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L’économie et la morale : Les justifications morales des inégalités économiques sont-elles fondées ?

Posted by Hervé Moine sur 15 juillet 2012

Ruwen Ogien

Les inégalités économiques ont-elles un sens moral ?

« Je ne m’intéresse pas aux causes des inégalités économiques, mais à ses justifications morales. Ce sont ces justifications que je trouve toutes infondées. » Ruwen Ogien

Lire l’excellent article de Ruwen Ogien paru le 13 juillet 2012 sur le site iphilo  à propos de la généralisation de justifications des inégalités économiques par des raisons apparemment morales : à droite, comme à gauche, n’a-t-on pas tendance en effet à sanctionner la paresse et au contraire à vouloir récompenser le mérite ?

Ruwen Ogien part de l’observation à propos de la représentation de la pauvreté en Europe faite par le sociologue Nicolas Duvoux, celle selon laquelle « l’explication par des phénomènes macro-économiques » ont cédé le pas en 20 ans à « l’explication de la pauvreté par la paresse », explication qui serait certainement la cause des attaques contre la fraude sociale, qui touche évidemment les « petits », considérés souvent comme des parasites ou des fainéants.

Et l’auteur L’éthique aujourd’hui de dire que « ce n’est pas la « fraude sociale » (…) infiniment moins importante que l’évasion fiscale des riches, qu’il faudrait combattre en priorité, mais le non recours massif aux aides sociales auxquelles les plus pauvres ont droit. »

Toute la question est de savoir si ces opinions populaires trouvent des justifications plus théoriques, philosophiques.

Pour réfléchir sur cette question nous pourrons lire avec profit l’éditorial de Ruwen Ogien donné sur iphilo, http://iphilo.fr/2012/07/13/…, l’ouvrage de Nicolas Duvoux, Le nouvel âge de la solidarité : Pauvreté, précarité et politiques publiques La république des idées, Paris, Seuil, 2012) ainsi que les deux livres de Jean-Fabien Spitz, Abolir le hasard ? Responsabilité individuelle et justice sociale, Paris, Vrin, 2008) Pourquoi lutter contre les inégalités ? ainsi que L’éthique aujourd’hui : Maximalistes et minimalistes de Ruwen Ogien lui-même.

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Nicolas Duvoux

Le nouvel âge de la solidarité

Pauvreté, précarité et politiques publiques

Collection la République des idées

aux édition du seuil

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur

Les dispositifs de lutte contre la pauvreté sont souvent accusés d’entretenir l’oisiveté des  » privilégiés  » qui en bénéficient. Non seulement il est scandaleux de présenter les plus vulnérables comme des paresseux, mais l’assistance ne saurait être confondue avec l’Etat social. Au contraire, elle résulte de la décomposition de ses protections collectives. Son extension continue marque le passage du système de protections universalistes érigé après-guerre à des politiques ciblées, centrées sur la pauvreté et l’exclusion. Le développement de l’assistance, que la crise amplifie encore, est un choix de société non explicité et non assumé. Il conduit à un délitement progressif de la solidarité, à l’indifférence envers la pauvreté, mais aussi à un double mouvement de responsabilisation de l’individu, d’un côté, et de justification des inégalités, de l’autre. Ce livre vise à conjurer l’engrenage de la stigmatisation des assistés et du recours croissant à l’assistance dans lequel notre pays s’est engagé. Pour éviter que ce cercle vicieux n’aboutisse à un démantèlement délibéré des droits sociaux, il faut repartir des héritages historiques et sociaux de la gauche et chercher les voies d’une articulation nouvelle entre la responsabilité de la collectivité et celle de l’individu.

Qui est Nicolas Duvoux ?

Nicolas Duvoux, maître de conférences en sociologie à l’université Paris Descartes, a récemment publié L’Autonomie des assistés. Sociologie des politiques d’insertion (PUF, 2009). Il est par ailleurs personnalité qualifiée du Comité national d’évaluation du RSA.

Abolir le hasard? Responsabilité individuelle et justice socialeJean-Fabien Spitz

Abolir le hasard ?

Responsabilité individuelle et justice sociale

Chez Vrin

Jean Fabien Spitz, enseignant à l’Université de Paris, spécialiste de philosophie politique, traducteur de nombreux textes de John Locke, a publit chez Bayard un autre ouvrage qui pose un problème qui devrait dans cette même thématique nous intéresser : Pourquoi lutter contre les inégalités ?

Vivons-nous la fin de la justice sociale ? Est-il devenu contre-productif de demander à ceux qui ont accumulé des richesses de payer pour ceux qui n’en ont pas assez pour subsister ? Comment refonder la nécessité de la redistribution des richesses dans un monde où certains ont réussi par leurs seuls efforts et d’autres échoué par leur imprudence ? De quel droit borner le droit de profiter des biens que l’on a eu la chance ou le talent d’accumuler ? En quelques mots, pourquoi faut-il lutter contre les inégalités ?

Pour en savoir davantage sur la philosophie morale de Ruwen Ogien

Ruwen Ogien

L’éthique aujourd’hui

Maximalistes et minimalistes

Gallimard Folio Essais

Pour obtenir l’ouvrage de Ruwen Ogien : L’éthique aujourd’hui : Maximalistes et minimalistes

Imaginez un monde dans lequel vous pourriez être jugé « immoral » pour vos actions non seulement à l’égard des autres, mais aussi de vous-même. Qui aimerait vivre dans un tel monde, où rien de ce qu’on est, pense ou ressent, où aucune de nos activités, fut-elle la plus solitaire, n’échapperait au jugement moral ?

C’est pourtant ce que propose aujourd’hui l’éthique, largement ralliée aux thèses maximalistes d’un Aristote, qui nous recommande tout un art de vivre et pas seulement un code de bonne conduite en société, et de Kant, pour qui nous avons des devoirs moraux à l’égard d’autrui comme de nous-même.

C’est oublier les éthiques alternatives,minimalistes, pour lesquelles le monde moral, moins envahissant, se limite au souci d’éviter de nuire délibérément à autrui.

Toute l’histoire de l’éthique aujourd’hui est l’histoire de l’opposition entre maximalistes et minimalistes. »

Ruwen Ogien, L’éthique aujourd’hui : Maximalistes et minimalistes

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Des mots pour les maux de la société : inégalités, injustices, violences sociales

Posted by Hervé Moine sur 20 mai 2012

Centre de Culture Scientifique, Technique et IndustrielleInégalités et violences sociales :

« Dire l’injustice »

Du 31 mai au 2 juin 2012

Université de Poitiers

En partenariat avec l’espace Mendès-France (Poitiers), L’Observatoire des inégalités et la revueRaison publique et avec le soutien de la Région Poitou-Charentes, du Grand Poitiers, de l’Université de Poitiers, du laboratoire Forell, de l’Équipe d’Accueil MAPP, et de l’Association culturelle de l’UFR Lettres et Langues. L’entrée est libre.

« À quoi reconnaît-on l’injustice d’une société ? Depuis le début des années 1980, un pan important de la recherche contemporaine et une part non moins significative des discours relayés ou construits par la littérature, l’art et les médias ont répondu à cette question essentiellement à travers le prisme de la misère et de l’exclusion. Tout en s’inscrivant dans la continuité de cette préoccupation éthique et politique, ce colloque tentera de penser dans un cadre plus vaste l’injustice sociale et ses représentations. Plutôt que la seule catégorie de l’exclusion, c’est la notion d’inégalité qui nous permettra d’interroger le caractère juste ou injuste de l’ordre social pris dans son ensemble. Plutôt que la figuration de l’opprimé en tant qu’exclu du champ social, ce sont les représentations de l’écart, de la cohabitation, des « misères de position » qui se trouveront au centre de la réflexion. L’ambition sera ici de saisir et de questionner, dans l’écriture et la forme elles-mêmes, telle que celles-ci se déploient en philosophie, en littérature, en art et dans le champ des sciences sociales, la diction de l’inégalité et le répertoire des perceptions, émotions, sentiments, représentations et idéaux à travers lequel elle se constitue comme injustice et comme violence. En proposant une analyse critique des représentations dominantes, des formes artistiques et des discours savants, on réfléchira ainsi autant aux mécanismes à travers lesquels se construisent des figurations communes de l’injustice qu’à la forme non pleinement figurée de la violence sociale (forme partielle, partiale, perverse, opaque, etc.). »

Contacts :

Au programme du colloque

Un colloque sur les inégalités et les injustices ne saurait se concevoir à l’écart du public. Toutes les communications seront donc conçues dans la mesure du possible dans un esprit d’ouverture au public non spécialiste et seront prolongées par un débat sous forme de table ronde.

Jeudi 31 mai 2012

  • 18h30-20h, conférence d’ouverture du colloque, Maison de la Région : Pierre Rosanvallon (Professeur au Collège de France), suivie d’un apéritif dînatoire.

Vendredi 1er juin 2012

  • Matinée, 9h-11h, Espace Mendès-France :

INJUSTICES ET SOUFFRANCES SOCIALES : REPENSER LES INEGALITES

Les représentations traditionnelles des inégalités associaient l’inégalité à la lutte des classes ou limitaient la souffrance sociale à l’expérience des exclus. Comment repenser les inégalités dans un cadre élargi, qui permette d’appréhender l’ensemble des expériences contemporaines de l’injustice ?

Président de séance : Patrick Savidan (Pr. de philosophie, Université de Poitiers)

Intervenants : Anne-Laure Bonvalot (doctorante en Littérature espagnole, Université Montpellier III), Nicolas Duvoux (MCF sociologie, Université Paris Descartes), Louis Maurin (directeur de l’observatoire des inégalités).

11h-12h30 : Représentations théâtrales des inégalités, espace Mendès-France : rencontre avec Didier Bezace (acteur, metteur en scène, directeur du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers) animée par Monique Le Roux (MCF Littératures comparées à l’Université de Poitiers, critique théâtrale à La Quinzaine Littéraire).

  • Après-midi, 14h-16h30, Espace Mendès-France :

DE L’INEGALITE COMME INJUSTICE, CONSTRUCTIONS D’UN IMAGINAIRE COMMUN

Comment se construit l’imaginaire commun des violences sociales d’une époque ? Quels sont les instruments de légitimation qui participent à la reconnaissance d’une inégalité comme injustice, ou qui conduisent inversement à masquer certaines souffrances sociales ? Quels sont les rôles des écrivains, des artistes, des experts ou des témoins ?

Président de séance : Emmanuel Bouju (Pr de Littérature comparée, Université de Rennes II)

Intervenants : Christine Baron (Pr. de Littérature comparée, Université de Poitiers), Jean-Paul Engélibert (Pr. de Littérature comparée, Bordeaux 3), Sylvie Laurent (MCF Littérature américaine Sciences po, Harvard), Ruwen Ogien (philosophe, directeur de recherche CNRS, CERCES).

20h30, Filmer les inégalités, TAP Cinéma : projection du film de Sylvain George, Qu’ils reposent en révolte, suivie d’un débat avec le réalisateur animé par Marie Martin (MCF études cinématographiques, Poitiers).

Samedi 2 juin 2012

  • Matinée, 10h-12h30, Espace Mendès-France

OBSERVER LES INEGALITES

Quoi de commun entre l’expérience de la pauvreté dans un pays développé et dans un pays du tiers-monde ? Quels liens entre inégalités sociales et inégalités sexuelles, raciales, territoriales ? Quels instruments statistiques, rhétoriques ou artistiques pour appréhender l’écart et la similitude des situations de souffrance sociale ?

Président de séance : Cédric Rio (Observatoire des inégalités,  coordonnateur de Inequality Watch)

Intervenants : Vincent Bonnecase (historien, Chargé de recherche CNRS, section 40 Science politique et sociologie des organisations), Coline Cardi (MCF en sociologie, Université Paris 8), Raphaëlle Guidée (MCF en littérature comparée, Université de Poitiers), Wilfried Serisier (Institut français de géopolitique).

  • Après-midi, 14h30-17h, Espace Mendès-France

EPROUVER L’INJUSTICE SOCIALE

Quels sont les idées, les idéaux, les émotions qui peuvent nous conduire à voir dans un écart donné une forme inacceptable d’inégalité ? Comment articuler émotions et action, éthique et politique ?

Présidente de séance : Raphaëlle Guidée (Université de Poitiers)

Intervenants : Solange Chavel (MCF philosophie, Université de Poitiers), Lucie Campos (Docteure en littérature comparée, Paris 8), Inès Cazalas (Docteure en Littérature comparée, ATER à l’Université de Provence), Marie Martin (MCF Etudes cinématographiques, Université de Poitiers).

18h-20h, Vernissage de l’exposition « Photographier les inégalités » au Plan B (30-32, Blvd du Grand Cerf, Poitiers) : apéritif de clôture du colloque et remise des prix du concours photo.

Adresse : Université de Poitiers,15 rue de l’Hôtel Dieu86000 PoitiersEspace Mendès France1 place de la Cathédrale, 86000 POITIERS

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Comment définir les inégalités ?

Posted by Hervé Moine sur 16 mars 2011

Journée de formation

Comprendre les inégalités

le mardi 5 avril 2011

lieu : Foyer des jeunes travailleurs, 16 rue Bernard Palissy – Tours (37), à 200 m de la gare TGV de Tours-centre.

Quel diagnostic porter sur l’état des inégalités et des discriminations en France ? Comment s’articulent les différentes problématiques ? Quelles réponses y apporter ?

Les grands thèmes de la formation :


  • Comment définir les inégalités ? Des inégalités de quoi ? Entre quelles catégories ? Au cours de cette séance, on s’interrogera sur la façon de comprendre les inégalités et sur les instruments pour les mesurer. Intervenant : Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

  • Analyse des mécanismes qui relient les inégalités les unes aux autres, et également se transmettent aux générations suivantes. Intervenant : Pierre Volovitch, économiste, membre du Conseil scientifique de l’Observatoire des inégalités.
  • Quel paysage des inégalités offre la France aujourd’hui ? Il s’agira d’établir un panorama synthétique de la situation actuelle. On montrera en particulier dans quels domaines la situation s’améliore et quels sont ceux où elle se détériore. Intervenant : Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.
  • L’objectif est de présenter et d’interroger les raisons pour lesquelles les inégalités nous sont progressivement apparues comme un problème social, éthique et politique. Intervenant : Patrick Savidan, président de l’Observatoire des inégalités. Philosophe, professeur à l’Université de Poitiers.

Pour le programme et l’inscription voir le site de l’Observatoire des inégalités : http://www.inegalites.fr/spip.php?article920

Chaque participant recevra les numéros disponibles des Dossiers de l’Observatoire : n°1 :« L’Essentiel des inégalités » ; n°2 : « Immigrés et étrangers : entre discriminations et inégalités sociales ».

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Le sexe en politique

Posted by Hervé Moine sur 7 mars 2011

A l’occasion du 10e anniversaire de la loi sur la parité en politique

Les 7 et 8 mars 2011

Colloque « Egalité – Parité, une nouvelle approche de la démocratie ? »

organisé par le Centre d’Études et de Recherches Constitutionnelles et Politiques

Université de Toulouse 1 Capitol

Retour à la page d'accueil CERCP

 

Ce colloque interdiscipinaire est organisé par le Centre d’Etudes et de Recherches Constitutionnelles et Politiques. Pour y participer l’inscription obligatoire et gratuite pour le colloque dans la limite des places disponibles sur le site de l’université de Toulouse 1 Capitol à l’adresse suivante : http://cercp.univ-tlse1.fr

Vous trouverez ici Programe du Colloque_ »égalite – Parité » des 7 et 8 mars 2011 ainsi que toutes les informations.

La question du genre peut-elle renouveler la conception de la démocratie ?

Dans le cadre du dixième anniversaire de la mise en oeuvre de la loi française du 6 juin 2000 tendant à favoriser l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives (élections municipales et cantonales de mars 2001), il apparaît nécessaire de saisir l’opportunité de cette “décennie électorale” afin de discuter des perspectives d’évolution des concepts d’égalité et de parité. La journée internationale de la femme semble être le moment approprié pour une telle manifestation.

Ce colloque est à vocation inter-disciplinaire, il permettra ainsi d’appréhender les concepts d’égalité et de parité dans leur acception globale, en recourant à l’éclairage d’autres champs disciplinaires, tels que la philosophie avec la participation de Sylviane Agacinski, philosophe, la sociologie avec Jacqueline Heinen et la science politique avec Mariette Sineau. En outre, cette manifestation réunira des universitaires spécialistes de la question Gwénaële Calves, Claire Bazy-Malaurie, Haut Conseiller et membre du Conseil constitutionnel et Elisabeth Guigou, députée et ancienne Ministre de la République.

D’autre part ce colloque se veut international. En effet, les réflexions ne se limiteront pas seulement à une analyse du droit français. Bien au contraire, il s’agira d’ouvrir les débats, par des échanges et contributions, aux aspects internationaux et européens. Seront notamment présentes Judith Baroody, Ministre conseiller aux affaires publiques des Etats-Unis et Madame Soukeina Bouraoui, Directeur du Centre internationale pour le droit des femmes arabes (CAWTAR).

On remarquera par ces multiples interventions que dans ce colloque, les femmes sont à l’honneur. Le choix des dates pour l’organisation de cette manifestation ne sont pas du fait du hasard. Le colloque se déroulant sur deux jours, se terminera par la journée de la femme.2 rue du Doyen-Gabriel-Marty

Programe du Colloque_ »égalite – Parité » des 7 et 8 mars 2011

Le cumul des mandats, obstacle à la parité

Article paru dans la Dépêche dans l’édition de Toulouse, le 7 mars 2011

La philosophe Sylviane Agacinski est aujourd’hui à l’université UT 1 Capitole, où s’ouvre le colloque sur « Egalité-Parité, une nouvelle approche de la démocratie ? », thème retenu par le Centre d’Études et de Recherches Constitutionnelles et Politiques à l’occasion du 10e anniversaire de la loi sur la parité en politique. Le colloque se poursuit demain, Journée de la femme.

Comment évaluez-vous le bilan de la mise en place de la parité ?

Le bilan est positif dans le cas des scrutins de liste, aux élections européennes, régionales, ou municipales. Beaucoup de femmes ont ainsi accédé à des responsabilités politiques. C’est beaucoup plus difficile pour les scrutins uninominaux : là, personne ne tient à laisser sa place.

Où sont les freins essentiels ?

Le cumul des mandats est un obstacle majeur au renouvellement. Femmes et jeunes en pâtissent. Qui peut croire qu’on peut être en même temps maire d’une grande ville et ministre des Affaires étrangères ?

Où porter l’effort désormais ?

Sur le point précis de la parité économique. Cela passe par la lutte contre le chômage, contre la discrimination, par la question des nominations aux postes de direction, et bien sûr par celle de l’égalité des salaires.

Sylviane Agacinski, une philosophe engagée

Après des études à l’université de Lyon, où elle a pu suivre les cours de Gilles Deleuze et d’Henri Maldiney, puis à la Sorbonne pour la préparation des concours du CAPES et de l’Agrégation de philosophie, Sylviane Agacinski fut nommée professeur et enseigna successivement au lycée Gérard-de-Nerval à Soissons, et au lycée Carnot de Paris.

Elle participa à la création du Greph, Groupe de recherches sur l’enseignement philosophique, puis à la direction du Collège international de philosophie, aux côtés notamment de Jacques Derrida. En 1991, elle est affectée comme professeur agrégée à l’EHESS, (École des hautes études en sciences sociales), qu’elle quitte en 2010. 

Elle a publié de nombreux articles et une dizaine de livres, dont les derniers sont consacrés à la question des rapports entre les sexes. On comprendra ainsi le choix du Centre d’Etudes et de Recherches Constitutionnelles et Politiques  pour intervenir au colloque toulousain à l’occasion du 10e anniversaire de la parution de la loi sur la parité. Sur ce sujet, la philosophe s’est engagée publiquement dans la presse en prenant position en faveur de la parité et publiant, en 1998, un ouvrage s’intitulant Politique des sexes, mixité et parité, aux éditions du Seuil, dans la collection La Librairie du XXe siècle.

En outre, dans Corps en miettes, et dans la presse, elle développe une longue argumentation contre toute légalisation des mères porteuses, pratique qui implique selon elle une aliénation de la personne et une marchandisation du corps des femmes les plus vulnérables. Elle dénonce en général l’extension du marché du corps, qu’il s’agisse du marché biologique ou du marché du sexe. Aux côtés du Mouvement du Nid, qui « milite pour une société sans prostitution », elle s’oppose à toute règlementation de la prostitution. Sylviane Agacinski est hostile au mariage homosexuel et totalement opposée à l’homoparentalité. Le mariage homosexuel et l’homoparentalité briseraient, selon elle, le « modèle dans lequel s’articulent la génération, la différence des sexes et celle des générations ».

Sylviane Agacinski et la philosophie

Dans un article de PhiloMag , à la question « pour qui philosophez-vous ? » l’auteur du Drame des sexes répondait ceci : « On ne fait jamais de la philosophie seul. On fait toujours de la philosophie à la fois pour soi et avec les autres, c’est-à-dire d’abord avec les philosophes qui ont écrit avant nous, avec ceux qui nous sont contemporains et également avec ceux auxquels on s’adresse. Il n’y a pas de philosophie possible sans dialogue. Je crois pour autant qu’un philosophe ne s’exprime jamais pour un public rassemblé ou une collectivité, qu’il s’agisse d’un peuple, d’une communauté, d’un groupe quelconque. Parler de philosophie, c’est s’adresser à chacun en particulier, en aparté. Pour ma part, je m’intéresse depuis longtemps à la dimension sexuée de l’existence. Cette dimension m’apparaît comme une énigme fondamentale, que j’explore à partir des mythes, de la théologie, de la philosophie mais aussi de la littérature et du théâtre. Je ne dirais pas, cependant, que mes livres s’adressent en priorité à un sexe, aux lecteurs ou aux lectrices, mais plus généralement à quiconque se pose la question de son existence sexuée. Dans une certaine mesure, j’aurais envie de dire, ce qui n’est pas une boutade, que j’écris pour « l’autre sexe » ».

Sa bibliographie

Pour lire les ouvrages de Sylviane Agacinski

  • Aparté, conceptions et morts de Søren Kierkegaard, Aubier, 1978
  • Critique de l’égocentrisme, la question de l’Autre, Galilée, 1994
  • Volume, philosophie et politique de l’architecture, Galilée, 1996
  • Politique des sexes, mixité et parité, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 1998
  • Le Passeur de temps, modernité et nostalgie, Seuil, La Librairie du XXe siècle, 2000
  • Journal interrompu, 25 janvier-25 mai 2002, Seuil, 2002
  • Métaphysique des sexes, masculin féminin aux sources du christianisme, Points-poche, 2007
  • Engagements, Seuil, 2007
  • Le Drame des sexes. Ibsen, Strindberg, Bergman, Seuil, coll. « Librairie du XXIe siècle », 2008
  • Corps en miettes, Flammarion, 2009

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La différence des sexes, une question philosophique ?

Posted by Hervé Moine sur 10 janvier 2011

Geneviève Fraisse

A côté du genre

Sexe et philosophie de l’égalité

aux édition du bord de l’eau

Présentation de l’éditeur

Eros et libido, sexe et genre : Les mots se succèdent depuis un peu plus d’un siècle pour dire la dualité et le rapport entre hommes et femmes. Si on cherche l’objet philosophique, on trouve l’expression « différence des sexes », « Gechlechtdifferenz » sous la plume hegelienne. Quant au genre, ce mot fait le pari de brouiller les pistes des représentations contraintes qui assignent chaque sexe à sa place. Et si, toute terminologie confondue, on s’en tenait à ce que la « différence des sexes » est une catégorie vide ?

Alors, on se situerait « à côté du genre », à côté des affaires de définition et d’identité, pour faire le repérage des lieux où sont pensés les sexes, dans leur tension, leur décalage, leur disparité au regard du contemporain démocratique. Au fond, la démarche est inversée : il ne s’agit pas de dire ce qu’il en est du sexe et du genre, mais de dire ce qui surgit dans la pensée quand égalité et liberté révèlent des enjeux sexués dans la politique et la création, l’économique et le corps, la pensée et l’agir.

Pour se procurer A côté du genre : Sexe et philosophie de l’égalité

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Geneviève Fraisse est philosophe, directrice de recherche au CNRS. Elle a publié récemment Du Consentement (Seuil, 2007), Le Privilège de Simone de Beauvoir (Actes sud, 2008), Service ou servitude. Essai sur les femmes toutes mains (Le Bord de L’eau, 2009), et Les Femmes et leur histoire (Gallimard, Folio histoire, 2010).
Photographie © Christine Chaudagne

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« Comprendre les inégalités » le mardi 17 novembre 2009 à Paris

Posted by Hervé Moine sur 20 septembre 2009

www.inegalites.fr
Pour nous soutenir, faites en don
« Comprendre les inégalités »
Journée de formation de l’Observatoire des inégalités

Quel diagnostic porter sur l’état des inégalités et des discriminations en France ? Comment s’articulent les différentes problématiques ? Quelles réponses y apporter ?

Fort de ses six années d’expérience de recherche dans le domaine des inégalités et des discriminations, le département formation* de l’Observatoire des inégalités propose son module :

« Comprendre les inégalités » le mardi 17 novembre 2009 à Paris

Cette formation, dispensée par les membres de l’Observatoire, s’adresse à tous les acteurs de l’entreprise, des associations ou des collectivités locales qui cherchent à mieux comprendre les transformations du monde contemporain et définir des pistes pour réduire les écarts qui séparent les citoyens.

L’Observatoire des inégalités s’appuie sur un réseau d’experts reconnus dans leurs différents domaines de compétence. La formation reposera sur les éléments quantitatifs et les analyses collectés sur notre site www.inegalites.fr.

Les axes de travail qui seront abordés :
– Les inégalités : un problème social, éthique et politique. Une approche philosophique du débat public.
– Les outils : comment définir les inégalités ? Quels indicateurs utiliser ? Quelles représentations.
– La France inégale : panorama synthétique de la situation actuelle, des discriminations aux inégalités de revenus, en passant par l’école, la santé ou le logement.
– Inégalités et discriminations : où en est-on aujourd’hui en France ? Comment les mesurer ?

Vous trouverez tous les détails de cette formation sur notre site Internet :
-> Voir le programme détaillé
-> Voir les modalités d’inscription

Renseignements et contacts :
Observatoire des inégalités
Département formation
35 rue du Canal
37000 Tours
Tél. : 02 47 44 63 08
info-formation@inegalites.fr

*enregistré sous le n° 24 37 02526 37 auprès du préfet de la région Centre

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La fracture raciale est-elle un état de fait aux Antilles ?

Posted by Hervé Moine sur 12 février 2009

On entend de-ci de-là des propos que je qualifierais de racistes, les blancs ceci les noirs cela. Pour ma part ces propos m’étonnent, car je croyais, trop naïvement certainement, que le racisme était chose ancienne ou l’expression de poches de résistance dans la bêtise humaine hélas universelle. Je suis d’autant plus surpris que les Antilles me donnent à voir l’expression même du métissage [1]. Depuis que je me trouve en Guadeloupe je m’aperçois cependant de la lourdeur d’un passé qui n’est pas vraiment digéré. Il y a certes ceux qui pensent que seul compte l’avenir et qu’il faut savoir tracer un trait sur le passé pour envisager sereinement présent et futur mais il y a aussi ceux qui estiment qu’il faut régler ce qui n’a pas été encore réglé.

Si le racisme existant est résiduel, se fondant sur le passé, on finira par en venir, à bout et parce qu’il faut en venir à bout, le travail de mémoire, la reconnaissance des responsabilités devant faire leur œuvre. Peut-être que je pêche ici par excès d’optimisme. Mais si des injustices demeurent sur des inégalités entre « races »[2] alors c’est que le mal est plus profond.  Peut-on considérer qu’il y a en Guadeloupe particulièrement et aux Antilles de manière générale une fracture raciale.

Fracture raciale est-elle un état de fait aux Antilles ?

© Guillaume Paumier / Wikimedia Commons

© Guillaume Paumier / Wikimedia Commons

Cette question, l’ex-candidate aux présidentielle, députée de Guyane Christiane Taubira répond par l’affirmative. Elle estime, en effet, que le conflit que nous connaissons aujourd’hui aux Antilles fait renaître ce qu’elle appelle la « fracture raciale » et elle dénonce de manière vigoureuse les inégalités dont sont victimes les « descendants d’esclaves ».

« Le conflit est profondément social », dit-elle. La société antillaise est une société dans laquelle règnent des dynasties. En effet, selon elle, « les ligne de démarcation font que les positionnements rappellent qu’en fait il y a des dynasties dans ces société, en Guadeloupe et en Martinique notamment, des dynasties qui restent propriétaires foncières. » Elle poursuit en affirmant que « c’est à partir de certains positionnement que ré-émerge la question, effectivement, de ce qu’on peut appeler la fracture raciale ».

Cette fracture sociale est-ce alors une nouvelle fracture, ou bien alors n’a-t-elle pas été réparé ou mal soudée ? Christiane Taubira, en déplorant « la réalité incontestable et incontournable », considère que « le problème, c’est que la société est restée duale » : Blancs et Noirs chacun de leur côté ; les premiers possédant, les seconds non.

La députée cependant modère ses propos pour éviter toute généralisation abusive qui est gênante intellectuellement et humainement, « gênante également pour l’avenir ». Certains Blancs se battent aux côtés des « descendants d’esclaves ».

Quelles solutions pour remédier à ce qu’elle considère comme état de fait ? Madame Taubira plaide pour « une réforme foncière » en Guadeloupe et en Martinique, déclare que « l’Etat doit prendre acte du fait que l’accès à la propriété foncière est pratiquement impossible pour les personnes qui généalogiquement justement, descendent des esclaves. » Ce fait étant intolérable il faut le dénoncer comme « injustices profondes », comme « inégalités qui se reproduisent, qui frappent toujours les mêmes ».

d’après les propos de Madame Taubira sur i>télé, rapportés par l’Associed Press le 12 février.  Le Nouvel Observateur titrait « Guadeloupe: le conflit social fait renaître la « fracture raciale », selon Christiane Taubira ».

Pour terminer, nous pouvons rappeler que Christiane Taubira a donné son nom à une loi française [3], qui reconnaît comme crimes contre l’humanité la traite négrière transatlantique et l’esclavage qui en a résulté. Cette loi a été votée le 10 mai 2001.

Les propos de Mme Taubira m’interpelle et je m’interroge. Qu’en est-il pour vous ? Qu’est-ce que cet article vous donne à penser ?

Hervé Moine

[1]Métissage comme l’avenir de l’homme, cf. Michel Serre

[2] j’emploie ce mot de manière provisoire, le mot « race » n’ayant selon moi aucun sens chez les humains / si un débat s’instaure, il faudra s’expliquer sur ce point important

[3] cf. Loi taubira ; notons que cette loi a fait l’objet d’un certain nombre de critiques, nous aurons cxertainement l’occasion d’en parler

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