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Posts Tagged ‘histoire des sciences’

Colloque en Lorraine. Pragmatism and the Practical Turn in Philosophy of Science

Posted by Hervé Moine sur 9 septembre 2014

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Pragmatism and the Practical Turn in Philosophy of Science

Session 2014 de l’Académie Internationale de Philosophie des Sciences,

ANR/DFG  Mathematics: Objectivity by Representation

https://sites.google.com/site/mathobre/

11-13 septembre 2014

Abbaye des Prémontrés, Pont-à-Mousson

Programme disponible sur http://poincare.univ-lorraine.fr/fr/manifestations/pragmatism-and-practical-turn-philosophy-science

 

LHSP – Archives Henri-Poincaré UMR 7117 CNRS / Université de Lorraine

Contact: gerhard.heinzmann@univ-lorraine.fr

Avec le soutien de :

  • Groupe franco-québécois de recherche en bio-éthique
  • DLMPS
  • Conseil Régional de Lorraine
  • Institut Elie Cartan de Lorraine
  • UFR SHS, Nancy
  • Université de Lorraine
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Le philosophe chimiste Lavoisier à l’honneur

Posted by Hervé Moine sur 11 novembre 2011

Un dossier multimédia et une soirée consacrée à Lavoisier

Capture écran Sgascience Lavoisier

Le parcours scientifique de Lavoisier retracé dans un dossier multimédia

Le nouveau dossier multimédia CNRS/Sagascience retrace le parcours scientifique de Lavoisier

A l’occasion de l’année internationale de la chimie, la collection multimédia CNRS/sagascience s’enrichit d’un dix-septième dossier consacré à Antoine-Laurent de Lavoisier. Un dossier riche qui permet de mieux connaître la vie et l’œuvre de ce génial scientifique du siècle des Lumières souvent considéré comme le « père de la chimie moderne ». « Lavoisier : le parcours d’un scientifique révolutionnaire au 18ème siècle » est en ligne à l’adresse: http://www.cnrs.fr/lavoisier

De Lavoisier, on connaît surtout le talent de chimiste et la fameuse loi de la conservation de la matière: « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme», énoncée au V° siècle avant J-C par le grec Anaxagore et dont on lui a attribué à tort la paternité. Mais Lavoisier a eu le génie d’en vérifier le principe en contrôlant minutieusement le poids des éléments à l’entrée et à la sortie de chacune des réactions chimiques qu’il analysait, selon un protocole rigoureux, assurant ainsi le passage de l’alchimie à la chimie moderne dont il est le fondateur.

Cependant, Lavoisier ne fut pas seulement chimiste. Une formation très complète en mathématiques, sciences, histoire, littérature et droit l’avait préparé à l’exercice de responsabilités très diverses. Cette animation vous convie à découvrir toutes les multiples facettes de sa personnalité : le chimiste bien sûr, le biologiste, le physiologiste, le géologue, le météorologue, l’agronome, mais aussi l’économiste, le financier, le juriste, l’administrateur, l’industriel. La rigueur de son raisonnement et une énergie hors du commun ont permis à Lavoisier d’exceller dans tous ces domaines.

Malgré ses compétences et son dévouement au bien public, Antoine-Laurent de Lavoisier, grand serviteur de l’état, montera pourtant sur l’échafaud, son passé de fermier général l’ayant rattrapé pendant la tourmente révolutionnaire. « Il ne leur a fallu qu’un moment pour faire tomber cette tête, et cent années, peut-être, ne suffiront pas pour en reproduire une semblable » dira son contemporain Joseph-Louis Lagrange, mathématicien et astronome, au lendemain de son exécution le 8 mai 1794.

Site du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/communique/2341.htm

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17 novembre 2011 à 21h

à Mirepoix

«De l’alchimie à la chimie»

Article paru dans Arège News

Après son exposition phare: «L’image et le son» qui avait lieu Salle Paul Dardier de Mirepoix du 8 au 17 octobre, lors de la Fête de la Science, l’association mirapicienne «Vive la science» propose une soirée riche en rebondissements.

En effet, la prochaine conférence conduira le public à la découverte de l’alchimie jusqu’à Lavoisier…

On s’en souvient, l’alchimie est née avec la découverte des métaux, vers le VIème siècle avant J-C; toutes les grandes civilisations antiques ont pratiqué l’alchimie: Egypte, Grèce, Mésopotamie.

Antoine Laurent de Lavoisier (1743-1794), quant à lui, était chimiste, philosophe et économiste français.

Ainsi que le soulignera Gérard Letraublon, président: «l’Alchimie a toujours alimenté nos fantasmes à partir des symboles qui accompagnent son histoire: pierre philosophale aux pouvoirs infinis, transformation des métaux vils en argent et en or, promesse d’immortalité […]

Née des tréfonds de l’histoire, dans des pays mystérieux, elle apparaît comme à la limite de la magie et de la science et pourtant !

Pourtant, les alchimistes étaient les scientifiques de leur époque, leur raisonnement reposait sur l’observation de la nature, nature qu’ils essayaient de copier.

Plusieurs des leurs ont été reconnus, acceptés ou discutés: Nicolas Flamel, Paracelse, Denis Zachaire, etc. Leur histoire contient toujours une part de vérité pour beaucoup de mystères […]

Au final, leur bilan est positif : même notre quotidien leur doit beaucoup (le bain marie par exemple). Leur savoir fut recadré (en particulier par Lavoisier) et transmis sous une forme plus rationnelle.

Le temps passant, le mot «alchimie» a pris une connotation positive: l’alchimie d’un regard… Mais la chimie, son héritière, si elle a profité de ses acquis, n’a pas su (ou pu) conserver cette image»

Professeur émérite des Universités, membre de l’Académie Nationale de Pharmacie, président honoraire de la Société Française de Chimie, de la Société de Chimie Industrielle et de la Fédération Française pour les sciences de la Chimie, le Professeur Armand Lattes entraînera l’assistance dans cet univers.

«A partir des travaux du dernier des alchimistes et du premier (?) des chimistes, on peut mesurer le chemin parcouru et s’interroger en examinant quelques apports de la chimie moderne : y-a-t-il encore des alchimistes parmi nous ?»

La troupe de théâtre du Char Noir égayera le propos scientifique par trois petites interventions durant la soirée.

En rebondissant sur le thème traité, ils interviendront au tout début, vers le milieu (au moment choisi par le conférencier), puis en fin de conférence, avant le jeu des questions/réponses.

«De l’alchimie à la chimie», le jeudi 17 novembre à 21h, salle du cinéma, Médiathèque de Mirepoix, rue Vidal Lablache

Entrée gratuite pour les moins de 25 ans – adultes 6€

Pour retrouver toutes les actualités de l’association: http://www.vivelascience.fr.

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Herschel. Nouvelle fenêtre d’observation de l’univers et nouveau champs d’investigations sur notre origine

Posted by Hervé Moine sur 7 mars 2011

Atelier Simondon « Individuation et Technique »

Jeudi 15 mars 2011 : « La mécanologie du satellite Herschel »

Par l’astrophysicien Vincent Minier

Après l’intervention de Georges Chapoutier (CNRS) dans le cadre de l’atelier Simondon « Individuation et technique » mardi 15 février dernier qui nous interrogeait sur la question de savoir : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? » (Entre le grand philosophe Emmanuel Kant et les chimpanzés, un fossé infranchissable ?), c’est au tour de Vincent Minier, astrophysicien de son état de nous entretenir et « La mécanologie du satellite Herschel » et de nous faire part de ses travaux, jeudi 15 mars 2011.

La séance aura lieu de 19 à 21h, 45 rue d’Ulm, dans l’Amphithéâtre Rataud.

Voir le site de l’atelier Simondon : http://atelier-simondon.ens.fr/

Vincent Minier, astrophysicien
Vincent Minier, astrophysicien

Vincent Minier, l’importance de diffuser la culture des sciences et des techniques

Docteur en radio-astronomie et ingénieur en micro-électronique de l’Ecole polytechnique Chalmers en 2000 (Suède), Vincent Minier est astrophysicien au Commissariat à l’Energie Atomique Saclay (http://www.cea.fr/).

Après avoir étudié à l’Université de Nantes et à l’Institut d’astrophysique de Paris (UPMC), il devient Coopérant du service national et doctorant en Suède. Il séjourne deux ans à Sydney pour revenir en France en 2003, justement à Saclay, au célèbre Centre pluridiscisplinaire, où il est l’un des 5000 chercheurs.

Auteur de près d’une centaine d’articles et de communications scientifiques, l’expertise de Vincent Minier réside dans le domaine de la formation des étoiles, en particulier dans les signatures et la compréhension des mécanismes à l’oeuvre dans les phases de gestation des étoiles massives. Ses travaux actuels en astrophysique portent sur la formation des étoiles dans les nuages moléculaires géants, en particulier dans le cadre des programmes d’observation du télescope spatial Herschel en astronomie infrarouge. La recherche du meilleur site terrestre pour l’astronomie submillimétrique et le potentiel de l’Antarctique comme un site d’accueil d’un observatoire sont également ses champs d’investigation.

Enfin il mène des travaux de recherche en histoire et philosophie des sciences sur les grands instruments de l’astrophysique et sur leur contribution à la production de discours prometteurs sur origines de l’homme, de la planète, de l’univers.

En outre, Vincent Minier a un goût affirmé pour la diffusion de la culture scientifique et technique sur le Web : il est rédacteur en chef et concepteur du site Web dédié au télescope spatial Herschel, et intervient souvent à travers des conférences publiques. Pour s’en convaincre on consultera les liens de sites et média suivant dont notre chercheur est créateur ou rédacteur :

Télescope Herschel Credits: ESA 2002/Medialab

Télescope Herschel Credits: ESA 2002/Medialab

 

La technique n’est-elle qu’une application de la science ?

La technique ne peut-elle pas contribuer à l’investigation et l’élaboration de la science. Le cas du télescope Herschel.

Une science à l’âge de ses instruments d’observation et de mesure affirmait le philosophie épistémologue Gaston Bachelard. Les innovations technologiques peuvent en effet ouvrir sur d’autres mondes, changer l’échelle d’observation et aboutir à des crises scientifiques très fructueuses. De la lunette Galilée au télescope spatial Herschel que de chemins parcourus en astrophysique ! Herschel qui possède le plus grand miroir construit à ce jour pour l’astronomie spatiale est un télescope spatial Herschel doit son nom au physicien William Herschel (1738-1822), le savant à qui l’on doit la découverte de  l’infrarouge en 1800. Herschel, le plus grand télescope spatial pour l’astronomie dans l’infrarouge et le submillimétrique, a été lancé par Ariane, le 14 mai 2009. Un mois pile après son lancement, situé à plus d’un million de kilomètres de la Terre, il a porté son premier regard sur la galaxie Messier 51. Dès lors, ce télescope spatiale a ouvert une nouvelle fenêtre d’observation sur l’univers.

Désormais, il s’attaque aux mystères de la naissance des étoiles et de l’évolution de la vie des galaxies. Comment les galaxies se forment-elles et évoluent-elle dans la jeunesse de l’Univers ? Comment les étoiles se forment-elles et évoluent-elle en relation avec le milieu interstellaire des galaxies ? Herschel étudie également la chimie du milieu interstellaire des galaxies, des comètes et du système solaire. Comment la matière des galaxies est-elle recyclée ? Herschel observe cette interaction entre atomes, molécules et poussières à différentes échelles dans les galaxies proches, et dans le milieu interstellaire et à proximité des étoiles de notre galaxie. Quelle est l’origine des molécules essentielles à la vie telles que les acides aminés observés dans les météorites du Système Solaire ? Grâce à Herschel, il est possible d’étudier les signatures de nombreuses espèces chimiques, et ainsi déterminer la composition de l’environnement d’embryons stellaires à différents stades d’évolution, ce qui permettra de mieux comprendre l’évolution chimiques des régions de formation stellaire, en particulier celles de type solaire.

Pour en savoir davantage, il est possible d’écouter l’intervention de Vincent Minier, le 15 mars prochain ou bien de consulter le site de la Mission Herschel : http://www.herschel.fr/index.php

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Platon et la tradition médicale

Posted by Hervé Moine sur 8 mars 2010

Séminaire de la Société d’Études Platoniciennes (etudesplatoniciennes.eu)

Platon et ses prédécesseurs

« Platon et la tradition médicale »

Vendredi 12 mars, 14h-18h

Université Paris Ouest – Nanterre-La Défense

salle des conférences bâtiment K

Intervenants

  • Giuseppe CAMBIANO (Scuola Normale Superiore di Pisa) « Empeiria et techne chez Platon et les médecins de la Collection hippocratique »
  • Luc BRISSON (CNRS – UPR 76 – Centre Jean Pépin) « Les passages médicaux dans le Timée : est-il possible de déterminer leurs sources ? »

Renseignements :

Université Paris Ouest Nanterre-La Défense, EA373, Institut de Recherches Philosophiques (IREPH-DIPSA)
Université de Franche-Comté, EA 2274, Laboratoire de Recherches philosophiques sur les Logiques de l’Agir
CNRS – UPR76, Centre Jean Pépin

La Société d’Études Platoniciennes

La Société d’Études Platoniciennes, fondée en 2001 par Luc Brisson, Francesco Fronterotta et Jean-François Pradeau, s’efforce de promouvoir les études platoniciennes de différentes façons. Elle a créé une publication annuelle, les Études platoniciennes, qui paraît à Paris aux éditions des Belles Lettres et rassemble dans chacun de ses numéros des études en cinq langues consacrées à l’œuvre de Platon et à l’ensemble de la tradition platonicienne.

Dans cette revue, les membres de la Société d’Études Platoniciennes rédigent chaque année un « Bulletin Platonicien » international, composé de comptes rendus qui tentent de couvrir au mieux les publications récemment consacrées au platonisme, en France comme à l’étranger. Chaque numéro des Études Platoniciennes comporte en outre une « Bibliographie Platonicienne », qui pour sa part s’attache à donner la liste presque exhaustive de toutes les publications platoniciennes.

La Société d’Études Platoniciennes organise une « Journée d’Études Platoniciennes », qu’elle consacre le plus souvent à la présentation d’un ouvrage marquant, en compagnie de son auteur.

Enfin, la Société s’attache à promouvoir les colloques et séminaires consacrés à la tradition platonicienne, et c’est à ce titre qu’elle promeut l’organisation d’un « Séminaire de la Société d’Etudes Platoniciennes« , mis en oeuvre par le CNRS, l’Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense et l’Université de Franche-Comté, avec la collaboration, pour l’année 2009-2010, de l’Université Paris-I.

Programme 2009-2010 du séminaire de la Société des études platoniciennes : http://etudesplatoniciennes.eu/pdf/seminaire2009_2010.pdf

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Qu’est-ce qu’une courbe ?

Posted by Hervé Moine sur 14 février 2010

Vendredi 19 février 2010

Journée Nancy-Wuppertal

d’histoire des mathématiques

Qu’est-ce qu’une courbe ?

Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine

Salle internationale

Au programme de cette journée

10h 30 – 12h

René Guitart, Paris 7 – Centre Viete : La coordination curviligne de Lamé à Darboux

La coordination est une double question : générale d’abord, quand elle est liée à l’approche a priori de tout problème physique, de tous les corps, des formes quelconques dans l’espace et de la forme de l’espace lui-même ; et particulière ensuite, quand il faut déterminer quelles sont les coordinations analytiquement les plus simples suffisantes pour la résolution des problèmes physiques qui se présentent réellement.

Le premier aspect conduit à l’idée générale de variété, et sera par là utile à la mise en place notamment de la relativité générale, et le second aspect pointe sur les fonctions elliptiques et les équations fuchsiennes, par où s’exprimeront les équations précises de toutes les questions physiques classiques.

Dans cette conférence on va se limiter à pointer les origines historiques de cette double problématique au seul plan mathématique.

On va donc précisément articuler ce qui se passe à partir de l’invention des coordonnées curvilignes /générales/ par Lamé, et de l’invention des coordonnées curvilignes/ particulières/ cruciales que sont les coordonnées elliptiques, par le même Lamé, et du rapport qu’il expose entre celles-ci et les fonctions et courbes elliptiques. Puis on verra comment Darboux reprend la question générale dans l’ensemble de sa théorie des surfaces, et la question particulière autour des ovales cartésiennes, des cyclides et des courbes cycliques, et partant invente les coordonnées pentasphériques qui, si l’on peut dire, linéarise le circulaire, de sorte que la théorie des cyclides s’y métamorphose en théorie des quadriques. Avec ces outils, à savoir les coordonnées curvilignes générales et particulières adéquates dans l’espace, l’étude des problèmes physiques relève alors (et c’est encore une idée qui, dans sa forme générale systématique est due à Lamé) d’une analyse spectrale, de la détermination de fonctions propres d’un problème, et la résolution consiste en une décomposition (on pourrait dire encore une coordination du second ordre) des solutions dans la base des fonctions propres.

14h 15 – 15h 45

Evelyne Barbin, Nantes – Centre Viete, Interactions critiques entre courbes et fonctions de Leibniz à Jordan

L’instauration d’un concept de courbe au XVII^e siècle passe par la délimitation d’un univers d’objets nommés courbes et d’un procédé d’identification des différents objets dans cet univers. Dans les deux siècles suivants, les questions de délimitation, d’identification et de classement des courbes sont étroitement liées à l’introduction de la notion de fonction et à ses transformations, aux propriétés des fonctions et à leurs mises en relation. Nous examinerons de ce point de vue des interactions où, à différents moments historiques et chez certains mathématiciens, sont opposées, d’une part, une représentation géométrique de l’objet que l’on considère comme une courbe, et, d’autre part, une écriture symbolique qui a pour « fonction » de délimiter l’univers des courbes en identifiant et en classant ce même objet en tant que courbe.

16h – 17h 30

Jean Delcourt, Cergy-Pontoise, Qu’est ce qu’une courbe gauche au 18ème siècle ?

On sait que l’étude générale des courbe gauches a été initiée au dix-huitième siècle par Alexis- Claude Clairaut dans son traité sur les courbes à double courbure. Outre l’adaptation à l’espace des notions planes (tangente, courbure et cercle osculateur), des problèmes spécifiques à ces courbes se dégagent rapidement :

  • Comment reconnaître qu’une courbe de l’espace est une courbe plane (étudié par Clairaut,Tinseau, D’Alembert, Monge…) ?
  • Comment définir une seconde courbure, qui, avec la première, caractériserait une courbe de l’espace (Monge, Lacroix, Fourier, Lancret) ?
  • Comment généraliser la notion de développée, sachant que ce n’est plus l’ensemble des centres de courbure (Monge) ?

Nous allons nous intéresser à un autre aspect, celui du rapport entre les courbes de l’espace et les équations différentielles. Sachant qu’une équation aux dérivées partielles représente des surfaces, Monge affirme, dans un article aussi long que son titre : /Supplément où l’on fait voir que les équations au différences ordinaires, pour lesquelles les conditions d’intégrabilité ne sont pas satisfaites, sont susceptibles d’une véritable intégration, & que c’est de cette intégration que dépend celle des équations aux différences partielles élevées, que ce sont certaines équations différentielles ordinaires qui représentent les courbes de l’espace/.

Après avoir rappelé le cas des équations linéaires, cas traité par Clairaut et Euler, nous examinerons en détail l’article de Monge et ses prolongements dans certains textes de Lacroix.

La journée Nancy-Wuppertal d’Histoire des mathématiques est organisée par les Archives Poincaré et supportée par la Région Lorraine, les universités de Nancy et Wuppertal, la MSH Lorraine et l’ANR.

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La naissance de la pensée scientifique

Posted by Hervé Moine sur 30 octobre 2009

Aux origines de la pensée scientifique

Article paru sur Non Fiction jeudi 29 octobre 2009

Couverture ouvrage
ANAXIMANDRE DE MILET OU LA NAISSANCE DE LA PENSÉE SCIENTIFIQUE
Carlo Rovelli
Éditeur : Dunod
192 pages /
Résumé : Une étude riche et documentée qui porte un regard historique, scientifique et philosophique, sur l’héritage d’Anaximandre de Milet, qui posa il y a de cela vingt-six siècles les pierres d’angle de la pensée scientifique.

On a coutume d’identifier la naissance de la pensée et la de méthodologie scientifique aux travaux de Newton, de Galilée ou encore aux idées, bien plus anciennes, de Platon et Pythagore. Cependant, on mentionne peu souvent l’héritage colossal du grec Anaximandre, qui vécut au VIe siècle avant notre ère dans la cité grecque ionienne de Milet, et fut littéralement l’initiateur du processus de refonte et de repensée de notre perception du monde. Par sa volonté de repenser systématiquement les récits cosmogoniques dans une perspective rationnelle et naturaliste, Anaximandre donna naissance à l’investigation de la nature et ouvrit la voie à la physique, la géographie et la biologie.

Carlo Rovelli est l’auteur rêvé pour nous guider le long des lignes historiques qui racontent et analysent la science ainsi que la philosophie d’Anaximandre de Milet. Physicien théoricien et philosophe des sciences, Carlo Rovelli est professeur à l’université de la Méditerranée à Marseille, membre de l’institut universitaire de France, et professeur associé du département d’histoire et de philosophie des sciences de l’Université de Pittsburgh. Il est l’un des pères fondateurs de la gravité quantique à boucles, une théorie visant à fournir une description conjointe des deux grandes théories du vingtième siècle que sont la relativité générale d’Einstein et la mécanique quantique. De fait, il est un habitué des questions portant sur la nature de l’espace et du temps, et nous propose ici une lecture scientifique très éclairée et richement détaillée de la démarche d’Anaximandre ainsi que des bouleversements dont elle est à l’origine.

La pensée du philosophe grec se structure et s’articule autour de la refonte des concepts qui peuplent à l’époque l’imaginaire collectif et nourrissent les croyances de la Grèce archaïque. Avant Anaximandre, les textes et cosmologies décrivent un monde structuré et façonné par la volonté et l’intervention des dieux, perceptible uniquement à la lumière des croyances religieuses. La révolution introduite par celui qui fut l’élève de Thalès consiste en une explication systématique des phénomènes de la nature par des arguments physiques ne faisant aucunes références à la divinité. Le monde devient ainsi  intelligible dans un cadre rationnel où l’on s’efforce de relier les conséquences à des causes naturelles. Cela constitue une scission radicale par rapport à la lecture religieuse du monde ; c’est pour ainsi dire la naissance de la recherche scientifique. Simplicius 1 cite la parole suivante d’Anaximandre :

« Toutes choses ont racines l’une dans l’autre
et périssent l’une dans l’autre,
selon la nécessité.
Elles se rendent justice l’une dans l’autre,
et se récompensent pour l’injustice,
conformément à l’ordre du temps. »

Afin d’étudier la pensée d’Anaximandre et d’évaluer l’influence de ses idées en s’efforçant de comprendre le cadre historique et la conjecture socio-religieuse du monde méditerranéen de l’époque, Carlo Rovelli ne manque pas de ponctuer son livre de nombreuses indications historiques et de dresser un portrait de l’environnement dans lequel le penseur a évolué. C’est en l’an 610 avant J.-C. que Milet voit la naissance d’Anaximandre. Athènes en a fini avec le règne de Dracon et l’Aréopage vient d’élire Solon pour établir la première constitution démocratique. Babylone quant à elle sort de la domination assyrienne et atteint son apogée, redevenant ainsi la plus grande ville du monde. Le monde grec se caractérise par la présence d’une multitude de cités indépendantes, ce qui est à l’origine d’une grande diversité culturelle et d’un dynamisme tout particulier. Milet est alors une cité portuaire ionienne très importante, lieu de nombreux échanges commerciaux et culturels, et se situe au carrefour entre les routes venant d’Egypte et du Moyen Orient. Il est très intéressant de voir l’influence qu’a eu le contexte politique et social de la Grèce d’Anaximandre sur les origines et l’évolution des idées scientifiques et méthodologiques de l’école de Milet. En particulier, il est fabuleux de constater l’apparition non seulement de l’idée que le monde puisse évoluer dans le temps selon des lois naturelles, mais également de l’intuition que ces lois peuvent être comprises en repensant notre vision du monde, en acceptant que celui-ci puisse être différent des conceptions jusqu’alors admises. Il s’agit là d’une démocratisation radicale de la science. Alors que l’histoire de l’écriture connaît des tournants majeurs, les échanges et mélanges culturels sont de plus en plus intenses, et la critique s’associe au dialogue pour donner l’accès à une nouvelle forme de pensée. Ainsi s’ouvre la voie vers la science moderne.

Anaximandre est à l’origine de changements de paradigmes tout à fait exceptionnels. Tout particulièrement, il est le premier à comprendre que la Terre n’est pas un disque de dimension infinie mais qu’il s’agit d’un corps de taille finie qui flotte dans l’espace. La structure de cette découverte est tout à fait singulière pour l’époque, elle se fonde sur la remise en question des croyances pré-établies. Il s’agit d’une véritable refonte de la vision du monde, qui est méthodologiquement appuyée par l’observation et la déduction scientifique. Si la Terre ne tombe pas, c’est parce qu’elle n’a pas de direction privilégiée vers laquelle tomber. La cosmologie d’Anaximandre est réfléchie, et propose une alternative structurée et tout à fait cohérente aux modèles antérieurs. Carlo Rovelli analyse en détail le cheminement de pensée qui amène le philosophe grec à cette idée, en mettant un relief tout particulier sur les bouleversements conceptuels et intellectuels qui accompagnent son introduction. Il présente également les autres contribution d’Anaximandre, qui concernent des domaines aussi variés que la météorologie, la géographie et la biologie. Selon lui, les phénomènes climatiques ne sont plus le fait de la volonté des dieux, mais une manifestation d’effets physiques naturels tels que l’évaporation de l’eau ou l’influence de la chaleur du soleil. Anaximandre est également à l’origine de la première carte géographique du monde, et de l’idée tout à fait visionnaire que tous les animaux vivaient au départ dans la mer et que les hommes ne peuvent pas être apparus sous leur forme actuelle.

Nous l’avons bien compris, la méthodologie d’Anaximandre est toute nouvelle et contient les éléments clés de la pensée scientifique moderne. A l’instar de Copernic, il redessine en profondeur la vision du monde jusqu’alors admise. L’observation s’associe à la raison pour franchir un pas conceptuel important et se libérer d’une vision erronée. C’est la même démarche qui plus tard sera reprise par Galilée, Newton, ou encore Einstein, pour modifier, affiner et rendre plus rigoureuse notre compréhension de la nature. Il s’agit d’une filiation méthodologique remarquable, qui trouve ses origine dans les travaux et dans les idées géniales d’Anaximandre de Milet.

Les derniers chapitres du livre abordent à la lumière de cette analyse de nombreuses idées et questions liées à la nature de la pensée scientifique. Elle est incontestablement née du désir de comprendre la nature et d' »explorer les formes de pensée du monde »2, et a connu vingt-six siècles d’évolution. Plus que jamais, il faut aujourd’hui nous interroger sur les fondements de la pensée scientifique, à l’heure ou elle fait l’objet d’un anti-scientisme parfois acharné et primaire, d’une véritable technocratisation qui nous en fait oublier le sens profond et nous éloigne de la légitimité de sa démarche. Il est indispensable de comprendre que la science ne se réduit pas uniquement à un ensemble de prédictions quantitatives, mais qu’elle offre une démarche pour construire une vision du monde, un cadre conceptuel dans lequel il nous est possible de penser le monde et le rendre intelligible. Anaximandre est en ce sens l’un de nos contemporains, il faut nous imprégner de sa pensée et des questions avec lesquelles il interrogeait le monde afin de poursuivre sur le chemin qu’il a ouvert il y a de cela vingt-six siècles, le chemin de la Science.

Références :
Qu’est-ce que le temps ? Qu’est-ce que l’espace ?, Carlo Rovelli. Bernard Gilson éditeur.
Galilée et les Indiens : Allons-nous liquider la science ?, Etienne Klein. Flammarion.
Itinéraire de l’égarement : Du rôle de la science dans l’absurdité contemporaine, Olivier Rey. Seuil.

rédacteur : Marc GEILER, Critique à nonfiction.fr
Illustration : bazylek100/flickr.com

Notes :
1 – p.37 Commentaire sur la Physique d’Aristote, XXIV, 13.
2 – p. 111

Titre du livre : ANAXIMANDRE DE MILET OU LA NAISSANCE DE LA PENSÉE SCIENTIFIQUE
Auteur : Carlo Rovelli
Éditeur : Dunod
Collection : UniversSciences
Date de publication : 17/06/09
N° ISBN : 2100529390

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