ou l’hôpital psychiatrique ?

Posted by Hervé Moine sur 25 octobre 2009

LUNDI 26 OCTOBRE 2009, 18H, AU CAFE DE LA POSTE

FAUT-IL JUGER LES FOUS ?


En cas de violence sur autrui, quelqu’un jugé sain d’esprit sera jugé.

Mais celui qui présente des troubles mentaux, doit-il aller en prison ou à l’hôpital psychiatrique ?

Le philosophe Althusser, qui avait étranglé sa femme dans un instant de folie, dans son livre L’avenir dure longtemps, aurait préféré être jugé…

Qu’en penser ?


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