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Posts Tagged ‘pouvoir’

Démocratie grecque. De l’idée de référendum à l’arrivée de l’extrême droite au gouvernement

Posted by Hervé Moine sur 11 novembre 2011

Lucas Papademos, vice-président de la Banque centrale européenne de 2002 à 2010, nouveau Premier ministre de la Grèce

Le gouvernement grec de coalition formé par le Premier ministre Lucas Papademos a prêté serment ce vendredi 11 novembre à la résidence présidentielle.

Nous pouvons noter m’entrée de l’extrême droite.

C’est la première fois que le chef du gouvernement devra composer avec l’extrême droite depuis la chute de la dictature des colonels en 1974.

Alors que le président français Nicolas Sarkozy et la Chancelière allemande Angela Merkel se réjouissent de ce changement à la tête de l’Etat grec et s’apprêtent à soutenir le nouveau gouvernement, nous ne pouvons pas ne pas nous étonner sur le fait qu’en si peu de temps nous soyons passés de l’idée d’un référendum populaire à l’entrée de l’extrême droite dans le gouvernement.

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Domination : réification ou aliénation ?

Posted by Hervé Moine sur 9 novembre 2011

Les conceptions contemporaines de la domination

Séminaire Sophiapol 2011-2012

3e séance, 17 novembre 2011, Paris Ouest

La prochaine séance du Séminaire de philosophie sociale et politique du SOPHIAPOL, consacré cette année aux conceptions contemporaines de la domination , accueillera Claude Gautier (Univ. Montpellier 3, Triangle) dont la conférence s’intitulera: “Expérience et analyse sociologique de la domination chez P. Bourdieu.”

Voir dans le site de sophiapol : http://sophiapol.hypotheses.org/5967

Présentation du séminaire 2011-2012

La sociologie, l’économie et la philosophie contemporaine se sont partagé l’analyse des phénomènes de domination et en ont proposé des approches variées. La théorie marxienne a surtout insisté sur la forme économique de la domination de classe en localisant celle-ci dans l’accaparement des moyens de production et la capacité à faire de l’ensemble des sous-systèmes sociaux des conditions de reproduction du processus d’accumulation. La sociologie de Max Weber a procédé à un classement des principales formes d’exercice de la domination en les distribuant sur les formes d’articulation de la classe et du statut ; l’approche sociologique des néo­machiavéliens comme Mosca, Pareto ou Michels a tenté de construire le concept de domination (Pareto) à partir d’une théorie des élites sociales et de leur circulation qui recourt à des stratégies de justification réductibles à des rationalisations de leur position sociale fondées sur des logiques de «dérivation» pseudo argumentatives à partir des « résidus » affectifs. De son côté, la sociologie critique -celle de Bourdieu par exemple- a moins tant recouru à une classification des formes de domination et au vocabulaire de la justification qu’elle n’a mis l’accent sur l’incorporation des formes d’obéissance liée à l’inégale distribution des statuts, des différents capitaux sociaux et à leurs effets structurants sur les habitus, construisant les concepts de pouvoir et de violence symbolique qui expriment l’essentiel des phénomènes de domination.

Du côté de la philosophie, c’est principalement vers l’analytique du pouvoir de Michel Foucault qu’il faut se tourner ainsi que vers la théorie habermassienne des sous-systèmes sociaux. La première constitue une conception historico-anthropologique qui a principalement mis l’accent sur les dispositifs institutionnels et les techniques de pouvoir qui ont largement utilisé les savoirs des sciences sociales, des sciences administratives et des sciences humaines pour mettre en oeuvre des programmes décentralisés de gouvernement des conduites. La seconde met surtout en avant la fonctionnalité des deux sous-systèmes sociaux caractéristiques du capitalisme moderne, l’argent et le pouvoir conçus comme des médiums de coordination stratégique des acteurs qui exercent une réification sur le monde vécu conçu de manière interactionniste à partir des structures de l’interaction communicationnelle. Les phénomènes de domination et de réification se produisent lorsque ces deux sous-systèmes colonisent le monde vécu en vertu de l’extension de leurs logiques autonomes de reproduction en formulant des injonctions d’adaptation du monde vécu aux mutations du marché, par exemple, pour juguler la crise et en viennent ainsi à coordonner eux-mêmes avec leurs propres médiations les secteurs sociaux dont la coordination relève des compétences de l’interaction comme la culture, l’éducation ou l’information.

Il serait sans doute difficile de trouver un dénominateur commun à l’ensemble de ces approches, et l’un des intérêts du séminaire serait de chercher à formaliser un concept de domination à partir de ces travaux. De ce point de vue, on peut noter que la discussion autour des phénomènes de domination a été relancée, depuis une quinzaine d’années, par les théories néo-républicaines ou les théories du pouvoir qui ont cherché à construire des définitions formelles des rapports de domination, compatibles avec des approches économiques et sociologiques. Les travaux de Ph. Pettit, de F. Lovett pour le néo-républicanisme ou ceux de Th. Wartenberg ou de St. Lukes constituent autant de tentatives de construire un tel concept.

Le séminaire de l’année 2011-2012 pourrait se donner pour tâche la reprise et l’évaluation de l’ensemble de ces approches en essayant de les faire interagir : Peut-on construire un concept de domination capable de fournir des critères précis pour en évaluer l’effectivité ? L’approche sociologique du néo-machiavélisme est-elle compatible avec celle du néo-républicanisme ? Comment penser de manière précise l’articulation de la théorie marxienne de la domination et de celle de la sociologie critique ? Comment articuler ensemble des phénomènes de domination, de réification et d’aliénation ? La classification wébérienne des formes de domination permet-elle de préciser le concept néo-républicain de domination ? Les théories contemporaines de la reconnaissance peuvent-elles fournir des instruments pour penser les rapports de domination ? Ce sont ces questions, dans leur généralité théorique qui seront abordées par les différentes interventions, en insistant sur l’effet de clarification qu’elles peuvent produire quant à la question de la domination liée au travail.

Les séances

  • 18 octobre (14h-16h) – Razmig Keucheyan (Univ. de Paris-Sorbonne – Paris IV) Autour d’Hémisphère gauche. Une cartographie des nouvelles pensées critiques, Paris, Zones/La Découverte, 2010
  • 8 novembre (14h-16h) – Thierry Labica (Univ. Paris Ouest Nanterre La Défense, CREA) «David Harvey : sur la restauration du pouvoir de classe’, entre domination et exploitation »
  • 17 novembre (15-17h) – Claude Gautier (Univ. Montpellier 3, Triangle) « Expérience et analyse sociologique de la domination chez P. Bourdieu »
  • 6 février (14h-16h) – Béatrice Hibou (CERI -Science Po) Autour d’Anatomie politique de la domination, Paris, La Découverte, 2011
  • 20 février (14h-16h) – J. P. Durand (Univ. Evry Val d’Essone) titre à définir
  • 12 mars (14-16h) – Christian Lazzeri (Univ Paris Ouest Nanterre La Défense, Sophiapol) « Les théories contemporaines de la domination »
  • 2 avril (14h-16h) – Bernard Lahire (ENS-LSH) « Dominations, dispositions »
  • 14 mai (14-16h) – D. Courpasson (EM Lyon) Titre à définir

Comité d’organisation

Vincent Bourdeau (Logiques de l’Agir, UFC Besançon)
Marie Garrau (Laboratoire Sophiapol, U. Paris Ouest Nanterre La Défense)
Stéphane Haber (Laboratoire Sophiapol, U. Paris Ouest Nanterre La Défense)
Christian Lazzeri (Laboratoire Sophiapol, U. Paris Ouest Nanterre La Défense)
Alice le Goff (GEPECS, U. Paris Descartes)

Lieu

Université Paris Ouest Nanterre La Défense
Bâtiment D, salle 201b (sauf le 18.10.2011, Bâtiment LLPHI, rez-de-chaussée, salle Reverdy)
Comment venir ? par le train et le RER
Plan du campus de Paris Ouest Nanterre La Défense

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La culture et la politique destinées aux élèves de classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES

Posted by Hervé Moine sur 26 octobre 2011

Cours particuliers de philosophie

Culture et politique

Charles-Eric de Saint Germain

Aux éditions Ellipses

Au sommaire de ce volume 1 à paraître en novembre 2011 :

  • La culture
  • L’art
  • Technologie et écologie
  • Le travail
  • Dieu et la religion
  • L’Etat et le pouvoir politique
  • La politique
  • Le droit et la justice.

Destinées aux élèves de Classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES, ces leçons offrent une présentation globale et complète de l’ensemble des questions philosophiques du programme sous une forme pédagogiquement claire et accessible.

L’auteur propose dans ce premier volume consacré à la Culture et la Politique un traitement  » exhaustif  » des grandes notions (La Culture, l’Art, Technique et Ecologie, le Travail, Dieu et la Religion, l’Etat et le Pouvoir politique, la Politique, le Droit et la Justice). Pour cela, il a mobilisé quasiment l’intégralité des philosophes de la longue tradition qui est celle de la philosophie, depuis les présocratiques jusqu’à ses développements les plus contemporains.

Outre les philosophes  » classiques « , qui nourrissent la substance de ces cours, il mobilise des sociologues dont l’étude est désormais un  » passage obligé  » pour tout candidat un peu sérieux mais aussi des philosophes contemporains dont la connaissance s’impose aujourd’hui à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec les enjeux de la réflexion contemporaine.

Leçons Particulières de Philosophie Volume 1 Culture & Politique (Culture Art Technique Ecologie)

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Témoignage d’Agnes Heller. « Nous assistons à un Kulturkampf, à une offensive du pouvoir contre les intellectuels. »

Posted by Hervé Moine sur 12 mars 2011


Agnès Heller et Jürgen Habermas index.hu. Photo: Francis Kalmandy

Il y a peu, ActuPhilo s’était fait l’écho de la situation en Hongrie concernant la nouvelle législation à propos des médias et de la liberté d’expression d’une manière générale et relayant l’information de celle d’un certains nombre de philosophes hongrois dont Agnes Heller, invitée d’une soirée de soutien ce lundi au Théâtre de l’Odéon.

Fin janvier et début février dernier, nous avions publié deux billets à propos de cette situation en invitant au soutien aux philosophes visés en leur exprimant ainsi notre solidarité et à la philosophie hongroise, tout en nous engageant dans le combat contre toute toute censure antidémocratique. En publiant la lettre ouverte de László Tengelyi, professeur de philosophie à l’Université de Wuppertal et les propos s’apparentant à un coup de gueule de Jürgen Habermas, « schützt die Philosophen ! » (protégeons les philosophes !), nous évoquions, dans un article du 29 janvier 2011, la chasse aux sorcières contre les philosophes et intellectuels en Hongrie, laquelle Hongrie est actuellement à la tête de l’Union Européenne. Avec le philosophe Tamás Gáspár Miklós, nous nous sommes posés la question de savoir si Le gouvernement hongrois est le seul en Europe à prendre des mesures antidémocratiques, dans un article dans lequel était notamment évoqué un rassemblement autour de Tamás Gáspár Miklós dénonçant cette politique du gouvernement hongrois et notamment cette législation des médias.

Aujourd’hui, voir ci-dessous, à la fois, nous annonçons une rencontre de soutien aux philosophes hongrois et un communiqué de la philosophe d’origine hongroise, Agnès Heller, « la philosophie qui dérange » paru dans les colonnes du Monde d’aujourd’hui et quelques points concernant sa biographie d’après le site du Collège Internationale de Philosophie, organisateur de la soirée de soutien de lundi prochain. En outre, pour compléter, nous pourrons nous référer à un article paru dans Libération du 9 mars dernier « Hongrie : la dissidence des philosophes » cosignés par les philosophes Barbara Cassin et Mathieu Potte-Bonneville ainsi que la physicienne Françoise Balibar.

Il est inquiétant de savoir qu’aujourd’hui encore, et qui plus est en Europe, des campagnes de dénigrement émanant de pouvoirs politiques contre des philosophes puissent être possibles, mais, il est en même temps rassurant que des voix s’élèvent, que les informations soient relayées et des manifestations de soutiens s’organisent. La vigilance est toujours de mise ! Il faut rester veilleur ! Rien n’est jamais définitivement acquis.

Hervé Moine, ActuPhilo

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Rencontre de soutien aux philosophes hongrois

avec Agnès Heller, philosophe et sociologue

et la participation de Gianni Vattimo, Vincent Peillon, Marc Semo

organisé par le Collège Internationale de Philosophie

lundi 14 mars à 20 h 30

au Théâtre de l’Odéon à Paris

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Le Collège International de Philosophie dénonce les calomnies et stigmatisation

Rappel de la situation hongroise

Depuis le 8 janvier dernier, une campagne de dénigrement, orchestrée par l’entourage du premier ministre Viktor Orbán, se développe dans les médias hongrois contre plusieurs philosophes (Agnes Heller, Mihály Vajda, Sándor Radnóti…), accusés d’avoir écrit contre rétribution des textes « fumeux et inutiles » et d’avoir sali l’image du pays. Il ne s’agit pas là d’une attaque isolée : les calomnies dont ces chercheurs sont l’objet et les poursuites judiciaires engagées contre eux participent d’une volonté de mise au pas du monde intellectuel hongrois, dont témoigne par ailleurs le limogeage d’une partie des membres de l’Académie des sciences, ou la stigmatisation publique de l’homosexualité du directeur du Théâtre National de Budapest. Ce climat atteste du développement, au coeur de l’Europe, d’une idéologie et d’une politique clairement contraires aux principes démocratiques de respect des droits et de liberté de la recherche.

Attentif, depuis sa création, au caractère inconditionnel de ces exigences, ainsi qu’à la mémoire de la dissidence dont plusieurs des intellectuels mis en cause furent des acteurs essentiels, le Collège International de Philosophie a souhaité manifester son soutien en invitant Agnes Heller à Paris pour une rencontre exceptionnelle à l’Odéon – Théâtre de l’Europe. Cette rencontre se déroulera le lundi 14 mars 2011 à 20h30 ; y participeront notamment Gianni Vattimo et Vincent Peillon, députés européens et philosophes, ainsi que Marc Semo, journaliste au quotidien Libération.

Invitation est aussi lancée, par l’Odéon-Théâtre de l’Europe, au Directeur du Théâtre National de Budapest. Cette rencontre sera un moment de réflexion et de vigilance, face à la manière dont un Etat européen entend mettre la recherche sous tutelle politique, et au retour de méthodes que l’on pensait définitivement disparues de notre continent.

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Agnès Heller

La philosophie qui dérange

Par Agnes Heller, traduit du hongrois par Alice Emsalem

Article paru dans le Monde, le samedi 12 mars 2011

http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/03/12/la-philosophie-qui-derange_1492279_3232.html

Depuis l’époque des Lumières, les écrivains, gens de théâtre, musiciens et autres rédacteurs et chroniqueurs des journaux de qualité, ont pris en charge les responsabilités qui résultaient de la liberté d’opinion. Cela veut dire que leurs pensées et leurs convictions étaient désormais dictées par leur conscience et leur raison et non plus par leurs seigneurs et maîtres. En revanche, dans le cas de la philosophie, la réflexion indépendante est depuis toujours une « maladie professionnelle ». Cependant, les Lumières ont fait que cette « maladie » a contaminé tous ceux qui, plus tard, ont été désignés par le terme d' »intellectuels ».

Voilà pourquoi les tyrans et dictateurs de l’époque moderne ne les ont jamais portés dans leur coeur, essayant tantôt d’établir eux-mêmes des critères propres à distinguer les « bons » auteurs et philosophes des autres tout en réservant leurs bienfaits à leurs thuriféraires, tantôt cherchant à attirer à eux les philosophes qui, marchant sur les traces de Platon, se sont complu à leur dispenser des conseils. Avec peu de succès, sur le long terme.

Les intellectuels critiques ont eu leur heure de gloire au cours des périodes de dictature. Ce sont eux qui incarnèrent l’hydre à sept têtes en révolte contre la tyrannie. Et si l’une des têtes tombait, que ce soit par corruption, assassinat, envoi dans des camps d’internement ou d’extermination, ou encore par l’exil forcé ou l’emprisonnement, d’autres repoussaient à sa place. Ce dragon-là s’est révélé invincible.

En période de démocratie, fini l’héroïsme ! Mais le courage civique reste toujours d’actualité. Il s’agit d’investir du temps et de l’énergie, de rejeter les promotions faciles, pour maintenir l’esprit critique en éveil. La question n’est pas tant de savoir si tel ou tel intellectuel a raison ou tort, puisque certains en effet se font les porte-drapeaux de rêves utopiques. Elle est de se rendre compte que le monde moderne a absolument besoin d’individus capables d’opposer un refus à telle ou telle structure sociale, législation, mesure gouvernementale, etc.

C’est en effet la tension découlant du débat, l’échange incessant d’arguments et de contre-arguments qui alimentent la dynamique de la société moderne. Même le développement technologique à long terme n’est pas envisageable sans la liberté de penser, c’est-à-dire l’indépendance, sans liberté d’opinion ni de presse. La forme privilégiée de ces éléments se retrouve dans les institutions de contre-pouvoir.

Pendant des années, j’ai cru que la philosophie était devenue une discipline universitaire comme les autres, une profession préoccupée par son propre passé et la muséification de son histoire, n’intéressant que ses représentants. Sa fonction critique traditionnelle avait été reprise par les différents médias. Ayant vécu longtemps en Australie et aux Etats-Unis, j’en étais venue à trouver cette situation presque naturelle. Mes expériences européennes ne contredisaient pas non plus cette vision des choses.

Et puis, la surprise. A peine le nouveau gouvernement hongrois était-il en fonction qu’une campagne de diffamation contre les philosophes hongrois était lancée et, à travers eux, contre toute la philosophie critique, qui a été exposée à un feu roulant. L’attaque a été lancée simultanément par trois quotidiens et trois chaînes de télévision. Elle a duré presque deux mois, toujours fondée sur les mêmes accusations, le même rabâchage d’allégations depuis longtemps démenties. La charge, répétée à l’envi, prétendait que « la bande à Heller » avait, par des moyens suspects, et sous prétexte de travaux de recherche, volé, détourné un demi-milliard de forints (presque 2 millions d’euros).

De quoi s’agissait-il ? Sur une centaine, six projets ont été pointés du doigt. Les montants destinés aux différents travaux ainsi visés – recherche, traduction, édition d’ouvrages… – ont été additionnés, et une personne a été désignée comme bouc émissaire. Pourquoi justement moi, qui, sur les six directeurs de projets, n’ai jamais touché un centime ? Les accusateurs n’en ont pas fait mystère. J’ai été taxée de « philosophe libérale », « libéral » étant dans le lexique du gouvernement actuel synonyme d' »opposition », de « diabolique », d' »antipatriotique ». Ces six cibles sélectionnées ont été choisies parce qu’elles constituent le panel idéal pour criminaliser tous ceux qui mettent en cause la politique du gouvernement hongrois, en particulier toute récente loi sur les médias.

Quels objectifs politiques visent cette criminalisation ? Tout d’abord, l’intimidation des intellectuels critiques, des philosophes notamment. Il faut qu’ils se tiennent à carreau, qu’ils se taisent gentiment, sinon on les dénoncera et on leur appliquera le traitement réservé aux criminels de droit commun.

Et puis, on criminalise ainsi de nombreux membres du gouvernement précédent, ainsi que l’ancien premier ministre social libéral. La plupart du temps sous le prétexte que, ces dix dernières années, l’endettement de la Hongrie a atteint un seuil préoccupant. Ce fait, qui relève de la politique économique, est maintenant présenté comme un acte criminel, comme si les précédents dirigeants du pays avaient empoché des millions d’euros.

Nous assistons à un Kulturkampf, à une offensive du pouvoir contre les intellectuels. La plupart des personnalités importantes de l’élite culturelle ont été « éliminées ». C’est le cas, par exemple, du directeur artistique et chef d’orchestre de l’Opéra de Budapest Adam Fischer, mondialement connu, ou encore du directeur du Ballet, ainsi que d’un grand nombre de directeurs de théâtres, de rédacteurs de télévision, de présentateurs d’émissions, de commentateurs d’actualités, de journalistes. Et c’est dans ce cadre que s’inscrit l’attaque contre les philosophes.

Abusant de sa majorité parlementaire, des deux tiers, ce gouvernement de droite qui se proclame « révolutionnaire » a fait adopter une loi sur les médias qui contredit gravement l’esprit démocratique européen. Une commission ad hoc a été créée, composée uniquement de membres du parti majoritaire, dont la mission consiste à contrôler et à définir des sanctions à l’encontre des médias, y compris la presse écrite (jusqu’à présent, la compétence pour juger un délit médiatique – qu’il s’agisse de la diffamation ou autre – relevait des compétences d’un tribunal indépendant).

Lorsque de nombreux députés européens se sont élevés contre cette grave violation du principe de la liberté de presse, le chef du gouvernement, Viktor Orban, s’en est pris aux intellectuels critiques (les fameux « libéraux »), les accusant d’avoir poignardé dans le dos le gouvernement légal de leur pays, d’être des antipatriotes, les tenant pour responsables du fait que l’Union européenne n’ait pas su apprécier à sa juste valeur la particularité de ce hungaricum, tel que nous appelons les spécialités hongroises. En cela, je ne nie pas, et, tout comme d’innombrables collègues, je plaide coupable. Mais la presse européenne n’a pas non plus eu besoin de nous pour tirer la sonnette d’alarme. En effet, la restriction de la liberté d’expression peut se propager comme une maladie contagieuse. Il faut la stopper dès les premiers symptômes.

Cependant, le gouvernement a recours à toutes sortes de réformes pour titiller les nerfs des intellectuels, sensibles au respect des droits. Par exemple en éliminant méthodiquement les contre-pouvoirs institutionnels, en concentrant les pouvoirs, en nationalisant des cotisations versées aux caisses de retraite privées, en limitant l’indépendance de la banque centrale, en introduisant et en mettant en vigueur des lois à effet rétroactif, et d’autres mesures encore. Les économistes et politologues « libéraux » se retrouvent ici les alliés des philosophes.

Tels sont les motifs qui peuvent sous-tendre cette offensive anti-philosophique. Mais pour la mener, il a fallu convaincre le lectorat hongrois de « vérités » bien peu crédibles. Il a fallu jouer sur certaines cordes, auxquelles un grand nombre sont sensibles. Attiser l’envie, le ressentiment, l’antisémitisme. On fait croire aux personnes peu cultivées que les « philosophes », sont par définition des individus inutiles, gaspillent pour leurs projets futiles des sommes qui auraient pu leur revenir. Là-dessus, on publie trois photographies, représentant par le plus grand des hasards trois personnalités juives.

Il y a tout de même un motif de satisfaction dans cette sombre affaire. La solidarité qui nous a été manifestée par les philosophes du monde entier et par les intellectuels, libres-penseurs en général, nous réconforte. L’écho a été plus large que ce que l’on aurait pu imaginer. Des pétitions et lettres de protestation ont afflué des quatre coins du monde, de tous les pays d’Europe. Partout, la presse s’est mobilisée.

Il semble enfin que la liberté d’expression, la liberté d’opinion, la liberté de penser soient des concepts qui ne connaissent pas les frontières. Et que la philosophie, finalement, ne soit pas non plus devenue un vieux lion édenté.

Traduit du hongrois par Alice Emsalem

agnes_heller72Au sujet d’Agnes Heller

Agnes Heller est née à Budapest en 1929. Son père meurt en déportation à Auschwitz en 1944. Se destinant initialement à des études de physique, elle s’oriente vers la philosophie et les sciences sociales en devenant l’élève de György Lukács, figure majeure du marxisme du vingtième siècle.

En 1947, elle adhère au Parti Communiste, dont elle est exclue une première fois en 1949 pour avoir contesté le principe du centralisme démocratique, au nom de la nécessité de concilier engagement communiste et exercice de la réflexion critique individuelle. Partie prenante des événements de 1956, elle est de nouveau exclue du Parti Communiste et chassée de son poste à l’université. Elle contribue à la création de ce que l’on appellera « l’école de Budapest », collectif de chercheurs partisans d’une réinterprétation du marxisme valorisant les écrits du jeune Marx, la dimension oppositionnelle de ce dernier et son insistance sur la conquête de l’autonomie, contre les systèmes du « socialisme réel ».

Partisans d’une attitude réformiste vis-à-vis du régime de l’est jusqu’au printemps de Prague, les membres de l’école de Budapest sont victimes de persécutions politiques dans les années 1970, ce qui conduit Agnes Heller à s’exiler en Australie en 1977, puis à rejoindre la New School for Social Research de New York, où elle se voit proposer la chaire d’Hannah Arendt. Sa philosophie a progressivement évolué vers une critique radicale du marxisme et une position essentiellement social-démocrate.

Elle est l’auteur de nombreux essais en matière de morale, d’esthétique, ainsi que de réflexions sur la place de l’Europe centrale dans les événements historiques du vingtième siècle.

Biographie d’Agnès Heller d’après le site du Collège Internationale de Philosophie

Illustration d’Oriol Malet

 

Hongrie : la dissidence des philosophes

Article paru dans Libération par Barbara Cassin, Mathieu Potte-Bonneville, et Françoise Balibar

http://www.liberation.fr/monde/01012324462-hongrie-la-dissidence-des-philosophes

Ces derniers mois, alors que la Hongrie assure la présidence de l’Union européenne, la promulgation par le gouvernement de Viktor Orbán d’une «loi sur les médias» instaurant un pouvoir discrétionnaire sur l’opinion a suscité une large indignation internationale. La dénonciation du triste spectacle donné par l’UE, incapable de contraindre l’un de ses membres au respect de ses principes fondateurs, s’est parfois teintée de condescendance à l’égard de ces «nouveaux entrants», formule qui semble porter un peu trop facilement leurs errances au compte d’une sorte de péché de jeunesse, ou de marginalité européenne.

Ce serait oublier que depuis le siècle des Lumières, une part du sens et du destin de l’Europe se joue dans le sort réservé à la Mitteleuropa. Ce serait négliger, aussi, que cette loi inique fait corps en Hongrie avec une vaste entreprise de transformation des structures démocratiques, visant à éroder les garde-fous de l’Etat de droit, et avec une offensive non moins violente de stigmatisation et d’intimidation des adversaires de l’actuel pouvoir. Admirateur de Silvio Berlusconi, Viktor Orbán s’arroge autant de libertés avec la Constitution (il a fait procéder à plus de dix révisions en un an, dépossédant le Tribunal constitutionnel de ses droits et restreignant le principe de séparation des pouvoirs), qu’il fait preuve de tolérance à l’égard de la presse d’extrême droite, lorsque celle-ci vilipende en termes crus l’homosexualité et les origines juives du directeur du Théâtre national de Budapest.

Depuis le début de l’année, cette tentative de mise au pas connaît un nouveau tournant. A peu d’intervalle, le nouveau directeur de l’Institut de philosophie de l’académie des sciences a renvoyé quatre de ses collègues et dénoncé l’incompétence de quinze autres, cependant que le journal Nation hongroise, voix du gouvernement, attaquait plusieurs philosophes pour avoir bénéficié de «financements illicites», soupçonnant à travers eux l’influence d’un «cercle libéral», manière (transparente pour le public hongrois) de réactiver l’antisémitisme envers les intellectuels juifs cosmopolites.

Relayée par d’autres médias et télévisions, parfois directement possédés par Orbán, cette campagne virulente s’est prolongée par l’ouverture de plusieurs enquêtes judiciaires – et ce, bien que la fausseté des principaux points d’accusation soit déjà avérée et que les conditions d’attribution des subventions incriminées soient publiquement connues, conformes à toutes les normes internationales en vigueur, tant scientifiques qu’administratives. C’est que l’objectif est ailleurs : face à une opinion publique traumatisée par les effets brutaux de la crise financière, faire de la pratique de la philosophie une suspecte idéale, aussi dispendieuse qu’antinationale ; réduire au silence ou rendre inaudibles des personnalités dont le prestige intellectuel, l’ampleur des travaux et la rigueur morale pourraient menacer l’instauration d’un pouvoir sans partage.

Parmi ces personnalités, la philosophe Agnes Heller est la principale cible des attaques gouvernementales. Peu connue du public français, mais auteure d’une œuvre considérable, Agnes Heller est, à 81 ans, bien plus qu’un témoin du siècle : une figure de la dissidence dans ce que l’on nommait autrefois l’Europe de l’Est. Celle qui occupa un temps à New York la chaire de Hannah Arendt développa, sur la base d’un marxisme critique, une pensée aussi soucieuse de transformation sociale que de liberté individuelle.

Cette indocilité lui valut hier d’être persécutée par le pouvoir communiste après le printemps de Prague ; elle lui vaut aujourd’hui d’être de nouveau mise en cause, en des termes rappelant de manière troublante une époque que l’on croyait révolue. Au-delà de la simple survivance de mœurs autoritaires, les attaques dont sont aujourd’hui l’objet Agnes Heller et d’autres philosophes portent à s’inquiéter d’un phénomène neuf : l’apparition en Europe de régimes nationalistes dont les pratiques gouvernementales concilient, via quelques aménagements techniques, le respect des normes de l’UE et la chasse à tout ce qui, dans la société, entend se soustraire au consensus obligé, à commencer par la liberté d’expression et de recherche.

La vigilance quant au sort réservé aux philosophes hongrois n’est pas seulement une exigence éthique : elle vaut comme analyseur politique. En invitant Agnes Heller à Paris, en organisant sa rencontre avec des philosophes et députés européens de différents bords, le Collège international de philosophie entend contribuer à la mobilisation dont témoignent, dans d’autres pays, les déclarations de Jürgen Habermas ou la lettre ouverte de l’American Philosophical Association.

Si la philosophie était un divertissement inoffensif, ses ennemis ne mettraient pas un tel acharnement à la faire taire: puissions-nous, alors, ne pas les décevoir et leur répondre en étant nombreux, lundi, à apporter notre soutien aux philosophes hongrois.

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Pouvoirs sociaux et aliénation

Posted by Hervé Moine sur 10 février 2010

Cercle de lecture – Philosophie et Société

Le 17 février 2010

à la Bibliothèque Gabrielle-Roy, salle Gérard-Martin

Québec

Thème : « Pouvoirs sociaux et aliénation »

À raison d’une rencontre par mois, le cercle est un lieu d’échanges sur des sujets liés à la philosophie et aux enjeux de société. Après une introduction d’environ 20 minutes au thème par le modérateur, les participant-e-s sont invité-e-s à discuter ou à partager leurs lectures reliées.

Surveillez le blogue du cercle au www.cerclequebec.wordpress.com pour des suggestions de lecture et des discussions en ligne.

Steve Simard – Publiée le 10 février, 2010

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Rapports de pouvoir, sexe, race, classe…

Posted by Hervé Moine sur 7 novembre 2009

Comment penser l’articulation des rapports de pouvoir ? Comment penser la domination? Tel est l’objet de cet ouvrage, écrit sous la direction d’Elsa Dorlin qui s’intitule Sexe, Race, Classe, pour une épistémologie de la domination, publié chez Actuel Marx.

Pour se procurer cet ouvrage, cliquez sur le lien suivant : Sexe, race, classe

 

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sexe, race, classeL’ouvrage

La pensée féministe s’est historiquement attachée, depuis — voire en dehors de — la tradition matérialiste, à montrer que le rapport de classe n’épuise pas l’expérience de la domination vécue par les femmes et, plus généralement, par les minorités sexuelles. Plus encore, en élaborant des outils d’analyse tels que le « mode de production domestique », les « rapports sociaux de sexe » ou le « rapport de genre », la pensée féministe a travaillé sur l’imbrication des rapports de pouvoir, dénaturalisant la catégorie de « sexe » à l’aune de ses déterminations historico-sociales.
Depuis quelques années en France, la réflexion sur l’imbrication des rapports de pouvoir s’est complexifiée davantage, notamment sous l’influence des travaux nord et sud-américains, mais aussi caribéens ou indiens. Les problématiques relatives aux identités sexuelles, aux régimes de sexualité, mais aussi celles articulant le genre et la nation, la religion et/ou la couleur, ont permis de développer un véritable champ de réflexion. La question cruciale de l’articulation du sexisme et du racisme, notamment, a ainsi renouvelé tout autant l’agenda des mouvements féministes que la recherche universitaire.

Cet ouvrage a pour but d’interroger les différents outils critiques pour penser l’articulation des rapports de pouvoir. Tout en interrogeant leur mode propre de catégorisation (les catégories de « sexe » et de « race » ont-elles méthodologiquement le même statut que la classe ? À quelles conditions utiliser la catégorie de « race » comme une catégorie d’analyse ? L’analyse en termes de classe a-t-elle été éclipsée par l’analyse croisée du sexisme et du racisme, après les avoir longtemps occultés ?…) cet ouvrage discute les différents modes de conceptualisation de ce que l’on pourrait appeler « l’hydre de la domination » : analogique, arithmétique, géométrique, généalogique.

À partir de différentes traditions disciplinaires (sociologie, science politique, philosophie, psychologie, littérature…), les contributions ici réunies présentent un état des lieux des diverses appréhensions de l’imbrication des rapports de pouvoir — « intersectionnalité », « consubstantialité », « mondialité », « postcolonialité », … et, ce faisant, (re)dessinent les contours d’une véritable épistémologie de la domination.

Table des matières

Introduction
Vers une épistémologie des résistances, par Elsa Dorlin

I. Division sexuelle et raciale du travail

De la servitude au travail de service : les continuités historiques de la division raciale du travail reproductif payé, par Evelyn Nakano Glenn

La règle du jeu. Repenser la co-formation des rapports sociaux de sexe, de classe et de « race » dans la mondialisation néolibérale, par Jules Falquet

Clivages ethniques, domination économique et rapports sociaux de sexe. Le cas des Chinois de Paris, par Marylène Lieber

II. L’intersectionnalité en débat

  • Dynamique et consubstantialité des rapports sociaux, par Danièle Kergoat
  • Différences, pouvoir, capital. Réflexions critiques sur l’intersectionnalité, par Patricia Purtschert et Katrin Meyer

III. Féminisme et orientalisme

  • Sous le regard de l’Occident : recherche féministe et discours colonial, par Chandra Talpade Mohanty
  • Sexe, race et colonialité. Point de vue d’une épistémologie postcoloniale latino-américaine féministe, par Sabine Masson
  • Antigone, le foulard et la République, par Sarah Bracke

IV. Généalogie de la « blanchité »

  • « Gare au Juif ! » : Le Gorille d’Oscar Méténier, portrait du Sémite enleveur de femmes, par Sarah Al-Matary
  • Autre chose qu’un désir de peau… Le Nègre, la Blanche et le Blanc dans deux romans de Dany Laferrière, par Pascale Molinier
  • Les défis des Critical Whiteness Studies, par Ina Kerner

V. Violence du pouvoir et pouvoir de la violence

  • Différences locales, générationnelles et biographiques dans les identités masculines en Colombie, par Mara Viveros
  • Les frontières de la violence sexuelle, par Eric Fassin

A propos de l’auteur

Elsa Dorlin est maître de conférences, UFR de philosophie, Université Paris I Panthéon-Sorbonne. Elle est également l’auteur de Sexe, genre et sexualités (PUF, « Philosophies », 2008).

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Sexe, race, classe

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Bac Blanc de philosophie pour la terminale L

Posted by Hervé Moine sur 28 mars 2009

Vous traiterez l’un des trois sujets de dissertation :

1. Le langage est-il une invention humaine ?

2. Une culture peut-elle être porteuse de valeurs universelles ?

3. Le pouvoir de l’Etat est-il facteur de liberté ou d’oppression ?

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Doit-on tout attendre de l’Etat ?

Posted by Hervé Moine sur 13 février 2009

La République Honoré Daumier

La République Honoré Daumier

Un sujet de circonstance….

Tel est un des deux sujets au choix que devait traiter les TS la semaine dernière. Je corrige actuellement les copies. Mais avant de proposer en ligne un corrigé, j’aimerais que l’on puisse travailler ce sujet, dans le cadre de l’apprentissage à l’exercice de la dissertation philosophique.
Sujet qui colle avec la mission première que se propose Actu Philo qui est celle de réfléchir à partir de l’actualité. Ne voudrait-on pas que l’Etat règle tous les problèmes et satisfasse le paquet de revendications, porté par le collectif (LPK)?

Que doit-on attendre de l’Etat? Tout?

Quel est le problème que soulève ce sujet?

Il faut commencer par faire une analyse de ce sujet…

Qui ouvre le feu ?

Hervé Moine

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