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Posts Tagged ‘éducation’

Vers une culture éthique à l’école publique

Posted by Hervé Moine sur 9 novembre 2011

Colloque Ethique à l’Ecole publique

25 et 26 novembre 2011

Au Salon de l’Education

Porte de Versailles. Paris. Pavillon 7 niveau 3 Salle Véga.

Pourquoi et comment faut-il développer une culture éthique à l’école publique ?

 

Vendredi 25 novembre 2011 

  • Valeurs républicaines en questions, avec Jean Paul Delahaye, inspecteur général de l’éducation nationale. auteur de « L’autonomie de l’établissement public local d’enseignement » ; Pierre Ognier, docteur en sciences de l’éducation, auteur de « Une école sans Dieu ? L’invention d’une morale laïque sous la III° République» et Jean Baubérot, professeur émérite d’histoire et sociologie de la laïcité, auteur de « Laïcités et sociétés » (avec Micheline Milot).
  • Acteurs de l’éducation face aux questions éthiques, avec Philippe Joutard, Historien, professeur à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur de « Réussir l’école », avec Claude Thélot ; Pierre Funk, conseiller principal d’éducation dans un collège parisien ; Marie-Noëlle Mercier, inspectrice de l’Education nationale, auteure de « Cent idées pour former la conscience morale » et Nicolas Renard, proviseur vie scolaire, ex principal d’un collège ambition-réussite.

Samedi 26 novembre 2011

  • Comment accorder une culture éthique commune avec les diversités ? avec Martine Pretceille, professeure des universités, auteure de nombreux ouvrages dont « L’éducation interculturelle » ; Hugues Derycke, ex secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique, coordinateur du livre « Pour l’éducation et pour l’école » ; Nicole Mosconi, professeure émérite en sciences de l’éducation à l’Université de Paris Ouest La Défense, spécialiste des rapports sociaux de sexe et de la mixité, auteure de « Femmes et savoir, La société, l’école et la division sexuelle des savoirs ».
  • Le refus de l’éthique dans l’enseignement : comment en sortir ? avec Marcel Gauchet, philosophe, historien, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; Marie-Claude Blais, professeure à l’université de Rouen, auteure de « La solidarité : Histoire d’une idée »

 

Présentation du Colloque

Pour une culture éthique à l’école publique ?

Faut-il, et comment, développer une culture éthique à l’école publique ? Cette question fait partie de celles qui fâchent. Et pourtant, quand on interroge les citoyens sur l’importance de l‘éthique dans l’éducation, ils sont nombreux à reconnaître qu’il s’agit là d’un problème important. Cette question entre dans le programme d’un grand débat nécessaire sur l’éducation dans ce pays, et particulièrement sur l’éducation scolaire.

Un véritable débat sur l’éthique à l’école peut-il être lancé en France ? Une comparaison doit être faite avec ce qui s’est passé pour l’étude des faits religieux à l’école. Quand au début des années 80 la Ligue de l’enseignement engagea le débat sur cette question, on pouvait également penser que c’était là toucher à un thème tabou. Pourtant, l’opinion publique se montra très vite favorable. Un grand débat eut lieu, si l’on en juge par le nombre des colloques, des conférences, des dossiers, des articles traitant de cette présence d’une étude des religions à l’école. La richesse du débat eut quelque chose d’exceptionnel et contribua à une prise de conscience qui ne fut pas sans effet sur l’évolution de l’école.

Même si l’on estime que la présence de l’étude des faits religieux dans la culture scolaire n’est pas encore ce qu’elle devrait être, c’est un fait que le débat a gagné : l’accord sur sa nécessité est largement acquis. On peut souhaiter la réédition de l’expérience vécue en ce qui concerne les religions pour la culture éthique à l’école. Cependant, l’actualité montre bien que la question est bien de celles qui fâchent. Avant même l’ouverture du débat il ne manque pas de gens pour penser, et le dire, qu’avant de « faire la morale » à l’école il faudrait que les responsables de cette société balaient d’abord devant leur porte. En clair : ce ne sont pas les enfants qu’il faut « moraliser » mais le monde adulte. L’objection est parfaitement justifiée quand elle évoque l’état de la société du point de vue moral. Elle est juste également quand elle suggère que l’état de la société au regard de la morale et des valeurs est susceptible d’avoir les effets les plus désastreux dans le système éducatif.

Mais pour l’essentiel, le refus, a priori, d’examiner la question d’un développement de la culture éthique à l’école repose sur un malentendu et sur une vue restrictive de l’enjeu. Car dans l’esprit de ceux qui plaident pour un grand débat sur cette question, il ne s’agit pas de « faire la morale aux enfants » ou de les inciter à se conformer dans leur vie à une morale particulière. Là remonte à la surface l’image que l’on se fait souvent de ce que fut au début de l’école laïque l’éducation morale à l’école. Du coup c’est le fantasme du « retour » des leçons de morale qui bloque la réflexion. Mais cette image qui résulte d’ailleurs d’une vision très déformée de ce que fut la morale laïque de Jules Ferry ou celle de Ferdinand Buisson, est aux antipodes de l’enjeu d’une culture éthique aujourd’hui.

La culture éthique à l’école devrait avoir pour premier enjeu non pas de conditionner les enfants à un conformisme moral mais de leur donner les moyens de construire, librement, une capacité de réfléchir sur les enjeux moraux dans leur vie personnelle et sociale. Loin de viser à imposer des jugements tout faits il s’agit de développer chez les écoliers et collégiens l’aptitude à choisir de manière raisonnée une option d’ordre éthique. Il importe qu’ils apprennent que leur vraie liberté suppose, pour s’exercer, une culture de la conscience morale, et que celle-ci est nécessaire à leur liberté, dans une société où les conditionnements sont puissants. L’aptitude à l’autonomie morale est la forme accomplie de la liberté. La culture éthique est une arme indispensable du citoyen pour l’exercice de ses responsabilités en démocratie, à l’heure où elles se complexifient du fait par exemple des techno sciences et s’exercent dans des espaces nouveaux, plus étendus et interdépendants.

Cette culture suppose une réflexion sur les critères d’une action moralement légitime. Elle implique une élucidation de la question des valeurs éthiques, et une maîtrise du vocabulaire de base de la réflexion éthique. Elle passe notamment par des échanges, des dialogues, des lectures empruntées à la littérature et à la philosophie morale, par des études des cas, et des débats. Cependant la culture éthique comporte un second volet : dans la mesure où la société laïque doit chercher sa cohésion dans des repères communs et dans la reconnaissance simultanée de la diversité des cultures et de l’unité de la condition humaine, il est indispensable d’inventorier et d’approfondir les valeurs communes, celles dont il importe qu’un maximum de citoyens puissent les partager, pour éviter que la vie sociale se dégrade en cynisme voire en déchaînement de violence. Cet aspect de la culture éthique est déjà présent de manière implicite dans la réflexion sur les droits de l’homme, dans les cursus concernant la citoyenneté. Mais la solidité de la réflexion sur les droits de l’homme serait renforcée si elle s’adossait à une réflexion éthique. Il en va de même de toute l’initiation à la citoyenneté. Notons le, ce second aspect de la culture éthique sera d’autant mieux assumé s’il peut s’appuyer sur une culture éthique personnelle.

L’ampleur de la tâche proposée est telle que dans ce domaine, des initiatives précipitées pourraient compromettre le résultat recherché. C’est un vaste débat citoyen qui serait susceptible de faire apparaître un consensus le plus large. Et celui-ci est indispensable à l’instauration d’une culture éthique à l’école. L’initiative récente du ministre de l’éducation nationale sur « l’instruction » morale, dans les conditions où elle a été lancée, est contre productive, apparaissant comme essentiellement normative. De plus elle se restreint à l’école élémentaire et émerge quand disparaît la formation des enseignants. Or, un effort de formation des enseignants est un préalable à la mise en place d’une culture éthique à l’école.

On peut craindre qu’une telle initiative précipitée, peu compréhensible, ait pour effet de développer le malentendu sur le sens de la culture éthique à l’école. On peut imaginer qu’avant de propulser des initiatives nationales, sans prise en compte des conditions d’application, il faille passer par une phase d’expérimentation. Il reste que cette initiative est une raison de plus d’ouvrir un vaste débat. Car même critiquable, elle est le signe de la perception d’un réel problème. C’est pourquoi l’initiative de la Ligue de l’enseignement et de Confrontations dans le cadre du prochain salon de l’éducation est d’une brûlante actualité. Elle consiste à mener pendant deux jours un travail de réflexion sur une seule question : faut-il et comment développer une culture éthique à l’école publique ? Cette question fait problème, il est d’autant plus urgent d’y réfléchir. C’est de la compétence de tout citoyen d’avoir à se prononcer sur ce sujet.

Eric Favey, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement

Guy Coq, philosophe. Auteur de « La laïcité, principe universel » (Éditions Le Félin)

=> Inscriptions au colloque auprès de Charles Conte : cconte@laligue.org

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Pas question de faire l’impasse sur la philo

Posted by Hervé Moine sur 1 octobre 2011

Qui a dit que les suppression de postes dans l’enseignement n’auraient aucune incidence, il faut et suffit de bien répartir les ressources ! Exemple sur le terrain, à Limoux, on déplore la vacance d’un poste de philosophie un mois après la rentrée, avant les vacances, un exemple qui donne à penser. Ou bien déficit de professeurs ou bien mauvaise gestion ?

Limoux. Parents recherchent professeur de philosophie !

http://www.ladepeche.fr/article/2011/10/01/1181237-parents-recherchent-professeur-de-philosophie.html

Pour les parents d’élèves du Lycée Jacques-Ruffié il n’est absolument pas question de faire l’impasse sur la philo. Quatre classes de terminale n’ont pas de professeur depuis la rentrée. Scandaleux pour les parents d’élèves qui demandent au rectorat de trouver une solution. « Alors même que l’on souhaiterait que la philosophie soit enseignée dès la 2e, au lycée Jacques-Ruffié à Limoux, quatre classes de terminales n’ont pas eu de philosophie depuis la rentrée ! Et malgré les demandes répétées des responsables du lycée, aucune solution n’a été trouvée à ce jour. » s’insurge Manuela Faure du collectif FCPE ET AIPE. Cette situation est inadmissible selon les parents d’élèves qui ont décidé d’interpeller directement le ministre de l’éducation nationale, le recteur de l’académie de Montpellier, le préfet. Ils ont également demandé le soutien des élus locaux et promettent. « Si aucune solution n’est trouvée nous bloquerons le lycée et pétitionnerons ». Les parents d’élèves lancent un appel direct à tout professeur de philo qui souhaiterait enseigner (13 heures). Toute personne intéressée peut prendre directement contact avec le lycée de Limoux.

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Conférence à Toul.Vers une culture et une sagesse de l’imaginaire.

Posted by Hervé Moine sur 30 mars 2011

 

Phaeton de Gustave Moreau

Faut-il éduquer l’imagination ?

Conférence de Florence Grumillier

Samedi 9 avril 2011

Médiathèque de Toul (54)

A notre époque, où, paradoxalement, la créativité est valorisée, mais, où nous ne sommes pas attentifs à une « culture et une sagesse de l’imaginaire », la question mérite d’être posée :

 

Faut-il éduquer l’imagination ?

C’est une question que Florence Grumillier se propose de traiter dans une conférence, illustrée par Sylvie Prévost, qui se tiendra le samedi 9 avril 2011, à 17h15, salle J. Pellerin, à la médiathèque de Toul. Cette conférence est organisée par l’association touloise Phil’Arts. A l’issue de la conférence un débat est possible autour d’une pot de l’amitié.

En outre, l’association Phil’arts propose un spectacle réjouissant et dérangeant à la fois, le printemps 2012, propose d’autres éléments de réponse à la question de l’éducation de l’imagination. Ce spectacle se déroulera le samedi 16 avril 2011 au Théâtre du Moulin, 2 rue des anciens combattants d’AFN à Toul, à 17h15 et à 20h30.

L’entrée libre de la conférence et du spectacle est libre.

Organisation : association PHIL’ARTS

Florence Grumillier

Florence Grumillier est agrégé de philosophie a enseigné en lycée dans les différentes séries des classes terminales et dans les classes préparatoires. Elle aide toujours à la préparation à l’épreuve de culture générale des concours d’entrée aux grandes écoles de commerce.

Nous pourrons nous référer aux réflexions sur l’imagination, notion au programme de Florence Grumillier sur son site philoflo.fr

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Enseignement. Le stock des remplaçants en philo fait défaut. « Nous n’avons pas de candidats ».

Posted by Hervé Moine sur 27 février 2011

E.N. Quel moyens ? mais pour quelle fin ?

Juste un exemple parmi bien d’autres du quotidien de nos établissements scolaires. Il faudra bien un jour que l’on sache vraiment quelle est la finalité de l’éducation. On peut toujours croire que l’éducation doit viser dans l’élève la personne humaine, c’est-à-dire son autonomie, sa liberté, son bonheur, sa responsabilité de citoyen dans la société. Par quel moyen ? En élevant l’élève au niveau du savoir, de la culture… Stop !!! Inutile d’aller plus loin, il ne faut pas rêver, car c’est peine perdu quand l’Etat se veut exclusivement gestionnaire. Crise oblige ! Il faut faire des économies ! Ne peut-on pas faire mieux avec moins de moyens ? Réponse sur le terrain, au coeur du lycée de la Borde Basse où des élèves candidats au baccalauréat risquent de se retrouver au final avec un déficit de 50 heures de philosophie avant leur difficile épreuve, consécutivement à la difficulté de trouver des professeurs remplaçants. La chute de l’article est à méditer: « (…) pour les remplacements, dans certaines matières, maths et philo notamment, le stock nous fait défaut. Nous n’avons pas de candidats ». Est-il possible d’en connaître les raisons ?

Castres. Absence d’un prof de philo : inquiétude et colère

Article publié dans la Dépêche Grand Sud du Tarn, le 27 février 2011 par S.B.

http://www.ladepeche.fr/article/2011/02/27/1023621-Absence-d-un-prof-de-philo-inquietude-et-colere.html

Quatre professeurs par intermittence sur le même poste durant les cinq premiers mois de l’année scolaire et des dizaines d’heures de cours non assurées : l’enseignement de la philo au lycée de la Borde Basse paraît plutôt malmené ! Après avoir tenté « en vain » (dixit) de sensibiliser le proviseur de l’établissement, Martine Fauvel, et pris attache auprès du recteur, les parents d’élèves de la FCPE et les élèves élus au conseil d’administration ont décidé de mettre « la concrétisation de la casse de l’Éducation nationale » sur la place publique. « Depuis le début de l’année, un professeur est en arrêt maladie, explique Évelyne Pérez-Rouchou pour la FCPE. Ses deux remplaçants n’ont effectué que courtes vacations ; le troisième, un jeune qui prépare son Capes, arrive de Blagnac. Il n’arrive pas à assurer ses cours correctement ». « Résultat : pour ma seule classe de terminale ES, il nous manque déjà près de 50 heures de cours » souligne Kevin Blondel, élu au conseil régional jeune pour le lycée. Nous avons six modules à aborder ; à ce jour, nous n’en avons vu que trois ! » « Le niveau de certaines terminales est plutôt bon, ajoute Vincent Durant, responsable départemental Union nationale des lycéens et délégué au CA de la Borde Basse. Nombre d’entre eux vont chercher une mention ; pour cela, pas question de laisser une matière de côté. » « Par ailleurs, nous avons un Bac blanc après les vacances de février, signale Kévin. Notre prof titulaire reviendrait… après ces vacances ! » « Nous sommes vraiment dans la caricature de l’Éducation nationale, lance Martine Moron, parente élue FCPE à la Borde Basse.

La position du rectorat et du proviseur

Pour le rectorat, Paul Montredon, chargé de communication, explique : « L’enseignant titulaire du poste a dû se faire opérer d’une hernie discale ». « Les premiers temps de son absence, dans l’attente de l’arrivée de son remplaçant, ce professeur a essayé de maintenir le lien avec ses élèves, souligne Martine Fauvel, proviseur du lycée de La Borde Basse. Il leur a adressé des cours et des devoirs, qu’il a corrigés. Par la suite, j’ai fait, à mon niveau, ce que je pouvais et devais faire. Les parents se plaignent à juste titre, mais l’établissement n’a pas de moyens propres de remplacements ». « Le professeur titulaire reviendra à la rentrée des vacances d’hiver, confirme le rectorat. Entre-temps, il a effectivement fallu nommer un enseignant remplaçant. Le premier, une dame, a eu une opportunité dans une autre académie. Un autre enseignant du lycée a tenté de prendre le relais au pied levé. Mais, il y a cinq classes de concernées ; en plus des siennes, ça lui faisait un emploi du temps trop lourd. Il y a donc eu un troisième remplaçant qui s’est porté volontaire pour assurer des cours durant les vacances. Le retour du prof titulaire devrait permettre de rééquilibrer la situation. Mais, sachez que, pour les remplacements, dans certaines matières, maths et philo notamment, le stock nous fait défaut. Nous n’avons pas de candidats.»

S.B.

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Kant : L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation ?

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2009

Emmanuel Kant

Emmanuel Kant

« L’homme ne peut devenir homme que par l’éducation. Il n’est que ce que l’éducation fait de lui. Il faut bien remarquer que l’homme n’est éduqué que par des hommes et par des hommes qui ont également été éduqués. C’est pourquoi le manque de discipline et d’instruction (que l’on remarque) chez quelques hommes fait de ceux-ci de mauvais éducateurs pour les éléves. Si seulement un être d’une nature supérieure se chargeait de notre éducation, on verrait alors ce que l’on peut faire de l’homme.

Mais comme l’éducation d’une part ne fait qu’apprendre certaines choses aux hommes et d’autre part ne fait que développer en eux certaines qualités, il est impossible de savoir jusqu’où vont les dispositions naturelles de l’homme. Si du moins avec l’appui des grands de ce monde et réunissant les forces de beaucoup d’hommes on faisait une expérience, cela nous donnerait déjà beaucoup de lumières pour savoir jusqu’où il est possible que l’homme s’avance? »

Kant Traité de pédagogie

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L’homme peut-il vivre sans culture? Extraits de l’Enfant sauvage de Truffaut

Posted by Hervé Moine sur 21 mars 2009

L’homme ne peut vivre pas sans culture.

Pour illustrer le cours : qu’en est-il de la nature humaine ?

Que penser de cette croyance couramment soutenue, croyance en l’existence d’une nature humaine, d’une essence de l’homme indépendante du contexte social ?

On ne peut certes nier que l’homme possède des facultés innées, c’est-à-dire naturelles qui permettent de le définir comme un être pensant, parlant et fabricateur d’outils et de techniques. L’homme est bien Homo Sapiens, Homo Loquax et Homo Faber. Mais, l’homme ne réalise ses facultés, ses aptitudes naturelles que dans une forme d’organisation  donnée, à la différence de l’animal, dont tous les comportements, chez lui, sont inscrit à l’avance dans le programme génétique et sont, de ce fait, héréditaires.

La preuve que l’homme ne peut vivre en dehors du contexte social, condition sans laquelle ses dispositions naturelles ne sont rien, c’est Lucien Malson qui nous la donne dans son ouvrage Les enfants sauvages 10/18. En effet, à travers ses nombreuses études cliniques d’enfants ou d’adolescents ayant vécu tout ou une partie de leur vie sans contact avec leurs congénères humains, il démontre que « le comportement chez l’homme ne doit pas à l’hérédité spécifique ce qu’il lui doit chez l’animal » (p.8).

Par exemple, un chat domestique lâché dans la nature, retrouvera d’instinct comme on dit, les comportements naturels propres à son espèce, par exemple, ses instincts de chasse, de reproduction etc. instincts qu’il n’a d’ailleurs pas totalement perdus dans sa domestication. L’être humain, au contraire, lorsqu’il est privé dès ses premières années de son environnement culturel, sera incapable de survivre, si ce n’est dans certains cas à la faveur de circonstances exceptionnelles,  et restera en deçà même de l’animalité, et ce définitivement, si la société le récupère trop tard.

Lucien Malson, Les enfants sauvages, Mythe et réalité

Lucien Malson, Les enfants sauvages, Mythe et réalité

« C’est une idée désormais conquise que l’homme n’a point de nature mais qu’il a – ou plutôt qu’il est – une histoire. Ce que l’existentialisme affirmait et qui fit scandale, on ne sait pas trop pourquoi, naguère, apparaît comme une vérité qu’on peut voir annoncée en tous les grands courants de pensée contemporaine », (p.7).

« Les enfants privés trop tôt de tout commerce social, – ces enfants qu’on appelle « sauvages » – demeurent démunis dans leur solitude au point d’apparaître comme des bêtes dérisoires, comme de moindres animaux. Au lieu d’un état de nature où l’homo sapiens et l’homo faber rudimentaires se laisseraient apercevoir, il nous est donné d’observer une simple condition aberrante, au niveau de laquelle toute psychologie vire en tératologie. » (p.8)

« Avant la rencontre d’autrui, et du groupe, l’homme n’est rien que des virtualités aussi légères qu’une transparente vapeur. Toute condensation suppose un milieu, c’est-à-dire le monde des autres. » (p.9)

« La vérité que proclame en définitive tout ceci c’est que l’homme, avant l’éducation, n’est qu’une simple éventualité, c’est-à-dire moins, même, qu’une espérance » (p.99).

Extraits de l’Enfant sauvage de Truffaut

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Montesquieu : le lien nécesaire entre démocratie, vertu politique et éducation…

Posted by Hervé Moine sur 15 février 2009

Ce texte de Montesquieu peut nous permettre de réfléchir sur la démocratie.

Charles de Secondat, baron de La Brede et de Montesquieu

Charles de Secondat, baron de La Brède et de Montesquieu

« C’est dans le gouvernement républicain que l’on a besoin de toute la puissance de l’éducation. La crainte des gouvernements despotiques  naît d’elle-même parmi les menaces et les châtiments; l’honneur des monarchies est favorisé par les passions, et les favorise a son tour: mais la vertu  politique est un renoncement à  soi-même, qui est toujours une chose très pénible.

On peut définir cette vertu, l’amour des lois et de la patrie. Cet amour, demandant une préférence continuelle de l’intérêt public au sien propre, donne toutes les vertus particulières ; elles ne sont que cette préférence.

Cet amour est singulièrement affecté aux démocraties. Dans elles seules, le gouvernement est confié a chaque citoyen. Or, le gouvernement est comme toutes les choses du monde : pour le conserver, il faut l’aimer.

On n’a jamais ouï  dire que les rois n’aimassent pas la monarchie, et que les despotes haïssent le despotisme.

Tout dépend donc d’établir dans la république cet amour; et c’est à l’inspirer que l’éducation doit être attentive. Mais, pour que les enfants puissent l’avoir, il y a un moyen sur : c’est que les pères l’aient eux-mêmes.

On est ordinairement le maître de donner à ses enfants ses connaissances; on l’est encore plus de leur donner ses passions.  Si cela n’arrive pas, c’est que ce qui a été fait dans la maison paternelle est détruit par les impressions du dehors.

Ce n’est point le peuple naissent qui dégénère; il ne se perd que lorsque les hommes faits sont déjà corrompus ».

Montesquieu, L’esprit des lois , Tome 1, Livre 4, chapitre 5

Dans ce texte Montesquieu commence par une thèse, celle selon laquelle la démocratie exige nécessairement la vertu politique. La démocratie c’est le « gouvernement républicain » et la vertu politique étant « l’amour des lois et de la patrie ». Il en donne ensuite l’explication. La crainte est le fondement même du despotisme. Par conséquent, la démocratie ne peut s’appuyer sur la crainte. D’autre part, elle ne peut pas non plus se fonder sur l’honneur. L’honneur favorisé par les passions est le fondement de la monarchie. La conclusion qu’en tire Montesquieu est en fait une double conséquence : la vertu politique est nécessaire à la conservation de la démocratie, l’éducation est le moyen par lequel se transmet la vertu politique.

Ce texte est intéressant philosophiquement parlant en ce qu’il nous permet de réfléchir sur le maintien de la démocratie et en articulant celle-ci avec la vertu politique et l’éducation.

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Gérard Barthoux, réflexion sur l’état de l’école en France

Posted by Hervé Moine sur 13 janvier 2009

Prochainement un article concernant le livre de Gérard Barthoux.

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