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Posts Tagged ‘philosophie antique’

Causes et Principes au Moyen-Age

Posted by Hervé Moine sur 2 novembre 2013

La prochaine séance du séminaire « Causes et Principes de l’Antiquité au Moyen Age » co-organisé par Anca Vasiliu et Cristina Viano dans le cadre du programme « L’héritage philosophique de l’Antiquité » du Centre Léon Robin (CNRS, Université Paris-Sorbonne), aura lieu, comme annoncé au début de l’année, le 7 novembre (14h30-18h30) dans la Salle des Conseils (J 636) de Paris-Sorbonne.

Au programme de la séance

  • Maria PROTOPAPAS (Académie d’Athènes) : La théologie stoïcienne et l’Hymne à Zeus de Cléanthe
  • Dominique POIREL (CNRS-IRHT) : Les causes exemplaires chez les Victorins

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Recensement et interprétation du lexique de la connaissance dans les oeuvres des Anciens

Posted by Hervé Moine sur 21 juillet 2012

Colloque franco-britannique en sciences de l’Antiquité

du 5 au 8 septembre 2012

Bordeaux

par l’Institut Ausonius

à l’Université de Bordeaux 3

L’institut Ausonius et l’université de Bordeaux 3 accueillent du 5 au 8 septembre 2012 la VIIe Celtic Conference in Classics (CCC), ou colloque franco-britannique en sciences de l’Antiquité. Environ cent-dix chercheurs, majoritairement anglo-saxons, s’y retrouveront, répartis en dix ateliers de réflexion très variés, relevant de l’histoire, de la littérature ou de la philosophie. Les communications se feront en français ou en anglais. L’atelier relevant plus particulièrement de la philosophie portera sur la connaissance.

Philosophie : le lexique de la connaissance / Philosophy of knowledge

Qu’est-ce que la connaissance ? Cette question peut rester implicite dans des contextes dévolus à d’autres notions, ou être au contraire propulsée au premier plan en tant que sujet propre d’une enquête philosophique. Mais ce que l’on appelle « connaître » ou « la connaissance » ne relève jamais exclusivement de l’épistémologie. Comprendre, en effet, ce qu’est la connaissance pour tel philosophe de l’antiquité est tout simplement au cœur de l’entreprise consistant à comprendre sa pensée de façon globale.

Les chercheurs réunis dans cet atelier de discussion s’attacheront à recenser et à interpréter le lexique de la connaissance présent dans les œuvres des philosophes antiques, depuis les Présocratiques jusqu’à l’époque impériale.

Les intervenants à cet atelier de discussion

  • Lesley Brown (Oxford), « Varieties of agreement in Plato »
  • Fritz-Gregor Herrmann (Swansea), « doxa from the Presocratics to Plato »
  • Catherine Rowett (East Anglia), « Knowledge and correct impressions in Plato’s Meno »
  • Antony Hatzistavrou (Hull), « The instability of true beliefs in the Meno »
  • Walter Cavini (Bologne), « On episteme as a stable mental state »
  • Emmanuel Bermon (Bordeaux), « Connaissance de soi et connaissance d’elle-même / Knowledge of the self and knowledge of itself »
  • Paolo Crivelli (Genève), « Aristotle’s Definition of Universals in de Interpretatione 7 »
  • Annamaria Schiaparelli (Genève), « Aristotle’s Account of Fallacious Language in the Sophistical Refutations »
  • Valentina di Lascio (Durham), « The role of beliefs in Aristotle’s Sophistical Refutations »
  • Luca Castagnoli (Durham), « The language of aporia from Socrates to SextusEmiricus »
  • Angelo Giavatto (Nantes), « Epictetus on preconceptions »
  • Pierre Pellegrin (Paris), « Thoughts on Aristotle’s cognitive vocabulary »

Pierre Pellegrin et Emmanuel Bermon

Le vocabulaire d'AristoteAncien élève de Canguilhem et philosophe, Pierre Pellegrin est directeur de recherche émérite au CNRS, dans l’unité CHSPAM (Centre d’Histoire des Sciences et Philosophies Arabes et Médiévales.) Grand spécialiste d’Aristote a traduit de nombreux ouvrages de cet illustre philosophe de l’Antiquité et notamment Les Parties des animaux : Edition bilingue français-grec en 2011, c’est à ce titre qu’il interviendra dans l’atelier de discussion « philosophie », dans une réflexion à propos du vocabulaire cognitif du maître. On pourra d’ailleurs lire à profit, Le vocabulaire d’Aristote qu’il a écrit sous la direction de Jean-Pierre Zarader aux éditions Ellipses en 2001, dont voici une présentation :

« Une lecture superficielle du corpus aristotélicien peut laisser l’impression que l’on a affaire à une pensée d’une systématicité sans faille, alors qu’une approche plus fine en montre les tensions, les regrets, les détours. Il en est de même pour le vocabulaire qui exprime cette pensée faussement rigide. Quelques termes ont été créés par Aristote lui-même, mais la plupart viennent du grec ordinaire, et Aristote prête une pertinence certaine à leur emploi habituel. Chaque mot ou expression fait donc l’objet d’un usage polyphonique, valant à plusieurs niveaux et jouant sur plusieurs registres. De plus, l’impression que nous avons affaire, en lisant les traités aristotéliciens, à une langue technique, au sens moderne du mot, est largement le fait d’une illusion rétrospective. Vocabulaire coloré et rigoureux, foisonnant et économe. »

Pierre Pellegrin – France Culture

Autre ouvrage, parmi d’autres, qui pourrait nous intéresser, publié aux éditions du Seuil en 2002 par Pierre Pellegrin, co-écrit avec Miche Grubellier,  : Aristote : Le philosophe et les savoirs, ouvrage qui offre un parcours complet, clair et argumenté de l’oeuvre d’Aristote ainsi qu’une tentative de cerner cette façon particulière, originale et souvent imitée de philosopher. Aristote est, sinon le premier philosophe, du moins le premier à avoir proposé une carte des savoirs, de la littérature à la théologie. La question fondamentale que résout la philosophie aristotélicienne est de savoir comment l’homme connaît, pense le réel, dans sa diversité et ses différences. « Il y a aujourd’hui plusieurs manières d’être aristotélicien. Nous sommes aristotéliciens, que nous le voulions ou non, parce que le poids historique d’Aristote dans notre paysage intellectuel et mental n’est comparable à aucun autre. Il n’est pour ainsi dire aucune des disciplines qui se développent sous nos yeux à laquelle on ne finisse par trouver un fondement aristotélicien. Mais on peut aussi être aristotélicien parce que l’aristotélisme, plus qu’un ensemble de thèses, est une manière de philosopher. Une manière, donc, de situer le sujet par rapport à l’objet connu et par rapport à la connaissance elle-même. Une manière aussi de dessiner une carte, au sens géographique du terme, du savoir. Car le savoir n’est unique qu’en un sens équivoque. Aussi faut-il en repérer les fractures, en trouver les articulations et les passages, y reconnaître les mêmes schèmes en des lieux différents. C’est un parcours de l’œuvre entière d’Aristote à travers la « volonté de savoir » que cet ouvrage propose. » (4ème de couverture. Aristote : Le philosophe et les savoirs)

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Photo de Emmanuel BERMON

Emmanuel Bermon

A noter la participation également à cet atelier consacré plus spécialement à la philosophie, présidé par Fritz-Gregor Herrmann de Swansea et par Walter Cavini de Bologne, d’Emmanuel Bermon, professeur à l’Université de Bordeaux3.

Son intervention portera sur la connaissance de soi et la connaissance d’elle-même, thématique faisant d’ailleurs l’objet d’un de ses cours de Master « Métaphysique, herméneutique, philosophie de la religion ».

L’ancien élève de l’Ecole Normale de la rue d’Ulm est spécialiste de l’histoire de la philosophie antique, de la philosophie de la connaissance et de la philosophie du langage. Il a publié chez Vrin, en 2002, Le cogito dans la pensee de saint augustin, en 2007, La signification et l’enseignement et a co-écrit avec Valérie Laurant et Jean Terrel, Politique d’Aristote : Famille, régimes, éducation, ouvrage paru en 2011, paru aux Presses Universitaires de Bordeaux et notamment préfacé par Pierre Pellegrin.

 

Pour en savoir davantage sur ce colloque vous pouvez contacter : Jean Yvonneau

  • jean.yvonneau@u-bordeaux3.fr

au consulter le site « VIIe Colloque franco-britannique en sciences de l’Antiquité », Colloque, Calenda, publié le vendredi 20 juillet 2012, http://calenda.revues.org/nouvelle24808.html ou le site http://ausonius.u-bordeaux3.fr/new/index.php/manifestations

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Rhétorique et langage : l’usage commun de la vie » chez Sextus Empiricus

Posted by Hervé Moine sur 5 mars 2012

Conférence sur Sextus Empiricus

Le 7 mars 2012

à l’Université d’Aix-en-Provence

Par Emidio SPINELLI

(Università degli Studi di Roma « La Sapienza », Italie)

« Rhétorique et langage : l’usage commun de la vie » chez Sextus Empiricus »

Cette conférence a lieu à 18 heures à la salle des professeurs au deuxième étage. Elle est organisée par l’Institut d’histoire de la philosophie (EA 3276), le Centre d’études sur la pensée antique « kairos kai logos » et le Séminaire d’Histoire de la philosophie ancienne.

Emidio SPINELLI

Emidio SPINELLI

Le Conférencier en bref

Emidio Spinelli, est spécialiste de la philosophie antique et en particulier du Pyrrhonisme et de la pensée de Sextus Empiricus, sur laquelle a porté sa thèse. En outre, iIl a publié de nombreux articles et monographies sur divers sujets de la philosophie antique, les prrésocratiques, les atomistes, Socrate, Platon, les stoïciens, épicuriens. Il s’est particulièrement concentré sur le courant scepticisme néo-pyrrhonien.

 

Adresse :

Université d’Aix-Marseille

Centre des Lettres et Sciences humaines

29, avenue Robert-Schuman

13621 Aix-en-Provence cedex 1

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Peut-on être courageux mais injuste ? Sage mais intempérant ? Juste mais ignorant ?

Posted by Hervé Moine sur 26 février 2011

Colloque international à Bruxelles

Unité et origine des vertus dans la philosophie de l’Antiquité

Les 24 et 25 mars 2011

Peut-on être courageux mais injuste ? Sage mais intempérant ? Juste mais ignorant ? A ces questions, Socrate le premier répondit que c’était impossible. Le plongeur amateur qui se jette tête en avant dans un puits sans savoir ce qu’il fait n’est pas courageux. Seulement téméraire et stupide. Savoir. Tout est là. Mais comment savoir quand il n’y a personne pour vous instruire, seulement des charlatans ou des inspirés qui ne savent pas ce qu’ils disent, même quand il leur prend de dire vrai ? S’il n’y a personne pour enseigner la vertu, comment pourrait-elle être un savoir ? Socrate se gratte la tête et nous avec lui. Socrate n’est pas, cependant, à un paradoxe près et ce sont ses paradoxes qui vont nourrir des générations successives de philosophes, depuis Platon et Aristote jusqu’aux stoïciens et aux platoniciens tardifs. Les versions de l’unité des vertus vont ainsi se multiplier, certains assurant qu’il n’y a qu’une vertu, dont seul le nom peut changer, d’autres que les vertus sont multiples et possèdent des qualités différentes, mais n’en restent pas moins mutuellement inséparables. Quant à l’aporie sur l’origine des vertus (instruction ? inspiration divine ? nature ?), elle ne cessera de provoquer l’interrogation des philosophes, notamment à propos des prérequis nécessaires à l’émergence des vertus (éducation, bonne nature, appropriation à soi, etc.). Le présent colloque a pour but de se pencher sur l’histoire de ces questions et de faire ainsi revivre l’un des plus célèbres paradoxes de Socrate qui, aujourd’hui comme hier, ne cesse d’interpeler.

Ce colloque international est organisé par le Groupe de philosophie ancienne du Centre de Philosophie (PHI) de l’Université Libre de Bruxelles, ULB, avec le concours du Fonds National de la Recherche Scientifique (FRS-FNRS), de la Faculté de Philosophie et lettres de l’Université libre de Bruxelles, du Centre de Philosophie (PHI) de l’Université libre de Bruxelles et de l’École doctorale en philosophie près le FNRS (ED 1). Il portera sur le thème suivant : « Unité et origine des vertus dans la philosophie de l’Antiquité ». De nombreuses interventions sont au programme :

Jeudi 24 mars 2011

  • M.-A. Gavray (FNRS, ULg) : « L’unité des vertus dans le Protagoras de Platon » ;
  • D. N. Sedley (University of Cambridge) : « Unity of the virtues in Plato’s Phaedo and Republic » ;
  • A. Giavatto (Université de Nantes) : « L’unité des vertus dans le Politique de Platon » ;
  • D. Lefebvre (Paris IV Sorbonne) : « Les vertus, ni par nature, ni contre nature: Aristote et Alexandre » ;
  • S. Delcomminette (ULB) : « Unité des vertus et unité du bien chez Aristote » ;
  • B. Collette-Ducic (Université Laval) : « L’unité des vertus chez Zénon de Citium et son interprétation chrysippéenne ».

Vendredi 25 mars 2011

  • J.-B. Gourinat (CNRS, Centre Léon Robin) : « Hétérodoxies stoïciennes sur l’unité des vertus : Ariston, Apollophane, Hécaton, Panétius, Posidonius» ;
  • G. Boys-Stones (Durham University) : « Unity and unification : Platonic Oikeiosis »
  • A. Schniewind (UNIL) : « Plotin et les émotions nobles : un accès privilégié par les vertus supérieures »
  • D. Cohen (FNRS, ULB) : « L’unité des vertus dans le Néoplatonisme tardif »
  • O. Gilon (ULB) : « Vertus cardinales et théologales chez saint Augustin»
  • M. Dixsaut (Paris IV Sorbonne) : « Conception aristocratique des vertus et vertus aristocratiques : Nietzsche avec Platon »

Informations :

Le colloque est ouvert à tous.

Pour davantage de détail sur le colloque et notamment le programme et ses horaires, vous pouvez consulter  : la brochure et l’affiche du colloque, en version pdf.

Contacts :

Lieu :

Bibliothèque du Centre Interdisciplinaire d’Étude des Religions et de la Laïcité

Avenue F.D. Roosevelt 17, 1050 Bruxelles

 

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Des pourceaux quittent le Jardin pour la Pléiade, les épicuriens dans la cour des grands

Posted by Hervé Moine sur 26 février 2011

Vous prononcez le mot « épicurien », et aussitôt un mur de clichés et de préjugés s’interpose. Par définition, un « épicurien » est un individu sensuel grossier, une sorte de notable bourgeois de province qui ne pense qu’à manger, boire et baiser. Ce matérialiste borné est incapable de voir plus loin que son propre corps. Il faut croire que la philosophie d’Épicure (IIIe siècle avant notre ère) a fait, et fait encore, l’effet d’une bombe atomique dont il faut à tout prix se protéger. Un penseur profond dans un « Jardin » ? Quelqu’un qui vous dévoile, en toute sérénité, la nature des choses ? Qui accepte près de lui n’importe qui sans tenir compte de ses origines sociales ? Qui va même jusqu’à s’entourer de femmes ? Horreur. Lisez, et vous comprendrez pourquoi tous les systèmes de pensée tant vénérés, comme tous les pouvoirs, ont de sérieuses raisons de discréditer cette vision prophétique. Épicure, Lucrèce, deux noms qu’il vaut mieux éviter.

Philippe Sollers, Le Nouvel Observateur n°2398 du 21 octobre 2010 (voir ci-dessous)

Les Epicuriens

Bibliothèque de la Pléiade Gallimard nrf

Edition publiée sous la direction de Daniel Delattre et de Jackie Pigeaud

Présentation de l’éditeur

Débauché, flagorneur, pilleur des théories d’autres écoles, « diseur d’obscénités » pour Épictète, « pourceau » pour d’autres, Épicure a suscité des débats acharnés, c’est le moins que l’on puisse dire. Appel à la libération individuelle vis-à-vis des craintes et des illusions, mise en cause des institutions qui diffusent la superstition, sa philosophie était peut-être trop novatrice. Son projet : supprimer la douleur, et nous combler de joie ; son but : rechercher le bien-être, en d’autres termes la paix de l’âme. Un tel programme ne pouvait laisser indifférent.

La philosophie d’Épicure passa à la postérité grâce au De rerum natura de Lucrèce — un des plus grands poèmes de la langue latine—, et à la Vie d’Épicure de Diogène Laërce qui retranscrit les Abrégés philosophiques du maître (ses Lettres à Hérodote, Pythoclès et Idoménée) et ses Maximes capitales. Il aura fallu une circonstance improbable pour que les écrits des épicuriens de l’Antiquité nous parviennent : la découverte à Herculanum de la bibliothèque philosophique, unique en son genre, de Philodème de Gadara, disciple d’Épicure, conservée par la lave de l’irruption du Vésuve en 79. Outre les écrits de Philodème, ardent défenseur de la cause épicurienne auprès des nobles romains, cette bibliothèque renfermait plusieurs exemplaires de la somme du fondateur du Jardin : La Nature, ainsi que de nombreux écrits de ses disciples.

Ce volume s’ouvre sur l’indispensable témoignage de Diogène Laërce, puis il offre, pour la première fois en français, une traduction aussi complète que possible des fragments retrouvés de La Nature d’Épicure. Suivent les recueils de témoignages et de fragments relatifs aux disciples de la première génération (Métrodore, Hermarque, Idoménée, Polyène), dans une présentation identique à celle du volume que la Pléiade a consacré aux Présocratiques. Des disciples du Jardin qui fleurirent au tournant des IIe-Ier siècles avant notre ère, on donne les quelques textes, de Zénon de Sidon, de Démétrios Lacon et de Philodème, qui nous sont parvenus, sans oublier, bien sûr, le poème de Lucrèce, ici publié dans une nouvelle traduction. En contrepoint s’impose le témoignage de Cicéron, un des principaux détracteurs de l’épicurisme. Enfin, on s’attache à l’épicurisme des Ier-IIIe siècles, connu surtout à travers des témoignages (Plutarque, Sénèque, Galien) : peu de textes épicuriens de cette époque ont été retrouvés. Mais la polémique autour des doctrines du Jardin reste vive. Le volume se clôt sur Diogène d’Œnoanda qui voulut donner à lire aux habitants de sa cité — tous les jours et pendant des siècles — les préceptes épicuriens en les gravant sur un mur. Ainsi nous est restituée la philosophie épicurienne, avec laquelle s’est constituée toute une dimension de la modernité.

Pour se procurer le volume « Les Epicuriens » dans la Bibliothèque de la Pléiade

Les Epicuriens : traduction francaise en Pléiade

http://www.zetesis.fr/spip.php?article468

Le volume propose un regroupement de textes antiques, grecs et latins, couvrant l’espace de quelque sept siècles. Il s’ouvre sur le témoignage de Diogène Laërce et les abrégés et maximes d’Epicure qu’il a transmis ; puis il offre, pour la première fois en français, une traduction des fragments de La Nature d’Épicure retrouvés, à Herculanum, dans la bibliothèque de la Villa des papyrus.

Les recueils de témoignages et de fragments relatifs aux disciples de la première génération (Métrodore, Hermarque…) sont ensuite donnés, dans une présentation semblable à celle du volume de la Pléiade consacré aux Présocratiques. Suit un écrit peu banal de Polystrate, inédit en français. Des disciples du Jardin de la fin du IIe et du Ier siècles avant notre ère, on découvrira les témoignages et fragments de Zénon de Sidon, la traduction de quelques textes qui nous sont parvenus de Démétrios Lacon, un choix important de fins de rouleaux, parmi les mieux conservées, de Philodème de Gadara, pour la première fois accessibles en français, et le magnifique poème de Lucrèce, dans une nouvelle traduction. A quoi s’ajoute le témoignage incontournable de Cicéron, critique particulièrement bien informé de l’épicurisme.

L’épicurisme des Ier-IIIe s. de notre ère est ensuite présenté à travers le témoignage de Plutarque dont trois traités sont ici traduits en entier, puis un choix de lettres de Sénèque et de passages de Cléomède, Galien et Sextus Empiricus. Le volume se clôt par l’inscription monumentale que Diogène d’Œnoanda avait fait graver pour donner à lire aux habitants de sa cité lydienne les préceptes du Maître et d’autres textes épicuriens – dont une grande partie, encore enterrée, reste à découvrir.

Une Introduction générale à l’épicurisme, des Repères chronologiques, une carte des sites antiques et un Vocabulaire de l’épicurisme complètent avantageusement l’ensemble des textes traduits.

Édition sous la direction de Jackie Pigeaud avec la collaboration de Agathe Antoni, Clara Auvray-Assayas, Jacques Boulogne, Jacques Brunschwig, Christophe Darras, Daniel Delattre, Joelle Delattre-Biencourt, Tiziano Dorandi, Julie Giovacchini, José Kany-Turpin, Carlos Levy, Annick Monet, Pierre-Marie Morel, Robert Muller, Laurent Pernot, Jean-Louis Poirier, David N. Sedley, Voula Tsouna Traducteur : un collectif de traducteurs

Edition paru le 21 Octobre 2010, dans la Bibliothèque de la Pléiade, n° 564, 1552 pages , rel. Peau, 105 x 170 mm

Pour se procurer le volume « Les Epicuriens » dans la Bibliothèque de la Pléiade

On trouvera dans ce volume

  • Diogène Laërce : Vies et doctrines des philosophes illustres, X ;
  • Épicure : La Nature – [Sur la piété et le culte populaire] ;
  • Métrodore ;
  • Hermarque ;
  • Idoménée ;
  • Polyène ;
  • Polystrate : Le Mépris irraisonné des opinions répandues dans la multitude ;
  • Zénon de Sidon ;
  • Démétrios Lacon : Difficultés rencontrées dans la lecture des textes épicuriens – La Forme du dieu – Les Poèmes ;
  • Lucrèce : La Nature des choses ;
  • Philodème : Les [Phénomènes] et les Inférences – [Les Choix et les Rejets] – La Colère – [L’Économie] (Les Vices, IX) – [L’Arrogance] (Les Vices, X) – La Mort, IV – La Rhétorique, III – Les Poèmes, V – La Musique, IV – Les Stoïciens – À l’adresse des … ;
  • Cicéron : La Nature des dieux, I – Les Fins ultimes des biens et des maux, I et II ;
  • Sénèque : Lettres à Lucilius (choix) ;
  • Plutarque : Contre Colotès pour défendre les autres philosophes – Si l’on se conforme à Épicure, il n’est même pas possible de vivre plaisamment – Si l’expression «Vis caché» est bien dite ;
  • Cléomède : Théorie élémentaire du monde céleste, II ; Claude Galien : [Passages choisis] ;
  • Sextus Empiricus : Contre les philosophes (passages choisis) – Contre les professeurs (passages choisis) ;
  • Diogène d’Œnoanda

Ci dessous deux articles à propos de la sortie des épicuriens dans la Pléiade, celui de Philippe Sollers et de Georges Leroux…

Scandaleux Épicure

Article de Philippe Sollers paru dans le Nouvel Observateur, le 21 octobre 2010

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20101027.BIB5861/scandaleux-epicure-par-philippe-sollers.html

Vous prononcez le mot « épicurien », et aussitôt un mur de clichés et de préjugés s’interpose. Par définition, un « épicurien » est un individu sensuel grossier, une sorte de notable bourgeois de province qui ne pense qu’à manger, boire et baiser. Ce matérialiste borné est incapable de voir plus loin que son propre corps. Il faut croire que la philosophie d’Épicure (IIIe siècle avant notre ère) a fait, et fait encore, l’effet d’une bombe atomique dont il faut à tout prix se protéger. Un penseur profond dans un « Jardin » ? Quelqu’un qui vous dévoile, en toute sérénité, la nature des choses ? Qui accepte près de lui n’importe qui sans tenir compte de ses origines sociales ? Qui va même jusqu’à s’entourer de femmes ? Horreur. Lisez, et vous comprendrez pourquoi tous les systèmes de pensée tant vénérés, comme tous les pouvoirs, ont de sérieuses raisons de discréditer cette vision prophétique. Épicure, Lucrèce, deux noms qu’il vaut mieux éviter.

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Epicure DR Nouvel Obs

Personne n’a été plus injurié et censuré qu’Épicure (mais Platon brûlait déjà les livres de Démocrite, son prédécesseur). Ces atomes qui tombent éternellement dans le vide sont abominables. Pire : un petit saut de côté sans cause (le « clinamen »), et voilà l’origine de tout ce qui existe, vous compris. Pas de Dieu créateur, donc, pas de Big-Bang Father, pas de Jugement dernier, aucun au-delà. Nihilisme? Pas du tout, glorification de la vie et de la sensation, négation de la mort, apologie du plaisir. Penser et sentir sont une même substance, ce qui explique d’ailleurs que ceux qui ne sentent pas grand-chose pensent peu. Athéisme ? Mais non, il y a bel et bien des dieux, mais ils vivent, indestructibles et bienheureux, dans des « intermondes ». Ils ne s’occupent pas des humains, mais les mortels peuvent arriver, par la pensée, jusqu’à eux. Cet Épicure se prend donc pour un dieu? Il va jusqu’à soutenir cette fanfaronnade, cette insupportable rodomontade? Écoutez-le, il va décidément très mal : « Souviens-toi que, tout en ayant une nature mortelle et disposant d’un temps limité, tu t’es élevé, grâce aux raisonnements sur la nature, jusqu’à l’illimité et l’éternité, et que tu as observé ce qui est, ce qui sera et ce qui a été. »

Ici, les philosophes se déchaînent: Épicure (dont nous ne connaissons l’œuvre qu’en partie) est scandaleux, ignare, débauché, voleur, menteur, immoral, bâfreur, dépensier, plagiaire, habitué des prostituées, mégalomane. Le christianisme ira jusqu’à le traiter de porc, ce qui est tout à son honneur. « Les pourceaux d’Épicure » reste une formule célèbre. Diogène Laërce, dans ses Vies et doctrines des philosophes illustres, grâce à qui nous lisons ce grand dérangeur, rapporte ces insultes, et conclut sobrement : « Voilà ce que des écrivains ont osé dire d’Épicure, mais tous ces gens-là sont des fous. »

Les fous, apparemment normaux mais totalitaires en puissance, veulent que nous soyons soumis à la peur de la mort. Or : « Habitue-toi à penser que la mort n’est rien pour nous, puisque le bien et le mal n’existent que dans la sensation. D’où il suit qu’une connaissance exacte de ce fait que la mort n’est rien pour nous nous permet de jouir de cette vie mortelle, en évitant d’y ajouter une idée de durée éternelle et en nous enlevant le regret de l’immortalité. Car il n’y a rien de redoutable dans la vie pour qui a compris qu’il n’y a rien de redoutable dans le fait de ne plus vivre. Celui qui déclare craindre la mort non pas parce qu’une fois venue elle est redoutable, mais parce qu’il est redoutable de l’attendre est donc un sot. » Plus net : « La nécessité est un mal, mais il n’y a aucune nécessité de vivre avec la nécessité. »

La grande chance d’Épicure est d’avoir suscité un poète de génie : Lucrèce, et son De natura rerum. Là encore, que d’histoires ! Saint Jérôme nous assure qu’il est devenu fou sous l’effet d’un philtre d’amour, et qu’il s’est suicidé à l’âge de 43 ans. C’était fatal : Lucrèce fait d’Épicure le vainqueur de la religion, cette surveillance du haut du ciel, cette fausse tête « horrible » qui ne peut qu’entraîner des crimes. Il dédie ses vers à Vénus, « plaisir des hommes et des dieux ». Son charme agit partout, dans les fleurs, le rire de la mer, les oiseaux, la musique, « les semences innombrables dans l’univers profond». Épicure a, le premier, brisé les verrous serrés des portes de la nature, et « a parcouru le tout immense par l’âme et par l’esprit ». C’est donc le libérateur par excellence, un vrai dieu, incompatible avec une petite monnaie « hédoniste ». Lucrèce dit et redit son enthousiasme, tout en déroulant les lois qui règlent tous les phénomènes, des astres à l’ouïe ou à la vue. Il finira, sans trembler, par décrire la peste d’Athènes, les ravages de la maladie, l’amoncellement public des cadavres : «Alors la religion des dieux et leur puissance n’étaient pas d’un grand poids. Car la douleur présente dépassait tout. » La connaissance du plaisir n’est rien s’il n’y a pas, aussi, une connaissance de la douleur. Mais voici le quadruple remède : rien à craindre de la divinité, rien à redouter de la mort, on peut atteindre le bonheur, on peut supporter la douleur. Si la douleur est trop vive, la mort y met fin, et, de toute façon, la porte du suicide est ouverte.

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Lucrèce DR Nouvel Obs

Lucrèce a des accents inouïs, sa certitude est entière (on retrouve cette même fièvre chez Dante ou Lautréamont) : « Je marche là où personne n’a jamais marché, joie d’approcher aux sources inviolées, joie de cueillir des fleurs neuves pour en faire ma couronne. » Épicure a fait jaillir la lumière des ténèbres, c’est le découvreur du monde, ses écrits sont «des paroles d’or», grâce à elles, les terreurs de l’âme s’enfuient. « Je vois à travers le vide tout entier s’accomplir les choses. »La puissance des dieux apparaît dans les forces du temps immense, apparaissent aussi les «séjours de paix». Cette grande paix de la vraie pensée, au milieu des tourbillons et dans l’oeil des cyclones, est finalement un mystère éprouvé.

Malgré la censure, Épicure et Lucrèce ont pénétré dans l’Histoire. On les retrouve, plus ou moins sous le manteau, à la Renaissance. Il suffit ensuite de citer les noms de Montaigne, de Molière (qui aurait traduit le De natura), de Sade et, logique, du jeune Marx. Épicure aujourd’hui, sur une planète envahie par le contrôle constant des simulacres ? On peut penser qu’il serait un spectateur impassible devant ce déluge d’images et qu’il ferait même un pacte faustien méprisant, en connaissance de cause, avec l’illusion. Par-delà le bien et le mal, donc, comme Nietzsche, grand admirateur d’Épicure. Qu’est-ce que Généalogie de la morale sinon un acte suprême d’affranchissement ? Le Spectacle n’est rien, il n’y a pas lieu de s’en indigner le moins du monde. Restons maintenant avec La Fontaine, dans ce fervent hommage à Épicure : « Volupté, volupté, qui fut jadis maîtresse / Du plus bel esprit de la Grèce, / Ne me dédaigne pas, viens-t’en loger chez moi, / Tu n’y seras pas sans emploi. »

Philippe Sollers, Le Nouvel Observateur n°2398 du 21 octobre 2010

Site de Philippe Sollers : http://www.philippesollers.net/

Philosophie – «Tel un dieu parmi les hommes…»

Les épicuriens entrent dans la Bibliothèque de la Pléiade

Article de Georges Leroux paru dans le Devoir, le 26 février 2011

http://www.ledevoir.com/culture/livres/317620/philosophie-tel-un-dieu-parmi-les-hommes

La collection de la Pléiade répare aujourd’hui une injustice : les écrits des philosophes stoïciens y figurent depuis 1962, dans une édition dirigée par Pierre-Maxime Schuhl, à côté des présocratiques, dans la belle édition de Jean-Paul Dumont et des dialogues de Platon dans la traduction de Léon Robin, mais ni Aristote ni Plotin n’y sont encore. On peut donc se réjouir d’y trouver maintenant les épicuriens.

À ceux qui seraient tentés de croire que les textes de cette école se réduisent à quelques lettres et maximes, cette édition apporte un superbe démenti: les responsables de la publication, Daniel Delattre et Jackie Pigeaud, n’ont ménagé aucun effort pour tout rassembler, retraduire, présenter, annoter, et tout semble frais comme au premier jour.

Le résultat impressionne, qu’on en juge: les écrits doxographiques côtoient les textes transmis directement, de sorte qu’on peut lire aussi bien le livre X des Vies et doctrines de Diogène Laërce, à qui on doit d’avoir les trois lettres (à Hérodote, à Pythoclès, à Ménécée), et les Maximes capitales que les Sentences vaticanes, un recueil découvert à l’époque moderne dans un manuscrit du Vatican.

La grande nouveauté de cette édition est l’assemblage des textes anciens, comme ce fragment de son traité De la nature sur la piété ou les fragments doxographiques de Métrodore ou Hermarque. Ce premier morceau, joliment intitulé par les éditeurs «Le jardin d’Épicure», est suivi par un important recueil de textes du moyen épicurisme, une tradition qui va du second au premier siècle avant Jésus-Christ. La pièce de résistance est ici le poème de Lucrèce La nature des choses (De natura rerum), dans une magnifique traduction de Jackie Pigeaud: hommage au maître aimé, mais surtout hymne lyrique au cosmos, ce texte retrouve ici son rythme somptueux et presque une jeunesse oubliée. Il est suivi par le corpus de Philodème, cher aux logiciens: on y trouve tout, des fragments sur la mort et les poèmes au traité sur la musique.

Tradition romaine

Est-ce vraiment tout ? Non, les éditeurs ont étendu leur générosité à la tradition romaine, incluant une riche section sur le dernier épicurisme, celui que nous font connaître Plutarque, Galien, Sextus Empiricus. Chacun à sa manière, dans le pour et le contre, témoigne de la vitalité de l’école du Jardin.

Mais cela ne saurait être complet sans ce chef-d’oeuvre inusité que sont les fragments de Diogène d’Oenanda, présentés et traduits ici par Pierre-Marie Morel. Ce qu’on sait de ce disciple tardif ne nous permet pas vraiment de l’identifier, mais la vénération du maître dont il témoigne montre que, jusque tard dans l’Empire, la réputation d’Épicure demeurait sans tache. Chose stupéfiante, Diogène d’Oenanda fit graver sur un mur de près de quatre mètres de haut l’ensemble de ses lectures et de son interprétation. Hélas détruit dès l’Antiquité, ce mur ne saurait être reconstitué avec précision, mais environ le quart des inscriptions a pu être restauré par une équipe de l’École française d’Athènes! Un exploit sans précédent, encore inachevé puisqu’on ne cesse de retrouver des morceaux.

Les modernes ont lié le nom d’Épicure à la recherche de la jouissance, mais rien n’est moins épicurien que les délices qu’on imagine sous ce nom. Le maître avait certes présenté une doctrine des plaisirs, mais d’abord pour disqualifier ceux qui sont vains et inutiles et proposer ensuite une sagesse fondée sur un idéal de sérénité et de détachement. Sa physique met en question les fondements matériels de la liberté, qu’Épicure souhaitait protéger, et elle débouche sur une éthique d’une extraordinaire rigueur.

Au coeur de cet édifice complexe, on trouve une doctrine de l’amitié et de la communauté morale qui n’a pas d’équivalent dans la tradition philosophique: adopter le mode de vie philosophique, c’était non seulement se consacrer à la méditation sur les lois universelles de la nature, comme Lucrèce ne cesse de le rappeler, mais inscrire sa vie dans un réseau de soutien et d’amour (comment traduire autrement cet idéal de la philia?). C’est ce lien, de tous le plus précieux, qui rend possible pour le philosophe une communion avec la nature: «L’amitié danse autour du monde, nous ordonnant à tous, comme un héraut, de nous éveiller à ce qui constitue la béatitude» (Sentences vaticanes, 52).

Le matérialisme d’Épicure a fait le sujet de la thèse de doctorat de Marx, qui avait entrepris de le comparer à celui de Démocrite : qu’on soit le partisan de l’un ou de l’autre, l’important demeure dans la pensée épicurienne la priorité de la contemplation de l’univers matériel, seule source de la sérénité. Cicéron, qu’on retrouvera également ici, ne savait trop comment juger les dieux d’Épicure, ces êtres lointains, matériels et indifférents, mais il avait reconnu la force de cette théologie qui désamorçait la crainte et invitait d’abord à la piété. Tout cela, on le lira dans ce volume admirable, qui une fois encore nous fait saluer le travail des équipes de savants réunies par la collection.

Pour se procurer le volume « Les Epicuriens » dans la Bibliothèque de la Pléiade

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Socrate et le courage de la vérité

Posted by Hervé Moine sur 9 février 2011

Université Michel de Montaigne – Bordeaux 3

EA 4201 « Sciences, Philosophie, Humanités »

Institut Universitaire de France

Socrate et le courage de la vérité dans le Gorgias de Platon

Dans le cadre du séminaire « Parrhesia » est organisé, par Valéry Laurand, aura lieu mardi 15 février 2011 à 15h30 salle H29, une intervention de Mauro Bonazzi (Università degli Studi di Milano) : « Socrate et le courage de la vérité dans le Gorgias de Platon ».

Episodes précédents :

  • 28 octobre : Armelle Deschard (Bordeaux 3) : « Tout dire ». Une lacune lexicale en latin.
  • 25 novembre : François Prost (Paris IV) : Un exercice de libre parole: Cicéron et son frère Quintus gouverneur d’Asie.
  • 2 décembre : Patrice Brun (Bordeaux 3) : Le franc parler (parrhesia) en Grèce : une conquête démocratique?
  • 16 décembre : Suzanne Husson (Paris IV) : La parrhésia cynique et les dieux

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Séminaire de Philosophie hellénistique et romaine : la notion de critère chez Aristote et chez Antiochus d’Ascalon

Posted by Hervé Moine sur 2 février 2011

2e séance du Séminaire de Philosophie hellénistique et romaine

samedi 5 février de 10h à 12h

Sorbonne, salle D 665

Deux conférences y seront proposées :

José KANY TURPIN de l’UPEC : Critère du vrai et action dans les Académiques de Cicéron

Mauro BONAZZI de l’U. degli Studi di Milano : Le critère selon le Platonicien Antiochus d’Ascalon

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Comment doit-on vivre ?

Posted by Hervé Moine sur 1 décembre 2010

Jean-François Balaudé,

Le savoir-vivre philosophique :

Empédocle, Socrate, Platon,

Editions Grasset, 2010

Présentation de l’éditeur

« Une vie sans examen ne vaut pas d’être vécue », telle est l’illustre formule socratique sous l’égide de laquelle s’inscrit cet ouvrage savant. Jean-François Balaudé y interroge ce projet de vie – c’est-à-dire une vie avec de la pensée, et visant à la réalisation de soi – sans lequel toute philosophie antique semblait vaine aux contemporains d’Empédocle, de Socrate, de Platon. La « theôria », qu’elle ambitionne ou non d’atteindre la vérité sur toutes choses, eut ainsi pour visée d’éclairer l’homme sur lui-même, de lui faire connaître les voies de son perfectionnement moral et existentiel, de lui permettre de les mettre en œuvre.

Empédocle, le premier, détacha de façon décisive la question de l’homme et de sa « bonne vie » de l’étude générale de la nature. Il problématisa ainsi l’écart entre ce que cet homme est et ce qu’il devrait être. Le mérite lui revient d’avoir su penser les voies de la réconciliation de l’individu avec l’ensemble du devenir, grâce à un savoir et une pratique harmonisée avec ce qu’il appelait « l’amitié cosmique ».

Socrate, lui, orientera de façon radicale l’exercice de la pensée vers l’exigence du Bien, à travers la pratique du dialogue qui est une activité désintéressée et une mise à l’épreuve de soi.
Platon prolongera enfin l’exigence socratique en articulant au plus près la recherche totale de la vérité et la transformation individuelle et collective de la vie humaine.

A travers cette triade fondatrice, Jean-François Balaudé traverse ainsi diverses dimensions – épistémologique, ontologique, ethico-politique – d’une investigation philosophique constamment soucieuse de conjuguer theôria et praxis. »

De la connaissance à la vie, et de la vie à la connaissance : en s’installant dans cette circularité radicale, les initiateurs grecs de la philosophie ont tâché de répondre à la difficulté que résume la question lancée par Socrate à ses contemporains : « Comment doit-on vivre ? ». Pour ceux-là, connaître est tout sauf une activité désincarnée, et la vie humaine ne peut atteindre sa perfection propre qu’en se forgeant dans la quête d’un savoir sur soi, sur les autres et sur le monde.

En ce sens, c’est un savoir-vivre fondamental qui s’élabore dans les démarches contrastées, mais à bien des égards convergentes, des trois penseurs liminaires de la réflexion éthique que sont Empédocle, Socrate et Platon.

Dans cette perspective, le présent essai se donne pour objet d’explorer de multiples facettes du projet philosophique, tel qu’il s’est affirmé entre les Vème et IVème siècles, interrogeant la visée de perfection individuelle et collective, la dimension réflexive et l’exigence pratique constitutives du mode de vie poursuivi.

Pour se procurer l’ouvrage de Jean-François Balaudé, Le savoir-vivre philosophique

Extraits de livres

Extrait de l’introduction

La quête philosophique du savoir-vivre

«Ils me suivent par milliers, me demandant où est la voie du salut.» Empédocle, B 112, 14-15 DK

«Pour un homme, une vie sans examen ne vaut pas d’être vécue.» Platon, Apologie de Socrate, 38a

«Notre propos ne concerne pas n’importe quel sujet, mais la manière dont il faut vivre.» Platon, République I, 352d

L’ambition du présent essai est de dégager quelques aspects remarquables du projet philosophique, tel qu’il s’est forgé en Grèce ancienne à la charnière des Ve et IVe siècles av. J.-C. Il défend résolument une thèse touchant la nature fondamentale de ce projet philosophique, et soutient que la recherche de savoir, dont on fait classiquement le trait définitionnel de la philosophie, est en réalité totalement indissociable de la recherche d’un bien agir et d’un bien vivre – ce que je désigne comme la quête d’un savoir-vivre. Ce savoir-vivre ne renvoie pas à un ensemble de règles existantes, préétablies : il se constitue dans et par l’activité philosophique, comme un savoir-vivre singulier, distinct des modes de vie installés, qui voit le vivre constamment redéfini par le savoir, ou plus exactement par le mouvement indéfini vers le savoir.

Dès le départ, c’est à la fusion du bien vivre et du bien penser que le projet philosophique a tendu, et la philosophie s’est présentée à la fois comme une réflexion sur les conditions générales de possibilité d’une vie humaine accomplie, dans le cadre d’une investigation large de la nature des choses, et comme la plus haute forme de vie, en tant qu’elle permet l’épanouissement de nos capacités de questionnement et de connaissance. En parlant de savoir-vivre, je renvoie ainsi à l’implication existentielle que suppose la pratique de la philosophie, et dont le plus proche correspondant est le concept d’épistrophè, c’est-à-dire de «conversion». Ainsi que l’écrit Pierre Hadot : «Plus et mieux qu’une théorie sur la conversion, la philosophie est toujours restée elle-même essentiellement un acte de conversion.»

Pour se procurer l’ouvrage de Jean-François Balaudé, Le savoir-vivre philosophique

Article de Philippe Gauthier, source : froggydelight

http://www.froggydelight.com/article-9673-Le_savoir_vivre_philosophique_Empedocle_Socra

Bien que les siècles et les millénaires aient passé, que les systèmes philosophiques se soient amoncelés, que la philosophie profite aujourd’hui d’un effet de mode (pour le meilleur et pour le pire), on ne cesse de revenir à ses fondamentaux. La Grèce antique est toujours pour les philosophes objet de fascination et de dévotion. Les années passant n’épuisent pas la fraîcheur et la pertinence des premières réflexions philosophiques, alors même que la matière se découvrait un nom et éloignait irrémédiablement de nous la notion de sagesse pour l’abîmer dans une recherche en perpétuel dépassement d’elle-même.

Jean-François Balaudé ne déroge pas à la règle. Ce Savoir-vivre philosophique qu’il met en exergue de son livre était la véritable originalité grecque, alors que les philosophes postérieurs se sont focalisés sur une recherche théorique désincarnée. S’il est question dans le titre du livre de trois auteurs, il faut reconnaître que l’attention de Balaudé est surtout retenue par Socrate. Ce dernier est devenu, les élèves de terminale le savent bien, un marqueur chronologique divisant les penseurs grecs en pré et post-socratiques (Empédocle et Platon entrent respectivement dans l’une et l’autre catégorie). Socrate incarnerait un moment inaugural d’un nouveau mode de pensée. Moment problématique cependant puisque l’on sait que Socrate n’a jamais rien écrit, partisan d’une pratique exclusivement orale de la philosophie. Les connaissances que l’on a de sa « doctrine » nous ont été principalement transmises par Platon (ainsi que par un ouvrage de Xénophon : Les mémorables). Une grande partie de l’ouvrage s’attelle à démêler à travers une étude rigoureuse ce qui, dans le fatras  textuel de l’œuvre de Platon, est proprement socratique de ce qui est platonicien.

Mais si Empédocle est également sollicité, c’est pour ne pas exagérer la fracture socratique, mettre en évidence que la question du « comment dois-je vivre ? » commençait à avoir un sens avant Socrate. Empédocle, qui est reconnu par la tradition philosophique pour avoir conçu l’Amour et la Haine comme les principes structurants du Monde, n’est pas un simple physiologue (comme Socrate nomme dans le Phédon, ceux qui s’intéressent plus aux lois de la nature qu’à la connaissance de soi). Son questionnement de ces principes ouvre celui de l’homme et esquisse une pensée éthique que l’on fait généralement remonter au seul Socrate. Balaudé tord le cou à nombre de présupposés des interprètes classiques, et son pari de traquer le Socrate originel dans les textes de Platon peut paraître osé à ceux qui auront abandonné ce projet par manque de références autres que celle du fondateur de l’Académie. Elle représente toutefois un Graal pour tous ceux dont la curiosité ne ce satisfait pas de la résignation usuelle.

En contrepoint, ce travail permet également d’interroger l’apport propre de Platon dont la doctrine réelle ne fait pas moins mystère. S’effaçant derrière le personnage de Socrate qu’il met en scène dans la quasi-totalité des dialogues écrits de sa main, on ne sait s’il avance masqué ou s’il disparaît derrière le texte, d’autant que rien n’a filtré de l’enseignement dispensé par l’auteur à ses élèves dans son école. Balaudé est particulièrement attentif à la pensée politique de Platon, puisque la question du « savoir-vivre », si elle est prioritairement éthique, ne s’y réduit pas et entraîne logiquement la question du « vivre ensemble ».

Ce livre de Jean-François Balaudé est un travail d’universitaire, et non un travail de vulgarisation. Ceux qui l’utiliseraient pour découvrir la pensée des trois auteurs en seront pour leurs frais. Ceux, en revanche, qui ont lu les dialogues de Platon et qui veulent approfondir leur questionnement y trouveront un outil précieux.

Philippe Gauthier

Pour se procurer l’ouvrage de Jean-François Balaudé, Le savoir-vivre philosophique

L’auteur

Jean-François Balaudé est né en 1963. Ancien élève de l’ENS Ulm, il a enseigné aux Universités de Lille III, Reims Champagne-Ardenne, Fribourg (Suisse), ainsi qu’à l’Ecole Normale Supérieure, et il est actuellement professeur de philosophie à l’Université Paris Ouest Nanterre. Spécialiste de philosophie ancienne, il a dans plusieurs ouvrages traduit et commenté Platon, Aristote, Epicure, Diogène Laërce et Plotin. Ses recherches portent en particulier sur la question du mode de vie philosophique, et sur les diverses formes prises par l’articulation entre praxis et theôria dans les écoles philosophiques antiques.

Pour se procurer l’ouvrage de Jean-François Balaudé, Le savoir-vivre philosophique

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Oracles Chaldaïques II

Posted by Hervé Moine sur 23 septembre 2010

Oracles Chaldaïques II

Fragments et philosophieParis, 2 octobre 2010

Institut National d’Histoire de l’Art

2, rue Vivienne, 75002 Paris

Salle Fabri de Pereisc

PROGRAMME

  • 9h45 : Accueil des participants par Adrien Lecerf et Lucia Saudelli, organisateurs de la journée
  • Matin, sous la présidence de M. Philippe HOFFMANN de l’EPHE-LEM
  • 10h00 : Polymnia ATHANASSIADI de l’Université d’Athènes : « Le théurge comme dispensateur universel de la grâce: entre les Oracles chaldaïques et Jamblique »
  • 11h00 : Claudio MORESCHINI de l’Université de Pise : « Les Oracles Chaldaïques de Syrianus à Psellos »
  • 12h00 : Stéphane TOULOUSE de l’ENS, Centre Léon Robin : « L’exégèse des Oracles chaldaïques dans les commentaires néoplatoniciens à Platon »
  • Pause déjeuner
  • Après-midi, sous la présidence de M. le prof. Michel TARDIEU du Collège de France
  • 14h00 : Anna VAN DEN KERCHOVE de l’EPHE – IESR : « Les sacrifices dans les Oracles chaldaïques. Comparaison avec les traités hermétiques »
  • 15h00 : Chiara TOMMASI de l’Université de Pise : « Favonius Eulogius : un témoin méconnu sur la fortune latine des Oracles Chaldaïques »
  • 16h00 : Brigitte TAMBRUN de LEM : « Les Oracles chaldaïques entre idéologie et critique (XVe/XVIIe s.) »

Pour vous procurer : Oracles chaldaïques : Avec un choix de commentaires anciens : Psellus – Proclus – Michel Italicus (édition bilingue Belles Lettres français/grec)

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Une nouvelle traduction des « Academia » de Cicéron

Posted by Hervé Moine sur 20 septembre 2010

Vient de paraître le 15 septembre dernier, une nouvelle traduction française des « Academia » de Cicéron, par José Kany-Turpin, l’introduction est de Pierre Pellegrin. A noter que la traduction française de cette édition bilingue est la première traduction complète depuis celle de M. Nisard 1936.

En outre, Les Académiques de Cicéron sont au programme de l’Agrégation externe 2011 de philosophie pour la troisième épreuve, dite d’histoire de la philosophie.

Pour vous procurer Les Académiques de Cicéron dans cette édition billingue chez Flammarion

D’autre part, il est possible de vous procurer en version numérisé deux traductions anciennes des Académiques :

Cicéron, Académiques, Premières Académiques, livre II (= Lucullus), hypertexte, avec la trad. de Ch. Appuhn, Paris, 1936 ; Académiques Secondes, livre I, hypertexte, avec le traduction de M. Nisard, Paris, 1840.

Résumé des Académiques :

Ce traité de Cicéron est le manifeste le plus talentueux que l’Antiquité nous ait légué en faveur de l’Académie sceptique.
Il est en effet une source indispensable pour l’histoire de la philosophie grecque : sans lui, nous ne saurions presque rien de philosophes aussi importants qu’Arcésilas, Carnéade, Philon de Larissa et Antiochus d’Ascalon. Mais il est non moins intéressant par l’acribie, et parfois la passion, avec laquelle Cicéron défend le ‘scepticisme » de la Nouvelle Académie face aux arguments des dogmatiques en faveur de la « perception » objective des phénomènes.
Loin de se contenter d’exposer le statut des diverses questions d’après des doxographics. Cicéron tente de cerner les véritables enjeux philosophiques et scientifiques des positions académiciennes face à celles des Stoïciens.

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