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Journées d’étude. « Tolérance, liberté de conscience, laïcité : Quelle place pour l’athéisme ? »

Posted by Hervé Moine sur 13 janvier 2015

tolérance et athéismeJournées d’étude « Tolérance, liberté de conscience, laïcité Quelle place pour l’athéisme ? » du 21 au 23 janvier 2015, Université de Paris 8 Salle D002 et G-2 2 rue de la liberté à Saint-Denis

Organisées par l’Université Paris 8 et le Laboratoire sur les logiques contemporaines de la philosophie, l’Institut d’histoire de la pensée classique (UMR 5037) et l’Université de Lyon (Labex COMOD – Constitution de la modernité).

Elles auront lieu les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2015 à l’Université Paris 8.

Ces journées d’étude porteront sur la manière dont les philosophies du XVIIe, du XVIIIe et du XIXe siècles envisagent l’idée d’un fondement théologique de l’Etat et la coexistence des différentes croyances en son sein. Elles se centreront sur la question de l’athéisme et sur la manière dont sa place est envisagée dans les différents régimes politiques de cohabitation des options spirituelles et philosophiques. Elles envisageront notamment les différentes hypothèses ouvertes par les concepts de tolérance, de liberté de conscience et de laïcité.

Mercredi 21 janvier 2015 

Ouverture : Louise Ferté, Lucie Rey, Patrice Vermeren

  • Nicole Gengoux, CERPHI : L’athéisme au 17e siècle : une aporie morale ou politique ? La naissance douloureuse de l’idée de tolérance dans le Theophrastus redivivus
  • Antony McKenna, UMR 5037, Université Jean Monnet Saint-Étienne : Rationalisme, tolérance et liberté de penser chez Bayle
  • Jacques-Louis Lantoine, CERPHI : Tolérer pour tenir en respect ? La défense de la liberté de philosopher chez Spinoza

Jeudi 22 janvier 2015 

  • Julie Saada, Université d’Artois : Politique de l’immanence ? Les ambivalences du sujet chez Hobbes
  • Alain Sandrier, CSLF, Université Paris Ouest Nanterre : Tolérer (par) l’athéisme : les leçons de d’Holbach
  • Bertrand Ogilvie, LLCP, Université Paris 8 : L’athéisme est-il une position politique ?
  • Fabienne Brugere, LLCP, Université Paris 8 : Le spectre de  l’athéisme dans les Lumières radicales. Le monde peut-il être encore harmonieux ?
  • Francine Markovits, Université Paris 10 : Figures de l’athéisme
  • Sophie Wahnich, CNRS : Quelle place pour l’athéisme après le décret du 18 floréal an II sur l’être suprême ?
  • Frédéric Brahami, Logique de l’agir, Université de Besançon : Comte, une religion sans Dieu ?

Vendredi 23 janvier 2015 

  • Lucie Rey, Labex COMOD, Université de Lyon : Le 19e siècle lecteur du 18e : Le socialisme de P. Leroux contre l’athéisme moral ?
  • Georges Navet, LLCP, Université Paris 8 : L’antithéisme de P.J. Proudhon
  • Louise Ferté, UMR 5037, Université Jean Monnet Saint-Etienne : La critique de la société d’athées chez Edgar Quinet
  • Jacqueline Lalouette, IRHIS, Université Lille 3 : Sur la laïcité républicaine – Ferry-Bert-Buisson-Bourneville-Combes-Jaurès
  • Juliette Grange, LIRE, Université Rabelais de Tours : Organiser l’humanité sans dieu et sans roi ?
Clôture des journées : Patrice Vermeren, LLCP, Université Paris 8 : Qu’est-ce qu’un miracle ?

Comité d’organisation

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Vers une culture éthique à l’école publique

Posted by Hervé Moine sur 9 novembre 2011

Colloque Ethique à l’Ecole publique

25 et 26 novembre 2011

Au Salon de l’Education

Porte de Versailles. Paris. Pavillon 7 niveau 3 Salle Véga.

Pourquoi et comment faut-il développer une culture éthique à l’école publique ?

 

Vendredi 25 novembre 2011 

  • Valeurs républicaines en questions, avec Jean Paul Delahaye, inspecteur général de l’éducation nationale. auteur de « L’autonomie de l’établissement public local d’enseignement » ; Pierre Ognier, docteur en sciences de l’éducation, auteur de « Une école sans Dieu ? L’invention d’une morale laïque sous la III° République» et Jean Baubérot, professeur émérite d’histoire et sociologie de la laïcité, auteur de « Laïcités et sociétés » (avec Micheline Milot).
  • Acteurs de l’éducation face aux questions éthiques, avec Philippe Joutard, Historien, professeur à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), auteur de « Réussir l’école », avec Claude Thélot ; Pierre Funk, conseiller principal d’éducation dans un collège parisien ; Marie-Noëlle Mercier, inspectrice de l’Education nationale, auteure de « Cent idées pour former la conscience morale » et Nicolas Renard, proviseur vie scolaire, ex principal d’un collège ambition-réussite.

Samedi 26 novembre 2011

  • Comment accorder une culture éthique commune avec les diversités ? avec Martine Pretceille, professeure des universités, auteure de nombreux ouvrages dont « L’éducation interculturelle » ; Hugues Derycke, ex secrétaire général adjoint de l’enseignement catholique, coordinateur du livre « Pour l’éducation et pour l’école » ; Nicole Mosconi, professeure émérite en sciences de l’éducation à l’Université de Paris Ouest La Défense, spécialiste des rapports sociaux de sexe et de la mixité, auteure de « Femmes et savoir, La société, l’école et la division sexuelle des savoirs ».
  • Le refus de l’éthique dans l’enseignement : comment en sortir ? avec Marcel Gauchet, philosophe, historien, directeur d’études à l’Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales ; Marie-Claude Blais, professeure à l’université de Rouen, auteure de « La solidarité : Histoire d’une idée »

 

Présentation du Colloque

Pour une culture éthique à l’école publique ?

Faut-il, et comment, développer une culture éthique à l’école publique ? Cette question fait partie de celles qui fâchent. Et pourtant, quand on interroge les citoyens sur l’importance de l‘éthique dans l’éducation, ils sont nombreux à reconnaître qu’il s’agit là d’un problème important. Cette question entre dans le programme d’un grand débat nécessaire sur l’éducation dans ce pays, et particulièrement sur l’éducation scolaire.

Un véritable débat sur l’éthique à l’école peut-il être lancé en France ? Une comparaison doit être faite avec ce qui s’est passé pour l’étude des faits religieux à l’école. Quand au début des années 80 la Ligue de l’enseignement engagea le débat sur cette question, on pouvait également penser que c’était là toucher à un thème tabou. Pourtant, l’opinion publique se montra très vite favorable. Un grand débat eut lieu, si l’on en juge par le nombre des colloques, des conférences, des dossiers, des articles traitant de cette présence d’une étude des religions à l’école. La richesse du débat eut quelque chose d’exceptionnel et contribua à une prise de conscience qui ne fut pas sans effet sur l’évolution de l’école.

Même si l’on estime que la présence de l’étude des faits religieux dans la culture scolaire n’est pas encore ce qu’elle devrait être, c’est un fait que le débat a gagné : l’accord sur sa nécessité est largement acquis. On peut souhaiter la réédition de l’expérience vécue en ce qui concerne les religions pour la culture éthique à l’école. Cependant, l’actualité montre bien que la question est bien de celles qui fâchent. Avant même l’ouverture du débat il ne manque pas de gens pour penser, et le dire, qu’avant de « faire la morale » à l’école il faudrait que les responsables de cette société balaient d’abord devant leur porte. En clair : ce ne sont pas les enfants qu’il faut « moraliser » mais le monde adulte. L’objection est parfaitement justifiée quand elle évoque l’état de la société du point de vue moral. Elle est juste également quand elle suggère que l’état de la société au regard de la morale et des valeurs est susceptible d’avoir les effets les plus désastreux dans le système éducatif.

Mais pour l’essentiel, le refus, a priori, d’examiner la question d’un développement de la culture éthique à l’école repose sur un malentendu et sur une vue restrictive de l’enjeu. Car dans l’esprit de ceux qui plaident pour un grand débat sur cette question, il ne s’agit pas de « faire la morale aux enfants » ou de les inciter à se conformer dans leur vie à une morale particulière. Là remonte à la surface l’image que l’on se fait souvent de ce que fut au début de l’école laïque l’éducation morale à l’école. Du coup c’est le fantasme du « retour » des leçons de morale qui bloque la réflexion. Mais cette image qui résulte d’ailleurs d’une vision très déformée de ce que fut la morale laïque de Jules Ferry ou celle de Ferdinand Buisson, est aux antipodes de l’enjeu d’une culture éthique aujourd’hui.

La culture éthique à l’école devrait avoir pour premier enjeu non pas de conditionner les enfants à un conformisme moral mais de leur donner les moyens de construire, librement, une capacité de réfléchir sur les enjeux moraux dans leur vie personnelle et sociale. Loin de viser à imposer des jugements tout faits il s’agit de développer chez les écoliers et collégiens l’aptitude à choisir de manière raisonnée une option d’ordre éthique. Il importe qu’ils apprennent que leur vraie liberté suppose, pour s’exercer, une culture de la conscience morale, et que celle-ci est nécessaire à leur liberté, dans une société où les conditionnements sont puissants. L’aptitude à l’autonomie morale est la forme accomplie de la liberté. La culture éthique est une arme indispensable du citoyen pour l’exercice de ses responsabilités en démocratie, à l’heure où elles se complexifient du fait par exemple des techno sciences et s’exercent dans des espaces nouveaux, plus étendus et interdépendants.

Cette culture suppose une réflexion sur les critères d’une action moralement légitime. Elle implique une élucidation de la question des valeurs éthiques, et une maîtrise du vocabulaire de base de la réflexion éthique. Elle passe notamment par des échanges, des dialogues, des lectures empruntées à la littérature et à la philosophie morale, par des études des cas, et des débats. Cependant la culture éthique comporte un second volet : dans la mesure où la société laïque doit chercher sa cohésion dans des repères communs et dans la reconnaissance simultanée de la diversité des cultures et de l’unité de la condition humaine, il est indispensable d’inventorier et d’approfondir les valeurs communes, celles dont il importe qu’un maximum de citoyens puissent les partager, pour éviter que la vie sociale se dégrade en cynisme voire en déchaînement de violence. Cet aspect de la culture éthique est déjà présent de manière implicite dans la réflexion sur les droits de l’homme, dans les cursus concernant la citoyenneté. Mais la solidité de la réflexion sur les droits de l’homme serait renforcée si elle s’adossait à une réflexion éthique. Il en va de même de toute l’initiation à la citoyenneté. Notons le, ce second aspect de la culture éthique sera d’autant mieux assumé s’il peut s’appuyer sur une culture éthique personnelle.

L’ampleur de la tâche proposée est telle que dans ce domaine, des initiatives précipitées pourraient compromettre le résultat recherché. C’est un vaste débat citoyen qui serait susceptible de faire apparaître un consensus le plus large. Et celui-ci est indispensable à l’instauration d’une culture éthique à l’école. L’initiative récente du ministre de l’éducation nationale sur « l’instruction » morale, dans les conditions où elle a été lancée, est contre productive, apparaissant comme essentiellement normative. De plus elle se restreint à l’école élémentaire et émerge quand disparaît la formation des enseignants. Or, un effort de formation des enseignants est un préalable à la mise en place d’une culture éthique à l’école.

On peut craindre qu’une telle initiative précipitée, peu compréhensible, ait pour effet de développer le malentendu sur le sens de la culture éthique à l’école. On peut imaginer qu’avant de propulser des initiatives nationales, sans prise en compte des conditions d’application, il faille passer par une phase d’expérimentation. Il reste que cette initiative est une raison de plus d’ouvrir un vaste débat. Car même critiquable, elle est le signe de la perception d’un réel problème. C’est pourquoi l’initiative de la Ligue de l’enseignement et de Confrontations dans le cadre du prochain salon de l’éducation est d’une brûlante actualité. Elle consiste à mener pendant deux jours un travail de réflexion sur une seule question : faut-il et comment développer une culture éthique à l’école publique ? Cette question fait problème, il est d’autant plus urgent d’y réfléchir. C’est de la compétence de tout citoyen d’avoir à se prononcer sur ce sujet.

Eric Favey, secrétaire général adjoint de la Ligue de l’enseignement

Guy Coq, philosophe. Auteur de « La laïcité, principe universel » (Éditions Le Félin)

=> Inscriptions au colloque auprès de Charles Conte : cconte@laligue.org

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Qu’est-ce que la laïcité ?

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2011

Jean-François Rémond

Conférence-débat

Qu’est-ce que la laïcité ?

animé par Jean-François Remond

mardi 8 novembre à Saint-Omer

Saint-Omer.- Mardi à 14 h 15, conférence débat animée par Jean-François Remond, professeur de philosophie : « Qu’est ce que la laïcité ? »

Exceptionnellement cette conférence se fera dans la salle de réunion du foyer des jeunes travailleurs (à côté de la maison des associations).

Réunion ouverte à tous. Renseignements au 03 21 98 23 85

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Journée mondiale contre le racisme. Peut-on encore croire à la citoyenneté du monde ?

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Vincent Cespedes

Vincent Cespedes : « Eric Zemmour ou Nicolas Sarkozy sont lepénistes sans même le revendiquer »

http://www.streetpress.com/sujet/2200-vincent-cespedes-eric-zemmour-ou-nicolas-sarkozy-sont-lepenistes-sans-meme-le-revendiquer

Interview. Pour le philosophe Vincent Cespedes nous sommes « au stade final d’une phase de lepénisation accélérée ». Ça tombe mal pour La journée mondiale contre le racisme. Mais le philosophe croit encore au « citoyen du monde ».

Que pensez-vous de l’initiative de faire du 21 mars la journée mondiale contre le racisme ?

Il s’agit d’une journée symbolique qui nous oblige à réfléchir sur le thème du racisme qui reste un problème omniprésent et indolore. Commémorer certains évènements historiques afin de diffuser des idées est judicieux au même titre que d’autres fêtes telles que la journée de la femme ou la Saint-Valentin.

Y a-t-il un nouveau racisme aujourd’hui en France ?

On peut parler d’une forme de microracisme qui résulte d’un enclenchement du mouvement de lepénisation en 2002. Des individus tels qu’Eric Zemmour ou Nicolas Sarkozy sont lepénistes sans même le revendiquer, et le discours du gouvernement en est affecté. Bien évidemment, submergés par les médias de masse, on finit par assister à une lepénisation des esprits dont la logique est l’image dorée du français « blanc » tandis qu’on pointe du doigt « l’étranger ». Inversement, certaines chaînes de télévision, préétablissent un critère qui est d’avoir par exemple, une présentatrice de JT maghrébine. Un choix fondé sur l’apparence et non pas sur les compétences est discriminatoire.

Les débats sur l’identité nationale, « la laïcité », sont-ils utiles ?

Ce genre de débat est obscène et ne contribue aucunement à la cohésion de la société. Il s’agit surtout de recadrer les populations noires et arabes en remettant en question leur légitimité à être français. Une telle question ne devrait même pas avoir lieu, et ne devrait pas poser débat car le fait d’être français se résume au simple fait d’avoir une carte d’identité française. Ce raisonnement peut être qualifié de raciste car on substitue à la grille de lecture sociale, une grille de lecture ethno-raciale. On ne tient plus compte des disparités sociales et économiques mais seulement de l’origine ethnique pour expliquer la délinquance.

Peut-on être français sans ressentir une appartenance à la nation ?

Rien ne nous oblige à soumettre notre âme à un pays. Un français peut être très critique envers la France, et avoir une attitude désinvolte en sifflant la marseillaise ou en évoquant le déclin de la puissance française. D’ailleurs, les enfants d’immigrés nés sur le territoire français sont généralement intégrés puisqu’ils baignent dans la culture française. Lorsqu’on parle de communautarisme, le terme est inapproprié. Le regroupement de certaines communautés, s’explique par un système d’entraide et de solidarité qui se justifie lorsqu’on regarde l’accueil qu’on leur réserve en France.

Que vous inspire la bonne santé du FN ?

Depuis 10 ans, nous sommes entrés dans une phase de lepénisation accélérée et aujourd’hui nous en sommes au stade final car les gens n’ont même plus conscience d’avoir une logique lepéniste. De plus, les débats médiatiques sur l’Islam, la burqa, où l’identité nationale, ainsi que l’ébranlement économique, ont de toute évidence encouragé la lepénisation des esprits et le cliché que l’étranger vole le travail du français.

Le citoyen du monde, vous y croyez ?

Je pense que cela existe déjà, et ça s’appelle être instruit. Dans la communauté scientifique, il y a une fusion des idées scientifiques ; une découverte profite à tous les membres sans exclusion. Internet qui sera le premier vecteur des médias, renverse les barrières et on peut le constater dans des forums d’échanges à l’échelle internationale. En plus, avec la mondialisation, on sait très bien qu’il y a une forte acculturation puisqu’on mange chinois, on part en vacances en Tunisie, on regarde des films américains etc…

Cela dit, une nation unique et uniforme au monde me paraît dangereuse si on était tous dirigé par un « Kadhafi ». Il faut préserver les nations mais ouvrir les frontières comme avant 1974, afin d’avoir des flux humains qui circulent librement avec une régulation modérée de l’Etat pour éviter les dictatures économiques. Je ne pense pas qu’un homme qui vivait sous le soleil et qui s’installe loin de sa famille à envie de se sédentariser définitivement en France, avec des gens qui lui font la gueule et qui le traitent de bougnoul. Pour résumer je citerai Socrate qui disait : « Je ne suis ni Athénien, ni Grec, mais un citoyen du monde. »

Ornella Dullelari StreetPress

Lu dans le Blog de Vincent Cespedes à propos du débat sur l’identité nationale

http://www.vincentcespedes.net/blog/index.php?2009/12/08/30-tremble-francite#co

Tremble, francité !

On aurait tort de voir dans l’appel au débat sur l’identité nationale une invitation à une grand-messe fraternisante : ce genre de débat-là, tombé d’en haut et encadré par les préfets, est fait pour déchirer. Le concept même d’identité (ce qui reste toujours le même) est d’essence défensive et offensive. Conçu pour agiter mille menaces et résister aux identités adverses, il réaffirme la victoire de Parménide sur Héraclite, de l’Être absolu sur le Flux changeant. Et l’identité nationale étend cette paranoïa à la nation. Comment garder son calme ? Faut-il trouver à tout prix un consensus sous peine d’être taxés d’« antinationaux » par le front des anti-antiracistes, des déclinologues et les adeptes du « Nous » contre « Eux » ?

Problème. À l’instar de l’arabité, de l’ivoirité ou de la belgitude, la francité reste introuvable dans les souches généalogiques, les patrimoines génétiques et les pedigrees. Malgré les efforts d’un Brice Hortefeux, nul n’a réussi à ce jour à distinguer un bon Français d’un Auvergnat. Et près d’un tiers des mariages contractés en France sont mixtes, qu’ils soient « roses » (d’amour), « blancs » (truqués) ou « gris » (extorqués), cette nouvelle catégorie étant qualifiée « d’escroquerie sentimentale à but migratoire » par le ministre de l’Immigration et de l’Identité nationale, Éric Besson.

Solutions ? S’agit-il de brandir fièrement les valeurs de la République (indivisible, laïque, démocratique et sociale, d’après la Constitution) ? De fait, les paniqués du péril multiculturaliste-communautariste mettent bien peu de zèle pour faire le grand écart entre un jeune à capuche et Sarkozy Jr. Faut-il en outre jeter en prison notre Renaud national pour avoir chanté « la Marseillaise même en reggae, ça m’a toujours fait dégueuler… et votre République, moi, j’la tringle » ?
Il y a deux mille ans, le géographe Strabon critiquait les Gaulois pour leur morgue et leur obsession de la parure. Si l’identité nationale verse inévitablement dans la caricature, laissons donc aux étrangers le soin de nous brosser le cliché ! Certains nous voient cartésiens, d’autres sensuels et rouleurs de pelles, d’autres encore, arrogants, gonflés d’un anarchisme de pacotille que contredisent des tendances foncièrement bourgeoises.

Cauchemar. L’historien Fernand Braudel démontre que l’identité de la France se nourrit historiquement de sa diversité foisonnante. Or, celle-ci a toujours été le cauchemar des administrations. Dans son abstraction militante, la phraséologie française de l’universalisme sert avant tout de paravent à un nationalisme gallocentré qui refuse de dire son nom. Mais la langue françoise ? Ailleurs, elle se dit « québécoise » ; et Aimé Césaire en exprime bien la nature polymorphe lorsqu’il parle « des francophonies » au pluriel. Et l’histoire de France ? Elle justifie ce que l’on veut, dit pertinemment Paul Valéry : « Elle n’enseigne rigoureusement rien, car elle contient tout, et donne des exemples de tout. »
Dès lors, si l’on boudait le débat anxiogène sur l’identité nationalepour laisser à chacun le choix de définir sa propre identité ? Le 8 décembre, quand l’Assemblée s’empêtrera à son tour, que les députés pensent bien à Nathalie Sarraute, Française juive d’origine russe : « Vu de l’intérieur, l’identité n’est rien. »

Vincent Cespedes

Vincent Cespedes

Mélangeons-nous

Enquête sur l’alchimie humaine

Libella Maren Sell (2006)

 

Présentation de l’éditeur

 » Se mélanger socialement, ce n’est pas prendre un bain de foule, c’est prendre un bain d’autres, ayant chacun un visage, un nom, une dignité « . Rompant avec l’individualisme crispé sur les faux bonheurs de la culture de masse, Mélangeons-nous invite à une rencontre respectueuse et créative avec cet homme, cette femme, cet étranger, capables de nous transformer et de nous conduire jusqu’à des versants ignorés de nous-mêmes.

Plus encore qu’un hymne à l’ouverture, Mélangeons-nous est un Manifeste pour les années à venir. Il s’agit de faire du XXe siècle le premier siècle  » mixophile  » de l’Histoire. Une ère d’entraide, d’hospitalité et de disponibilité assez puissante pour dépasser la volonté d’assujettir, le management des névroses, et les terrorismes de démence ou d’Etat. Rendre les relations plus fécondes et fluidifier les identités, tel est l’horizon qui s’offre à nous. C’est sur ce nouveau territoire que nous convie Vincent Cespedes, nous frayant un passage entre les pensées, sagesses et auteurs auxquels il s’est lui-même mélangé. Au cours d’un voyage passionnant dans l’alchimie des rapports humains, où pointent les dérives fusionnelles du sécuritaire et du repli sur soi, Mélangeons-nous réinvente des formes de mixité intime, culturelle et sociale. Au-delà du simple essai philosophique, ce livre propose de vivre autrement.

Pour se procurer l’ouvrage de Vincent Cespedes Mélangeons-nous : Enquête sur l’alchimie humaine

 

 

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Charles Taylor. Qu’en est-il de la liberté individuelle dans nos sociétés modernes ?

Posted by Hervé Moine sur 16 mars 2011

Charles Taylor, philosophe très influent sur la scène internationale mais assez méconnu en France. Photo d'après Landov / Maxppp

Charles Taylor : « La société moderne se fonde de plus en plus sur la discipline »

Entretien avec Charles Taylor, propos recueillis par François Gauvin, publié par le Point le 15 mars 2011

http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/charles-taylor-la-societe-moderne-se-fonde-de-plus-en-plus-sur-la-discipline-15-03-2011-1306784_326.php

Selon cette figure emblématique de l’éthique communautariste, le libéralisme implique de laisser l’individu organiser sa vie comme il le désire tant qu’il n’entrave pas celle des autres. Quitte à choquer.

Comment un individu se définit-il aujourd’hui ? Par sa langue, son pays, sa religion ? Par son pays, son équipe de football, ou ses orientations sexuelles ? Ces questions sur « l’identité moderne » sont au coeur des recherches que mène le Canadien Charles Taylor, aujourd’hui professeur émérite de l’université McGill (Montréal). Le philosophe, peu connu en France, et pourtant très influent sur la scène internationale, a un parcours atypique : en 1961, sitôt son doctorat d’Oxford en poche, ce catholique pratiquant se présente à quatre reprises aux élections nationales sous la bannière du Nouveau parti démocratique, le plus à gauche de l’échiquier canadien. Éconduit par les électeurs, il retourne à ses premières amours, et publie, en 1975, un volumineux Hegel, (Hegel et la société moderne aux éditions du Cerf 1998 note d’ActuPhilo) qui présente sous un jour favorable les thèses éthiques et politiques de cet idéaliste maudit en terres anglo-américaines. Ce sera l’un des rares best-sellers philosophiques du XXe siècle.

Il s’impose dès lors comme une figure emblématique de l’éthique communautariste outre-Atlantique, qui allie les principes de la société libérale avec un sens aigu de l’appartenance à la communauté. À la fois critique et interlocuteur privilégié du philosophe libéral américain John Rawls et de l’Allemand Jürgen Habermas, il publie en 1989 The sources of self : the making of modern identity (Les sources du moi pour la traduction française en 1999, note d’ActuPhilo), qui retrace l’évolution de la notion de « soi » (self) depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Puis, dans A Secular Age (2007), (L’âge séculier, traduction française aux édition Boréal en mars 2011, note d’ActuPhilo) il approfondit sa lecture de l’évolution des fondements de la société depuis la Renaissance. Salué par la critique, ce livre lui vaut en 2007 le prestigieux prix britannique Templeton. Spécialiste du multiculturalisme, il accepte la même année de diriger, avec le sociologue Gérard Bouchard, une commission commandée par le gouvernement québécois sur les adaptations possibles aux différences culturelles (dite Commission Bouchard-Taylor). Rencontre avec un philosophe de terrain.

Le Point.fr : Vous passez pour un apôtre du communautarisme. En France, autant parler du diable… À quoi attribuez-vous cette allergie française ?

Charles Taylor : D’abord à un fâcheux contresens, qui vient du mot lui-même. En anglais, il a en effet deux sens, qu’on ne retrouve pas en français. On peut être communautarian, au sens où l’est par exemple le sociologue américain Amitai Etzioni, et cela équivaut pratiquement au républicanisme français. C’est une philosophie de la communauté nationale envers laquelle ses membres ont des responsabilités et des devoirs. L’autre sens, le seul retenu en français, renvoie plutôt aux communautés qui existent à l’intérieur d’un pays, les « communautés culturelles », comme on les appelle au Québec. En français, l’idée d’une « philosophie communautariste » pourrait laisser entendre que cette philosophie cherche à favoriser les replis communautaires. Mais que les Français se rassurent : aucun philosophe, ni aucun pays, dans le monde occidental, ne prône cette forme-là de communautarisme. C’est un mythe tenace, mais rien qu’un mythe ! Je me considère plutôt communautariste au sens où l’entend Amitai Etzioni : je crois que la société est davantage qu’un ensemble d’individus isolés, et qu’il existe dans les sociétés libérales modernes des normes universelles, comme les droits de l’homme, que tout le monde doit respecter.

Mais vous êtes plutôt conciliant envers la politique multiculturelle du Canada. Dans le rapport de la commission que vous avez codirigée avec le sociologue Gérard Bouchard, vous préconisez même un « interculturalisme »…

Ces termes n’ont rien à voir avec une politique favorable à la création des ghettos, et il faut absolument les replacer dans leur contexte. Le Canada est depuis la fin du XIXe siècle un pays d’immigration, et qui se définit en fonction de celle-ci. Ce n’est pas le cas de pays européens comme la France qui, même si elle accueille des étrangers, ne se définit pas en premier lieu à partir de l’immigration.

Le multiculturalisme canadien est tout simplement une politique d’intégration, qui vise justement à décloisonner les communautés d’immigrants. Cette politique se soucie d’enseigner à tous les immigrants les deux langues nationales (anglais et français) ; elle veut favoriser une politique de contact, d’ouverture et de dialogue culturel, pour éviter les replis communautaires. Quant à l’interculturalisme, ce n’est pas bien différent. À cette différence près qu’au Québec, il fallait que la politique d’intégration puisse tenir compte d’un élément fondamental aux yeux de la population : la survie de la langue française. L’interculturalisme souligne cette spécificité. Mais le multiculturalisme et l’interculturalisme ne diffèrent pas fondamentalement – ce n’est certainement pas la différence entre une politique qui favoriserait l’immigration et une autre qui ne le ferait pas.

La laïcité n’est-elle pas une façon plus simple de gérer les différences ?

L’histoire de la laïcité est très riche et complexe, y compris en France. Il y a plusieurs traditions, certaines tendances sont plus ouvertes, d’autres plus fermées. On ne peut pas ramener toutes ces tendances à la laïcité, comme on le fait aujourd’hui en France.

Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale tel qu’il s’est posé en France au cours des derniers mois ?

C’est un débat empoisonné, dont les motivations politiques sont extrêmement suspectes. Il porte surtout sur l’Autre, et non pas d’abord sur les Français. Car il ne faut pas se voiler la face: au fond, la question soulevée est de savoir si les étrangers sont compatibles ou non avec « l’identité française ». Ce n’est pas vraiment une réflexion sur les normes auxquelles tiennent les Français, mais une tentative de tirer une ligne de démarcation. Le problème, c’est que des immigrants se trouvent ainsi soupçonnés de communautarisme (ici, au mauvais sens du terme), même s’ils ne recherchent pas nécessairement ce but-là. On cherche à les mettre dans une position de minorisation pour pouvoir ensuite justifier des mesures à leur encontre. C’est donc un débat qui divise, qui crée des tensions énormes dans la société, et une société libérale doit éviter ce genre de dérapage.

Vous êtes contre l’interdiction totale de la burqa telle que l’envisage le gouvernement français. Mais son principe est pourtant de préserver la liberté de la femme.

Le projet de loi français est à mon avis très problématique dans la perspective d’une société moderne libérale, et même d’une société de droit. On ne peut évidemment pas porter la burqa dans certaines situations, à l’école, et pour des raisons de sécurité ou d’identification de la personne, par exemple. Mais de là à interdire de pouvoir sortir de sa maison avec une burqa ! C’est une mesure farouchement antilibérale. Invoquer l’idée qu’il s’agit de protéger la liberté individuelle des femmes ne suffit pas : on ne connaît pas leurs motivations. Les recherches sociologiques montrent d’ailleurs que celles-ci sont variées. De jeunes femmes vont, par exemple, porter le voile ou la burqa pour se révolter contre leurs parents, une motivation bien occidentale ! Au fond, la vraie question est de savoir qui doit décider de la signification du port de ce type de vêtement. Le gouvernement ? Ou l’individu lui-même ? Il me semble qu’en l’absence de preuve probante, le principe de liberté, au fondement de notre société, exige qu’on opte pour la dernière réponse. Il faut accepter que les autres décident librement de leur vie tant qu’ils n’entravent pas la nôtre, et même quand cela nous choque. Sinon, on revient au bon vieux paternalisme d’autrefois, à la Genève de Calvin, ou à l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad.

C’est ainsi que vous définissez l’identité moderne dans votre livre Les sources du moi ?

En effet, un individu peut se définir lui-même. C’était différent à d’autres époques, au Moyen Âge par exemple. Le fait d’accorder autant d’importance à l’identité individuelle est quelque chose de récent. Aujourd’hui, on reconnaît que les individus ont un rôle à jouer dans la définition de leur propre identité. Évidemment, personne ne peut se définir totalement, et chacun s’inscrit dans un contexte et des traditions spécifiques. Mais il est admis que les individus peuvent, dans une certaine mesure, choisir parmi ces traditions celles qui leur conviennent, ou tenter de les redéfinir, comme l’ont fait les mouvements féministes ou gays ces dernières années. Ce phénomène s’est d’ailleurs accentué dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec ce que j’appelle « l’ère de l’authenticité ». C’est l’époque où fleurissent, par exemple, les théories et les pratiques du « développement personnel ». Il faut prendre la mesure de ce fait : la quête de soi est un aspect fondamental de l’identité moderne.

Ne vient-elle pas naturellement du déclin de la religion ?

C’est une vision trop simpliste. Nos sociétés modernes occidentales n’ont certes plus de fondation unique philosophico-religieuse. Mais on a longtemps associé ce processus de sécularisation à une marginalisation de la religion qui conduirait finalement à sa disparition. J’ai montré dans A Secular Age que la sécularisation est un phénomène beaucoup plus complexe, qui d’ailleurs résiste à toute généralisation. Prenez, dans l’ancien bloc de l’Est, le cas de l’ancienne RDA. L’athéisme y est majoritaire. Mais dans la Pologne voisine, anciennement communiste elle aussi, c’est tout le contraire. Et aux États-Unis, pays capitaliste et libéral, des sondages ont révélé que 90% de la population croit en Dieu ou en une force spirituelle supérieure. Alors, certes, on ne légifère plus dans les pays occidentaux en fonction des autorités religieuses, mais l’évolution vers la sécularisation va de pair avec des niveaux de participation religieuse très différents. Quand Nietzsche annonce, au chapitre 125 de son livre Le gai savoir, avec une image poétique très forte, que « Dieu est mort », certains s’y retrouveront, d’autres pas. Il y a certainement une part de vrai dans ce qu’il déclare, mais on se trompe si on y voit une vérité valable pour tous.

C’est donc une autre approche de l’histoire que je propose. Je pense, en effet, que nous allons vers davantage de diversification dans le rapport à la religion et, plus généralement, dans la façon de penser les critères d’une vie bonne. J’ai employé le concept d’hyper-nova pour illustrer ce phénomène de diversification toujours plus complexe. C’est là un autre trait de notre monde sécularisé, à savoir qu’il faut fonctionner avec une pluralité de fondements. Les assises de notre société sont plurielles, ou pluralistes, ce qui n’était pas le cas dans le passé. Si vous reculez de deux siècles, vous aurez des sociétés qui étaient entièrement fondées sur le christianisme. Nous n’en sommes plus là : nous cherchons à nous sentir en accord avec des principes qui reflètent nos convictions intimes.

La sécularisation marque-t-elle pour vous un progrès? Un brin de nostalgie semble percer dans vos propos…

C’est une tendance générale vers le mieux. Les droits de l’homme, la possibilité laissée à chacun de se définir, etc., marquent des progrès, et il n’est pas question de revenir à l’Ancien Régime ! Mais il y a aussi des éléments négatifs dans cette évolution, entre autres le fait que la société moderne se fonde de plus en plus sur la discipline, comme l’a très bien montré Foucault. Ce qui entraîne aussi le refoulement de pans entiers de la vie humaine.

Nous sommes refoulés ?

À certains égards, oui. Prenez le carnaval qui, au Moyen Âge, permettait d’inverser en public les rôles sociaux, de marquer une pause l’espace d’un jour, de rappeler le sens de la communauté humaine par-delà les divisions de la vie courante. Ce genre de festivités publiques ̶- on pourrait citer aussi les bals ̶-, a pratiquement disparu. Dans le privé, on se permet tout, mais dans le public, nous restons très disciplinés. Nous avons du mal à prendre contact avec certains de nos désirs profonds.

Le Point du 15 mars 2011

Quelques dates repères à propos de Charles Taylor

Sélection bibliographique de l’oeuvre de Charles Taylor par ActuPhilo

Charles taylor

Hegel et la société moderne

Cerf

 

Présentation de Hegel et la société moderne

D’abord paru au Québec aux Presses de l’Université de Laval, Hegel et la société moderne parait aux éditions du Cerf en 1998. Ce livre est la traduction française de l’ouvrage de Charles Taylor, Hegel and modem society, dont on apprend incidemment qu’il a été publié en 1979 mais sans que soient mentionnés ni le lieu ni la date d’édition. Il ne s’agit pas simplement d’une présentation de plus de la pensée politique de Hegel, comme pourrait le faire croire le titre.

Constituant d’une part «un exposé plus court et plus accessible» du Hegel que Charles Taylor a fait paraître en 1975 au Cambridge University Press, il a toutefois pour principal enjeu de «démontrer la pertinence et l’importance de cette philosophie pour les penseurs contemporains». La conviction de Taylor est en effet «que Hegel a puissamment contribué à former des concepts et des manières de penser qui sont indispensables à une perception claire de certains problèmes et dilemmes propres à notre époque». En quoi consiste donc cette actualité de Hegel ? Non pas, estime Taylor, dans l’ontologie de l’Esprit qui soutient son système qu’il juge au contraire, sans à vrai dire étayer avec beaucoup de soin son jugement, quasi invraisemblable (p. 69) : l’argumentation dialectique sur laquelle se fonde cette ontologie — en particulier celle relative à la catégorie de Dasein dans la Science de la logique que Taylor semble tenir pour particulièrement décisive — lui paraît incapable de «persuader» le penseur contemporain (p. 67); cela «ressemble davantage, écrit-il, à une expression pénétrante de sa vision qu’à une preuve rigoureuse» (p. 68).

Reste que s’il convient ainsi, selon Taylor, de prendre acte de l’ «échec» de l’ontologie hégélienne, son entreprise correspond toutefois à une tentative de synthèse qui, tant par son ampleur que par ses modalités, garde pour nous toute son importance et sa pertinence dans la mesure où la tension qu’elle affronte et cherche à résoudre continue de caractériser au plus haut point notre époque et notre civilisation. Voir la présentation de Gérard Gilbert

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Hegel et la société moderne

Extrait de Hegel et la société moderne

Penser l’être humain dans sa communauté culturelle

« Penser à un être humain (…) c’est évoquer davantage qu’un simple organisme vivant ; c’est voir un être capable de penser, d’agir, de décider, d’être ému, de réagir et d’entrer en rapport avec les autres ; tout cela sous-entend un langage, un mode d’appréhension du monde, d’interprétations des sentiments, de compréhension de la relation aux autres, au passé, à l’avenir, à l’absolu, etc. L’identité d’un individu est faite de sa manière particulière de se situer dans son univers culturel.

Or, un langage, ainsi que l’ensemble des distinctions qui sous-tendent notre expérience et notre mode d’interprétation du monde ne peuvent naître et grandir que par la communauté. En ce sens, ce que nous sommes, en tant qu’être humains, nous le sommes seulement dans une communauté culturelle. » (p. 87.)

La notion hégélienne d’esprit objectif

« Une certaine conception de l’homme et de la société est implicite dans certaines pratiques et institutions sociales que nous pouvons voir, dès lors, comme l’expression de certaines idées. Et il arrive effectivement, lorsque la société ne s’est pas donnée d’elle-même une théorie cohérente et précise, que pratiques et expressions soient l’expression la plus adéquate, et parfois même la seule, de ces idées. Ces idées sous-jacentes, qui font de certaines pratiques ce qu’elles sont (…) ne sont pas forcément définies de façon cohérente en plusieurs propositions sur la nature humaine, la volonté, la société, etc. Il se peut même qu’un langage théorique adéquat reste à élaborer.

En ce sens, nous pouvons penser les pratiques et les institutions propres à une société comme une sorte de langage qui en exprime les idées fondamentales. Mais ce qui est « dit » par ce langage ce ne sont pas les idées qui pourraient n’exister que dans l’esprit de certains individus; il s’agit plutôt des idées communes à une société parce qu’elles sont inscrites dans la vie collective, dans les pratiques et les institutions enchâssées dans cette société. En elles, l’esprit de la société est en un sens objectivé. Elles sont « esprit objectif » (Hegel). » (p. 89.)

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Hegel et la société moderne

Charles Taylor

Les sources du moi

La formation de l’identité moderne

Seuil

Les idées clés Des sources du moi par Business Digest

Cet ouvrage dresse un tableau saisissant de l’identité moderne sans en taire ni la grandeur ni la misère. Il s’agit de comprendre cette révolution inouïe qui a fait que les modernes se voient comme des êtres doués d’intériorité, comme des «moi» ayant une profondeur. Loin de pouvoir se ramener à l’essor de l’individualisme libéral, cette histoire est celle d’une longue quête pour définir et atteindre le bien. Au coeur de cette définition, on trouve ce que l’auteur appelle «l’affirmation de la vie ordinaire». La montée en puissance de cette valeur, retracée ici de ses origines dans la Réforme jusqu’à ses formes actuelles, a profondément transformé notre conception de la Raison. Ce livre d’histoire des idées ne saurait être séparé du combat, philosophique et politique, que mène l’auteur depuis de nombreuses années au nom du communautarisme. Il s’agit de défendre la modernité, moins contre ses détracteurs, que contre la philosophie libérale qui prétend seule en porter les couleurs. Trouvant son apogée dans l’oeuvre majeure de John Rawls (Théorie de la justice, seuil 1987), celle-ci est accusée de faire bon marché de l’exigence de cohésion sociale et de ne s’intéresser qu’à la liberté des individus et à la justice dans la répartition des richesses.

Description Des sources du moi

Les Sources du moi est un ouvrage magistral sur l’identité moderne. Il en dresse un tableau saisissant sans en taire ni la grandeur ni la misère, et il tente de la définir en retraçant la genèse. Cette généalogie remonte à saint Augustin, passe par Descartes et Montaigne et se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit de comprendre cette révolution inouïe qui a fait que les modernes se voient comme des êtres doués d’intériorité, comme des  » moi  » ayant une profondeur. Loin de pouvoir se ramener à l’essor de l’individualisme liberal, cette histoire est celle d’une très longue quête pour définir et atteindre le bien. Au coeur de cette définition, on trouve ce que l’auteur appelle l’affirmation de la vie ordinaire. La montée en puissance de cette valeur, retracée ici de ses origines dans la Réforme jusqu’aux formes qu’elle prend de nos jours, aura profondément transformé notre conception de la Raison. Ce livre d’histoire des idées, d’une grande érudition, ne saurait être séparé du combat, philosophique et politique, que mène l’auteur depuis de nombreuses années au nom du communautarisme. Il s’agit de défendre la modernité, moins contre ses détracteurs, que contre la philosophie libérale qui prétend seule en porter les couleurs. Trouvant son apogée dans l’oeuvre majeure de John Rawls, Théorie de la justice (Seuil, 1987), celle-ci est accusée de faire bon marché de l’exigence de cohésion sociale et de ne s’intéresser qu’à la liberté des individus et à la justice dans la répartition des richesses. A cette abstraction du libéralisme, Taylor oppose une démarche qui fait fond sur le monde de l’expérience, l’analyse des faits, l’autoconception de la société telle qu’elle est vécue par les gens, leur imaginaire social.

Pour se procurer l’ouvrage de Charles taylor Les sources du moi

 

Charles Taylor

L’âge séculier

Boréal (mars 2011)

 

Présentation de l’éditeur

Il est d’usage de dire que nous, modernes Occidentaux, appartenons à un « âge séculier ». Comment est-on passé d’un temps, encore proche, où il était inconcevable de ne pas croire en Dieu, à l’époque actuelle, où la foi n’est plus qu’une option parmi d’autres et va jusqu’à susciter la commisération ?

L’explication la plus courante consiste à affirmer qu’à la faveur des progrès de la connaissance, la vérité aurait triomphé de l’illusion, nous poussant à ne chercher qu’en nous-mêmes notre raison d’être et les conditions de notre épanouissement ici-bas.

En révélant les impensés de ce récit classique de la victoire des Lumières qui fait du « désenchantement du monde » la seule clé de l’énigme, Charles Taylor entreprend une enquête philosophique et historique monumentale qui renoue les liens entre l’humanisme et l’aspiration à la transcendance. Loin d’être une « soustraction » de la religion, la sécularisation est un processus de redéfinition de la croyance qui a vu se multiplier les options spirituelles. Si plus aucune n’est en mesure de s’imposer, les impasses du « matérialisme » et les promesses déçues de la modernité continuent d’éveiller un besoin de sens.

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor L’âge séculier

Charles Taylor

Le Malaise de la modernité

Cerf (2002)

 

Etre sincère avec moi-même signifie être fidèle à ma propre originalité, chose que je suis le seul à pouvoir découvrir : tel est le fondement de l’idéal moderne d’authenticité ainsi que des objectifs d’épanouissement de soi. Apparemment, un véritable tournant s’opère au XVIIIe siècle avec Rousseau, Goethe et les Romantiques, Taylor pense qu’il s’agit d’un moment décisif des transitions à la faveur desquelles le sujet est devenu un pôle d’expérience privilégié. Certes, le tournant ne s’est pas accompli indépendamment d’un processus d’émancipation de la raison dont il étudie aussi les principaux moments. Mais le sens nouveau que donne au moi la révolution romantique, « l’expressionnisme » qui y trouve ses racines, le constituent durablement comme la référence privilégiée, voire exclusive, de toute morale et de toute valeur. Mais, pour Taylor, une intériorité, une subjectivité qui ne communiquerait pas avec un horizon ou un langage commun sont proprement impensables comme l’ont montré des penseurs aussi différents que Hegel et Wittgenstein.

En fait, il s’agit d’éviter ce qu’il appelle un « dérapage du subjectivisme », une sorte de « culture du narcissisme » qui fait de l’épanouissement de soi la principale valeur de la vie et ne reconnait que peu d’exigences morales extérieures ou d’engagements profonds avec les autres. L’explication de cette déviation de la culture de l’authenticité est certainement liée à l’enracinement de l’individualisme dans la vie quotidienne, le monde du travail et la vie politique. Mais le danger que met en lumière Taylor à propos de cette promotion exclusive du moi, facilité par les transformations sociales de la culture moderne est que ces exigences de sincérité envers soi aille jusqu’à nier l’exigence de justice que nous devons aux autres.

Quatrième de couverture

« Raison instrumentale », « désenchantement du monde », « narcissisme contemporain » : le philosophe Charles Taylor reprend ces trois thèmes dominants du malaise de la modernité. A l’écart des redondances de la mode et des facilités de la critique, il montre pourquoi l’éthique de la réalisation de soi, noyau consistant de l’individualisme, recèle une aspiration dont les présupposés bien compris seraient en fait incompatibles avec l’instrumentalisme et l’égoïsme possessif.
Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Le Malaise de la modernité

 

Charles Taylor

Multiculturalisme

Différence et démocratie

Flammarion Champs Essais

Présentation de l’éditeur

Une société démocratique doit traiter tous ses membres comme des égaux. Mais jusqu’où peut-elle aller dans la reconnaissance de leur spécificité culturelle, jusqu’à quel point peut-elle admettre leur différence pour permettre à leur identité de s’exercer librement et de s’épanouir ? Doit-elle veiller à garantir et à maintenir cette spécificité ? Cette reconnaissance politique est-elle nécessaire à la dignité des individus ? Telles sont quelques-unes des questions qui sont au coeur de la controverse sur le multiculturalisme.

Charles Taylor nous propose une réflexion historique et une perspective philosophique concernant l’enjeu fondamental de la demande de reconnaissance par tous les groupes « ethniques » – communautés religieuses, associations féministes, minorités culturelles, etc. – qui coexistent au sein d’une même communauté étatique. La démocratie doit garantir les droits et le bien-être de ses citoyens.

Doit-elle privilégier une culture, celle qui la fonde, ou s’accommoder de toutes ?

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Multiculturalisme : Différence et démocratie


Jocelyn Maclure

Charles Taylor

Laïcité et liberté de conscience

La Découverte (2010)

Présentation de l’éditeur

 

Présentation de l’éditeur

Ce n’est que récemment que le modèle d’une société politique fondée sur le respect de la pluralité des perspectives philosophiques, religieuses et morales s’est imposé comme le plus susceptible de conduire à une vie harmonieuse du corps social et à l’épanouissement de ceux qui le composent. Un large consensus s’est établi autour de l’idée que la  » laïcité  » est une composante essentielle de toute démocratie libérale.

Mais qu’est-ce au juste qu’une société laïque ?

Bien que des travaux récents en sciences sociales, en droit et en philosophie aient permis des avancées majeures sur le plan de la compréhension de la laïcité comme mode de gouvernance, une analyse conceptuelle des principes constitutifs de la laïcité manquait toujours à l’appel. Ce livre vient remédier à une telle lacune. Pour les auteurs, les deux grandes finalités de la laïcité sont le respect de l’égalité morale des individus et la protection de la liberté de conscience et de religion. C’est pourquoi la laïcité doit aujourd’hui se comprendre dans le cadre plus large de la diversité des croyances et des valeurs (religieuses ou non) auxquelles adhèrent les citoyens. Depuis près de vingt ans, la France ne cesse de débattre (et de légiférer) sur la place et la visibilité des minorités culturelles et religieuses, comme en témoignent les controverses passionnées sur le foulard islamique et aujourd’hui de la burqa. Cet ouvrage de philosophie, qui prend appui sur l’expérience originale et passionnante du Québec en matière de politique multiculturelle, constitue une contribution forte au débat sur les rapport entre religion et politique.

Jocelyn Maclure, coauteur de l’ouvrage Laïcité et liberté de conscience, est professeur agrégé à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Il est également l’auteur de « Récits identitaires ». Le Québec à l’épreuve du pluralisme. Il a contribué, en tant qu’analyste-expert, à la rédaction du rapport final de la commission Bouchard-Taylor sur les  » accommodements raisonnables « .

Pour se procurer l’ouvrage de Jocelyn Maclure et Charles Taylor Laïcité et liberté de conscience

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Le retour des guerres de religions ?

Posted by Hervé Moine sur 30 janvier 2011

Mardi 1er février 2011

de 18h30 à 20 heures

à la Salle Jean de Puybaudet du Centre Saint Ignace,

à Saint Denis de la Réunion

débat sur « Le retour des guerres de religion? »

Ces derniers mois, la religion apparaît au premier plan de tensions nationales et internationales: Irak, Egypte, Soudan, Niger, Nigéria, Côte d’Ivoire… La grille de lecture opposant chrétiens et musulmans ne suffit pas à rendre compte de situations complexes où interfèrent les notions de liberté religieuse et de laïcité avec l’exacerbation de nationalismes sur fond de crise sociale et de communautarismes. A partir de l’arc-en-ciel réunionnais, des responsables religieux apportent leur vision du monde et proposent des chemins de dialogue.

Lieu : Centre Saint-Ignace, 31 rue Sainte-Anne, 97400 Saint-Denis.

Contact : Mail : ignace974@jesuites.com Site web : http://www.jesuites.com.re

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Quelle place des religions dans nos démocraties modernes

Posted by Hervé Moine sur 13 janvier 2011


Damien Le Guay

La cité sans Dieu

Rencontres avec

Luc Ferry

le cardinal Barbarin

le grand rabbin Bernheim

Une crise financière, économique et sociale, mais avant tout éthique, s’est abattue sur nous. Les ravages sont partout. Mais quand des hommes de foi appellent au partage des richesses, au respect des pauvres, à la dignité de toute personne, ils ne sont pas entendus. Les religions, pense-t-on, s’occupent de Dieu et n’ont rien à dire du monde comme il va. Et qu’importe s’il va plutôt mal…
Pourquoi cet ostracisme ? Jusqu’à quel point une cité peut-elle exister sans Dieu ? Tocqueville, en 1840, se posait déjà la question. Les religions ne sont-elles pas en effet plus nécessaires à l’heure où nos démocraties déboussolées se trouvent affranchies de toute tutelle ? Prétendre chasser par la porte les Dieux et les Maîtres n’est-il pas la meilleure manière de se voir imposer, par la fenêtre, d’autres dieux et d’autres maîtres plus pernicieux ?
Pour faire écho à ce questionnement, Damien Le Guay a interrogé trois personnalités éminentes – Luc Ferry, le cardinal Barbarin et le grand rabbin Bernheim – toutes trois ouvertes aux interrogations spirituelles et conscientes de la profondeur de la crise éthique actuelle. Quelles solutions ont-elles à proposer ? Quand les forces de dispersion dominent, la puissance agrégative des religions peut-elle être utile ? Et si oui, de quelle façon ?
Au terme de cet échange, l’auteur en appelle vigoureusement à un new deal qui permettrait aux religions de prendre enfin ouvertement part à la conversation commune et aux débats de société. Il propose même un « Grenelle du symbolique » pour mieux préserver notre savoir vivre. Dédaigner les religions n’est-ce pas la meilleure façon de faire le jeu du marché et des fondamentalistes ?
Damien Le Guay est philosophe et critique littéraire au Figaro Magazine et à CanalAcadémie. Il est l’auteur, notamment, de La Face cachée d’Halloween (2002) et de L’Empire de la télé-réalité (2006).

Au sommaire de La cité sans Dieu de Damien Le Guay

LA DEMOCRATIE N’EST PAS UNE REPONSE, ELLE EST UNE QUESTION
  • Une spiritualité sans Dieu
  • La démocratie : un corps sans tête

DE QUELLE LAICITE PARLONS-NOUS ?

  • Une spiritualité, un Dieu et l’Eglise
  • Une laïcité peut en cacher une autre

LES FISSURES DU BLOC SYMBOLIQUE

  • Une spiritualité, un Dieu, et l’importance du symbolique
  • Pour une nouvelle écologie symbolique

La cité sans Dieu

Article de Diane Gautret de Famille Chrétienne

http://www.famillechretienne.fr/livres/litterature/essais/la-cite-sans-dieu_c6_s264_ss267_d59330.html

Journaliste et philosophe, Damien Le Guay s’interroge sur la place des religions dans nos démocraties modernes. Et invite à se libérer des vieux réflexes laïcistes.

La Cité sans Dieu ne préjuge pas de l’avenir. Ce livre ne se prononce pas sur la société multiconfessionnelle de demain. Mais il analyse les dangers d’un laïcisme larvé, tenant à la fois du nihilisme et du rationalisme le plus intransigeant. Questions : « Les religions ne sont-elles pas plus nécessaires à l’heure où nos démocraties déboussolées se trouvent affranchies de toute tutelle ? Prétendre chasser par la porte les dieux et les maîtres n’est-il pas la meilleure manière de se voir imposer, par la fenêtre, d’autres dieux et d’autres maîtres plus pernicieux ? »

Damien Le Guay a enquêté auprès de trois personnalités : le philosophe Luc Ferry, le cardinal Barbarin, primat des Gaules, et le grand rabbin Bernheim. Si le procédé nous fait un peu perdre le fil directeur, il a le mérite d’ouvrir un débat et de dégager quelques perspectives historiques, bien au-delà d’un caricatural « retour du religieux ».

On s’en doutait : Le Guay n’a aucune tendresse pour une conception froidement utilitaire des religions, selon la vision marxiste de l’« opium du peuple ». Pas plus qu’il n’apprécie les « bricolages » trompeurs de Luc Ferry, qui nous laissent sur notre soif. Face au vide des sagesses modernes ainsi qu’au spectre du multiculturalisme, Le Guay invite à une sorte de mise à plat anthropologique et historique. Et plus particulièrement du christianisme, dont nous sommes les héritiers, qu’on le veuille ou non. La Terreur de 1793 et la séparation de l’Église et de l’État, en 1905, ne furent pas sans séquelles : pourquoi pas une repentance officielle de l’État, s’interroge l’auteur ?

Ne méprisons pas trop vite « le religieux » (à distinguer du confessionnel) : une cité sans Dieu est une cité sans joie, condamnée à tourner à vide sur elle-même, comme une toupie folle, sans d’autre horizon qu’un misérable petit tas d’ego. « Ne serait-il pas urgent de parvenir à une nouvelle approche intellectuelle, une nouvelle tolérance médiatique, à de nouveaux aménagements pour permettre une meilleure mise en commun de toutes les ressources spirituelles, éthiques, poétiques, théologiques et philosophiques ? »

On ne saurait mieux dire.

Pour vous procurer l’ouvrage de Damien Le Guay La cité sans Dieu

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L’œuvre de Teilhard peut-elle engendrer une conscience laïque ?

Posted by Hervé Moine sur 11 septembre 2009

Le 26 septembre 2009 de 9h à 18h

Pierre Teilhard de Chardin

Colloque organisé par l’Ecole doctorale de Philosophie, les Universités Lyon 3, Grenoble 2, ENS-LSH.

Colloque de l’Association lyonnaise Pierre Teilhard de Chardin sur le thème :

« L’œuvre de Teilhard  peut-elle engendrer une conscience laïque ? »

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