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Journées d’étude. « Tolérance, liberté de conscience, laïcité : Quelle place pour l’athéisme ? »

Posted by Hervé Moine sur 13 janvier 2015

tolérance et athéismeJournées d’étude « Tolérance, liberté de conscience, laïcité Quelle place pour l’athéisme ? » du 21 au 23 janvier 2015, Université de Paris 8 Salle D002 et G-2 2 rue de la liberté à Saint-Denis

Organisées par l’Université Paris 8 et le Laboratoire sur les logiques contemporaines de la philosophie, l’Institut d’histoire de la pensée classique (UMR 5037) et l’Université de Lyon (Labex COMOD – Constitution de la modernité).

Elles auront lieu les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2015 à l’Université Paris 8.

Ces journées d’étude porteront sur la manière dont les philosophies du XVIIe, du XVIIIe et du XIXe siècles envisagent l’idée d’un fondement théologique de l’Etat et la coexistence des différentes croyances en son sein. Elles se centreront sur la question de l’athéisme et sur la manière dont sa place est envisagée dans les différents régimes politiques de cohabitation des options spirituelles et philosophiques. Elles envisageront notamment les différentes hypothèses ouvertes par les concepts de tolérance, de liberté de conscience et de laïcité.

Mercredi 21 janvier 2015 

Ouverture : Louise Ferté, Lucie Rey, Patrice Vermeren

  • Nicole Gengoux, CERPHI : L’athéisme au 17e siècle : une aporie morale ou politique ? La naissance douloureuse de l’idée de tolérance dans le Theophrastus redivivus
  • Antony McKenna, UMR 5037, Université Jean Monnet Saint-Étienne : Rationalisme, tolérance et liberté de penser chez Bayle
  • Jacques-Louis Lantoine, CERPHI : Tolérer pour tenir en respect ? La défense de la liberté de philosopher chez Spinoza

Jeudi 22 janvier 2015 

  • Julie Saada, Université d’Artois : Politique de l’immanence ? Les ambivalences du sujet chez Hobbes
  • Alain Sandrier, CSLF, Université Paris Ouest Nanterre : Tolérer (par) l’athéisme : les leçons de d’Holbach
  • Bertrand Ogilvie, LLCP, Université Paris 8 : L’athéisme est-il une position politique ?
  • Fabienne Brugere, LLCP, Université Paris 8 : Le spectre de  l’athéisme dans les Lumières radicales. Le monde peut-il être encore harmonieux ?
  • Francine Markovits, Université Paris 10 : Figures de l’athéisme
  • Sophie Wahnich, CNRS : Quelle place pour l’athéisme après le décret du 18 floréal an II sur l’être suprême ?
  • Frédéric Brahami, Logique de l’agir, Université de Besançon : Comte, une religion sans Dieu ?

Vendredi 23 janvier 2015 

  • Lucie Rey, Labex COMOD, Université de Lyon : Le 19e siècle lecteur du 18e : Le socialisme de P. Leroux contre l’athéisme moral ?
  • Georges Navet, LLCP, Université Paris 8 : L’antithéisme de P.J. Proudhon
  • Louise Ferté, UMR 5037, Université Jean Monnet Saint-Etienne : La critique de la société d’athées chez Edgar Quinet
  • Jacqueline Lalouette, IRHIS, Université Lille 3 : Sur la laïcité républicaine – Ferry-Bert-Buisson-Bourneville-Combes-Jaurès
  • Juliette Grange, LIRE, Université Rabelais de Tours : Organiser l’humanité sans dieu et sans roi ?
Clôture des journées : Patrice Vermeren, LLCP, Université Paris 8 : Qu’est-ce qu’un miracle ?

Comité d’organisation

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Bac Philo 2012 série L

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2012

Sujets de philo du bac L 2012 :

            Sujet  1 :  Que gagne-t-on en travaillant ?
            Sujet  2 : Toute croyance est-elle contraire à la raison ?
           Sujet  3 : Expliquer le texte suivant
La fin de l’Etat n’est pas de faire passer les hommes de la condition d’êtres raisonnables à celle de bêtes brutes ou d’automates, mais au contraire il est institué pour que leur âme et leur corps s’acquittent en sûreté de toutes leurs fonctions, pour qu’eux-mêmes usent d’une raison libre, pour qu’ils ne luttent point de haine, de colère ou de ruse, pour qu’ils se supportent sans malveillance les uns les autres. La fin de l’Etat est donc en réalité la liberté. [Et], pour former l’Etat, une seule chose est nécessaire : que tout le pouvoir de décréter appartienne soit à tous collectivement,soit à quelques-uns, soit à un seul. Puisque, en effet, le libre jugement des hommes est extrêmement divers, que chacun pense être seul à tout savoir et qu’il est impossible que tous opinent pareillement et parlent d’une seule bouche, ils ne pourraient vivre en paix si l’individu n’avait renoncé à son droit d’agir suivant le seul décret de sa pensée. C’est donc seulement au droit d’agir par son propre décret qu’il a renoncé, non au droit de raisonner et de juger ; par suite nul à la vérité ne peut, sans danger pour le droit du souverain, agir contre son décret, mais il peut avec une entière liberté opiner (1) et juger et en conséquence aussi parler, pourvu qu’il n’aille pas au-delà de la simple parole ou de l’enseignement, et qu’il défende son opinion par la raison seule, non par la ruse, la colère ou la haine.
SPINOZA
Traité théologico-politique

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Sciences et Foi de part et d’autre

Posted by Hervé Moine sur 13 novembre 2011

La science et Dieu : Entre croire et savoir

Conférence par Véronique Le Ru

Mardi 15 novembre 2011 à 18h

à l’ENS de Lyon – Site Jacques Monod – Amphithéâtre Schrödinger

L’association ConférENS a le plaisir de vous inviter à sa prochaine conférence par Véronique Le Ru, philosophe, agrégée de philosophie et maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne.

La nature est  » objective  » et non pas projective  » et c’est objectivement que la science doit enquêter. Tel est l’énoncé du postulat d’objectivité formulé par Galilée et Descartes au XVIIe siècle qui a libéré la science du joug de la théologie et de la religion.

Si l’on considère l’ampleur du mouvement créationniste qui veut actuellement s’immiscer dans l’enseignement des sciences, il est important de rappeler que la science d’un côté et, de l’autre, le domaine de la foi et de l’idéologie, ont des droits séparés.

Revenir au moment de la formulation du postulat d’objectivité pour enquêter sur la manière dont la science s’est construite par l’affirmation de son autonomie est là un moyen utile pour contrecarrer toute tentative de brouiller les cartes entre croire et savoir.

La conférence sera suivit d’un pot afin de prolonger la discussion avec le conférencier.

Véronique Le Ru

Véronique Le Ru

Véronique Le Ru est maître de conférences habilitée en philosophie à l’université de Reims. Ancienne normalienne (ENS de Saint-Cloud), elle est agrégée de philosophie.

Après son doctorat sur d’Alembert qui lui est apparu comme un héritier philosophique de Descartes et l’héritier scientifique de Newton, elle a étudié la manière dont Descartes a été reçu en France après sa mort de 1650 à 1750.

Véronique Le Ru a principalement voyagé dans la philosophie de l’’âge classique, tout en prenant le temps d’écrire plusieurs ouvrages :

« D’Alembert philosophe"" Jean Le Rond d’Alembert philosophe, Paris, Vrin, 1994.

« La Crise de la substance et de la causalité : Des petits écarts au grand écart cartésiens au grand écart occasionaliste"" « , Paris, CNRS Éditions, 2003.

« Voltaire newtonien : Le combat d’un philosophe pour la science"", Paris, Vuibert-Adapt, 2005.

« Subversives Lumières : L’Encyclopédie comme machine de guerre"", Paris, CNRS Éditions, 2007.

« La vieillesse : De quoi avons-nous peur ?, Paris, Larousse, coll. « Philosopher », 2008.

« La Nature, miroir de Dieu : L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?, Paris, Vuibert-SFHST, 2009.

Présentation et annotations du Philosophe ignorant de Voltaire, Paris GF, 2009.

La science et Dieu – entre croire et savoir, Paris, Vuibert-Adapt, 2010.

Véronique Le Ru

La science et Dieu

Entre croire et savoir (octobre 2010)

Vuibert ADAPT-SNES

Présentation de l’éditeur

Pourquoi s’intéresser aujourd’hui au problème de la science et de Dieu ? Pourquoi revenir au moment où les savants ont remplacé la question traditionnelle des causes filiales – pourquoi tel phénomène ? – par la question des causes efficientes : comment se produit tel phénomène ? La nature est  » objective  » et non pas projective  » ; et c’est objectivement que la science doit enquêter. Tel est l’énoncé du postulat d’objectivité. Formulé par Galilée et Descartes au XVIIe siècle, il a libéré la science du joug de la théologie et de la religion.

Si l’on considère l’ampleur du mouvement créationniste qui veut actuellement s’immiscer dans l’enseignement des sciences autant que dans la théorie et la pratique scientifiques, il est important de rappeler que la science d’un côté et, de l’autre, le domaine de la foi et de l’idéologie, ont des droits séparés.

Revenir au moment de la formulation du postulat d’objectivité pour enquêter sur la manière dont la science s’est construite par l’affirmation de son autonomie et de son indépendance à l’égard de toute référence à Dieu, c’est là un moyen utile pour contrecarrer toute tentative de brouiller les cartes entre croire et savoir.

Se procurer l’ouvrage de Véronique Le Ru La science et Dieu 

Véronique Le Ru

La Nature, miroir de Dieu

L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?""

Paris, Vuibert-SFHST, 2009.

Présentation de l’ouvrage de Véronique Le Ru : « La Nature, miroir de Dieu : L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?""

Des savants comme Descartes et Fermat débattent alors d’un problème d’optique, celui du trajet des rayons lumineux. L’enjeu de cette dispute la lumière choisit-elle le chemin le plus court ou le plus prompt ? ( question à laquelle Descartes répond que la lumière ne choisit rien ), donne lieu au problème dit  » de moindre action « .

La nature, en général, agit-elle selon les voies les plus simples ou bien les plus économes ? Cherche-t-elle à dépenser le moins possible d’action ?

En prolongeant l’interrogation vers l’usage des principes d’économie et de simplicité dans la science, d’autres savants comme Leibniz, Maupertuis ou Euler poursuivent la réflexion sur le rapport que la science entretient avec la métaphysique.

Ce débat continue aujourd’hui d’opposer ceux qui, en séparant la science de la métaphysique, privilégient le postulat d’objectivité, à ceux qui, partisans de la recherche des causes finales, veulent marier la raison et la foi.

Se procurer l’ouvrage de Véronique Le Ru : La Nature, miroir de Dieu : L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?"" 

Rappelons notre article du 23 février dernier « Dieu ou la science ou y a-t-il un grand architete dans l’univers ? »

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Un 11 novembre pour une victime du nazisme

Posted by Hervé Moine sur 9 novembre 2011

Vendredi 11 novembre 2011

à l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer

Journée autour de Dietrich Bonhoeffer

victime du nazisme

co-animée par les philosophes Arnaud Corbic et Jean-François Petit

Dietrich Bonhoeffer ou les questions d’un visionnaire oublié – Saint-Jacut-de-la-Mer

Article paru dans l’édition de Ouest-France du mercredi 09 novembre 2011

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Dietrich-Bonhoeffer

Arnaud Corbic et Jean-François Petit tenteront de répondre aux questions soulevées par Dietrich Bonhoeffer, un des plus grands théologiens allemands, alors qu'il attendait la mort au fond des geôles nazies.

Arnaud Corbic et Jean-François Petit tenteront de répondre aux questions soulevées par Dietrich Bonhoeffer, un des plus grands théologiens allemands, alors qu'il attendait la mort au fond des geôles nazies.

« Parole de prophète » est la nouvelle rubrique que l’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer propose pour entendre la voix de ceux qui, sur le monde et sur l’homme, sur les événements de leur temps, ont un regard clairvoyant et une parole de sagesse inspirée. Une parole parfois dérangeante, pas forcément entendue ou oubliée.

Exécuté par le régime nazi 

Vendredi 11 novembre, les philosophes Arnaud Corbic et Jean-François Petit animeront une journée autour de Dietrich Bonhoeffer, pasteur de l’Eglise luthérienne, victime de sa résistance au nazisme. Dietrich Bonhoeffer (1906-1945), résistant et prophète d’un christianisme non religieux, est un des plus grands théologiens allemands du XXe siècle.

À l’accession d’Hitler au pouvoir, il manifeste immédiatement son opposition aux mesures antisémites du régime nazi. Arrêté par la Gestapo en 1943, il est exécuté au camp de concentration de Flossenbürg le 9 avril 1945. Du fond de sa prison, il lance au monde des paroles prophétiques profondément actuelles.

Sa théologie, centrée sur la dimension « non religieuse » de la foi chrétienne, peut s’adresser à tous ceux qui se sont éloignés des religions historiques et institutionnelles. Comment parler de Dieu sans religion ? Que peut bien signifier l’Evangile dans un monde devenu « majeur » où le christianisme en tant que religion instituée n’a presque plus de visibilité ?

Une conférence animée par Arnaud Corbic, philosophe et théologien, spécialiste d’Albert Camus et de Dietrich Bonhoeffer, auteur de « Dietrich Bonhoeffer, résistant et prophète d’un christianisme non religieux » et par Jean-François Petit, religieux assomptionniste, rédacteur en chef de la « Documentation catholique », auteur de « Comment croire encore en la politique ».

Vendredi 11 novembre, 10 h-17 h, à l’abbaye. Animation : 15 €, 5 € pour les moins de 30 ans. Possibilité de déjeuner sur place. Information et inscription à : L’abbaye, 3, rue de l’Abbaye, BP1, 22 750 Saint-Jacut-de-la-Mer, tél.02 96 27 71 19 ; courriel : contact@abbaye-st-jacut.com -www.abbaye-st-jacut.com

Arnaud Corbic

Dietrich Bonheffer

Résistant et prophète d’un christainisme non religieux

Albin Michel

« Comment le Christ peut-il devenir aussi le Seigneur des non-religieux ? Comment parler de Dieu sans religion ? » Et que peut bien signifier l’Évangile dans un monde devenu « majeur », où le christianisme en tant que religion instituée n’a presque plus de visibilité ? Telles sont les questions prophétiques que lança du fond de sa prison le pasteur Dietrich Bonhoeffer avant que les nazis ne l’exécutent en 1945. Arnaud Corbic retrace ici la « biographie théologique » de ce résistant de la première heure qui avait affirmé, face au pouvoir nazi : « Seul celui qui crie en faveur des juifs a le droit de chanter du grégorien. » Les paroles de cet homme de foi qui sut aller jusqu’au bout de ses engagements, tant sur le plan de la pensée que sur celui de l’action, ont acquis une pertinence et une actualité encore plus grandes en ce début de XXIe siècle.

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Chantal Delsol : Une Europe sans Dieu ?

Posted by Hervé Moine sur 31 octobre 2011

Le christianisme aura-t-il encore une place en Europe ?

Liberté de pensée

Liberté de conscience

Liberté de religion

9 novembre 2011

à l’Espace Charenton Paris 12è

A

L’AED (Aide à l’Eglise en détresse) organise un colloque mercredi 9 novembre 2011 de 9h à 18h30 sur le thème « Le christianisme aura-t-il encore sa place en Europe ? Liberté de pensée, de conscience et de religion« , Espace Charenton 327, rue de Charenton 75012 Paris. RSVP à Anne-Céline Durrande (06 88 84 20 97 – ac.durrande@aed-france.org.

Marc Fromaget, directeur de l'AED

 » Cette question mérite, nous semble-t-il, d’être posée, au vu des incidents qui se multiplient à l’encontre de l’Eglise et de la foi chrétienne en Europe, et de manière plus générale, contre la liberté religieuse, la liberté de conscience et la liberté d’expression. Sont concernés notamment le monde médical, l’éducation, les médias, le bouleversement de la scène religieuse de nos pays, et la question même de la visibilité de la culture chrétienne qui a pourtant façonné notre continent » . Marc Fromaget

Les Chrétiens sont aujourd’hui les croyants les plus persécutés dans le monde : 75 % des cas d’atteinte à la liberté religieuse concernent les chrétiens. Au sein même d’une civilisation qui a développé les concepts chrétiens de personne humaine, de liberté, de fraternité et de laïcité, un rejet du christianisme s’exprime en Europe, sous des formes diverses. Dans la bioéthique, l’éducation, la culture, les médias, la foi chrétienne et l’Eglise sont régulièrement ridiculisées ou ostracisées. C’est la liberté de penser et d’agir en chrétiens, et en tant que chrétiens, qui est mise à mal. Extraits de la déclaration du cardinal Erdö, président des conférences épiscopales européennes réunies en Assemblée plénière à Tirana.

« Il suffit de parcourir les faits mentionnés par l’Observatoire sur l’intolérance et la discrimination à l’encontre des chrétiens en Europe pour être déconcertés du nombre de cas présents en Europe de personnes discriminées, de manière voilée ou évidente, sur leurs lieux de travail ou dans les différents milieux de la vie sociale seulement parce qu’elles sont chrétiennes (…) L’influence d’une certaine attitude antichrétienne se diffuse systématiquement dans les moyens de communication sociale, dans les manuels scolaires ou dans l’opinion publique… Dans tous ces cas, la foi chrétienne ou l’Eglise sont souvent traitées de manière injuste et désinformatrice (…) » Tirana, 30 septembre 2011

Au programme 

  • 9h : Accueil et introduction Marc Fromager, directeur de l’AED
  • 9h30 – 10h : « Malheur à moi si je n’annonce l’Evangile (1 Co 9,16) » Mgr Alain Castet, évêque de Luçon
  • 10h – 10h30 : « L’héritage chrétien de l’Europe : enjeux anthropologiques » Gérard Leclerc, journaliste, philosophe
  • 10h30 – 11h : pause 11h – 11h30 : « Les discriminations contre les chrétiens en Europe occidentale » Martin Kugler, directeur de l’Observatoire de l’intolérance et de la Discrimination contre les Chrétiens
  • 11h30 – 12h : « Regards de l’Eglise orthodoxe russe sur la liberté religieuse en Europe occidentale » Père Alexandre Siniakov, recteur du séminaire orthodoxe russe de Paris
  • 14h30 – 15h : « Une Europe sans Dieu ? » Chantal Delsol, philosophe
  • 15h – 15h30 : « Le Cyborg ou l’homme augmenté, nouvelle frontière de la bioéthique ? » Tugdual Derville, Délégué général de l’Alliance pour les Droits de la Vie
  • 15h30 – 16h15 : Table ronde : « Christianophobie : peut-on vraiment en parler en Europe occidentale ? » Participants : Alexandre Del Valle, journaliste et géopolitologue, Gérard Leclerc, Grégor Puppinck Modérateur : Marc Fromager
  • 16h15 – 16h45 : Pause 16h45 – 17h15 : « L’objection de conscience : ultime arme des chrétiens ? » François de Lacoste Laraymondie, vice-président de l’Association pour la Fondation de Service Politique
  • 17h15 – 17h45 : « Des droits de l’Homme contre les religions ? » Gregor Puppinck, directeur de l’European Center for Law and Justice

On peut écrire à Le Salon Beige par email à : lsb@chretiente.info et visiter son site ici.

Dieu a-t-il sa place en Europe

Liberté politique et liberté religieuse

Acte du colloque de Bruxelles

3 avril 2003

DIEU A-T IL SA PLACE EN EUROPE ? Le débat est loin d’être clos. Le 6 février 2003, quelques jours avant le colloque  » Dieu et l’Europe « , le projet de traité a établissant une constitution  » publié par la Convention sur l’Avenir de l’Europe ne faisait aucune mention à Dieu, source suprême de la dignité humaine, ni aux droits des Églises et des communautés religieuses.

La version finale du projet de traité publiée le 20 juin a maintenu cette omission volontaire, même si le respect des relations Églises-États a été reconnu. Mais les chefs d’État et de gouvernement doivent désormais se prononcer. Les négociations seront longues. La reconnaissance du patrimoine religieux, spécialement chrétien, peut paraître secondaire au regard des formidables enjeux que constitue le partage du pouvoir au sein d’une Union européenne de vingt-cinq États membres. Ce n’est pourtant pas si sûr. Le  » détail  » pourrait bien se révéler pierre d’achoppement. Après les gouvernements, se seront aux peuples et aux parlementaires nationaux de se prononcer.

Les interventions du colloque du 3 avril apportent un éclairage inédit aux enjeux réels d’un débat qui ne fait que commencer. Philippe de Saint-Germain, 15 septembre 2003

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La culture et la politique destinées aux élèves de classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES

Posted by Hervé Moine sur 26 octobre 2011

Cours particuliers de philosophie

Culture et politique

Charles-Eric de Saint Germain

Aux éditions Ellipses

Au sommaire de ce volume 1 à paraître en novembre 2011 :

  • La culture
  • L’art
  • Technologie et écologie
  • Le travail
  • Dieu et la religion
  • L’Etat et le pouvoir politique
  • La politique
  • Le droit et la justice.

Destinées aux élèves de Classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES, ces leçons offrent une présentation globale et complète de l’ensemble des questions philosophiques du programme sous une forme pédagogiquement claire et accessible.

L’auteur propose dans ce premier volume consacré à la Culture et la Politique un traitement  » exhaustif  » des grandes notions (La Culture, l’Art, Technique et Ecologie, le Travail, Dieu et la Religion, l’Etat et le Pouvoir politique, la Politique, le Droit et la Justice). Pour cela, il a mobilisé quasiment l’intégralité des philosophes de la longue tradition qui est celle de la philosophie, depuis les présocratiques jusqu’à ses développements les plus contemporains.

Outre les philosophes  » classiques « , qui nourrissent la substance de ces cours, il mobilise des sociologues dont l’étude est désormais un  » passage obligé  » pour tout candidat un peu sérieux mais aussi des philosophes contemporains dont la connaissance s’impose aujourd’hui à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec les enjeux de la réflexion contemporaine.

Leçons Particulières de Philosophie Volume 1 Culture & Politique (Culture Art Technique Ecologie)

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Elisabeth de Fontenay : l’énigme de l’animalité, la fragilité humaine, l’identité juive après la Shoah, l’engagement politique, la souffrance des exclus

Posted by Hervé Moine sur 30 mars 2011

Elisabeth de Fontenay

Entretiens avec Stéphane Bou

Actes de naissance

Seuil (mars 2011)

Présentation de l’éditeur

Elisabeth de Fontenay, ou comment une double appartenance (ici : juive par la mère, aristocrate et catholique par le père) peut déterminer le cours d’une vie, contrarier, notamment, le projet d’écrire un jour… son autobiographie. Car si cette femme déterminée n’y est pas parvenue toute seule, s’il lui a fallu, pour dire les tourments de sa vie personnelle et intellectuelle, un accoucheur de 30 ans son cadet, c’est d’abord sans doute pour cette raison qu’elle livre au milieu du livre :  » Malgré mon irréprochable père [il fut un grand résistant], j’ai l’impression d’être une scène où s’affrontent le christianisme antisémite et le judaïsme persécuté, je peux me raconter que c’est ma famille vychissoise qui a persécuté ma famille juive… « .

Tous les grands sujets auxquels la philosophe se sera mesurée, et qu’elle revisite ici d’un œil neuf, sont habités par cette tension originelle : l’énigme de l’animalité, la fragilité humaine, l’identité juive après la Shoah, l’engagement politique, la souffrance des exclus.

Ce voyage éclairé dans les idées contemporaines passionnera tous ceux, et ils sont nombreux, qui savent que seule l’intelligence humaine peut faire obstacle à la toute-puissance du conformisme de marché.

Pour se procurer l’ouvrage d’Elisabeth de Fontenay Actes de naissance

Elisabeth de Fontenay d'après une photo de Remi Jouan

Elisabeth de Fontenay

Née en 1934, Élisabeth de Fontenay est la fille d’Henri Bourdeau de Fontenay, grand résistant.

Maître de conférence émérite de philosophie à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, elle s’intéresse d’abord à Marx auquel elle consacre un ouvrage intitulé Les Figures juives de Marx. Marx dans l’idéologie allemande (1973). En 1984, elle fait paraître un livre qui a fait date sur le matérialisme de Diderot (Diderot ou le Matérialisme enchanté).

Comme ses ouvrages ultérieurs, cette contribution s’interroge sur les rapports entre les hommes et les animaux dans l’histoire. Cette réflexion culmine avec la parution de son magnum opus Le Silence des bêtes paru chez Fayard en 1998, un ouvrage qui repose la question de ce qu’est le « propre de l’homme » et remet en cause l’idée d’une différence arrêtée entre l’homme et l’animal. Privilégiant la longue durée, cet ouvrage interroge les conceptions de l’animal des Présocratiques jusqu’à nos jours en passant par Descartes et sa célèbre hypothèse de l’animal-machine.

Cette réflexion peut être rapprochée du courant actuel de la pensée post humaniste représenté notamment par Peter Sloterdijk ou Donna Haraway. Parmi les auteurs qui ont influencé ses travaux, on peut mentionner notamment Vladimir Jankélévitch, Michel Foucault et Jacques Derrida.

Juive par sa mère dont une grande partie de la famille a été exterminée à Auschwitz, Élisabeth de Fontenay est restée très attachée à cette culture. Elle est actuellement présidente de la « Commission Enseignement de la Shoah » de la Fondation pour la mémoire de la Shoah et membre du comité de parrainage de l’association La paix maintenant pour la promotion du mouvement israélien Shalom Archav.

Parallèlement, elle fait partie du Comité d’éthique ERMES aux côtés notamment d’Henri Atlan. Préoccupée par les questions éthiques concernant le traitement de animaux, elle a publié en collaboration avec Donald M. Broom Le Bien-être animal (Éditions du Conseil de l’Europe, « Regard éthique », 2006) qui expose les problèmes d’éthique soulevées par ce sujet en exposant les points de vue religieux et les positions des différents pays.

D’après wikipédia

Critique de Télérama

Article de Nathalie Crom paru dans le n° 3194 de Télérama

http://www.telerama.fr/livres/actes-de-naissance,67109.php

Il relève à la fois de l’exercice autobiographique et du « ce que je pense » – plutôt que « ce que je crois » -, ce long entretien passionnant avec la philosophe Elisabeth de Fontenay, auteur du Silence des bêtes (éd. Fayard, 1998), mené par l’universitaire et journaliste Stéphane Bou.

Les premières questions guident Elisabeth de Fontenay vers l’enfance : née en 1934, grandie dans une famille catholique engagée dans la Résistance durant l’Occupation, elle dut attendre d’être une jeune femme pour apprendre la judéïté de sa mère et l’extermination de toute la famille de cette dernière à Auschwitz. Farouchement entretenu par sa mère elle-même, ce secret fonde son existence, sa volonté initiale d’investir intellectuellement « les choses juives », puis, prenant acte « du nouage dans l’histoire contemporaine entre les animaux et les Juifs », sa décision de déplacer le centre de gravité de sa réflexion philo­sophique vers la question de l’animal – son statut, sa place, le regard et l’attitude des hommes à son endroit.

Extrêmement riche, et d’une clarté constante, l’entretien examine de près ce « nouage », pour s’ouvrir vers une réflexion à la fois rigoureuse et très émouvante sur la « vulnérabilité des vivants ». Inscription dans la tradition philosophique, souci éthique et volonté politique vont ensemble pour cette femme qui, en tant qu’individu, se définit comme un « processus », une conscience et une intelligence toujours en « équilibre précaire et en devenir » – une subjectivité et une pensée en mouvement.

Nathalie Crom, Télérama n° 3194


Métamorphose d’une philosophe

Article de Jérôme Garcin paru dans Le Nouvel Observateur du 10 mars 2010

http://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20110308.OBS9314/metamorphose-d-une-philosophe.html

Très tôt, Elisabeth de Fontenay a rompu avec le catholicisme paternel pour épouser le judaïsme maternel. Elle s’en explique dans ces «Actes de naissance»

Elle n’avait encore jamais si clairement désigné sa déchirure originelle, ontologique. Elle cachait bien la blessure dont la souffrance a pourtant déterminé toute sa pensée philosophique, partagée entre la rhétorique enchantée de Diderot et le douloureux mutisme des bêtes. Elle a attendu d’avoir atteint l’âge où l’enfance réclame son dû pour formuler enfin le conflit d’où elle est née, en 1934, et qui la fonde: «Malgré mon irréprochable père et deux de ses cousines qui ont fait de la Résistance, j’ai l’impression d’être une scène où s’affrontent le christianisme antisémite et le judaïsme persécuté, je peux me raconter que c’est ma famille vichyssoise qui a persécuté ma famille juive.»

Son père, Henri Bourdeau de Fontenay, un avocat acquis au Front populaire, un républicain dont le livre de chevet était «Quatrevingt-treize», d’Hugo, prit le maquis sous le pseudonyme de Seguin, fit partie du comité parisien de la Libération nationale et devint, nommé par de Gaulle, le premier directeur de l’ENA. Un parcours d’autant plus exemplaire qu’il appartenait à une vieille famille ultracatholique, Action française et antisémite. Sa mère, dont la famille fut exterminée à Auschwitz, s’appelait Nessia Hornstein. Née à Odessa, elle était dentiste, blonde et surtout silencieuse, n’évoquant jamais la tragédie qui avait emporté les siens, obligeant sa fille à vivre avec ce secret, lui léguant un devoir d’oubli qu’elle allait transformer en devoir de mémoire.

Très tôt, la moitié juive d’Elisabeth de Fontenay l’a en effet emporté sur sa moitié catholique. A 22 ans, celle qui avait été baptisée et élevée au collège Sainte-Marie abandonna la religion paternelle après avoir découvert que Pie XII «avait laissé faire les nazis sans intervenir». Sa rencontre, en 1968, avec Vladimir Jankélévitch, dont elle fut l’assistante à la Sorbonne, allait être déterminante. Engagée à la fois à gauche et en faveur d’Israël, elle écrivit, en 1973, son premier livre: «les Figures juives de Marx», où elle analysait l’antijudaïsme de l’auteur du «Capital». Après quoi, avec un éblouissement qui n’exclut pas la critique, elle se tourna vers les Lumières.

Chez Elisabeth de Fontenay, la construction de soi est indissociable de la destruction du silence. Car cette philosophe qui a enseigné à la Sorbonne (tout en considérant que la philosophie n’a plus de raison d’être après Auschwitz), porté à la scène Diderot et Michelet, embrassé la cause animale, milité à gauche, lutté contre le capitalisme, présidé la commission Enseignement de la Shoah, n’a eu de cesse de combler le silence – «le puits sans fond» – de sa mère; celui de son frère, victime d’une «maladie de l’esprit»; le sien propre, recouvert par la voix des grands philosophes ; et celui des animaux qu’on extermine à l’abattoir.

On voit par là que c’est une femme de parole, dans les deux acceptions du mot: éloquente et loyale. Stéphane Bou le sait bien, qui a réussi, au fil de cette conversation tourmentée, ardente et passionnante, à faire dire à cette intellectuelle d’exception ce qu’elle n’avait jamais dit: «Chaque âme doit au moins une fois devenir juive.»

Jérôme Garcin

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Avènement prometteur et périlleux d’une véritable modernité planétaire

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Jean-Claude Guillebaud Photo J.R.

Débat à Jarnac avec Jean-Claude Guillebaud

Le Commencement d’un monde

Vendredi 1er avril 2011

« Le Commencement d’un monde » fera débat

Article de Jacques Rullier paru dans Sud-Ouest mercredi 23 mars 2011 06h00

http://www.sudouest.fr/2011/03/23/le-commencement-d-un-monde-fera-debat-350767-937.php

Chaque année, le groupe œcuménique du Pays de Jarnac invite une grande pointure du journalisme, philosophe ou essayiste pour « nous aider à réfléchir », confie un de ses membres.

Sont déjà venus l’académicien René Raymond, Jean-Claude Guillebaud une première fois, Olivier Roy, spécialiste de l’Islam, Jean Boissonnat et Jacques Duquesne, ou encore François Soulage, président du Secours catholique.

« Modernité métisse »

Le vendredi 1er avril, à 20 h 30, au premier étage de la mairie de Jarnac, Jean-Claude Guillebaud reviendra partager, cette-fois, une réflexion engagée dans « Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse », paru en 2008, rendez-vous inéluctable et sans équivalent dans l’histoire humaine. Sous-titré « Vers une modernité métisse », cet ouvrage, a nécessité trois années de préparation à son auteur.

Alarmé par l’immensité des changements auxquels nous devons faire face, Jean-Claude Guillebaud écrit : « Nous, Occidentaux, nous ne sommes plus devant le vaste monde, comme nous le fûmes pendant des siècles ». La globalisation ne se résume pas à la simple ouverture des frontières.

« On annonce un choc de civilisation alors que c’est une rencontre progressive. On s’inquiète d’une aggravation des différences quand les influences n’ont jamais été aussi fortes », confie Jean-Claude Guillebaud en décrivant l’avènement prometteur – et périlleux – d’une véritable modernité planétaire.

Né à Alger en 1944, journaliste au quotidien « Sud Ouest », puis au journal « Le Monde » et au « Nouvel Observateur », il a également dirigé « Reporters sans frontières ». Lauréat du prix Albert-Londres en 1972, il est membre du comité de parrainage de la coordination française pour la « décennie de la culture de paix et de non-violence ». Il signe chaque semaine l’édito politique du « Nouvel Observateur » et une chronique d’observation de la société et de la vie politique françaises dans l’hebdomadaire catholique « La Vie ». Dans les colonnes du « Sud Ouest dimanche », il assure la chronique Paris-Province.

Au printemps 2007, il parraine l’agence de presse associative « Reporters d’espoirs ». Depuis juin 2008, il est membre du conseil de surveillance du groupe de presse Bayard Presse.

Jean Claude Guillebaud

Le commencement d’un monde

Vers une modernité métisse

Seuil broché 2008

ou

Seuil Points Essais 2010

Présentation de l’éditeur

Nous sommes au commencement d’un monde. Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l’ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée.

Le monde « nouveau » qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l’émergence d’une modernité radicalement « autre « . Elle ne se confond plus avec l’Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l’événement.

On annonce un  » choc des civilisations », alors même que c’est d’une rencontre progressive qu’il s’agit. On s’inquiète d’une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences n’ont jamais été aussi fortes. De l’Afrique à la Chine et de l’Inde à l’Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l’état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l’avènement prometteur – et périlleux – d’une véritable modernité planétaire.

Un rendez-vous inéluctable et sans équivalent dans l’histoire humaine.

Résumé de l’ouvrage de Jean-Claude Guillebaud

Nous sommes au commencement d’un monde.

Vécu dans la crainte, ce prodigieux surgissement signe la disparition de l’ancien monde, celui dans lequel nous sommes nés. Pourtant, la sourde inquiétude qui habite nos sociétés doit être dépassée. Le monde  » nouveau » qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l’émergence d’une modernité radicalement « autre ». Elle ne se confond plus avec l’Occident comme ce fut le cas pendant quatre siècles.

Une longue séquence historique s’achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Deux malentendus nous empêchent de prendre la vraie mesure de l’événement. On annonce un « choc des civilisations « , alors même que c’est d’une rencontre progressive qu’il s’agit. On s’inquiète d’une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences réciproques n’ont jamais été aussi fortes.

Le discours dominant est trompeur. En réalité, au-delà des apparences, les « civilisations » se rapprochent les unes des autres. De l’Afrique à la Chine et de l’Inde à l’Amérique latine, Jean-Claude Guillebaud examine posément l’état des grandes cultures en mouvement, pour décrire l’avènement prometteur – et périlleux – d’une véritable modernité planétaire. Ce rendez-vous pourrait connaître des revers et engendrer des violences.

Il est pourtant inéluctable et sans équivalent dans l’histoire humaine.

Se procurer l’ouvrage de Jean-Claude Guillebaud Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Seuil 2008 OU Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Points Seuil 2010

Interview : Jean-Claude Guillebaud et « le commencement d’un monde »: en route vers une modernité métisse

Propos recueillis par Joel Aubert pour aqui.fr

http://www.aqui.fr/cultures/interview-jean-claude-guillebaud-et-le-commencement-d-un-monde-en-route-vers-une-modernite-metisse,1337.html

Après avoir mis à nu sa foi dans « Comment je suis redevenu chrétien »? publié en 2007, Jean-Claude Guillebaud, dans la lignée de « La Trahison des Lumières » de « la Refondation du Monde » de « La Force de conviction » nous entraîne, au fil de son dernier ouvrage, sur les chemins escarpés mais qui méritent d’être empruntés, de ce qu’il appelle « une modernité métisse ». Le « commencement d’un monde : Vers une modernité métisse » ne règle pas son compte à l’Occident; il le remet à sa place comme « une province du monde » avec des accents de vérité dont nos gouvernants pourraient parfois s’inspirer- on pense à certain discours prononcé à Dakar- et il propose à la délibération de tous, citant le philosophe allemand Habermas, la vision qu’on se fait de l’universel.

@qui! : La venue de Benoît XVI en France, l’empressement du pouvoir français à son égard, cette revendication des valeurs de la chrétienté participent-ils, selon vous, de » cette réapparition de la religion comme sujet d’avenir »? Singulier acte de foi alors que la « fille aînée de l’Eglise » s’éloigne chaque jour un peu plus de la pratique religieuse.

La question religieuse est devant nous

Jean-Claude Guillebaud : Une chose est sûre : la « question religieuse » est devant nous, et non derrière. Cela peut être pour le pire avec la virulence des fondamentalismes de tous ordres qui prennent, aujourd’hui, le relais de fondamentalismes idéologiques (et athées) du siècle dernier. Mais cela peut-être aussi pour le meilleur, c’est-à-dire une exigence de sens, de transcendance et de bienveillance partagée. Pour prendre un exemple américain, le candidat démocrate Barack Obama est sûrement plus fermement chrétien que son adversaire républicain. On avait trop pris l’habitude, chez nous, de monter en épingle la « droite chrétienne » en Amérique. Le succès d’Obama nous rappelle qu’il y a aussi, en Amérique, des chrétiens résolument « à gauche », du moins selon les critères américains. Concernant la France, c’est vrai que la pratique a beaucoup diminué. Mais d’une part cette diminution semble bien avoir cessé; la pratique est désormais stationnaire. Et puis, surtout, il faut perdre l’habitude d’évaluer la sensibilité chrétienne d’un pays comme on compte les entrées dans les cinémas. Crise de la pratique et des vocations ne signifie pas disparition annoncée du christianisme.

Des formes nouvelles se cherchent, dans l’Église comme ailleurs. Enfin, je suis frappé par le fait que la Russie, soumise pendant trois quarts de siècle à une éradication volontaire et parfois violente du religieux, la Russie où la plupart des Églises avaient été désaffectées ou transformées en étables dans les années 1920 et 1930, s’est rechristianisée à très grande vitesse depuis 1980. Il y a aujourd’hui 400 monastères en activité et les églises sont pleines.

@qui! : Votre analyse se fonde, à la fois, sur la fin du primat de l’Occident et le constat qu’un monde nouveau et multiple émerge de façon irrésistible…

Jean-Claude Guillebaud : Pendant quatre siècles, la culture européenne, puis euro-américaine, a été hégémonique. Vers la fin du XVIe siècle, elle a commencé à rattraper le grand retard qu’elle avait par rapport aux autres grandes civilisations, par exemple chinoise ou indienne. Les Chinois ont inventé l’imprimerie huit siècles avant nous et les astronomes indiens ont découvert la réalité du mouvement des astres plusieurs siècles avant Galilée. Dès le milieu du XVIIe siècle la culture européenne avait effacé ce retard et même distancé les civilisations concurrentes. Ainsi a-t-elle pu devenir la véritable « organisatrice » du monde. Elle a régné par la conquête coloniale, la supériorité économique et militaire, mais aussi par le rayonnement culturel. De ce point de vue, on peut dire que le monde entier est déjà bien plus occidentalisé qu’on ne le croit. Même la Chine. Même l’Inde. Mais ce qui s’achève aujourd’hui, c’est cette « séquence » purement occidentale. Les autres civilisations se réveillent et accède, à leur façon, à la modernité. Cette dernière ne pourra plus se confondre avec le seul « Occident ». La modernité devra intégrer ces apports venus d’ailleurs.

C’est d’ailleurs ce qui se passe dans les faits.

L’Occident ne devra pas renoncer à ses valeurs mais…

@qui! : Vous nous proposez en quelque sorte d’entrer joyeusement et de façon volontariste vers cette « modernité métisse » qui correspond au »commencement d’un monde ». Et de le faire par le biais de la délibération de tous. Faut-il comprendre, quand on considère l’état de la démocratie dans le monde, qu’il y faudra beaucoup de temps encore et que ce sera au prix d’inévitables et graves convulsions?

Jean-Claude Guillebaud : Quand je parle de modernité métisse, je ne veux pas dire par là que l’Occident devra renoncer aux valeurs qu’il porte (droits de l’homme, démocratie, etc.), même s’il est souvent le premier à les trahir. Cela veut dire que ces valeurs, ces concepts, ce rapport au monde seront désormais « pluriels », pourront être enrichis, complétés, transformés par des approches venues de la périphérie. Prenons un exemple simple. Au milieu des années 1980, l’Afrique a élaboré une « Charte africaine des droits de l’homme » qui reprend à son compte le concept occidental de « droits individuels » mais lui ajoute une valeur trop négligée chez nous : la solidarité. Je vois cela comme un enrichissement. Deuxième remarque. Ce que j’appelle une modernité « métisse », ne signifie pas que le monde va s’uniformiser, bien au contraire. Nous devons garder nos racines particulières, notre identité mais apprendre à l’ouvrir au reste du monde, à refuser la clôture angoissée, le barricadement. Je pense souvent à cette très belle phrase du Portugais Miguel Torga, aujourd’hui disparu : l’universel, c’est le « local » moins les murs. Et puis, voyez comme chez nous, les plus jeunes ont déjà pris l’habitude d’évoquer la « world music » ou la « world littérature », c’est-à-dire des formes « métisses » de création. Dernière remarque : quand je parle de « modernité métisse », cela ne doit pas être confondu avec « société métisse ». Si vous prenez le cas du Japon, il s’agit d’une société non métissée, ou très peu, mais d’une modernité qui, elle, l’est beaucoup. Le Japon a su concilier ses traditions avec une modernité venue d’Occident, et qui s’en est trouvée transformée.

Pour répondre à la fin de votre question, je suis optimiste sur le long terme mais je ne suis ni irénique ni béat. Dans le court terme, cette marche des civilisations les unes vers les autres, cette « rencontre » inévitable, va continuer à susciter des réactions de replis, des refus, des crispations identitaires et fondamentalistes. Autrement dit, en passant ce « cap des tempêtes », nous devrons certainement affronter des violences, des menaces dont le terrorisme est un bon exemple. Il faudra faire face, mais avec sang froid.


Se procurer l’ouvrage de Jean-Claude Guillebaud Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Seuil 2008 OU Le commencement d’un monde : Vers une modernité métisse Points Seuil 2010

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L’étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques

Posted by Hervé Moine sur 23 mars 2011

Réforme des études ecclésiastiques de philosophie

Article de Guillaume de Thieulloy paru dans Chrétienté Info le 22 mars 2011

http://www.chretiente.info/201103223921/reforme-des-etudes-ecclesiastiques-de-philosophie/

Mgr Bruguès secretaire de la Congrégation pour l’éducation catholique

 

Présentant ce matin, avec le cardinal Zenon Grocholewski, Préfet de la Congrégation pour l’éducation catholique, le décret de réforme des études ecclésiastiques de philosophie, Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire de la Congrégation, a déclaré : «  Les disciplines strictement philosophiques devront constituer au moins 60 % des cours de première et deuxième année. »

Le RP Charles Morerod, recteur de l’Université pontificale St Thomas d’Aquin, a ajouté que « L’étude de la philosophie aide le théologien à être conscient de ses préjugés philosophiques, à les évaluer en évitant d’imposer à sa théologie ou à sa prédication un cadre conceptuel incompatible avec la foi. Pour être juste, la réflexion critique sur les systèmes philosophiques doit rechercher la vérité au delà des apparences. »

Les futurs prêtres seront mieux formés à la philosophie

Article de Frédéric Mounier paru dans La Croix le 22 mars 2011

http://www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2459362&rubId=4078#

La Congrégation pour l’Éducation catholique, le «ministère» du pape en charge, notamment, des séminaires et de l’enseignement catholique supérieur, a publié hier une réforme visant à renforcer, tant sur le fond que sur la forme, les études de philosophie dans ces établissements

Dans quel contexte se situe cette réforme ?

«L’effondrement actuel de la culture générale, et plus précisément de la culture religieuse, impose de notre part un effort plus grand en direction des séminaristes. La plupart d’entre eux, avant d’entrer au séminaire, n’ont en effet jamais pu approcher la philosophie.» Mgr Jean-Louis Bruguès, secrétaire (numéro 2) de la Congrégation pour l’éducation catholique, motive en ces termes la réforme des études ecclésiastiques de philosophie annoncée mardi 22 mars à Rome, devant les recteurs et doyens des universités pontificales.

Pour sa part, le cardinal Zenon Grocholewski, préfet de la même congrégation, a lui aussi expliqué cette réforme, fruit d’une large réflexion entamée en 2004, par «la faiblesse de la formation philosophique dans de nombreuses institutions ecclésiastiques, avec l’absence de points de références précis, notamment en ce qui concerne les matières à enseigner et la qualité des enseignants.»

Il a poursuivi : «Cette faiblesse est accompagnée de la crise des études philosophiques en général, à une époque où la raison est menacée par l’utilitarisme, le scepticisme, le relativisme et l’abandon de la métaphysique, lui rendant difficile de prendre en compte la vérité sur les problèmes fondamentaux de la vie». L’idée est aussi de rééquilibrer un enseignement qui, selon les responsables romains, s’est ces dernières années trop orienté vers les sciences humaines.

Quelles en sont les modalités ?

Trois catégories d’établissements sont concernées. Les facultés ecclésiastiques de philosophie devront faire passer leur premier cycle de deux à trois ans. Les programmes devront inclure la métaphysique et la logique. Le corps enseignant en philosophie devra désormais être «stable», qualifié par des titres universitaires ecclésiastiques, et composé au minimum de sept enseignants.

Les premiers cycles des facultés ecclésiastiques de théologie et les instituts affiliés en théologie, par exemple les séminaires, devront veiller à ce que la philosophie constitue au moins 60% des crédits des deux premières années. Celles-ci doivent donc être «principalement dédiées à la philosophie».

Par ailleurs, afin d’éviter un corps enseignant trop externalisé, ou insuffisamment qualifié en philosophie car spécialiste d’autres disciplines, ces établissements devront compter au moins deux enseignants philosophes «stables». Enfin, le nombre des enseignants stables d’un institut affilié en philosophie (notamment les séminaires) doit être d’au moins cinq, avec les qualifications requises.

Quelles en seront les conséquences ?

Sur le fond, il s’agit pour la Congrégation de remédier au constat déjà dressé par Jean-Paul II dans son encyclique Fides et Ratio , qui stigmatisait «une fragmentation du savoir qui entrave l’unité intérieure de l’homme contemporain, parce qu’elle entraîne une approche parcellaire de la vérité et que, par conséquent, elle en fragmente le sens».

Sur la forme, les 50 facultés catholiques de philosophie et les 400 facultés de théologie présentes dans le monde devront, pour certaines d’entre elles, se livrer à un sérieux effort, notamment matériel, de mise en conformité.

Frédéric Mounier, de Rome

 

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Charles Taylor. Qu’en est-il de la liberté individuelle dans nos sociétés modernes ?

Posted by Hervé Moine sur 16 mars 2011

Charles Taylor, philosophe très influent sur la scène internationale mais assez méconnu en France. Photo d'après Landov / Maxppp

Charles Taylor : « La société moderne se fonde de plus en plus sur la discipline »

Entretien avec Charles Taylor, propos recueillis par François Gauvin, publié par le Point le 15 mars 2011

http://www.lepoint.fr/grands-entretiens/charles-taylor-la-societe-moderne-se-fonde-de-plus-en-plus-sur-la-discipline-15-03-2011-1306784_326.php

Selon cette figure emblématique de l’éthique communautariste, le libéralisme implique de laisser l’individu organiser sa vie comme il le désire tant qu’il n’entrave pas celle des autres. Quitte à choquer.

Comment un individu se définit-il aujourd’hui ? Par sa langue, son pays, sa religion ? Par son pays, son équipe de football, ou ses orientations sexuelles ? Ces questions sur « l’identité moderne » sont au coeur des recherches que mène le Canadien Charles Taylor, aujourd’hui professeur émérite de l’université McGill (Montréal). Le philosophe, peu connu en France, et pourtant très influent sur la scène internationale, a un parcours atypique : en 1961, sitôt son doctorat d’Oxford en poche, ce catholique pratiquant se présente à quatre reprises aux élections nationales sous la bannière du Nouveau parti démocratique, le plus à gauche de l’échiquier canadien. Éconduit par les électeurs, il retourne à ses premières amours, et publie, en 1975, un volumineux Hegel, (Hegel et la société moderne aux éditions du Cerf 1998 note d’ActuPhilo) qui présente sous un jour favorable les thèses éthiques et politiques de cet idéaliste maudit en terres anglo-américaines. Ce sera l’un des rares best-sellers philosophiques du XXe siècle.

Il s’impose dès lors comme une figure emblématique de l’éthique communautariste outre-Atlantique, qui allie les principes de la société libérale avec un sens aigu de l’appartenance à la communauté. À la fois critique et interlocuteur privilégié du philosophe libéral américain John Rawls et de l’Allemand Jürgen Habermas, il publie en 1989 The sources of self : the making of modern identity (Les sources du moi pour la traduction française en 1999, note d’ActuPhilo), qui retrace l’évolution de la notion de « soi » (self) depuis l’Antiquité jusqu’à nos jours. Puis, dans A Secular Age (2007), (L’âge séculier, traduction française aux édition Boréal en mars 2011, note d’ActuPhilo) il approfondit sa lecture de l’évolution des fondements de la société depuis la Renaissance. Salué par la critique, ce livre lui vaut en 2007 le prestigieux prix britannique Templeton. Spécialiste du multiculturalisme, il accepte la même année de diriger, avec le sociologue Gérard Bouchard, une commission commandée par le gouvernement québécois sur les adaptations possibles aux différences culturelles (dite Commission Bouchard-Taylor). Rencontre avec un philosophe de terrain.

Le Point.fr : Vous passez pour un apôtre du communautarisme. En France, autant parler du diable… À quoi attribuez-vous cette allergie française ?

Charles Taylor : D’abord à un fâcheux contresens, qui vient du mot lui-même. En anglais, il a en effet deux sens, qu’on ne retrouve pas en français. On peut être communautarian, au sens où l’est par exemple le sociologue américain Amitai Etzioni, et cela équivaut pratiquement au républicanisme français. C’est une philosophie de la communauté nationale envers laquelle ses membres ont des responsabilités et des devoirs. L’autre sens, le seul retenu en français, renvoie plutôt aux communautés qui existent à l’intérieur d’un pays, les « communautés culturelles », comme on les appelle au Québec. En français, l’idée d’une « philosophie communautariste » pourrait laisser entendre que cette philosophie cherche à favoriser les replis communautaires. Mais que les Français se rassurent : aucun philosophe, ni aucun pays, dans le monde occidental, ne prône cette forme-là de communautarisme. C’est un mythe tenace, mais rien qu’un mythe ! Je me considère plutôt communautariste au sens où l’entend Amitai Etzioni : je crois que la société est davantage qu’un ensemble d’individus isolés, et qu’il existe dans les sociétés libérales modernes des normes universelles, comme les droits de l’homme, que tout le monde doit respecter.

Mais vous êtes plutôt conciliant envers la politique multiculturelle du Canada. Dans le rapport de la commission que vous avez codirigée avec le sociologue Gérard Bouchard, vous préconisez même un « interculturalisme »…

Ces termes n’ont rien à voir avec une politique favorable à la création des ghettos, et il faut absolument les replacer dans leur contexte. Le Canada est depuis la fin du XIXe siècle un pays d’immigration, et qui se définit en fonction de celle-ci. Ce n’est pas le cas de pays européens comme la France qui, même si elle accueille des étrangers, ne se définit pas en premier lieu à partir de l’immigration.

Le multiculturalisme canadien est tout simplement une politique d’intégration, qui vise justement à décloisonner les communautés d’immigrants. Cette politique se soucie d’enseigner à tous les immigrants les deux langues nationales (anglais et français) ; elle veut favoriser une politique de contact, d’ouverture et de dialogue culturel, pour éviter les replis communautaires. Quant à l’interculturalisme, ce n’est pas bien différent. À cette différence près qu’au Québec, il fallait que la politique d’intégration puisse tenir compte d’un élément fondamental aux yeux de la population : la survie de la langue française. L’interculturalisme souligne cette spécificité. Mais le multiculturalisme et l’interculturalisme ne diffèrent pas fondamentalement – ce n’est certainement pas la différence entre une politique qui favoriserait l’immigration et une autre qui ne le ferait pas.

La laïcité n’est-elle pas une façon plus simple de gérer les différences ?

L’histoire de la laïcité est très riche et complexe, y compris en France. Il y a plusieurs traditions, certaines tendances sont plus ouvertes, d’autres plus fermées. On ne peut pas ramener toutes ces tendances à la laïcité, comme on le fait aujourd’hui en France.

Que pensez-vous du débat sur l’identité nationale tel qu’il s’est posé en France au cours des derniers mois ?

C’est un débat empoisonné, dont les motivations politiques sont extrêmement suspectes. Il porte surtout sur l’Autre, et non pas d’abord sur les Français. Car il ne faut pas se voiler la face: au fond, la question soulevée est de savoir si les étrangers sont compatibles ou non avec « l’identité française ». Ce n’est pas vraiment une réflexion sur les normes auxquelles tiennent les Français, mais une tentative de tirer une ligne de démarcation. Le problème, c’est que des immigrants se trouvent ainsi soupçonnés de communautarisme (ici, au mauvais sens du terme), même s’ils ne recherchent pas nécessairement ce but-là. On cherche à les mettre dans une position de minorisation pour pouvoir ensuite justifier des mesures à leur encontre. C’est donc un débat qui divise, qui crée des tensions énormes dans la société, et une société libérale doit éviter ce genre de dérapage.

Vous êtes contre l’interdiction totale de la burqa telle que l’envisage le gouvernement français. Mais son principe est pourtant de préserver la liberté de la femme.

Le projet de loi français est à mon avis très problématique dans la perspective d’une société moderne libérale, et même d’une société de droit. On ne peut évidemment pas porter la burqa dans certaines situations, à l’école, et pour des raisons de sécurité ou d’identification de la personne, par exemple. Mais de là à interdire de pouvoir sortir de sa maison avec une burqa ! C’est une mesure farouchement antilibérale. Invoquer l’idée qu’il s’agit de protéger la liberté individuelle des femmes ne suffit pas : on ne connaît pas leurs motivations. Les recherches sociologiques montrent d’ailleurs que celles-ci sont variées. De jeunes femmes vont, par exemple, porter le voile ou la burqa pour se révolter contre leurs parents, une motivation bien occidentale ! Au fond, la vraie question est de savoir qui doit décider de la signification du port de ce type de vêtement. Le gouvernement ? Ou l’individu lui-même ? Il me semble qu’en l’absence de preuve probante, le principe de liberté, au fondement de notre société, exige qu’on opte pour la dernière réponse. Il faut accepter que les autres décident librement de leur vie tant qu’ils n’entravent pas la nôtre, et même quand cela nous choque. Sinon, on revient au bon vieux paternalisme d’autrefois, à la Genève de Calvin, ou à l’Iran de Mahmoud Ahmadinejad.

C’est ainsi que vous définissez l’identité moderne dans votre livre Les sources du moi ?

En effet, un individu peut se définir lui-même. C’était différent à d’autres époques, au Moyen Âge par exemple. Le fait d’accorder autant d’importance à l’identité individuelle est quelque chose de récent. Aujourd’hui, on reconnaît que les individus ont un rôle à jouer dans la définition de leur propre identité. Évidemment, personne ne peut se définir totalement, et chacun s’inscrit dans un contexte et des traditions spécifiques. Mais il est admis que les individus peuvent, dans une certaine mesure, choisir parmi ces traditions celles qui leur conviennent, ou tenter de les redéfinir, comme l’ont fait les mouvements féministes ou gays ces dernières années. Ce phénomène s’est d’ailleurs accentué dans la deuxième moitié du XXe siècle, avec ce que j’appelle « l’ère de l’authenticité ». C’est l’époque où fleurissent, par exemple, les théories et les pratiques du « développement personnel ». Il faut prendre la mesure de ce fait : la quête de soi est un aspect fondamental de l’identité moderne.

Ne vient-elle pas naturellement du déclin de la religion ?

C’est une vision trop simpliste. Nos sociétés modernes occidentales n’ont certes plus de fondation unique philosophico-religieuse. Mais on a longtemps associé ce processus de sécularisation à une marginalisation de la religion qui conduirait finalement à sa disparition. J’ai montré dans A Secular Age que la sécularisation est un phénomène beaucoup plus complexe, qui d’ailleurs résiste à toute généralisation. Prenez, dans l’ancien bloc de l’Est, le cas de l’ancienne RDA. L’athéisme y est majoritaire. Mais dans la Pologne voisine, anciennement communiste elle aussi, c’est tout le contraire. Et aux États-Unis, pays capitaliste et libéral, des sondages ont révélé que 90% de la population croit en Dieu ou en une force spirituelle supérieure. Alors, certes, on ne légifère plus dans les pays occidentaux en fonction des autorités religieuses, mais l’évolution vers la sécularisation va de pair avec des niveaux de participation religieuse très différents. Quand Nietzsche annonce, au chapitre 125 de son livre Le gai savoir, avec une image poétique très forte, que « Dieu est mort », certains s’y retrouveront, d’autres pas. Il y a certainement une part de vrai dans ce qu’il déclare, mais on se trompe si on y voit une vérité valable pour tous.

C’est donc une autre approche de l’histoire que je propose. Je pense, en effet, que nous allons vers davantage de diversification dans le rapport à la religion et, plus généralement, dans la façon de penser les critères d’une vie bonne. J’ai employé le concept d’hyper-nova pour illustrer ce phénomène de diversification toujours plus complexe. C’est là un autre trait de notre monde sécularisé, à savoir qu’il faut fonctionner avec une pluralité de fondements. Les assises de notre société sont plurielles, ou pluralistes, ce qui n’était pas le cas dans le passé. Si vous reculez de deux siècles, vous aurez des sociétés qui étaient entièrement fondées sur le christianisme. Nous n’en sommes plus là : nous cherchons à nous sentir en accord avec des principes qui reflètent nos convictions intimes.

La sécularisation marque-t-elle pour vous un progrès? Un brin de nostalgie semble percer dans vos propos…

C’est une tendance générale vers le mieux. Les droits de l’homme, la possibilité laissée à chacun de se définir, etc., marquent des progrès, et il n’est pas question de revenir à l’Ancien Régime ! Mais il y a aussi des éléments négatifs dans cette évolution, entre autres le fait que la société moderne se fonde de plus en plus sur la discipline, comme l’a très bien montré Foucault. Ce qui entraîne aussi le refoulement de pans entiers de la vie humaine.

Nous sommes refoulés ?

À certains égards, oui. Prenez le carnaval qui, au Moyen Âge, permettait d’inverser en public les rôles sociaux, de marquer une pause l’espace d’un jour, de rappeler le sens de la communauté humaine par-delà les divisions de la vie courante. Ce genre de festivités publiques ̶- on pourrait citer aussi les bals ̶-, a pratiquement disparu. Dans le privé, on se permet tout, mais dans le public, nous restons très disciplinés. Nous avons du mal à prendre contact avec certains de nos désirs profonds.

Le Point du 15 mars 2011

Quelques dates repères à propos de Charles Taylor

Sélection bibliographique de l’oeuvre de Charles Taylor par ActuPhilo

Charles taylor

Hegel et la société moderne

Cerf

 

Présentation de Hegel et la société moderne

D’abord paru au Québec aux Presses de l’Université de Laval, Hegel et la société moderne parait aux éditions du Cerf en 1998. Ce livre est la traduction française de l’ouvrage de Charles Taylor, Hegel and modem society, dont on apprend incidemment qu’il a été publié en 1979 mais sans que soient mentionnés ni le lieu ni la date d’édition. Il ne s’agit pas simplement d’une présentation de plus de la pensée politique de Hegel, comme pourrait le faire croire le titre.

Constituant d’une part «un exposé plus court et plus accessible» du Hegel que Charles Taylor a fait paraître en 1975 au Cambridge University Press, il a toutefois pour principal enjeu de «démontrer la pertinence et l’importance de cette philosophie pour les penseurs contemporains». La conviction de Taylor est en effet «que Hegel a puissamment contribué à former des concepts et des manières de penser qui sont indispensables à une perception claire de certains problèmes et dilemmes propres à notre époque». En quoi consiste donc cette actualité de Hegel ? Non pas, estime Taylor, dans l’ontologie de l’Esprit qui soutient son système qu’il juge au contraire, sans à vrai dire étayer avec beaucoup de soin son jugement, quasi invraisemblable (p. 69) : l’argumentation dialectique sur laquelle se fonde cette ontologie — en particulier celle relative à la catégorie de Dasein dans la Science de la logique que Taylor semble tenir pour particulièrement décisive — lui paraît incapable de «persuader» le penseur contemporain (p. 67); cela «ressemble davantage, écrit-il, à une expression pénétrante de sa vision qu’à une preuve rigoureuse» (p. 68).

Reste que s’il convient ainsi, selon Taylor, de prendre acte de l’ «échec» de l’ontologie hégélienne, son entreprise correspond toutefois à une tentative de synthèse qui, tant par son ampleur que par ses modalités, garde pour nous toute son importance et sa pertinence dans la mesure où la tension qu’elle affronte et cherche à résoudre continue de caractériser au plus haut point notre époque et notre civilisation. Voir la présentation de Gérard Gilbert

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Hegel et la société moderne

Extrait de Hegel et la société moderne

Penser l’être humain dans sa communauté culturelle

« Penser à un être humain (…) c’est évoquer davantage qu’un simple organisme vivant ; c’est voir un être capable de penser, d’agir, de décider, d’être ému, de réagir et d’entrer en rapport avec les autres ; tout cela sous-entend un langage, un mode d’appréhension du monde, d’interprétations des sentiments, de compréhension de la relation aux autres, au passé, à l’avenir, à l’absolu, etc. L’identité d’un individu est faite de sa manière particulière de se situer dans son univers culturel.

Or, un langage, ainsi que l’ensemble des distinctions qui sous-tendent notre expérience et notre mode d’interprétation du monde ne peuvent naître et grandir que par la communauté. En ce sens, ce que nous sommes, en tant qu’être humains, nous le sommes seulement dans une communauté culturelle. » (p. 87.)

La notion hégélienne d’esprit objectif

« Une certaine conception de l’homme et de la société est implicite dans certaines pratiques et institutions sociales que nous pouvons voir, dès lors, comme l’expression de certaines idées. Et il arrive effectivement, lorsque la société ne s’est pas donnée d’elle-même une théorie cohérente et précise, que pratiques et expressions soient l’expression la plus adéquate, et parfois même la seule, de ces idées. Ces idées sous-jacentes, qui font de certaines pratiques ce qu’elles sont (…) ne sont pas forcément définies de façon cohérente en plusieurs propositions sur la nature humaine, la volonté, la société, etc. Il se peut même qu’un langage théorique adéquat reste à élaborer.

En ce sens, nous pouvons penser les pratiques et les institutions propres à une société comme une sorte de langage qui en exprime les idées fondamentales. Mais ce qui est « dit » par ce langage ce ne sont pas les idées qui pourraient n’exister que dans l’esprit de certains individus; il s’agit plutôt des idées communes à une société parce qu’elles sont inscrites dans la vie collective, dans les pratiques et les institutions enchâssées dans cette société. En elles, l’esprit de la société est en un sens objectivé. Elles sont « esprit objectif » (Hegel). » (p. 89.)

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Hegel et la société moderne

Charles Taylor

Les sources du moi

La formation de l’identité moderne

Seuil

Les idées clés Des sources du moi par Business Digest

Cet ouvrage dresse un tableau saisissant de l’identité moderne sans en taire ni la grandeur ni la misère. Il s’agit de comprendre cette révolution inouïe qui a fait que les modernes se voient comme des êtres doués d’intériorité, comme des «moi» ayant une profondeur. Loin de pouvoir se ramener à l’essor de l’individualisme libéral, cette histoire est celle d’une longue quête pour définir et atteindre le bien. Au coeur de cette définition, on trouve ce que l’auteur appelle «l’affirmation de la vie ordinaire». La montée en puissance de cette valeur, retracée ici de ses origines dans la Réforme jusqu’à ses formes actuelles, a profondément transformé notre conception de la Raison. Ce livre d’histoire des idées ne saurait être séparé du combat, philosophique et politique, que mène l’auteur depuis de nombreuses années au nom du communautarisme. Il s’agit de défendre la modernité, moins contre ses détracteurs, que contre la philosophie libérale qui prétend seule en porter les couleurs. Trouvant son apogée dans l’oeuvre majeure de John Rawls (Théorie de la justice, seuil 1987), celle-ci est accusée de faire bon marché de l’exigence de cohésion sociale et de ne s’intéresser qu’à la liberté des individus et à la justice dans la répartition des richesses.

Description Des sources du moi

Les Sources du moi est un ouvrage magistral sur l’identité moderne. Il en dresse un tableau saisissant sans en taire ni la grandeur ni la misère, et il tente de la définir en retraçant la genèse. Cette généalogie remonte à saint Augustin, passe par Descartes et Montaigne et se prolonge jusqu’à aujourd’hui. Il s’agit de comprendre cette révolution inouïe qui a fait que les modernes se voient comme des êtres doués d’intériorité, comme des  » moi  » ayant une profondeur. Loin de pouvoir se ramener à l’essor de l’individualisme liberal, cette histoire est celle d’une très longue quête pour définir et atteindre le bien. Au coeur de cette définition, on trouve ce que l’auteur appelle l’affirmation de la vie ordinaire. La montée en puissance de cette valeur, retracée ici de ses origines dans la Réforme jusqu’aux formes qu’elle prend de nos jours, aura profondément transformé notre conception de la Raison. Ce livre d’histoire des idées, d’une grande érudition, ne saurait être séparé du combat, philosophique et politique, que mène l’auteur depuis de nombreuses années au nom du communautarisme. Il s’agit de défendre la modernité, moins contre ses détracteurs, que contre la philosophie libérale qui prétend seule en porter les couleurs. Trouvant son apogée dans l’oeuvre majeure de John Rawls, Théorie de la justice (Seuil, 1987), celle-ci est accusée de faire bon marché de l’exigence de cohésion sociale et de ne s’intéresser qu’à la liberté des individus et à la justice dans la répartition des richesses. A cette abstraction du libéralisme, Taylor oppose une démarche qui fait fond sur le monde de l’expérience, l’analyse des faits, l’autoconception de la société telle qu’elle est vécue par les gens, leur imaginaire social.

Pour se procurer l’ouvrage de Charles taylor Les sources du moi

 

Charles Taylor

L’âge séculier

Boréal (mars 2011)

 

Présentation de l’éditeur

Il est d’usage de dire que nous, modernes Occidentaux, appartenons à un « âge séculier ». Comment est-on passé d’un temps, encore proche, où il était inconcevable de ne pas croire en Dieu, à l’époque actuelle, où la foi n’est plus qu’une option parmi d’autres et va jusqu’à susciter la commisération ?

L’explication la plus courante consiste à affirmer qu’à la faveur des progrès de la connaissance, la vérité aurait triomphé de l’illusion, nous poussant à ne chercher qu’en nous-mêmes notre raison d’être et les conditions de notre épanouissement ici-bas.

En révélant les impensés de ce récit classique de la victoire des Lumières qui fait du « désenchantement du monde » la seule clé de l’énigme, Charles Taylor entreprend une enquête philosophique et historique monumentale qui renoue les liens entre l’humanisme et l’aspiration à la transcendance. Loin d’être une « soustraction » de la religion, la sécularisation est un processus de redéfinition de la croyance qui a vu se multiplier les options spirituelles. Si plus aucune n’est en mesure de s’imposer, les impasses du « matérialisme » et les promesses déçues de la modernité continuent d’éveiller un besoin de sens.

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor L’âge séculier

Charles Taylor

Le Malaise de la modernité

Cerf (2002)

 

Etre sincère avec moi-même signifie être fidèle à ma propre originalité, chose que je suis le seul à pouvoir découvrir : tel est le fondement de l’idéal moderne d’authenticité ainsi que des objectifs d’épanouissement de soi. Apparemment, un véritable tournant s’opère au XVIIIe siècle avec Rousseau, Goethe et les Romantiques, Taylor pense qu’il s’agit d’un moment décisif des transitions à la faveur desquelles le sujet est devenu un pôle d’expérience privilégié. Certes, le tournant ne s’est pas accompli indépendamment d’un processus d’émancipation de la raison dont il étudie aussi les principaux moments. Mais le sens nouveau que donne au moi la révolution romantique, « l’expressionnisme » qui y trouve ses racines, le constituent durablement comme la référence privilégiée, voire exclusive, de toute morale et de toute valeur. Mais, pour Taylor, une intériorité, une subjectivité qui ne communiquerait pas avec un horizon ou un langage commun sont proprement impensables comme l’ont montré des penseurs aussi différents que Hegel et Wittgenstein.

En fait, il s’agit d’éviter ce qu’il appelle un « dérapage du subjectivisme », une sorte de « culture du narcissisme » qui fait de l’épanouissement de soi la principale valeur de la vie et ne reconnait que peu d’exigences morales extérieures ou d’engagements profonds avec les autres. L’explication de cette déviation de la culture de l’authenticité est certainement liée à l’enracinement de l’individualisme dans la vie quotidienne, le monde du travail et la vie politique. Mais le danger que met en lumière Taylor à propos de cette promotion exclusive du moi, facilité par les transformations sociales de la culture moderne est que ces exigences de sincérité envers soi aille jusqu’à nier l’exigence de justice que nous devons aux autres.

Quatrième de couverture

« Raison instrumentale », « désenchantement du monde », « narcissisme contemporain » : le philosophe Charles Taylor reprend ces trois thèmes dominants du malaise de la modernité. A l’écart des redondances de la mode et des facilités de la critique, il montre pourquoi l’éthique de la réalisation de soi, noyau consistant de l’individualisme, recèle une aspiration dont les présupposés bien compris seraient en fait incompatibles avec l’instrumentalisme et l’égoïsme possessif.
Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Le Malaise de la modernité

 

Charles Taylor

Multiculturalisme

Différence et démocratie

Flammarion Champs Essais

Présentation de l’éditeur

Une société démocratique doit traiter tous ses membres comme des égaux. Mais jusqu’où peut-elle aller dans la reconnaissance de leur spécificité culturelle, jusqu’à quel point peut-elle admettre leur différence pour permettre à leur identité de s’exercer librement et de s’épanouir ? Doit-elle veiller à garantir et à maintenir cette spécificité ? Cette reconnaissance politique est-elle nécessaire à la dignité des individus ? Telles sont quelques-unes des questions qui sont au coeur de la controverse sur le multiculturalisme.

Charles Taylor nous propose une réflexion historique et une perspective philosophique concernant l’enjeu fondamental de la demande de reconnaissance par tous les groupes « ethniques » – communautés religieuses, associations féministes, minorités culturelles, etc. – qui coexistent au sein d’une même communauté étatique. La démocratie doit garantir les droits et le bien-être de ses citoyens.

Doit-elle privilégier une culture, celle qui la fonde, ou s’accommoder de toutes ?

Pour se procurer l’ouvrage de Charles Taylor Multiculturalisme : Différence et démocratie


Jocelyn Maclure

Charles Taylor

Laïcité et liberté de conscience

La Découverte (2010)

Présentation de l’éditeur

 

Présentation de l’éditeur

Ce n’est que récemment que le modèle d’une société politique fondée sur le respect de la pluralité des perspectives philosophiques, religieuses et morales s’est imposé comme le plus susceptible de conduire à une vie harmonieuse du corps social et à l’épanouissement de ceux qui le composent. Un large consensus s’est établi autour de l’idée que la  » laïcité  » est une composante essentielle de toute démocratie libérale.

Mais qu’est-ce au juste qu’une société laïque ?

Bien que des travaux récents en sciences sociales, en droit et en philosophie aient permis des avancées majeures sur le plan de la compréhension de la laïcité comme mode de gouvernance, une analyse conceptuelle des principes constitutifs de la laïcité manquait toujours à l’appel. Ce livre vient remédier à une telle lacune. Pour les auteurs, les deux grandes finalités de la laïcité sont le respect de l’égalité morale des individus et la protection de la liberté de conscience et de religion. C’est pourquoi la laïcité doit aujourd’hui se comprendre dans le cadre plus large de la diversité des croyances et des valeurs (religieuses ou non) auxquelles adhèrent les citoyens. Depuis près de vingt ans, la France ne cesse de débattre (et de légiférer) sur la place et la visibilité des minorités culturelles et religieuses, comme en témoignent les controverses passionnées sur le foulard islamique et aujourd’hui de la burqa. Cet ouvrage de philosophie, qui prend appui sur l’expérience originale et passionnante du Québec en matière de politique multiculturelle, constitue une contribution forte au débat sur les rapport entre religion et politique.

Jocelyn Maclure, coauteur de l’ouvrage Laïcité et liberté de conscience, est professeur agrégé à la Faculté de philosophie de l’Université Laval. Il est également l’auteur de « Récits identitaires ». Le Québec à l’épreuve du pluralisme. Il a contribué, en tant qu’analyste-expert, à la rédaction du rapport final de la commission Bouchard-Taylor sur les  » accommodements raisonnables « .

Pour se procurer l’ouvrage de Jocelyn Maclure et Charles Taylor Laïcité et liberté de conscience

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