Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Posts Tagged ‘science’

Un ouvrage pour se familiariser avec la philosophie de Wilfrid Sellars

Posted by Hervé Moine sur 25 juillet 2012

Wilfrid Sellars et le mythe du donnéAude Bandini

Wilfrid Sellars et le mythe du donné

PUF

Présentation de l’ouvrage par l’éditeur

On doit à Wilfrid Sellars d’avoir mis en évidence que le dogme empiriste selon lequel la connaissance trouve son fondement dans le donné de l’expérience ne relève que d’un mythe, créé par une confusion fondamentale entre ce qui, dans l’ordre de la justification, ressort de l’espace des causes et ce qui ressort de celui des raisons. De Locke à van Frassen, l’empirisme s’est ainsi rendu coupable d’avoir pris pour primitives et indubitables des croyances dont le contenu et la signification sont en réalité intrinsèquement déterminés par l’ensemble de l’édifice cognitif qu’elles étaient censées fonder.

Cet ouvrage vise non seulement à expliquer en quoi l’idée de « donné » de l’expérience ne peut être qu’un mythe, mais également les raisons qui ont pourtant conduit nombre de philosophes à y adhérer et les conséquences que son abandon entraîne pour l’épistémologie et la philosophie des sciences.

Table des matières de l’ouvrage

Avant-propos : Empirisme et mythe du donné / La fusion stéréoscopique des images scientifique et manifeste de l’homme dans le monde

Chapitre premier. — Le donné et le fondement de la connaissance

  • Empirisme, réalisme et donné
  • Donné et observation

Chapitre II. — Le mythe du donné

  • La réfutation du donné épistémique
  • Les sources du mythe du donné
  • Application de la critique sellarsienne : la version phénoménaliste du donné
  • Conclusion : le bon grain et l’ivraie dans les théories du donné

Chapitre III. —La structure de nos connaissances

  • La réfutation du donné sémantique
  • L’éléphant sur la tortue et le serpent autophage
  • Une conception révisionniste du rapport entre observation et théorie

Conclusion

Aude Bandini

Aude Bandini

L’auteure de Wilfrid Sellars et le mythe du donné est enseignante et post doctorante au département de philosophie de l’Université du Québec à Montréal, (Chaire de recherche du Canada en philosophie de la logique et des mathématiques). Aude Bandini est également membre du Groupe de recherche interdisciplinaire sur la normativité (GRIN) de l’Université de Montréal.

Spécialiste de Wilfrid Sellars, elle a d’ailleurs soutenu sa thèse en 2008 sur le sujet suivant : « De l’épistémologie à l’ontologie : science et métaphysique dans l’oeuvre de Wilfred SELLARS ».

Pour la science

Article de Christophe AL-SALEH, paru dans NonFiction le 24 juillet 2012

http://www.nonfiction.fr/article-6007-pour_la_science.htm

Wilfrid Sellars photo Cova/flick.fr

L’oeuvre de Wilfrid Sellars, quoique déterminante pour la philosophie analytique est bien moins servie en France que celles de Wittgenstein ou de Quine, ou même d’Austin ou de Ryle, pour prendre d’autres philosophes qui peuvent être également considérés comme des pionniers de la philosophie analytique. Cela est sans doute dû à la difficulté intrinsèque des textes du maître de Pittsburgh, mais, après tout, qui dirait des textes de Wittgenstein ou de Quine qu’ils sont simples ? Quoi qu’il en soit de cette relative méconnaissance dans laquelle se trouve l’oeuvre de Sellars en France (l’auteur salue dans une note, p.7, les travaux à cet égard pionniers de Fabien Cayla, Jacques Bouveresse, Jocelyn Benoist et Mathias Girel), il n’en demeure pas moins que le début de popularité que connaissent les travaux d’héritiers de Sellars, comme John McDowell, Richard Rorty ou Robert Brandom, dont le monumental Making it Explicit a été traduit récemment, ne perdrait rien à ce que des travaux sellarsiens francophones se multiplient.

L’ouvrage d’Aude Bandini devrait y contribuer.

Aude Bandini réussit en effet le tour de force, en un volume réduit, de nous familiariser avec les thèmes centraux de la philosophie de Sellars, tout en dessinant les enjeux de l’héritage sellarsien, et ce sans jamais céder à la facilité du raccourci théorique ou argumentatif. Elle est servie et ce doublement, par une écriture très claire et précise (mais qui n’élude jamais la difficulté), et par sa connaissance très précise et très fine des textes sellarsiens et du contexte historique et polémique des contributions du philosophe.

Le livre consiste en trois parties. La première partie est une présentation contextualisée de la notion de donné. Car si la critique sellarsienne de la notion de donné a un empan historique large (beaucoup d’auteurs de la tradition philosophique, des pré-socratiques à nos jours peuvent être concernés), il n’en demeure pas moins que la polémique sellarsienne est ciblée sur les empiristes, britanniques et américains, et viennois. L’auteur montre donc que le donné a trois propriétés épistémiques. Il est indépendant, autonome et efficace. Ces trois propriétés sont censées constituer son autorité épistémique. Le donné a en effet un rôle fondationnel. Il doit fournir de quoi justifier toute connaissance (ordinaire ou scientifique) de manière non-régressive et non-circulaire. Autrement dit, dans le contexte où Sellars intervient, l’appel du donné vient d’une réaction à l’idéalisme et d’un souci réaliste que Sellars partage. Sa critique vise donc à assainir l’empirisme.

La deuxième partie du livre expose les lignes directrices de la critique du mythe du donné, telle que Sellars la mène dans Empirisme et philosophie de l’esprit (1956). Le nerf de la critique est que rien, ni une sensation, ni une perception, ni une intuition, ne peut être à la fois indépendant et efficace épistémiquement, car « l’autorité épistémique est un statut normatif que nous attribuons, par apprentissage, à certains états non épistémiques : nous transformons des causes en raisons ou en preuves quand les normes épistémiques que nous avons intégrées nous y autorisent » . Autrement dit, même à supposer que je sois en contact de manière privilégiée avec un objet dans une intuition, par exemple, il faudrait encore, pour pouvoir transformer cette relation en connaissance que j’adopte les normes qui permettent de reconnaître quelque chose comme une connaissance, normes qui sont socialement transmises, et qui supposent donc l’acquisition d’un langage.

La troisième partie montre comment la critique du mythe du donné est supposée libérer le champ pour une nouvelle forme d’épistémologie, libérée des dichotomies habituelles, et qui devrait permettre de réconcilier, dans une vision stéréoscopique, l’image scientifique et l’image manifeste du monde, la science et le sens commun. « Sellars s’efforce de ménager une troisième voie entre des couples de positions épistémiques traditionnellement opposés : l’empirisme fondationnaliste et le rationalisme cohérentiste, les conceptions externaliste et internaliste de la justification et de la signification, le naturalisme et le normativisme » .

L’ouvrage d’Aude Bandini est le guide de lecture qui manquait, celui qui va permettre aux philosophes attirés par les promesses d’une épistémologie pragmatiste mais rebutés par l’écriture âpre d’Empirisme et philosophie de l’esprit, l’un des rares ouvrages de Sellars traduits en français, de comprendre ce texte et d’en apprécier les enjeux. Il ne nous reste plus qu’à souhaiter que cela contribue au développement des études sellarsiennes dans le monde philosophique francophone !

Références : W. Sellars, Empirisme et philosophie de l’esprit, traduit par F. Cayla, Editions de l’Eclat, 1992

Empirisme et philosophie de l'esprit

Posted in Les parutions, philosophe | Tagué: , , , , , , | 1 Comment »

Sciences et Foi de part et d’autre

Posted by Hervé Moine sur 13 novembre 2011

La science et Dieu : Entre croire et savoir

Conférence par Véronique Le Ru

Mardi 15 novembre 2011 à 18h

à l’ENS de Lyon – Site Jacques Monod – Amphithéâtre Schrödinger

L’association ConférENS a le plaisir de vous inviter à sa prochaine conférence par Véronique Le Ru, philosophe, agrégée de philosophie et maître de conférences à l’Université de Reims Champagne Ardenne.

La nature est  » objective  » et non pas projective  » et c’est objectivement que la science doit enquêter. Tel est l’énoncé du postulat d’objectivité formulé par Galilée et Descartes au XVIIe siècle qui a libéré la science du joug de la théologie et de la religion.

Si l’on considère l’ampleur du mouvement créationniste qui veut actuellement s’immiscer dans l’enseignement des sciences, il est important de rappeler que la science d’un côté et, de l’autre, le domaine de la foi et de l’idéologie, ont des droits séparés.

Revenir au moment de la formulation du postulat d’objectivité pour enquêter sur la manière dont la science s’est construite par l’affirmation de son autonomie est là un moyen utile pour contrecarrer toute tentative de brouiller les cartes entre croire et savoir.

La conférence sera suivit d’un pot afin de prolonger la discussion avec le conférencier.

Véronique Le Ru

Véronique Le Ru

Véronique Le Ru est maître de conférences habilitée en philosophie à l’université de Reims. Ancienne normalienne (ENS de Saint-Cloud), elle est agrégée de philosophie.

Après son doctorat sur d’Alembert qui lui est apparu comme un héritier philosophique de Descartes et l’héritier scientifique de Newton, elle a étudié la manière dont Descartes a été reçu en France après sa mort de 1650 à 1750.

Véronique Le Ru a principalement voyagé dans la philosophie de l’’âge classique, tout en prenant le temps d’écrire plusieurs ouvrages :

« D’Alembert philosophe"" Jean Le Rond d’Alembert philosophe, Paris, Vrin, 1994.

« La Crise de la substance et de la causalité : Des petits écarts au grand écart cartésiens au grand écart occasionaliste"" « , Paris, CNRS Éditions, 2003.

« Voltaire newtonien : Le combat d’un philosophe pour la science"", Paris, Vuibert-Adapt, 2005.

« Subversives Lumières : L’Encyclopédie comme machine de guerre"", Paris, CNRS Éditions, 2007.

« La vieillesse : De quoi avons-nous peur ?, Paris, Larousse, coll. « Philosopher », 2008.

« La Nature, miroir de Dieu : L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?, Paris, Vuibert-SFHST, 2009.

Présentation et annotations du Philosophe ignorant de Voltaire, Paris GF, 2009.

La science et Dieu – entre croire et savoir, Paris, Vuibert-Adapt, 2010.

Véronique Le Ru

La science et Dieu

Entre croire et savoir (octobre 2010)

Vuibert ADAPT-SNES

Présentation de l’éditeur

Pourquoi s’intéresser aujourd’hui au problème de la science et de Dieu ? Pourquoi revenir au moment où les savants ont remplacé la question traditionnelle des causes filiales – pourquoi tel phénomène ? – par la question des causes efficientes : comment se produit tel phénomène ? La nature est  » objective  » et non pas projective  » ; et c’est objectivement que la science doit enquêter. Tel est l’énoncé du postulat d’objectivité. Formulé par Galilée et Descartes au XVIIe siècle, il a libéré la science du joug de la théologie et de la religion.

Si l’on considère l’ampleur du mouvement créationniste qui veut actuellement s’immiscer dans l’enseignement des sciences autant que dans la théorie et la pratique scientifiques, il est important de rappeler que la science d’un côté et, de l’autre, le domaine de la foi et de l’idéologie, ont des droits séparés.

Revenir au moment de la formulation du postulat d’objectivité pour enquêter sur la manière dont la science s’est construite par l’affirmation de son autonomie et de son indépendance à l’égard de toute référence à Dieu, c’est là un moyen utile pour contrecarrer toute tentative de brouiller les cartes entre croire et savoir.

Se procurer l’ouvrage de Véronique Le Ru La science et Dieu 

Véronique Le Ru

La Nature, miroir de Dieu

L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?""

Paris, Vuibert-SFHST, 2009.

Présentation de l’ouvrage de Véronique Le Ru : « La Nature, miroir de Dieu : L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?""

Des savants comme Descartes et Fermat débattent alors d’un problème d’optique, celui du trajet des rayons lumineux. L’enjeu de cette dispute la lumière choisit-elle le chemin le plus court ou le plus prompt ? ( question à laquelle Descartes répond que la lumière ne choisit rien ), donne lieu au problème dit  » de moindre action « .

La nature, en général, agit-elle selon les voies les plus simples ou bien les plus économes ? Cherche-t-elle à dépenser le moins possible d’action ?

En prolongeant l’interrogation vers l’usage des principes d’économie et de simplicité dans la science, d’autres savants comme Leibniz, Maupertuis ou Euler poursuivent la réflexion sur le rapport que la science entretient avec la métaphysique.

Ce débat continue aujourd’hui d’opposer ceux qui, en séparant la science de la métaphysique, privilégient le postulat d’objectivité, à ceux qui, partisans de la recherche des causes finales, veulent marier la raison et la foi.

Se procurer l’ouvrage de Véronique Le Ru : La Nature, miroir de Dieu : L’ordre de la nature reflète-t-il la perfection du créateur ?"" 

Rappelons notre article du 23 février dernier « Dieu ou la science ou y a-t-il un grand architete dans l’univers ? »

Posted in annonces, conférence, Les parutions | Tagué: , , , , , , , | Leave a Comment »

Vers des machines défiant le cerveau humain ?

Posted by Hervé Moine sur 9 novembre 2011

Hervé Zwirn

Pourquoi la science change notre perception ?

Jeudi 10 novembre 2011

Sur Rfi

Face aux progrès vertigineux de l’intelligence, certains n’hésitent pas à prophétiser l’avènement de machines pensantes capables de dépasser l’intelligence humaine. Un scénario de science-fiction qui fait bon marché de la fabuleuse complexité du cerveau, dont nous sommes loin d’avoir percé tous les mystères. Pour tenter d’éclaircir le sujet, Rfi reçois, en association avec le magazine Books, Hervé Zwirn, philosophe des sciences, professeur à l’université Paris 7.

Pour écouter ou télécharger l’émission : http://www.rfi.fr/emission/20111110-1-pourquoi-science-change-notre-perception

 

Posted in annonces, Emission | Tagué: , , , , , , | Leave a Comment »

Etat des lieux sur la relation entre les arts et les sciences

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Colloque Arts et Sciences

« La relation entre Arts et Sciences dans les territoires »

7 octobre 2011

à l’amphi MINATEC à Grenoble

Ce colloque se propose d’interroger la relation entre les arts et les sciences et vise d’abord à constituer un état des lieux actuels de cette relation ; le périmètre de cet état des lieux inclut les expériences rhône-alpines, et aussi nationales et internationales. Il repose sur la volonté de convoquer quelques témoignages considérés comme des propositions fortes, qui serviront à la fois de points de départ pour documenter le registre arts-sciences et de matériau pour une mise en problèmes lors de tables rondes-ateliers. La restitution et l’analyse des expériences offre l’opportunité d’une réflexion soucieuse de contourner l’illusion d’une théorisation définitive de celles-ci.

Les points sur lesquels la réflexion se concentrera sont de plusieurs sortes. Premièrement, il s’agit de préciser la place respective des artistes, des scientifiques, des industriels et des politiques dans le système de création, de production et de dégagement de valeur et de richesses propre à la relation arts-sciences. Dans celle-ci, ces acteurs aux intérêts très variés s’associent et interagissent de manière originale dans un même type d’activités, dont l’analyse s’avère de ce fait très intéressante.

Cette dimension recouvre de plus un aspect géopolitique fondamental du monde actuel : comme Rhône-Alpes, d’autres site dans le monde semblent capables de constituer à un haut niveau des synergies arts-sciences susceptibles de coordonner création artistique, production industrielle et dégagement de valeur économique – il s’agit ici de comprendre la manière dont des acteurs différents organisent un territoire innovant grâce à la relation arts-sciences. A cet égard, l’Atelier Arts-Sciences de Grenoble s’inscrit dans un modèle qu’il est intéressant de comparer avec les autres modèles. Une comparaison de la dynamique de ces sites et de leur évolution récente apparaît d’un grand intérêt pour comprendre les relations entre création, innovation et production dans le monde aujourd’hui.

Deuxièmement, il apparaît opportun de questionner le type d’engagement esthétique propre à la relation arts-sciences. La science et la technologie interviennent-elles de la même manière dans le processus de création ? L’artiste maîtrise-il souverainement son travail lorsqu’il recoure à la science et utilise la technologie ? Ou bien celles-ci interviennent-elles dans le processus de création ? Comment s’ouvrent des horizons à partir de la relation arts-sciences ? Peut-on constituer une même séquence, qui considère de manière homogène le design des produits, celui des existences et celui des politiques ?

Enfin, quelle est la place de l’entreprise dans le processus de mise en lien entre art et industrie ? De quelles manières la création stimule-t-elle l’innovation sur le plan entrepreneurial ? Que révèlent sur ce point les exemples d’entreprises ayant réussi à un haut niveau à associer les artistes et les scientifiques ?

Au programme de ce colloque :

Thierry Ménissier et Valérie Chanal, acteurs universitaires de l’innovation présideront cette journée de conférences et de tables-rondes.

  • Introduction par Yann Moulier-Boutang, économiste et Gilles Roussi, artiste : « Comment crée-t-on un espace créatif dans la société ? »
  • Table-ronde animée par Philippe Quinton, Maison de la Création. « Quelle vision nationale pour la relation Arts-Sciences en France ? » Avec Antoine Conjard, directeur de l’Hexagone Scène nationale de Meylan, Grégoire Harel, chargé du programme Arts et Sciences à Universcience (Paris) et Pierre-Alain Four, docteur en science politique.
  • Intervention de Fabienne Martin-Juchat, professeur des universités, Institut de la Communication et des Médias. « Sciences humaines et sociales et Arts-Sciences »
  • Intervention de Thierry Ménissier, maître de conférence de philosophie politique. « L’innovation entre conquête et invention. Un point de vue géopolitique sur la R&D »
  • Table-ronde animée par Laurent Chicoineau, directeur du CCSTI-La Casemate. « Les expériences européennes Arts-Sciences » Avec Pia Arebald, responsable développement Tillt (Suède), Horts Hörtner, directeur du Futurelab d’Ars Electronica (Autriche), Pascal Keiser, directeur du Centre des Ecritures Contemporaines et Numériques (Belgique).
  • Conclusion de Dominique DAVID, chercheur au CEA

Programme à télécharger

Posted in annonces, Colloque, philosophie | Tagué: , , , , , | 1 Comment »

Quels moyens pour réduire le divorce entre la science et la société ?

Posted by Hervé Moine sur 2 septembre 2011

Peut-on réduire le divorce entre science et société ?

Mardi 27 Septembre 2011

Observatoire Midi-Pyrénées

14 avenue Edouard Belin 31400 Toulouse

A 11h, Salle Coriolis

Résumé de la conférence :

À la demande du Premier Ministre, le Haut Conseil de la Science et de la Technologie a été chargé d’engager, en 2010, une vaste réflexion sur « les moyens de réduire le divorce existant entre la science et la société ». Sollicité pour participer à ces travaux, Philippe Solal a rédigé un rapport qu’il fut ensuite appelé à exposer devant les membres de cette instance.

Cette communication se situe dans le prolongement de ce travail, en rappelant d’abord les données qui ont permis d’établir le diagnostic d’un tel divorce. Si les axes qui furent privilégiés par le Haut Conseil furent ceux liés à la notion de « perception des risques » par le grand public, en particulier dans le domaine de la chimie, il faudra se demander si l’effort porté sur le travail de « médiation scientifique », constitue la réponse la mieux adaptée aux peurs qui hantent la société française, vis-à-vis d’une science souvent perçue comme un instrument confisqué par une élite indifférente aux dangers que ses pouvoirs font peser sur les citoyens.

Avec Philippe Solal, Agrégé de Philosophie, enseignant-chercheur en Histoire des Sciences à l’INSA de Toulouse , et représentant l’INSA au bureau du service de Diffusion de la Culture des Sciences et des Techniques à l’Université de Toulouse.

Posted in annonces, conférence | Tagué: , , | Leave a Comment »

Quelle norme épistémologique pour l’empirisme classique anglais ?

Posted by Hervé Moine sur 13 février 2011

Luc Peterschmitt

L’empirisme face à la philosophie naturelle

Quelle norme épistémologique pour l’empirisme classique anglais ?

Vendredi 18 février, à l’Université de Montréal

 

Lieu : Local 422, 2910 boul. Édouard-Montpetit. (Indications pour s’y rendre : http://bit.ly/philoudem)

Horaire : 10h30

Vous êtes cordialement invité-e à assister à cet évènement organisé par le département de philosophie de l’Université de Montréal.

Ouvert à tous et à toutes.

Programmation d’événements : http://bit.ly/confudem2

Pour tout autre renseignement sur les conférences en philosophie à l’Université de Montréal, veuillez contacter David Piché (david.piche@umontreal.ca). Pour modifier votre inscription à cette liste, veuillez contacter Iain Macdonald (iain.macdonald@umontreal.ca).

__________________________________________

Please note that this talk will take place on Friday, February 18 at 10:30 a.m.

You are cordially invited to the above-mentioned event organized by the Department of Philosophy of Université de Montréal.

All are welcome! Please feel free to forward this message to interested students and colleagues.

(Directions available here: http://bit.ly/philoudem)

Also, please have a look at our calendar of events to see what’s coming up:http://bit.ly/confudem2

If you have questions regarding this or other philosophical events at the Université de Montréal, please contact Prof. David Piché (david.piche@umontreal.ca). To add or remove a name from this list, please contact Prof. Iain Macdonald (iain.macdonald@umontreal.ca).

 

Posted in conférence, philosophe, philosophie | Tagué: , , , | Leave a Comment »

Bac Philo 2010 Pondichéry ouvre le feu

Posted by Hervé Moine sur 24 avril 2010

Décompression pour les uns, la pression monte pour les autres

Les vacances d’avril sont pratiquement terminées et mai pointera déjà bientôt son nez, une année scolaire s’achève et pour les candidats au baccalauréat, il est temps, si cela n’est pas encore fait, d’entamer sérieusement les révisions. Hormis pour les élèves candidats de Pondichéry, pour qui les épreuves du baccalauréat sont déjà de l’ordre du passé et qui sont en attente des résultats, c’est, pour la plupart des élèves de terminale, la dernière ligne droite qui mène à l’examen.

Les sujets de philosophie de Pondichéry donne en quelque sorte le « la » et il peut être de bon ton de se laisser aller à les travailler. Difficile de dire s’ils sont de bons indicateurs pour les sujets à venir dans la session de juin, mais ils couvrent le programme de manière suffisamment large que les étudier ne peut être évidemment que conseillé.

Pour l’heure, il nous manque les sujets de la série L. Ils seront donc mis en ligne ultérieurement.

Hervé Moine

________________________________

Bac ES : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Y a-t-il des vérités définitives ?

Sujet 2 : Le travail nous rend-il plus humain ?

Sujet 3 : Expliquer le texte suivant :

“Le respect s’applique toujours uniquement aux personnes, jamais aux choses. Les choses peuvent exciter en nous de l’inclination et même de l’amour, si ce sont des animaux (par exemple des chevaux, des chiens, etc.), ou aussi de la crainte, comme la mer, un volcan, une bête féroce, mais jamais du respect. Une chose qui se rapproche beaucoup de ce sentiment, c’est l’admiration et l’admiration comme affection, c’est-à-dire l’étonnement, peut aussi s’appliquer aux choses, aux montagnes qui se perdent dans les nues, à la grandeur, à la multitude et à l’éloignement des corps célestes, à la force et à l’agilité de certains animaux, etc. Mais tout cela n’est point du respect. Un homme peut être aussi pour moi un objet d’amour, de crainte ou d’une admiration qui peut même aller jusqu’à l’étonnement et cependant n’être pas pour cela un objet de respect. Son humeur badine, son courage et sa force, la puissance qu’il a d’après son rang parmi ses semblables, peuvent m’inspirer des sentiments de ce genre, mais il manque toujours encore le respect intérieur à son égard. Fontenelle dit : Devant un grand seigneur, je m’incline, mais mon esprit ne s’incline pas. Je puis ajouter : Devant un homme de condition inférieure, roturière et commune, en qui je perçois une droiture de caractère portée à un degré que je ne me reconnais pas à moi-même, mon esprit s’incline, que je le veuille ou non, et si haut que j’élève la tête pour ne pas lui laisser oublier ma supériorité.”

KANT, Critique de la raison pratique.

_______________________________

Bac S : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera, au choix, l’un des trois sujets suivants :

Sujet 1 : Pour agir moralement, faut-il ne pas se soucier de soi ?

Sujet 2 : La politique est-elle l’affaire de tous ?

Sujet 3 : Expliquez le texte suivant :


Un credo1 religieux diffère d’une théorie scientifique en ce qu’il prétend exprimer la vérité éternelle et absolument certaine, tandis que la science garde un caractère provisoire : elle s’attend à ce que des modifications de ses théories actuelles deviennent tôt ou tard nécessaires, et se rend compte que sa méthode est logiquement incapable d’arriver à une démonstration complète et définitive. Mais, dans une science évoluée, les changements nécessaires ne servent généralement qu’à obtenir une exactitude légèrement plus grande;  les vieilles théories restent utilisables quand il s’agit d’approximations grossières, mais ne suffisent plus quand une observation plus minutieuse devient possible. En outre, les inventions techniques issues des vieilles théories continuent à témoigner que celles-ci possédaient un certain degré de vérité pratique, si l’on peut dire. La science nous incite donc à abandonner la recherche de la vérité absolue, et à y substituer ce qu’on peut appeler la vérité « technique », qui est le propre de toute théorie permettant de faire des inventions ou de prévoir l’avenir. La vérité « technique » est une affaire de degré : une théorie est d’autant plus vraie qu’elle donne naissance à un plus grand nombre d’inventions utiles et de prévisions exactes. La « connaissance » cesse d’être un miroir mental de l’univers, pour devenir un simple instrument à manipuler la matière.

RUSSELL, Science et religion.

La connaissance de la doctrine de l’auteur n’est pas requise. Il faut et il suffit que l’explication rende compte, par la compréhension précise du texte, du problème dont il est question.

1 credo : affirmation d’une croyance

_________________________________

Bac STG : le sujet de philosophie – Pondichéry

Le candidat traitera l’un des sujets suivants au choix.

Sujet 1 : La liberté consiste-t-elle à n’obéir à personne?

Sujet 2 : L’expérience est-elle source de vérité?

Sujet 3 : Pour expliquer ce texte, vous répondrez aux questions suivantes, qui sont destinées principalement à guider votre rédaction. Elles ne sont pas indépendantes les unes des autres et demandent que le texte soit d’abord étudié dans son ensemble.

Ce qui est complètement insensé, c’est de considérer comme étant ({ juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples, ou même, les lois (en admettant qu’il en soit !) portées par des tyrans. Si les Trente d’Athènes* avaient eu la volonté d’imposer des lois ou si leurs lois tyranniques avaient plu au peuple athénien tout entier, serait-ce une raison pour les considérer comme « justes» ? A aucun titre, je crois, – pas plus que cette loi que porta chez nous un interroi** donnant à un dictateur le pouvoir de tuer nominativement et sans procès celui des citoyens qu’il voudrait. Il n’y a en effet qu’un droit unique, qui astreint la société humaine et que fonde une Loi unique : Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et dans ce qu’elle défend. Qui ignore cette loi est injuste, qu’elle soit écrite quelque part ou non.
Mais si la justice n’est que la soumission à des lois écrites et aux institutions des peuples, et si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, celui qui pensera avoir intérêt à mépriser et violer ces lois le fera, s’il le peut. Il en résulte qu’il n’y a absolument plus de justice, si celle-ci n’est pas fondée sur la nature, et si la justice établie en vue de l’intérêt est déracinée par un autre intérêt.

Cicéron

Notes

* les Trente d’Athènes : les « Trente Tyrans », gouvernement imposé par Sparte à la suite de sa victoire sur Athènes (404 avant J.-C.).

** interroi : chef exerçant le pouvoir entre deux règnes. Allusion à un épisode de l’histoire romaine.

Questions :

1. Formulez la thèse de ce texte et montrez comment elle est établie.

2.      a) En vous appuyant sur les exemples du texte, montrez pourquoi il serait insensé « de considérer comme étant « juste » tout ce qui figure dans les institutions et les lois des peuples».

b) Expliquez: « une Loi unique: Loi, qui est la juste raison dans ce qu’elle commande et
dans ce qu’elle défend ».

c) Expliquez: « si […] tout se doit mesurer à l’intérêt, […] il n’y a absolument plus de justice ».

3. La justice est-elle fondée sur la raison?

Posted in Actualité, Dissertation, enseignement, Etude de texte, LPO Pointe-Noire, Philo bac, philosophe, philosophie, Term. ES, Term. L, Term. S, Term. STI | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , | 1 Comment »

Essais d’épistémologie aristotélicienne

Posted by Hervé Moine sur 11 avril 2010

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne

Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

Robert Bolton, Science, dialectique et éthique, Essais d’épistémologie aristotélicienne
Préface, par Pierre Pellegrin

Peeters, collection Aristote. Traductions et Études

ISBN: 978-90-429-2213-6

IV-515 pages; 65 €

http://www.peeters-leuven.be/boekoverz.asp?nr=8634

Les quatorze articles traduits dans ce volume constituent la première présentation d’ensemble d’une œuvre importante dans le domaine de l’histoire de la philosophie ancienne. Ils s’étendent sur plus de vingt ans et portent tous sur ce que l’on pourrait appeler, au sens le plus large du terme, l’épistémologie aristotélicienne», en prenant «épistémologie» en son sens français et non au sens que ce terme a dans le monde universitaire anglophone. Les textes ont été rangés dans un ordre à la fois systématique et pédagogique, et non dans un ordre chronologique, parce que, malgré  d’inévitables changements de détails, les positions adoptées par Robert Bolton sont restées fondamentalement les mêmes. Il est remarquable que, alors que Bolton semblait isolé dans les années 1970-1980, ses thèses soient aujourd’hui au moins mieux comprises et même, sans doute, plus largement partagées.
Le mérite le plus immédiat de l’approche boltonienne d’Aristote, c’est de définir exactement la place de l’épistémologie aristotélicienne. Ce qui fournit un élément important pour en cerner la nature. Ce faisant Bolton applique à l’Aristotélisme lui-même l’un des traits qu’il a cru déceler dans la méthode d’Aristote : d’abord saisir un élément de l’essence de la chose que l’on veut connaître, comme premier pas vers la saisie de cette essence.

Posted in Les parutions | Tagué: , , , , | Leave a Comment »

Faites de la science, fête de la science…

Posted by Hervé Moine sur 11 novembre 2009

Du 16 au 22 novembre 2009

XVIIIème édition de la fête de la science

Aux origines de la vie et de l’univers : quelles révolutions ?

__________________________________________________________________________

Présentation de l’édition 2009 de la fête de la science

La 18ème édition de la fête de la science, organisée par le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, se déroule cette année du 16 au 22 novembre 2009.

La thématique de la 18ème édition : Aux origines de la vie et de l’univers : quelles évolutions, quelles révolutions ? commémore deux grands anniversaires : le 400ème anniversaire des premières observations faites avec une lunette astronomique par Galilée et le bicentenaire de la naissance de Charles Darwin.

C’est une bonne occasion de mettre en place des actions pédagogiques et des animations au Centre de Documentations et d’Informations des établissement scolaires, en collaboration avec les enseignants des disciplines scientifiques, techniques et philosophiques pour valoriser la culture scientifique et technique à l’école. La plupart des Centre de Documentations Pédagogiques proposent animations et conférences thématiques, mais également différents lieux dont il possible de trouver le programme sur le site de la fête de la science ».

C’est  une bonne occasion également, pour les parents d’élèves mais aussi pour le grand public de partir à la conquête des origines de l’univers et de la vie, et fêter ainsi la science. Être de son temps, n’est-ce pas s’intéresser à la science ?

Pour en savoir plus

  • Fête de la science site officiel avec le programmes des manifestations et la présentation des événements.
  • Sciences actualités espace de la cité des sciences proposant des dossiers scientifiques . Une mine de ressources.
  • Promouvoir la culture scientifique au CDI brève de Docs pour docs avec sélection de ressources pour le CDI.
  • Enseigner l’évolution avec les TICE Sur EducNet, dans le cadre de l’année Darwin, un Mini dossier publié en avril 2009 sélectionne des pistes pédagogiques pour enseigner et sensibiliser les élèves à la théorie de l’évolution des espèces. Disciplines concernées : SVT – Langues – Philosophie – Activités interdisciplinaires… D’autres entrées sont proposées : 009 : année Darwin, comment enseigner l’évolution ? outils et ressources.
  • 2009 Année mondiale de l’astronomie brève de Docs pour Docs proposant des ressources sur Galilée.

 

Posted in action, Actualité, Evénement | Tagué: , , , | 1 Comment »

Bac philo juin 2009 : Les sujets nationaux

Posted by Hervé Moine sur 18 juin 2009

Je viens de recevoir par mes collègues métropolitains, les sujets de l’épreuve de philosophie du baccalauréat sur les quels ont planché, aujourd’hui, les candidats de la France hexagonale. Aussi, je vous les soumets, avant d’aller chercher mon lot de copies à corriger. C’est la 20ème session de bac que je corrige : ça se fête !

Je n’ai pas les sujets des séries technologiques.

Hervé Moine

Série L

Sujet 1

Le langage trahit-il la pensée ?

Sujet 2

L’objectivité de l’histoire suppose-t-elle l’impartialité de l’historien ?

Sujet 3

Un extrait du «Monde comme volonté et comme représentation» de SCHOPENHAUER.

Il n’y a pas de satisfaction qui d’elle-même et comme de son propre mouvement vienne à nous ; il faut qu’elle soit la satisfaction d’un désir. Le désir, en effet, la privation, est la condition préliminaire de toute jouissance. Or avec la satisfaction cesse le désir et par conséquent la jouissance aussi. Donc la satisfaction, le contentement ne sauraient être qu’une délivrance à l’égard d’une douleur, d’un besoin ; sous ce nom, il ne faut pas entendre en effet seulement la souffrance effective, visible, mais toute espèce de désir qui, par son importunité, trouble notre repos, et même cet ennui qui tue, qui nous fait de l’existence un fardeau.

Or c’est une entreprise difficile d’obtenir, de conquérir un bien quelconque ; pas d’objet qui ne soit séparé de nous par des difficultés, des travaux sans fin ; sur la route, à chaque pas, surgissent des obstacles. Et la conquête une fois faite, l’objet atteint, qu’a-t-on gagné ? Rien assurément, que de s’être délivré de quelque souffrance, de quelque désir, d’être revenu à l’état où l’on se trouvait avant l’apparition de ce désir.

Le fait immédiat pour nous, c’est le besoin tout seul c’est-à-dire la douleur. Pour la satisfaction et la jouissance, nous ne pouvons les connaître qu’indirectement ; il nous faut faire appel au souvenir de la souffrance, de la privation passée, qu’elles ont chassées tout d’abord. Voilà pourquoi les biens, les avantages qui sont actuellement en notre possession, nous n’en avons pas une vraie conscience, nous ne les apprécions pas ; il nous semble qu’il n’en pouvait être autrement ; et, en effet, tout le bonheur qu’ils nous donnent, c’est d’écarter de nous certaines souffrances. Il faut les perdre pour en sentir le prix ; le manque, la privation, la douleur, voilà la chose positive, et qui sans intermédiaire s’offre à nous.

Série ES

Sujet 1

Que gagne-t-on à échanger ?

Sujet 2

Le développement technique transforme-t-il les hommes ?

Sujet 3

Un extrait d’ «Essai sur l’entendement humain» de John LOCKE

Quant à savoir s’il existe le moindre principe moral qui fasse l’accord de tous, j’en appelle à toute personne un tant soit peu versée dans l’histoire de l’humanité, qui ait jeté un regard plus loin que le bout de son nez. Où trouve-t-on cette vérité pratique universellement acceptée sans doute ni problème aucun, comme devrait l’être une vérité innée ? La justice et le respect des contrats semblent faire l’accord du plus grand nombre ; c’est un principe qui, pense-t-on, pénètre jusque dans les repaires de brigands, et dans les bandes des plus grands malfaiteurs ; et ceux qui sont allés le plus loin dans l’abandon de leur humanité respectent la fidélité et la justice entre eux.

Je reconnais que les hors-la-loi eux-mêmes les respectent entre eux ; mais ces règles ne sont pas respectées comme des lois de nature innées : elles sont appliquées comme des règles utiles dans leur communauté ; et on ne peut concevoir que celui qui agit correctement avec ses complices mais pille et assassine en même temps le premier honnête homme venu, embrasse la justice comme un principe pratique.

La justice et la vérité sont les liens élémentaires de toute société : même les hors-la-loi et les voleurs, qui ont par ailleurs rompu avec le monde, doivent donc garder entre eux la fidélité et les règles de l’équité, sans quoi ils ne pourraient rester ensemble. Mais qui soutiendrait que ceux qui vivent de fraude et de rapine ont des principes innés de vérité et de justice, qu’ils acceptent et reconnaissent ?

Série S

Sujet 1

Est-il absurde de désirer l’impossible ?

Sujet 2

Y a-t-il des questions auxquelles aucune science ne répond ?

Sujet 3

Un extrait de «De la démocratie en Amérique» de TOCQUEVILLE

Les affaires générales d’un pays n’occupent que les principaux citoyens. Ceux-là ne se rassemblent que de loin en loin dans les mêmes lieux ; et, comme il arrive souvent qu’ensuite ils se perdent de vue, il ne s’établit pas entre eux de liens durables. Mais quand il s’agit de faire régler les affaires particulières d’un canton par les hommes qui l’habitent, les mêmes individus sont toujours en contact, et ils sont en quelque sorte forcés de se connaître et de se complaire.

On tire difficilement un homme de lui-même pour l’intéresser à la destinée de tout l’État, parce qu’il comprend mal l’influence que la destinée de l’État peut exercer sur son sort. Mais faut-il faire passer un chemin au bout de son domaine, il verra d’un premier coup d’œil qu’il se rencontre un rapport entre cette petite affaire publique et ses plus grandes affaires privées, et il découvrira, sans qu’on le lui montre, le lien étroit qui unit ici l’intérêt particulier à l’intérêt général.

C’est donc en chargeant les citoyens de l’administration des petites affaires, bien plus qu’en leur livrant le gouvernement des grandes, qu’on les intéresse au bien public et qu’on leur fait voir le besoin qu’ils ont sans cesse les uns des autres pour le produire.

On peut, par une action d’éclat, captiver tout à coup la faveur d’un peuple ; mais, pour gagner l’amour et le respect de la population qui vous entoure, il faut une longue succession de petits services rendus, de bons offices obscurs, une habitude constante de bienveillance et une réputation bien établie de désintéressement. Les libertés locales, qui font qu’un grand nombre de citoyens mettent du prix à l’affection de leurs voisins et de leurs proches, ramènent donc sans cesse les hommes les uns vers les autres, en dépit des instincts qui les séparent, et les forcent à s’entraider.

Posted in Dissertation, Etude de texte, Philo bac, Sujet de dissertation, Sujet texte, Term. ES, Term. L, Term. S | Tagué: , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , , | Leave a Comment »