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Héraclite pour aujourd’hui. La nature le critère ultime pouvant régir nos vies et nos pensées

Posted by Hervé Moine sur 14 novembre 2011

Fichier:Hendrik ter Brugghen - Heraclitus.jpg

Vient de paraître

Michel Fattal,

Paroles et actes chez Héraclite.

Sur les fondements théoriques de l’action morale,

Paris, L’Harmattan,

«Ouverture Philosophique», 2011.

L’originalité d’Héraclite ne réside-t-elle pas dans le fait d’élaborer, bien avant Socrate et Platon, une réflexion philosophique et théorique sur les fondements de l’action morale et politique ? De quelles manières Héraclite envisage-t-il les rapports du parler et de l’agir ? Le logos (discours) et l’epos (parole) du philosophe, véhiculant la doctrine de l’harmonie des contraires, n’offrent-ils pas une ligne de conduite à suivre, un critère et une norme stables à l’action individuelle et collective ?

Nos contemporains du XX e siècle, prenant acte de la « crise des valeurs » qui traverse nos sociétés occidentales, et soucieux de réfléchir sur les fondements rationnels de l’action morale et politique, seront peut-être surpris d’entrevoir le caractère stimulant de la proposition faite à ce sujet par un philosophe-poète situé à mi-chemin entre la poésie homérique et hésiodique d’une part et la philosophie de Platon et d’Aristote d’autre part. Ils seront peut-être étonnés de retrouver en deçà des préoccupations écologiques actuelles, une philosophie plaçant la nature (phusis) et le cosmos au centre de son interrogation, et faisant de cette nature le critère ultime pouvant régir nos vies et nos pensées.

L’auteur Michel Fattal

Né en 1954 à Alexandrie en Égypte, le philosophe et historien de la philosophie Michel Fattal est un universitaire français, spécialiste du Logos dans la philosophie grecque. Homère, Hésiode, Héraclite, Parménide,Platon, Aristote, Chrysippe, Plotin sont les principaux auteurs sur lequel il travaille. Michel est actuellement Maître de conférences habilité à diriger des recherches en philosophie ancienne et médiévale à l’Université Pierre Mendès-France de Grenoble.

Hormis ce dernier ouvrage sur Héraclite, il est é l’auteur de plusieurs ouvrages sur Platon, et sur Plotin et la tradition néoplatonicienne Augustin, Farâbî.

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Revenir au face-à-face, délaisser quelque peu les écrans, les relations « virtuelles » de type Facebook

Posted by Hervé Moine sur 9 novembre 2011

Paul-Marcel Lemaire

Communiquer

Pour quoi faire ?

Cerf

Présentation de l’ouvrage de Paul-Marcel Lemaire : Communiquer : Pour quoi faire ?

« La communication a été dépouillée de ses traits propres, pour mieux envahir la culture collective ».

Cette observation, apparemment banale, provient d’une longue expérience de l’auteur, vécue au Canada surtout, puis en France, où il a enseigné les sciences sociales, fréquenté les milieux sociaux, religieux, politiques, celui des médias traditionnels, et approché celui des nouvelles technologies. Cette observation est ici décortiquée scrupuleusement, avec les instruments des sciences humaines, ceux de la psychologie, de la sociologie et de la philosophie, principalement. L’enquête se développe librement, sur des terrains aussi variés que la filmographie de Bergman, la communication interculturelle ou des textes de Paul Ricoeur… Trois appréhensions complémentaires président à cette recherche : les pratiques rhétoriques de la parole ont supplanté celles du dialogue ; l’information et la transmission ont prévalu depuis longtemps sur la communication proprement dite ; les technologies récentes ont favorisé les télécommunications, c’est-à-dire les rencontres à distance, au détriment du « corps-à-corps » que constitue la communication interpersonnelle, premier facteur constitutif du lien social et de la personnalité elle-même. Les divers abus de la « communication » contemporaine, notamment en politique et dans les technologies de réseaux, nous invitent à revenir au face-à-face, à délaisser un peu les écrans, les relations « virtuelles » créées par Facebook (ou n’importe quel autre réseau social), pour le réinventer. Il s’agit en quelque sorte de repartir de zéro, de s’initier de nouveau à l’élémentaire commerce humain, qui ne va plus de soi aujourd’hui, même s’il a toujours été exigeant.

Né en 1928, Paul-Marcel Lemaire est spécialiste de la philosophie du langage. Il  a été professeur au Département de Communication de l’Université d’Ottawa.

Pour se procurer l’ouvrage de Paul-Marcel Lemaire : Communiquer : Pour quoi faire ?

L'actualité du livre et du DVD

Il y a communiquer et communiquer…

A la fin des années 1960, le philosophe Marshall McLuhan théorisait ce qu’il appelait «le village planétaire» (Global Village). Il s’agissait alors de rendre compte des effets du développement de la mondialisation et des progrès des médias et des technologies de l’information et de la communication sur la vie des hommes. Ceux-ci vivraient dans un monde unifié. Il n’y aurait plus qu’une culture. Le monde ne serait qu’un seul et unique village, une seule et même communauté, «où l’on vivrait dans un même temps, au même rythme et donc dans un même espace».

Cette façon de considérer le monde parait optimiste à bien des égards. D’aucuns n’hésitent pas à brocarder son excessive naïveté, son caractère bel et bien utopique. C’est notamment le cas de Paul-Marcel Lemaire, qui dans son récent ouvrage Communiquer. Pour quoi faire ? défend l’idée que «la communication a été dépouillée de ses traits propres, pour mieux envahir la culture collective». Car si la communication, dans son acceptation la plus large et la plus sibylline, est l’un des domaines les plus labourés et retournés en tous sens, un certain nombre de questions essentielles sont rarement traitées.

C’est cette sorte d’érème, ce territoire délaissé à la fois par les études savantes et par les manuels de confection rapide que Paul-Marcel Lemaire aborde dans cet essai. Les grandes interrogations auxquelles l’enseignant s’efforce de répondre relèvent tant des sciences humaines que de la philosophie. En effet, l’auteur combine diverses perspectives, si bien que son approche est multidisciplinaire. Toutefois, prévient l’essayiste au cours de son propos introductif, il répugne à employer franchement cette épithète tant elle a été galvaudée. «Plus modestement, écrit-il, nous nous rattachons à l’écriture d’essai, à l’école des grands maîtres de ce genre littéraire, comme Montaigne, Pascal et d’autres, avec tous les risques de l’engagement personnel que comporte cette décision».

Suivant cette méthode, Paul-Marcel Lemaire consacre son ouvrage à la préoccupation constante de desserrer les liens des langages spécialisés. Il s’agit au surplus de retourner à l’usage du langage courant et ordinaire pour l’amener à exprimer des questions capitales. En cela, l’auteur entend se situer dans la continuité de Ludwig Wittgenstein. Au fil des pages, sont abordés de nombreux thèmes comme les ailleurs de la communication, l’indépassable principe d’incertitude, les enseignements à tirer de la féconde réflexion de Paul Ricœur, les liens entre relation(s) et communication ainsi que la place finalement très résiduelle de la communication dans le monde actuel.

Si le constat parait sombre, Paul-Marcel Lemaire esquisse quelques pistes éthiques afin de retrouver la communication, laquelle se fonde entre autre sur une sage modération, sur la reconnaissance de l’altérité et de «la transcendance de l’autre». P.-M. Lemaire recommande en sus de «privilégier la parole chercheuse de sens». L’auteur affirme d’autre part qu’il n’est pas de communication «sans sensibilité spirituelle» ni «courage de l’espérance». Il s’agit finalement de résoudre les tensions inhérentes à l’insociable sociabilité des hommes. Pour ce faire, indique l’auteur, il importe de se replonger dans la Bible et plus spécialement dans les textes du Livre de la Genèse…

Jean-Paul Fourmont ( Mis en ligne le 08/11/2011 )

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Parutions 2011

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Pour se procurer l’ouvrage de Paul-Marcel Lemaire : Communiquer : Pour quoi faire ?

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Conférence. Philosophie de la logique et des mathématiques

Posted by Hervé Moine sur 19 mars 2011

Conférence de Philosophie : Dépendance et Indépendance

Jeudi 7 avril 2011

Université de Paris I Sorbonne

La conférence « Dépendance et Indépendance est organisée conjointement par Mme Christiane Chauviré, de l’Equipe EXeCO de l’Université Paris I Panthéon Sorbonne, et M. Claude Debru, du Département de Philosophie de l’ENS.

Le programme de la conférence

Dépendance et Indépendance : Logique du Premier Ordre, Ensembles et Calcul

  • Gabriel Sandu : « Dependence and Independence between Quantifiers in First-Order Logic »
  • Jaakko Hintikka : « Frege’s Fallacy and the Future of Set Theory »
  • Jaakko Hintikka : « Deductive Logic as a Theory of Computation »

Les intervenants de la Conférence Gabriel Sandu et Jaakko Hintikka

Gabriel Sandu

Professeur à l’université de Paris 1 Panthéon – La Sorbonne et membre de l’Institut d’Histoire et Philosophie des Sciences et des Techniques (IHPST)Gabriel Sandu a travaillé longtemps en Finlande où il a été nommé chercheur. En 1997, il a reçu le titre de Professeur de philosophie. Il s’est intéressé pendant une dizaine d’année aux jeux dans la logique et en particulier á la relation qui existe entre les jeux tels qu’ils sont caractérisés dans la théorie classique, des jeux en sciences économiques ainsi que les concepts sémantiques chers aux logiciens comme la vérité, la relation de conséquence logique, etc.

L’intersection de ces deux domaines a donné naissance aux jeux sémantiques et l’intérêt de ses études a été de continuer les travaux de Hintikka dans ce domaine et d’étudier l’impact des jeux sémantiques sur les fondements des mathématiques, les théories de la vérité (en particulier les théories de type Tarskien et les théories déflationnistes), le principe de la compositionalité et la théorie de la quantification. Il s’est aussi intéressé aux théories de la référence dans la philosophie du langage sur lesquelles il a donné longtemps des cours, la logique des modalités et les théories sémantiques formelles des langages naturels.

François Rivenc et Gabriel Sandu

Entre logique et langage

Collection Mathesis

Vrin

Présentation de l’éditeur

Linguistique et philosophie logique du langage : deux traditions de pensée que bien des choses opposent. La première plutôt mentaliste, est orientée vers l’étude de la syntaxe ; la seconde, plus préoccupée de sémantique, cherche volontiers le sens dans les conditions de vérité des phrases. Ce portrait n’est pas faux, mais incomplet : entre logique et linguistique, les relations n’ont pas été, ne sont pas, que d’opposition. Dans cet ouvrage, nous proposons une sorte d’histoire conceptuelle des interactions fécondes entre ces deux disciplines au cours du XXe siècle. La première partie, consacrée à la notion de catégorie sémantique et/ou syntaxique, raconte comment les théories a priori de la signification (Husserl, Frege Russell) ont progressivement donné lieu au programme des grammaires catégorielles, d’inspiration plus descriptive et empirique. La deuxième partie traite d’un autre épisode, datant des années 50-70, et lié à la naissance des grammaires génératives: celui au cours duquel l’opposition entre l’autonomie de la syntaxe, thèse avancée par Chomsky, et l’idée de la priorité conceptuelle de la sémantique, soutenue par des logicien: comme Montague, vient au premier plan. Enfin la troisième partie traite des recherche: contemporaines concernant l’étude des expressions indéfinie: et des relations anaphoriques qu’elles soutiennent, thème où ses dessinent des convergences nouvelles entre analyse logique et linguistique : la compréhension des rapports entre généralité et référence dans les langages naturels y gagnera certainement en finesse et en adéquation empirique.

Gabriel Sandu a coécrit Entre logique et langage avec François Rivenc qui est tout comme lui Professeur de Philosophie de la logique et du langage à l’Université de Paris 1, et membre de l’Institut d’Histoire et Philosophie des Sciences et des Techniques (IHPST).

Pour se procurer l’ouvrage de François Rivenc et Gabriel Sandu Entre logique et langage

Jaakko Hintikka logicien et philosophe finladais

Né le 12 février 1929, Jaakko Hintikka est un logicien et philosophe finlandais, Professeur d’Université à Helsinki.

Ses travaux portent sur la logique du dialogue (ou sémantique des jeux), la logique épistémique, la sémantique et la philosophie wittgensteinienne. Il a participé, avec Saul Kripke et Stig Kanger, à l’élaboration de la sémantique des mondes possibles utilisée en logique modale.

Il a notamment écrit Les Principes des Mathématiques Revisités, chez Vrin, coll. Mathesis en 2007 et Les Fondements d’une théorie du langage, aux Presses Universitaires de France en 1994. ces deux ouvrages ont été traduits en français. Sinon, Jaakko Hintikka a édité ou coédité une vingtaine d’ouvrage et est l’auteur ou le coauteur de plus de 300 articles scientifiques. Un panorama complet de sa pensée a été publié en 2006, il s’agit d’un ouvrage sur sa philosophie qui s’intitule The Philosophy of Jaakko Hintikka.

Jaakko Hintikka

Les principes des mathématiques revisités

Collection Marhesis

Vrin

Présentation de l’éditeur

Les Principes des mathématiques revisités de Jaakko Hintikka sont l’une des contributions les plus importantes des vingt dernières années à la philosophie des mathématiques. Son titre, inspiré des célèbres Principes des mathématiques publiés par Russell en 1903, marque l’ambition d’un renouvellement des fondements de la logique et des mathématiques un siècle après l’âge d’or du logicisme. L’auteur dispose pour cela de moyens nouveaux, la sémantique des jeux et la logique faite pour l’indépendance, qu’il a développés depuis les années 1980. La parution des Principes de Hintikka en 1996 a été accompagnée de la publication de nombreux articles techniques dans les revues spécialisées, mais le livre lui-même n’est pas un ouvrage technique : c’est un essai philosophique abordable par un public non spécialiste de philosophie des mathématiques ou de logique.

Traduction de Manuel Rebuschi, Maître de conférences en Philosophie (Nancy-Université), chercheur au L.P.H.S. – Archives H. Poincaré (CNRS, UMR 7117)

Un titre quelque peu provocateur

Le titre de ce livre est quelque peu provocateur. Comme l’auteur l’explique dès l’introduction, les Principes des mathématiques revisités sont directement inspirés des Principles of Mathematics de Russell 1903. Pour autant, il ne s’agit pas d’une lecture de l’illustre philosophe et logicien. Il s’agit plutôt de la réouverture d’un chantier généralement délaissé après le premier tiers du vingtième siècle : la construction de fondements logiques et en fait logicistes pour les mathématiques.

 

Pour se procurer l’ouvrage de Jaakko Hintikka Les Principes des Mathématiques Revisités

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Pour plus d’information sur la conférence

http://www.ens.fr/spip.php?article975

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La logique stoïcienne au programme à l’ENS

Posted by Hervé Moine sur 20 février 2010

Cycle de Conférences Léon Robin 2009 – 2010

LE STOÏCISME

26 Février 2010

La logique stoïcienne

de 14h00-17h30

Zénon de Cittium

Intervenants et thèmes des interventions :

  • Jonathan BARNES de l’Université de Paris IV-Sorbonne : La logique et les énoncés
  • Paolo CRIVELLI de l’Université d’Oxford : Universels et définitions dans la logique stoïcienne

Lieu du séminaire :

Le séminaire a lieu à l’Ecole Normale Supérieure, bâtiment annexe, 46, rue d’Ulm, 75005 Paris, salle de Conférences (Rez de Chaussée)

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Le langage chez Platon

Posted by Hervé Moine sur 28 octobre 2009

Nous vous annonçons qu’un ouvrage à propos du Sophiste de Platon vient de paraître. Il s’agit de l’ouvrage de Michel Fattal qui s’intitule, Le Langage chez Platon. Autour du Sophiste, Paris, chez L’Harmattan, « Ouverture Philosophique », octobre 2009.

Table des matières

Avertissement
Introduction

Chapitre I : Le Cratyle

Chapitre II : Le Phèdre

Chapitre III : Le Sophiste
1. Le problème de la prédication (251a-259d) : une difficulté linguistique, logique et philosophique
2. Les conditions de possibilité du discours vrai et du discours faux (259 d-264 b)

Conclusion
Annexe : Une mise en perspective du « logos » platonicien
Bibliographie sélective

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De nombreuses langues en danger

Posted by Hervé Moine sur 20 octobre 2009

Doit-on assister, sans rien faire, à la mort inéluctable de nombreuses langues ?

the death of language

« Unicité de l’espèce, pluralité des langues »

article d’Hervé Moine

La mort en 2008 du Chef Marie Smith Jones la mort de sa langue

Avec la mort en 2008 de Marie Smith Jones disparaît l'Eyak / © photo AP

« Unicité de l’espèce, pluralité des langues » [1]

« Alors que l’anglais s’internationalise, la richesse linguistique s’amenuise. En effet, d’après certaines prédictions, 90% des langues parlées cesseraient d’exister d’ici 90 ans[2]. Sommes-nous en train de vivre un retour à l' »anté-babel »? La diversité des langues qui est perçue dans la Bible comme un châtiment, peut être ressentie, comme une barrière entre les hommes, une entrave à une commune communication. Si bien que cet appauvrissement annoncé ne semble pas nous apitoyer outre mesure. Mis à part quelques marginaux, qui peut honnêtement considérer grave ce phénomène ? La mondialisation de la langue de Shakespeare ou de Bill Gates est non seulement un fait indiscutable mais un bienfait pour les échanges entre les hommes quelque soit leur origine. En effet, si une langue meure c’est tout simplement parce qu’elle n’est plus parlée, et si l’anglais progresse doit-on envisager, pour autant, cette progression comme la fossoyeuse des langues minoritaires.  Si de nombreuses langues sont appelées à se taire, la diffusion de l’anglais apparaît bel et bien salutaire, ceci semblant répondre à l’éternel désir d’une langue universelle.

Cependant, cette passivité généralisée n’est-elle pas dommageable pour l’ensemble de l’humanité ? Devons-nous assister à la mort de la plupart des langues sans réagir. Cet appauvrissement n’est-elle pas celle de l’humanité elle-même ? Lorsqu’une espèce animale est menacée, publicité est faite et stratégies sont dessinées. Il est de bon ton aujourd’hui de verser dans l’écologie et de crier gare à la catastrophe généralisée. C’est ainsi que le rhinocéros blanc ou le panda devient le symbole de la richesse naturelle qu’il nous faut préserver à tout prix. Sans vouloir remettre en question le bien-fondé et les bons sentiments des luttes écologiques pourquoi le Toroto,  le Chipaya ou le Bikya ne deviendraient-ils pas le symbole de la richesse culturelle ?

Selon notre linguiste national Claude Hagège, « si l’on ne prend pas garde à la progression de l’anglais, il pourrait bien tuer la plupart des autres langues. » Or, chaque langue est précieuse et la pluralité des langues fait la richesse culturelle de l’humanité, celle-ci n’ayant vraisemblablement jamais connue une langue unique. De même que la langue universelle est la solution à un faux problème, une langue unique originelle est de l’ordre du mythe, l’homme n’étant pas fait pour cette unicité, certes imaginée et espérée, mais impossible sans détruire la diversité culturelle. « Et la chair se fit verbe. Contrairement à l’idée courante, il est très probable que l’immense diversité des idiomes aujourd’hui attestés ne se ramène pas à une langue originelle unique pour toute l’humanité. S’il y a unicité, c’est celle de la faculté de langage propres aux hominiens, et non celle de la langue elle-même. » [3]

Hervé Moine

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Notes :

[1] « Unicité de l’espèce, pluralité des langues » est le titre du chapitre 1 du célèbre ouvrage de Claude Hagège, l’homme de parole.

[2] Voir ci-dessous l’article « Et si les langues disparaissaient » paru sur slate.fr, rédigé à partir d’un article de la BBC auquel on pourra se référer.

[3 ] Claude Hagège, L’homme de paroles, Contribution linguistique aux sciences humaines, 1985, chez Fayard, Folio Essais, p. 15

A propos de Marie Smith Jones :

Marie Smith Jones (1918-2008), chef de la nation Eyak, en Alaska, était le dernier locuteur de la langue eyak. « Elle avait participé, entre 2000 et 2005, à l’élaboration du « Eyak Language Project », projet visant à créer un mode d’apprentissage de la langue eyak accessible à tous. Elle travailla avec le linguiste Michael Krauss qui créa un dictionnaire et une grammaire de la langue. La dernière personne avec qui elle échangeait en eyak mourut dans les années 90. Après cela, Marie Smith Jones s’investit pour la défense des langues indiennes et la protection de l’environnement. Elle s’exprima deux fois aux Nations unies. » extrait de Wikipédia.

En savoir davantage sur Marie Smith Jones et la langue eyak :

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Halte à la mort des langues

Nous pourrons nous référer au dernier ouvrage de Claude Hagège, Halte à la mort des langues, traitant, comme le titre l’indique, ce phénomène d’extinction qui pèse sur de nombreuses langues. Nous ne manquerons pas également de lire ou de relire sa célèbre « contribution de la linguistique aux sciences humaines » qu’est L’homme de paroles.

Hagège Halte à la mort des langues

Claude Hagège, Halte à la mort des langues, chez Odile Jacob.

«Dans la mythologie hindoue, l’extinction marque la fin du désespoir et de la souffrance. Salutaire, elle fait place à un monde nouveau et meilleur. Je ne suis pas certain que ceux qui parlent des langues menacées envisagent leur extinction comme la promesse d’un monde meilleur.Les linguistes, eux, sont le plus souvent inquiets de la situation actuelle des langues .» Claude Hagège

Chaque année, vingt-cinq langues s’éteignent. Et, avec elles, disparaissent des communautés, des cultures.

Pourquoi autant de langues s’éteignent-elles ?

Comment peut-on expliquer ce processus d’extinction ?

Y a-t-il quelque chose à faire contre ce processus ? Que peut-on faire pour l’enrayer ?

Heureusement, peut-in remarquer, d’autres langues, parfois, naissent ou renaissent.

Toute la question est de savoir si nous parviendrons à conjurer le danger d’uniformisation qui menace l’humanité ?

Halte à la mort des langues de Claude Hagège, qui résonne comme un signal d’alarme, «Ce beau livre se lit aussi comme une longue méditation poétique inspirée par l’amour des langues. » Le Monde.

Homme de parole

Claude Hagège, L’homme de paroles, Contribution linguistique aux sciences humaines, chez Fayard, Folio/Essais.

« Cet ouvrage offre, sur le rapport entre l’homme et le langage à travers la diversité des langues humaines, une synthèse théorique nouvelles.

La première partie expose l’état présent de certaines des recherches principales sur le langage : unicité de la faculté de parler et pourtant diversité originelle des langues ; importance des créoles comme laboratoires naturels de naissance d’une langue ; enseignements qu’apporte la recherche des universaux linguistique ; intérêt historique et actuel de la relation entre l’écriture et l’oralité dans l’histoire.

La deuxième partie propose une visée anthropologique : elle étudie le signe linguistique, lieu des pressions contraire de l’expressif et de l’arbitraire, puis les rapport entre la langue d’une part, le réel, la logique d’autre part et le problème de l’ordre des mots comme distinct de l’ordre du monde, enfin l’utilisation de la parole à des fins de domination.

La troisième partie définit une théorie descriptive des langues qui fait sa place à la relation entre les participants du dialogue et à la production de sens, ainsi qu’à la variation.

Le tout s’achève sur un hymne aux langues, ces objets chatoyants d’une passion sans fin. » Fayard, Folio/Essais

L’homme de parole a reçu le prix de l’Académie française, 1986 ainsi que le prix de la Société des Gens de Lettres, 1986

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Slate.fr

Et si les langues disparaissaient ?

LU SUR LA BBC

Slate.fr [1]

Sunday, 18 October 2009

7000 langues sont aujourd’hui parlées dans le monde, mais ce nombre pourrait bien se réduire rapidement et considérablement, dans les décennies à venir [2].

En 1992, un linguiste américain prédit que d’ici l’année 2100, 90% des langues parlées cesseraient d’exister, rapporte la BBC. Mais le sujet ne fait pas encore réagir, et demeure à la marge, selon le linguiste français Claude Hagège, qui prévient de ce que «si l’on ne prend pas garde à la progression de l’anglais, il pourrait bien tuer la plupart des autres langues»

Selon l’association américaine Ethnologue, 473 langues sont actuellement considérées comme en danger. Le Lipan Apache n’est plus parlé, par exemple, que par deux individus vivant aux Etats-Unis; le Totoro compte quatre locuteurs en Colombie et le Bikya n’en aurait plus qu’un seul, au Cameroun.

Claude Hagège souligne qu’avec la disparition d’une langue, c’est tout un système qui disparaît. Pas seulement des mots, mais «la façon dont une communauté exprime son humour, son amour, sa vie. C’est le témoignage de communautés humaines, extrêmement précieux».

Le philosophe Gaston Bachelard explique que la langue maternelle, celle de l’éducation, conditionne notre perception du monde. Une langue, par la richesse, la pauvreté, les nuances de ses signes, découpe le monde d’une façon ou d’une autre. Apprendre une autre langue, c’est apprendre à découper le monde autrement. Ainsi, certaines langues ont des nuances de couleurs innombrables : dès lors, il est possible de percevoir le monde de façon plus nuancée. Les bretons n’ont qu’un mot pour le bleu et le vert. Les Inuits ont 17 mots pour la neige. Les rapports sociaux peuvent aussi être transformés. Dans certaines cultures, le «je» n’existe pas, on n’existe alors que dans le rapport aux autres, on se définit comme étant le fils de quelqu’un, le frère, la femme.

A travers une langue, une communauté atteste de sa différence, et de sa variété. Dans son petit opuscule Race et Histoire, l’ethnologue et philosophe Claude Lévi-Strauss [3] expliquait ainsi que le progrès n’est possible, dans l’humanité, que grâce à l’échange de différentes valeurs et de différents talents des communautés. C’est du cumul de ces différences que naît le progrès. Les langues marquent ces différences.

Paul Lewis, de l’association Ethnologue, interviewé par la BBC, la culture et la langue d’une communauté sont si étroitement liés, que si une communauté commence à penser sa langue comme inutile, elle peut se sentir inutile elle-même. Et sombrer dans la dépression, ce qui conduit alors à une rupture du lien social, à des taux de suicide, de consommation de drogue, de dépression élevés, et à des problèmes de transmissions.

Jusqu’à mars dernier, à la Fondation Cartier, à Paris, le photographe Raymond Depardon [4]présentait un petit film d’une demie-heure [5] présentant des populations de toute la planète parlant des langues en voie de disparition [4]. Qu’il s’agisse de l’occitan ou de langues plus exotiques comme le chipaya de Bolivie, toutes les personnes filmées disaient leur douleur et leur angoisse à voir leur langue et donc leur culture, en voie de disparition.

[Lire l’article complet sur la BBC [2]]

Vous souhaitez proposer un lien complémentaire sur ce sujet ou sur tout autre sujet d’actualité? Envoyez-le à infos @ slate.fr

Image de Une: capture d’écran du film de R. Depardon, Terre natale


Source URL: http://www.slate.fr/story/11803/et-si-les-langues-disparaissaientLinks:
[1] http://www.slate.fr/source/slatefr
[2] http://news.bbc.co.uk/today/hi/today/newsid_8311000/8311069.stm
[3] http://fr.wikipedia.org/wiki/Claude_Lévi-Strauss
[4] http://www.evene.fr/culture/agenda/raymond-depardon-paul-virilio-26165.php
[5] http://www.dailymotion.com/video/x84d38_terre-natale-fondation-cartier_creation

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Cafés philo à Margency

Posted by Hervé Moine sur 6 octobre 2009

L’association « Le chemin du philosophe » organise des Cafés philo

les derniers vendredis soir du mois à Margency (95) – Pain Piérol, 29 avenue Georges Pompidou.

Les deux prochaines soirées programmées :


Vendredi 30 octobre 2009 à 20 h 15

Le langage trahit-il la pensée ?

Vendredi 27 novembre 2009 à 20 h 15

Pourquoi des régimes autoritaires ?

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Le projet de l’association « Le chemin du philosophe »

chemin du philosophe

Chemin du Philosophe - La sagesse est dans le paysage

Le projet d’aménagement d’un « Chemin du Philosophe » dans l’environnement du Château de la Chasse, forêt de Montmorency, a été imaginé en 2002 à partir des chemins portant ce nom à Kyoto (Tetsugaku-no-Michi ) et à Heidelberg (Philosophenweg).

Lieu de promenade et de rencontre invitant à la méditation, il est constitué d’un circuit pédestre de 2 à 3 Km et de onze stations dédiées à l’histoire locale (le cimetière de Bosc, la fontaine Sainte-Radegonde) ainsi qu’à des thèmes de réflexion philosophique.

Les aménagements forestiers ainsi que les œuvres de land art, qui seront progressivement mis en place, se veulent esthétiques, étonnants et respectueux de l’environnement naturel.

Visitez ce parcours aménagé dans la forêt de Montmorency de l’Ile-de-France : lieu de méditation et de rencontres avec la philosophie, la sagesse, soi-même, l’autre, la nature, l’histoire locale.

Outre l’aménagement en forêt, l’association réalise des animations : cafés philo, ateliers « art et nature » de type land art, sorties à thèmes, fête annuelle, ateliers d’écritures, contes.

Pour en savoir davantage sur le cette association et son projet

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Bac philo juin 2009 : Les sujets nationaux

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2009

Je viens de recevoir par mes collègues métropolitains, les sujets de l’épreuve de philosophie du baccalauréat sur les quels ont planché, aujourd’hui, les candidats de la France hexagonale. Aussi, je vous les soumets, avant d’aller chercher mon lot de copies à corriger. C’est la 20ème session de bac que je corrige : ça se fête !

Je n’ai pas les sujets des séries technologiques.

Hervé Moine

Série L

Sujet 1

Le langage trahit-il la pensée ?

Sujet 2

L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

Sujet 3

Un extrait du «Monde comme volonté et comme représentation» de SCHOPENHAUER.

Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau.

Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir.

Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

Série ES

Sujet 1

Que gagne-t-on à échanger ?

Sujet 2

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Sujet 3

Un extrait d’ «Essai sur l’entendement humain» de John LOCKE

Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.

Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.

La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?

Série S

Sujet 1

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Sujet 2

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Sujet 3

Un extrait de «De la démocratie en Amérique» de TOCQUEVILLE

Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.

On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d’un premier coup d’œil qu’il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier à l’intérêt général.

C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.

On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s’entraider.

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Baccalauréat 2009 Antilles-Guyane Série L

Posted by Hervé Moine sur 16 juin 2009

Sujet 1

La connaissance rationnelle comble-t-elle toutes les attentes de l’homme ?

Sujet 2

Le dialogue permet-il de surmonter les obstacles qui nous empêchent de comprendre autrui ?

Sujet 3

Expliquer le texte suivant :

Il me semble que la vertu est chose autre, et plus noble, que les inclinations à la bonté qui naissent en nous. Les âmes réglées d’elles-mêmes et bien nées, elles suivent même train, et représentent en leurs actions même visage que les vertueuses; mais la vertu sonne je ne sais quoi de plus grand et de plus actif que de se laisser, par une heureuse complexion1, doucement et paisiblement conduire à la suite de la raison. Celui qui, d’une douceur et facilité naturelle, mépriserait les offenses reçues, ferait sans doute chose très belle et digne de louange; mais celui qui, piqué et outré jusqu’au vif d’une offense, s’armerait des armes de la raison contre ce furieux appétit de vengeance, et après un grand conflit s’en rendrait enfin maître, ferait sans doute beaucoup plus. Celui-là ferait bien, et celui-ci vertueusement: l’une action se pourrait dire bonté, l’autre vertu; car il semble que le nom de la vertu présuppose de la difficulté au combat et du contraste, et qu’elle ne peut être sans partie2. C’est à l’aventure pourquoi nous nommons Dieu3, bon, fort, et libéral, et juste; mais nous ne le nommons pas vertueux; ses opérations sont toutes naïves et sans effort.

Montaigne, Essais – Livre II

1.  tempérament

2.  adversaire

3.  Comprendre: « C’est pourquoi, parmi d’autres noms, nous nommons Dieu … »

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

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Dissertation : Le langage est-il une invention humaine ?

Posted by Hervé Moine sur 6 avril 2009

Je vous propose ici une introduction et une démarche possible pour le développement. Il conviendrait de poursuivre ce travail en creusant le développement et en rédigeant une conclusion.

Sujet : « Le langage est-il une invention humaine ? »

invention-langage

  • Proposition d’une introduction rédigée.

Le langage apparaît, de toute évidence, comme technique de communication. En ce sens, ne fait-il pas partie des inventions humaines, au même titre que toutes celles qui font de l’homme un être de culture, que toutes celles qui font de lui un être distinct de tous les autres êtres de la nature ? Inventer, c’est produire du nouveau, c’est faire apparaître quelque chose qui n’existait pas encore, c’est créer.

Mais, dans quelle mesure, le langage serait-il une invention proprement humaine ? S’agit-il d’une pure invention émanant de l’esprit humain, une création de quelque chose que la nature elle-même n’offrirait pas ? Pourtant, d’une part, si le langage est faculté propre à l’homme, ne doit-on pas alors penser celle-ci comme innée et donc naturelle en l’homme ? D’autre part, force est de constater que, dans la nature, l’homme est loin d’être le seul à communiquer. Et, pour ne pas aller jusqu’à dire que dans la nature tout communique, il est possible tout du moins d’affirmer que cette capacité à échanger des informations et à utiliser des codes pour des fins de communication est largement partagée.

Ainsi, peut-on alors toujours dire que le langage est une invention humaine ? En fait, toute la question est de savoir si le langage provient ou non d’une disposition naturelle, ou bien alors, s’il est de l’ordre de la création de l’esprit humain ? En un mot, le langage relève-t-il de la nature ou de la culture ?

  • Proposition d’un cheminement en vue de la rédaction du développement de la dissertation.

Nous nous proposerons de penser le problème que soulève le sujet en trois temps :

1.       Tout d’abord, il conviendra dans un premier temps de montrer que le langage est, une faculté naturelle c’est-à-dire une disposition innée que l’on trouve chez l’homme, chez tout homme mais pas seulement chez lui. Cette première partie montrera que le langage est partagé par tous les êtres de la nature et par conséquent qu’il est alors bien difficile de parler d’une invention humaine. Cette thèse, selon laquelle, l’homme ne se donne pas lui-même la faculté de langage ne résout cependant pas le problème : si en tant que faculté, il n’apparaît pas possible d’affirmer le langage en terme d’invention humaine, cela ne veut pas dire pour autant qu’en terme de réalisation, de codes de communication, il soit de l’ordre de la nature. C’est ce que s’efforcera de démontrer le deuxième temps du développement.

2.       Ensuite, dans un deuxième temps en effet, des arguments qui attestent l’idée du langage comme invention humaine seront avancés : la diversité et le caractère arbitraire et conventionnel des langues sont bel et bien signes d’invention proprement humaine. Sur le plan des codes de communication, le langage animal apparaît limité et borné à la différence de celui de l’homme sans cesse ouvert. L’aspect conventionnel du langage humain montre à l’évidence qu’il est le fait de son invention. Cependant, cette thèse qui fait de l’existence des langues la preuve même du langage humain une invention humaine ne permet pas de répondre à la difficile question de l’origine du langage humain.

3.       Enfin, peut-on vraiment penser l’origine du langage comme pure convention, pose problème. Et c’est ce problème qui sera creusé dans un dernier temps. Comment penser la langue des origines ? Celle-ci peut-elle avoir été inventée ? Cette partie montrera notamment que le langage tient en fait à la fois de la nature et de la culture.

  • Exercice : Approfondir le développement

  • Exercice proposer une conclusion rédigée.

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