Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Posts Tagged ‘littérature’

Colloque en Pau. « La littérature comme modèle épistémologique »

Posted by Hervé Moine sur 9 septembre 2014

Colloque international interdisciplinaire

« La littérature comme modèle épistémologique »

26 et 27 Mars 2015 à Pau

Colloque international interdisciplinaire, « La littérature comme modèle épistémologique » est organisé par le Literaturarchiv Saar-Lor-Lux-Elsass de l’Université de la Sarre et le Centre de Recherche en Poétique, Histoire littéraire et linguistique (CRPHLL) de l’Université de Pau et des Pays de l’Adour.

Depuis les dialogues de Platon, chaque époque de la pensée occidentale a (ré)évalué et (re)déterminé le rapport d’interdépendance et de conflit entre littérature et philosophie. Or, c’est avec les Lumières que la littérature se voit attribuer une nouvelle importance, non seulement comme moyen de représentation mais aussi comme modèle épistémologique. Pour les penseurs des Lumières, la littérature jouera un rôle fondamental comme medium d’éducation et de perfectibilité dans le contexte des discours de la philosophie populaire et morale, mais avant tout dans le contexte de la corrélation entre pensée et action qui prend un caractère programmatique avec la Révolution de 1789 notamment. En même temps, le nouveau concept de scientificité introduit par le rationalisme occasionne une séparation de plus en plus marquée entre discours esthétique et discours épistémologique.

C’est dans ce contexte que le colloque se propose d’analyser le rapport entre littérature et philosophie en Allemagne et en France dans un « long » XIXe siècle. Nous nous intéresserons tout particulièrement :

(a) au problème du scepticisme croissant vis-à-vis de la connaissance et du langage philosophiques,

(b) à la concurrence entre la connaissance spécifique de la poésie et celle de la philosophie,

(c) aux potentialités et limites des connaissances et savoirs respectifs,

(d) aux conceptualisations du savoir et du potentiel épistémologique de la littérature,

(e) aux revendications de la poésie d’accéder à la/une/des vérité(s) et à la connaissance, ainsi que

(f) à l’analyse de la médialité de la littérature dans le sens de la représentation et de la représentabilité d’enjeux métaphysiques.

Modalités de soumission

Les propositions de communication de 1500 signes maximum ainsi qu’une brève bio-bibliographie sont à envoyer avant le 31 octobre 2014 à Sebastian Hüsch, Centre de Recherche en poétique, histoire littéraire et linguistique (CRPHLL), Université de Pau et des Pays de l’Adour et Privatdozent Dr. phil. Sikander Singh, Literaturarchiv Saar-Lor-Lux-Elsass, Universität des Saarlandes | Université de la Sarre

  • sebastian.husch@univ-pau.fr
  • s.singh@sulb.uni-saarland.de

Posted in annonces, Colloque | Tagué: , , , | Leave a Comment »

La ville de Sète célèbre le plus philosophe des poètes

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Les Journées Paul Valéry

Regards Internationaux sur l’oeuvre de Paul Valéry

du 23 au 25 septembre 2011

Musée Paul Valéry

à Sète

 

Cahier des premiers poèmes de Paul Valéry 1884-1886 (c) Eric Teissèdre

Cahier des premiers poèmes de Paul Valéry 1884-1886 (c) Eric Teissèdre

Le plus philosophe des poètes ou le poète des philosophes, Paul Valéry sera célébré du 23 au 25septembre 2011, au musée qui porte son nom. En effet, le Musée Paul Valéry de Sète lui consacre la première édition des Journées Paul Valéry. Celles-ci auront pour thème « Regards internationaux sur l’oeuvre de Paul Valéry ».

Les Journées réunissent des spécialistes internationaux de Paul Valéry. Aux côtés des spécialistes sont également conviés des poètes français et étrangers s’inscrivant dans une mouvance valéryenne. Ils feront partager leur regard sur l’oeuvre de Paul Valéry. Ce sera aussi l’occasion pour des musiciens de proposer des créations à partir et autour de l’oeuvre du poète.

A l’occasion de ces Journées, le Musée inaugurera la salle Paul Valéry entièrement réaménagée. La collection, qui rassemble au total près de 300 documents et oeuvres du poète, réunit des manuscrits originaux, 41 lettres autographes, des peintures, 80 dessins, pastels et aquarelles, et également des sculptures de Valéry.

Site du Musée Paul Valéry de Sète :

 http://www.museepaulvalery-sete.fr/Les_Journees_Paul_Valery.php

Posted in annonces | Tagué: , , | Leave a Comment »

La Poétique d’Aristote, l’occasion d’une table ronde autour de la nouvelle traduction

Posted by Hervé Moine sur 10 avril 2011

L’aventure « Poétique »

Table ronde autour de la traduction Dupont-Roc et Lallot

de La Poétique d’Aristote

29 avril 2011 – École normale supérieure

45, rue d’Ulm – 75005 Paris

Salle W, 16h-19h

« On n’exagérerait pas beaucoup en disant que l’histoire de la poétique coïncide, dans ses grandes lignes, avec l’histoire de la Poétique », écrivait Tzvetan Todorov préfaçant Aristote. Contrairement à ce que l’on peut parfois lire ou penser, la poétique n’est pas un « moment » de l’histoire des idées qui aurait duré vingt ans en France ; c’est une manière de parler de la littérature, forte de deux millénaires d’existence, et qui n’a cessé d’interroger et d’infléchir l’héritage de celui qui l’a portée sur les fonts baptismaux.

Il y a quarante ans étaient fondées la revue et la collection « Poétique » ; il y a trente ans paraissaient dans cette même collection la traduction et le commentaire du traité d’Aristote par Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, ouvrage qui a fait date pour toute une génération et qui reste une référence pour les théoriciens de la littérature, les hellénistes et les philosophes. Une réflexion sur le passé, le présent et (surtout) l’avenir de la poétique ne saurait trouver meilleure occasion. Conçue comme une discussion à partir de passages et de termes clefs (mimèsis, muthos, historia, catharsis…), à laquelle le public sera invité à prendre part, cette table ronde sera tout à la fois une contribution à la philologie aristotélicienne et à l’histoire de la théorie littéraire, mais aussi une réflexion sur ce que signifie pour nous le mot « poétique » et sur les manières dont, aujourd’hui, on s’intéresse aux catégories formelles et génériques qui transcendent les oeuvres littéraires singulières.

Les actes de cette table ronde paraîtront dans un numéro de la revue en ligne Fabula-LHT (http://www.fabula.org/lht) intitulé « L’aventure « Poétique » ».

La table ronde réunira autour des deux traducteurs, Roselyne Dupont-Roc et Jean Lallot, et de leur éditeur, Tzvetan Todorov, des chercheurs en littérature générale et comparée, Bérenger Boulay, Yves Chevrel et Françoise Graziani, ainsi que des hellénistes spécialistes d’Aristote, Pierre Destrée et Claudio Veloso.

Cette table ronde organisée par Bérenger Boulay, Frédérique Fleck et Florian Pennanech et avec le soutien du Département des Sciences de l’Antiquité de l’ENS et de l’Équipe « Recherches sur la pluralité esthétique » EA 1575 (Université Paris 8).

 

Posted in annonces, Evénement, Les parutions, Littérature, rencontre | Tagué: , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Créolisation. La littérature du Tout-Monde

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Mardi 29 mars à 19h

NYU Paris, 56 rue de Passy, Paris 16e

Conférence d’Emily Apter

Le « monde » de la Littérature-monde

Emily Apter est une philosophe américaine, professor of French and Comparative Literature à NYU. Elle est une importante théoricienne de la traduction, et a écrit notamment The Translation Zone: A New Comparative Literature (Princeton University Press, 2006), Continental Drift: From National Characters to Virtual Subjects (University of Chicago Press, 1999), Feminizing the Fetish: Psychoanalysis and Narrative Obsession in Turn-of-the-Century France (Cornell University Press, 1991).

Cette conférence fait partie du Séminaire de l’Institut du Tout-Monde 2010-2011 « La créolisation des pensées,imaginaires et écritures » en partenariat entre l’Institut du Tout-Monde, l’Université de Paris 8 et l’Agence Universitaire de la Francophonie.

La créolisation est un processus distinct du métissage. Elle dessine un schème de relation qui transforme les éléments réunis et les mobilise dans un devenir de l’échange. L’étude de ce phénomène culturel et linguistique doit s’exercer à l’écart d’une morale et d’un progressisme qui valorisent le mélange par principe. Observer puis comprendre ces dynamiques imprévisibles, souvent violentes, supposent une attention intellectuelle, visuelle et auditive aux figures de pensée et d’imaginaire telles que l’hétérogenèse, la greffe et la métamorphose.

Cette notion de créolisation a été initiée par Edouard Glissant. Elle a été développée sous d’autres noms et par d’autres théoriciens pour penser les identités postcoloniales (hybridation, liminalité, interstices…). À partir d’une écologie de la mondialité, elle permet de concevoir des modélisations pour la philosophie et les sciences du vivant. Elle inspire aussi des créations littéraires et artistiques aux dénominations encore incertaines (littérature-monde, baroques, art relationnel…). L’enjeu de ce seminaire sera d’interroger les extensions de la créolisation, sa pertinence descriptive et sa puissance manifestaire.

 

Posted in annonces, conférence, Littérature | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Il était une fois un étudiant en philosophie bavard et égocentrique

Posted by Hervé Moine sur 21 mars 2011

James Morrow

L’Apprentie du philosophe

Au Diable Vauvert (février 2011)

Présentation de l’éditeur

Mason Ambrose, un étudiant en philosophie bavard et égocentrique, touche le fond après que le travail de sa vie, Ethiques de la terre, a été mis en miettes par un rival aigri. Après s’être vu offrir un poste de professeur sur une île qui aurait fait la fierté du Dr Moreau, le bon thésard se lance vite dans des joutes verbales avec son élève, une érudite blessée mais obstinée appelée Londa, à qui il a pour mission de transmettre rien de moins qu’une morale fonctionnelle.

Sur cette île la matriarche et mère de Londa, la généticienne Edwina Sabachthani, s’est adonnée à des tests génétiques pour créer des arbres conscients, un iguane mutant doué de parole et d’autres aberrations de la nature. Après le décès prématuré d’Edwina, Mason et ses collègues professeurs s’accordent, à leurs risques et périls, pour ne rien dévoiler du secret de Londa et de sa fratrie hors normes.

Après s’être échappé, Ambrose s’essaye à la vie de couple avec une jeune et belle étudiante anglaise, mais l’apparition fracassante d’un homme qui dit se nommer John Snow et appelle Mason « papa » vient bouleverser la tranquillité qu’il chérissait. Entre-temps, Londa a abandonné la science et est devenue une célébrité médiatique à l’influence considérable et à la vision plus sombre, insufflée par les Évangiles, d’un nouvel âge d’or pour l’humanité. Lancé vers son destin, Mason doit choisir entre consommer et détruire son premier amour. « Essaie de retenir ton jugement jusqu’à ce que tu saisisses la vision d’ensemble », lui conseille Londa. Une prudence salutaire pour les lecteurs de cette pièce à haute ambition morale, savant mélange de sacré et de profane qui lorgne aussi bien du côté de la philosophie éthique que de Mary Shelley ou George Bernard Shaw.

Se procurer l’ouvrage de James Morrow L’apprentie du philosophe

James Morrow d'après une photo de Houari Boumedienne

James Morrow, un romancier humaniste scientifique

Né le 17 mars 1947 à Philadelphie en Pennsylvanie, James Morrow est un romancier américain.  Se décrivant lui-même comme un « humaniste scientifique », son œuvre est non seulement une satire des religions établies mais aussi de l’humanisme et de l’athéisme. Ainsi, dans son roman En remorquant Jéhovah où le corps de Dieu flotte sans vie dans l’océan, Morrow se livre à une sévère critique des croyances traditionnelles mais dans le même temps il tourne en ridicule la morale d’un monde post-déiste.

Morrow plonge souvent son lecteur dans l’embarras : comment peut-on choisir entre un mensonge décérébrant et une réalité pathétique ? Peut-être en apprenant à vivre dans l’incertitude.

James Morrow a obtenu un certain nombre de prix dont le Prix World Fantasy et le Prix Nebula

La Bibliographie de James Morrow

  • L’Apprenti du philosophe, Au Diable Vauvert, 2011
  • Le Dernier Chasseur de sorcière, Au Diable Vauvert, 2003
  • La Grande Faucheuse, Au Diable Vauvert, 2000
  • Le Jugement de Jéhovah, Au Diable Vauvert, 2000 – J’ai lu, 1995
  • En remorquant Jéhovah, Au Diable Vauvert, 2000
  • Notre mère qui êtes aux cieux, J’ai lu, 1999
  • Cité de vérité, J’ai lu, 1992
  • Le Vin de la violence, J’ai lu, 1989
  • Ainsi finit le monde, J’ai lu, 1988
  • L’Arbre à rêves, La Découverte, 1986 – J’ai lu no 2653, 1989

Se procurer les ouvrages de James Morrow

 

Apprentie du philosophe de James Morrow

Article de Nathalie Bachelerie lu dans froggydelight.com

« Dieu m’a mis sur Terre pour que je passe ma vie à élaborer des théories prouvant qu’il n’existe pas. » dit James Morrow. En 1947, astralement parlant, Voltaire avait largement eu le temps de se détacher de son enveloppe charnelle archi décomposée, pour loger dans un nouveau nourrisson : James Morrow fut l’heureux élu. Et son choix fut le bon, puisque ce dernier, une fois un diplôme de chez Harvard en poche se met à produire des textes dignes de son ancêtre des Lumières.

L’Apprentie du philosophe fait penser à un certain Candide, dénonçant l’atrocité de son époque à grand coup de prophéties anodines : « c’est à ce prix que vous mangez du sucre en Europe », disait-il en observant un malheureux esclave privé de plusieurs de ses membres. Sous couvert de science-fiction, L’Apprentie du philosophe délivre une sorte de parallèle à notre réalité, la montrant sous un nouvel angle.

Le philosophe, c’est Mason Ambrose, le maillon faible, un étudiant échouant au doctorat, sa thèse Ethiques de la terre, ne faisant pas l’unanimité du jury. L’apprentie, c’est Londa, une grande ado sociopathe vivant avec sa mère sur une île, loin de tout. Et qui dit loin de tout dit forcément, tiens, tiens, il y a un truc entre ces deux là. Et quel truc !

Mason Ambrose est embauché par Edwina, la maman, pour faire l’éducation morale de sa fille (Londa), sociopathe sans aucune notion du bien et du mal, qui arrache les ailes de papillons et lance des cailloux pour casser les vitres de la cuisine. S’inspirant de philosophes de l’Antiquité à nos jours, de Socrate à Nietzsche en passant par Freud et Piaget… Ouah la la, la poussière qu’il y a là-dessus dans mon cerveau… Moi, ma prof de philo s’appelait Marilou, c’était la mascotte du lycée, elle était fan de Kant et Spinoza et vous ? Le problème en philo, c’est que je me perds dans ce que je raconte, et je ne retombe pas toujours sur mes pattes, j’ai perdu le fil là…

Je disais donc, le philosophe de l’histoire s’inspire de ses pairs passés et théâtralise des problèmes moraux posés, l’objectif est bien sûr que son élève suive la voix de la sagesse, sous-entendu que la sagesse est nécessairement inhérente à la bonté et au désintéressement, c’est-à-dire penser au bien d’autrui sans dessein vénal en ce que l’identité individuelle ne se construit que parmi des identités collectives, ce qui fait donc le déterminisme de l’histoire, à savoir, comment épanouir son surmoi dans une conscience qui n’en a pas ? Pfff, j’ai fait une phrase à mille points là, ça faisait longtemps que j’avais envie de caser tous ces mots…

Dans L’Apprentie du philosphe, Londa s’acquitte fort bien des exercices scéniques de son maître à penser. C’est alors que le lecteur apprend en même temps que Mason Ambrose (le philosophe), qu’Edwina (la maman) est en fait une sorte de sorcière des éprouvettes, sa Londa de fille a été créée dans un ontogénérateur, genre de chaudron où les fœtus croissent plus vite que la musique. Et ce n’est pas fini puisque Donya et Yolly sont deux petites soeurettes-clones de Londa, vivant chacune dans un coin de l’île, avec chacune un philosophe chargé de leur éducation morale.

Les petites ont des connaissances téléchargées au moyen d’un obscur échange de données, mais l’apprentissage de la vie, la croissance naturelle que vous et moi avons connu, ont permis de développer notre surmoi, genre d’Assemblée Nationale de notre être, ce dont les fillettes sont dépourvues, puisqu’elles ont poussé trop vite.

Puis la maman décède, les fillettes grandissent, les protagonistes se séparent, Londa devient généticienne à son tour, Mason se marie à une jolie étudiante anglaise. Tout va bien jusqu’au jour où un certain John Snow frappe à la porte du couple en se présentant comme leur fils… Le fœtus avorté a fait un tour dans l’ontogénérateur et le voilà adulte, avec tous les fœtus de la ville et d’autres cités. Et la guerre est déclarée…

C’est comme ça que Mason et Londa reprennent contact, Mason toujours aussi pommé, Londa, star médiatique qui choisit de remodeler la conscience collective en prenant en otage les influents passagers du New Titanic…

Promis, je ne vous raconte pas la fin, même si mes moults paroles ne traduisent pas le quart de la profondeur du roman. A partir d’une trépidante aventure de science-fiction, L’Apprentie du philosophe fait s’interroger notre conscience sur ce qu’elle fait, sur nos désirs, sur Mais où allons-nous ? Mais pourquoi faire ça ? Est-ce vraiment nécessaire ?

Et toutes ces questions trouvent leur réponse dans le livre, car le talent de James Morrow, c’est aussi d’avoir mis cette philosophie complexe à la portée de la simple mortelle que je suis.

Se procurer l’ouvrage de James Morrow L’apprentie du philosophe

Posted in Littérature, philosophie | Tagué: , | 1 Comment »

La critique au crible

Posted by Hervé Moine sur 18 mars 2010

Les facultés de juger

Critique et vérité

Du 7 avril 2010 au 10 avril 2010

____________________________________

Les facultés de juger, Critique et vérité

Colloque organisé par le CERILAC/ Paris Diderot

Equipe Théorie Littéraire et Sciences Humaines
Centre Roland – Barthes

Responsables scientifiques:
Evelyne Grossman/ Martin Rueff

7, 8, 9, 10 Avril 2010

Université Paris Diderot-Paris 7/ site Paris Rive Gauche

Sous le titre Les facultés de juger (critique et vérité), on propose de faire se rencontrer des journalistes, des critiques professionnels, des critiques universitaires et des écrivains, pour parvenir à une formulation adéquate de la question du jugement esthétique aujourd’hui. Il s’agit de faire le point sur l’activité et la pensée critique : sur son sens, sur sa généalogie, sur sa portée. Mais aussi sur ses ambitions et sa nécessité : critique et vérité. Rien ne sert de déplorer une perte généralisée de l’esprit (ou du sens) critique, ou de se plaindre que la situation de la littérature (comme celle de l’art) soit de plus en plus difficile. Laissons la plainte aux idéologues. Critiquons et voyons comment on critique. Soyons résolument critiques.

La place du jugement dans l’exercice critique doit être repensée. Juger ce n’est pas expertiser (cf. la charge de Milner), c’est évaluer dans un accompagnement des oeuvres et des productions qui exige du tact, mais aussi des critères qui correspondent à des règles où le sensible et l’intelligible se mêlent d’une manière certainement complexe mais que rien n’interdit, en droit, de décrire. Les étudiants sont obsédés par cette question qui travaille tous les artistes.

On se souvient qu’en 1967 Georges Poulet dirigeait un ensemble décisif intitulé Les chemins actuels de la critique : il s’agissait d’exposer les avancées de la critique littéraire, de faire se croiser des approches différentes et parfois contradictoires. Les exposants les plus remarquables de la critique psychologique, de la critique formaliste, de la psychanalyse existentielle, mais aussi de la critique d’inspiration bachelardienne ou de la sociocritique se réunissaient pour exposer leurs thèses et en discuter. La pensée critique avançait. Avec quel profit on le sait.

Certes, on ne retracera plus les chemins actuels de la critique. Question d’époque. L’effort critique nécessite cependant qu’on pense le geste critique pour aujourd’hui.

On propose donc que se tienne un colloque de plusieurs jours consacrés à faire se rencontrer plusieurs corps de métier attachés à la critique : artistes, créateurs, enseignants de diverses disciplines, critiques journalistiques, éditeurs de revue critique, critiques universitaires. On pourrait peut-être essayer de lever les malentendus.

C’est pourquoi on propose un colloque qui porte sur les concepts, les supports, les effets de la critique.

Quant aux concepts, la chose est simple : il s’agit de se demander comment on juge, de conduire les participants à réfléchir sur les règles du goût, sur les conditions de possibilité du partage esthétique. On pourrait ici proposer une généalogie du geste critique dans laquelle Kant devrait occuper une place déterminante. Cette interrogation peut bien être mise sous le signe du titre ancien de Barthes : critique et vérité à condition qu’on la pense bien comme une interrogation dialectique et politique uniment.

Quant aux supports, il faudrait faire grand cas de la différence qui existe aujourd’hui entre plusieurs supports de l’activité critique : la critique de journal (quotidien ou hebdomadaire), le magazine, mais aussi la revue spécialisée doivent se confronter aujourd’hui à la critique sur support électronique : revues internet mais aussi blogs littéraires. A ce titre, nous pourrions profiter de la présence de nos collègues de cinéma et de théâtre pour nous interroger avec eux sur le rôle de la critique dans leurs disciplines.

Quant aux effets, il serait bon de s’interroger sur le rapport de la critique et de la création aujourd’hui. C’est aussi un moyen de penser la modernité des poétiques. Des écrivains pourraient être conduits à dire, en public, la manière dont s’articulent, dans leur création, la pensée critique et le jaillissement de l’oeuvre. Inutile de rappeler combien nos étudiants sont attachés à cette question. On mettrait peut-être fin aux soupçons anti-intellectuels qui animent une part de l’opinion publique et des médias.

Au programme du colloque

Mercredi 7 avril 2010 : Les concepts de la critique et les styles de la critique

  • Julia Kristeva (Paris Diderot – IUF) « D’un discours sans objet »
  • Martin Rueff (Paris-Diderot) « Les facultés de juger »
  • Evelyne Grossman (Paris Diderot – CIPh) « En finir avec le jugement ? »
  • Patrick Hochart (Paris Diderot) Juger (Hannah Arendt)
  • Pierre Zaoui (Paris Diderot) « De la critique à la position et à l’affirmation : un voyage sans retour? »
  • Laurent Jenny (Université de Genève) « Vies et morts de la critique »
  • Eric Marty (Paris Diderot) « Barthes, critique et philosophie »
  • Marielle Macé (CNRS/ EHESS) « Le tournant esthétique de la critique »
  • Marc Escola (Paris 8 ) « Petites querelles du Grand Siècle, ou l’accent circonflexe »
  • Pierre Pachet (Paris Diderot) « A la rencontre des écrits politiques d’André Chénier »
  • Florence Dupont (Paris Diderot), Malika Bastin-Hammou (Université Grenoble 3), Pierre Katuszewski (Université Bordeaux 3 et Paris Diderot) « Quand la critique théâtrale ‘fait théâtre’ : (Aristophane, Térence. Pasolini) »

Jeudi 8 avril 2010  : L’état critique de la critique,l’état critique de la littérature, les écrivains et la critique

  • Gilles Moutot (Montpellier) « “Faire des choses dont nous ne savons pas ce qu’elles sont” : esthétique et critique selon Adorno »
  • Laurent Dubreuil (Cornell University) « Literature now »
  • Bertrand Leclair (essayiste et romancier) « La communication triomphante ou la nécessité de redéfinir l’espace critique »
  • Jérémie Majorel (Paris Diderot) « La critique d’Albert Thibaudet »
  • Philippe Beck (Nantes) « Critique et poétique (la descendance de Genette) »
  • Jean Delabroy (Paris Diderot) « La tierce voix (voix de personne, voix de quelqu’un »
  • Philippe Forest (Nantes) « Du ‘surimpressionisme’ critique »
  • Tiphaine Samoyault (Paris 8 ) « Avons-nous des modèles ? »
  • Elisa Sclaunick (Paris Diderot) « La critique d’écrivain (Dupin et les peintres) »
  • Miguel Abensour (Paris Diderot) « Pour une philosophie politique critique »

Vendredi 9 avril 2010 : Les supports de la critique

  • Jean-Louis Jeannelle (Paris IV/ Le Monde des livres) « Les valeurs de la critique »
  • Table ronde animée par Evelyne Grossman avec Patrick Kéchichian (La Croix) Jean Louis Jeannelle (Paris IV/ Le Monde des livres) Alain Veinstein (France Culture)
  • Francis Marmande (Paris Diderot) « Critiques d’objets non identifiés »
  • Intervention d’Omar Merzoug (La Quinzaine Littéraire)
  • Table Ronde des revues (P Chartier) Michel Crépu pour la Revue des deux Mondes Thierry Guichard pour le Matricule des Anges Omar Merzoug pour La Quinzaine littéraire Jean-Baptiste Para pour Europe Philippe Roger pour Critique
  • Table ronde JP Courtois/ M. Rueff la critique sur le net – singularité exemplaire du poétique, avec Pierre Le Pillouër (poète, site sitaudis), Florence Trocmé (site pozibao) Sébastien Rongier (site remue.net) et François Rannou (poète, publie.net)

Samedi 10 avril 2010  : La critique est difficile : Les objets modernes de la critique et la critique d’art

  • Christophe Bident et Christophe Triau (Paris Diderot) « Critique théâtrale : une scène désertée ? »
  • Hervé Joubert-Laurencin (Amiens) « Sans rien changer, que tout soit différent ou Le renouvellement de l’objet critique comme éternelle continuation de la critique »
  • Yannick Seïté (Paris Diderot) « Habiliter un objet nouveau : la critique et le jazz »
  • Franz Anton Cramer (Université des Arts de Berlin) « Critique de sauvetage : à propos d’objets éphémères dansés et leur construction par le discours »
  • André Gunthert (EHESS) « Pourquoi l’art ne peut pas être numérique ? »
  • Baldine Saint-Girons (Paris 10) « Inventer ou juger? La tradition rhétorique »
  • Yan Ciret (France Culture, Art Press) « Figures de la critique désoeuvrée »
  • Bertrand Clavez (Rennes II) « Fluxus, un art critique de l’art du critique d’art ? »
  • Jean Pierre Cometti (Aix-en-Provence) « Pour une critique sans jugement »
  • Nathalie Heinich (CNRS) « Topiques de la critique en art contemporain »

Responsable : M. Rueff & E. Grossma

Posted in Colloque, philosophie | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

L’oeuvre camusienne et le christianisme

Posted by Hervé Moine sur 2 mars 2010

Colloque

Camus, la philosophie et le Christianisme

Le 15 mars 2010

Institut Catholique de Paris

21 rue d’Assas 75270 Paris cedex 06

__________________________________________________________________

En l’honneur du 50ème Anniversaire de la Mort d’Albert Camus, la Faculté de Philosophie et le Laboratoire d’Anthropologie Philosophique et de philosophie pratique de l’Institut Catholique de Paris organisent les 15 et 16 mars 2010, en partenariat avec la Société d’études camusiennes, un colloque universitaire international intitulé « Camus, la philosophie et le Christianisme ».

Ce colloque étudiera comment Camus, qui rejetait l’esprit de système et l’idéologie religieuse et s’efforçait de vivre selon une éthique de l’existence absurde et révoltée, s’est situé par rapport au Christianisme au cours de sa vie, dans son œuvre littéraire et dans sa pensée philosophique.

Une quinzaine de conférenciers interviendront dont :

  • Hans Achterhuis, Professeur émérite de philosophie systématique (Université de Twente),
  • Peter Dunwoodie, Professeur de littérature française (Université de Londres),
  • Hubert Faes, Professeur de Philosophie, Doyen Honoraire de la Faculté de Philosophie de l’Institut Catholique de Paris,
  • Lissa Lincoln, Professeur de littérature (Université Américaine de Paris),
  • Agnès Spiquel, Professeur de Littérature (Université de Valenciennes), Présidente de la Société d’études camusiennes,
  • Heinz Robert Schlette, Professeur émérite de Philosophie (Université de Bonn),
  • Maurice Weyembergh, Professeur émérite de Philosophie (Université Libre de Bruxelles).

Tarif : 10 € un jour – 20 € les deux jours.
Information et inscription : 01 44 39 84 86.

Programme et coupon réponse du colloque Camus (399,11 kB)

http://www.icp.fr

« Albert Camus est sensible à l’humanité du Christ »

Publié dans La Croix le 15 mars 2010

http://www.la-croix.com/-Albert-Camus-est-sensible-a-l-humanite-du-Christ-/…

Alors que, à l’occasion du 50e anniversaire de la mort d’Albert Camus, un colloque sur «Camus, la philosophie et le christianisme» se tient jusqu’au mardi 16 mars à l’Institut catholique de Paris, le philosophe Arnaud Corbic décrypte le lien d’Albert Camus au christianisme

ENTRETIEN
Arnaud Corbic
Docteur en philosophie (1)

La Croix : De quelle manière la question du christianisme est-elle présente chez Camus ?

Arnaud Corbic : Pour lui, le christianisme représente une séduction et une impossibilité. « La pensée catholique me paraît toujours douce-amère. Elle séduit puis me heurte », avait-il confié, jeune lycéen, à son professeur de philosophie, Jean Grenier. Pour lui, la question de Dieu est indécidable. Incroyant, Camus sait pourtant ne pas se reposer dans l’incroyance.

Qui sont ses interlocuteurs chrétiens ?

On peut en citer quelques-uns : saint Augustin, saint François d’Assise et Pascal. Chacune de ces figures est relue de manière très personnelle. En Augustin, Camus voit le seul grand esprit chrétien qui ait regardé en face le problème du mal. François d’Assise représente pour lui un autre visage du christianisme méditerranéen, un « amant de la nature et de la vie » qui justifie « ceux qui ont le goût du bonheur ». Ce lien avec le saint d’Assise est indissociable de l’amour des pauvres et d’un regard positif porté sur la pauvreté et son mystère. Enfin, le philosophe Pascal est pour Camus l’homme du questionnement sur Dieu. Mais, comme il le dira, il est de ceux « que Pascal bouleverse et ne convertit pas ».

Comment Camus justifie-t-il son agnosticisme ?

Il n’a cessé d’admirer le Christ en son humanité, mais il ne croit pas en sa résurrection. « Le Christ est peut-être mort pour quelqu’un, mais ce n’est pas pour moi », écrit-il dans les Carnets. Il ne dit pas que la vérité chrétienne est illusoire, mais seulement qu’il n’a pas pu y entrer. Camus est sensible, exclusivement mais profondément, à l’humanité du Christ.

Son éthique n’est-elle pas marquée par une forme de spiritualité ou de sacré ?

Camus opte pour une existence sans Dieu, mais non sans sacré. C’est un sacré empreint d’hellénisme, marqué par la présence charnelle du monde, du cosmos et de la nature. Son éthique de la révolte et de l’amour n’est pas non plus exempte de sacré. Chez Camus, l’amour enveloppe la révolte et lui évite de sombrer dans le nihilisme. C’est une révolte qui débouche sur la vie.

Faut-il pour autant parler d’une forme de « sainteté laïque » ?

L’idéal de sainteté laïque – « être saint sans Dieu » – n’est pas celui de Camus. C’est celui d’un de ses personnages dans La Peste, Tarrou. Ce qui intéresse Camus, et dont le docteur Rieux est le porte-parole, c’est d’« être un homme ». Le médecin est la figure emblématique de cet homme solidaire, qui ne recherche pas un héroïsme vertueux.

Quelles sont les critiques adressées au christianisme et à l’Église ? En quoi Camus questionne-t-il encore les chrétiens ?

La critique du christianisme par Camus est largement tributaire de celle de Nietzsche. Comme lui, Camus se veut « fidèle à la terre ». Il critique les « arrière-mondes » qui offrent l’illusion d’une autre vie, alors que seule compte l’existence présente. Camus n’a pourtant pas d’exigence particulière à l’égard des chrétiens, il leur demande juste de se conformer aux exigences d’une éthique commune. Ce qu’il n’admet pas, c’est de les voir manquer à leurs devoirs d’hommes.

Quant à l’Église institutionnelle, Camus lui reproche « sa tiédeur » et son alliance avec les « forces de conservation ». Dans un entretien en 1948, il déclare : « Je prendrai l’Église au sérieux quand ses chefs spirituels parleront le langage de tout le monde et vivront eux-mêmes la vie dangereuse et misérable qui est celle du plus grand nombre. » Pour Camus, les chrétiens sont appelés à s’engager au service des plus démunis. Sinon, dit-il, « les chrétiens vivront et le christianisme mourra ».

Recueilli par Élodie MAUROT

(1) Auteur de Camus et l’homme sans Dieu, Cerf, 256 p.

Pour commander l’ouvrage d’Arnaud Corbic, Camus et l’homme sans Dieu, Cerf


Posted in Colloque, philosophe, philosophie | Tagué: , , | Leave a Comment »

De Hölderling à Proust en passant par Sartre et Lacan…

Posted by Hervé Moine sur 2 février 2010

Littérature et métaphysique

Séminaire de l’Ecole Normale Supérieure d’Ulm 2010

_____________________

E.N.S. – 45, rue d’Ulm – Paris 5e

En 2010 les séances ont lieu les jeudis 4 février, 4 et 18 mars, 1 er avril, 6 et 27 mai

de 18h30 à 20h30 mais les horaires restent à préciser

On assiste au séminaire sans inscription ni frais.

Programme

  • 1ère séance le 4 février 2010

Marc Goldschmit « Hölderlin dans l’absolu romantique hors de lui »

  • 2ème séance le 4 mars 2010

Thomas Dutoit « Les romantiques anglais et les taches du temps (spots of time) »

  • 3ème séance le 18 mars 2010

Marc Goldschmit « Maladresses de Sartre » à propos de Qu’est-ce que la littérature ?

  • 4ème séance le 1er avril 2010

Clotilde Leguil « Lacan avec Sartre, une reprise de l’existentialisme au service de la réinvention de la psychanalyse »

  • 5ème séance le 6 mai 2010

Thomas Dutoit « Tristram Shandy ou les trous de l’histoire de Laurence Sterne »

  • 6ème séance le 27 mai 2010

Sara Guindani La « Recherche » de Proust : une écriture de l’ombre

Argument du séminaire littérature et Métaphysique

Être, inconscient, écriture : la part de pensée de notre héritage, non sans testament, mais dont le légataire reste peut-être encore à venir. Sans nier les différences entre les travaux qui ont permis de dégager et d’élaborer les pensées de l’être, de l’inconscient et de l’écriture, on peut dire que le travail de ces trois pensées, et de leur dépassement dans l’écriture, a produit un profond déplacement : le sens (de l’histoire, du sujet, du discours) s’est trouvé, à partir de ce travail, n’être plus disponible, ni donné, ni constructible. Porté d’abord par trois noms (Heidegger, Freud, Derrida), cette élaboration a donné, en effet , lieu à un suspens du sens, à l’ouverture d’une béance dans l’histoire.

Nous chercherons à nous demander, dans ce séminaire, comment l’écriture littéraire peut penser, panser et accompagner, voire provoquer ce déplacement et cette ouverture du sens, quand elle pense les transformations, y compris les déformations et les défigurations incompréhensibles, du monde, du sujet et du discours. Et comment la réinvention continue de la littérature, et l’interrogation sur sa forme et sur celle du monde, a été inséparable d’une pensée de la transformation sans forme, de repérages — performants, performatifs — de telles perforations.

Nous nous demanderons donc comment ce qui a été laissé pour compte (l’être, l’inconscient, l’écriture) dans l’accomplissement du Savoir peut se frayer un avenir, un autre avenir, dans, par et contre le texte littéraire.

Posted in philosophe, philosophie, Séminaire | Tagué: , , , , , , , , , , | Leave a Comment »