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Conférence. « Sciences, liberté et loisir : Platon et l’ANR »

Posted by Hervé Moine sur 21 janvier 2016

Le temps et la liberté sont-ils nécessaires voire spécifiques à l’activité scientifique ? et, si oui, pourquoi ?

Pour y réfléchir, il conviendra d’examiner la genèse de cette thèse chez Platon, dans la digression du Théétète, en la replaçant dans son contexte politique et philosophique, puis on se demandera si elle est, oui ou non, “périmée” à partir de divers épisodes de l’histoire des sciences jusqu’à notre époque. Tel est en résumé ce dont il sera question dans la conférence de Thomas Benatouïl intitulée « Science, liberté et loisir : Platon et l’ANR », dans le cadre d’une séance du séminaire de l’UFR Humanités, mardi 26 janvier, à 17h15, à la salle A3 363 à l’Université de Lille 3.

Thomas Benatouïl est professeur de philosophie à l’Université de Lille 3 (UFR Humanités / département Philosophie, laboratoire STL)

En savoir davantage sur Thomas Benatouïl : http://stl.recherche.univ-lille3.fr/sitespersonnels/benatouil/accueilbenatouil.html

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Herschel. Nouvelle fenêtre d’observation de l’univers et nouveau champs d’investigations sur notre origine

Posted by Hervé Moine sur 7 mars 2011

Atelier Simondon « Individuation et Technique »

Jeudi 15 mars 2011 : « La mécanologie du satellite Herschel »

Par l’astrophysicien Vincent Minier

Après l’intervention de Georges Chapoutier (CNRS) dans le cadre de l’atelier Simondon « Individuation et technique » mardi 15 février dernier qui nous interrogeait sur la question de savoir : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? » (Entre le grand philosophe Emmanuel Kant et les chimpanzés, un fossé infranchissable ?), c’est au tour de Vincent Minier, astrophysicien de son état de nous entretenir et « La mécanologie du satellite Herschel » et de nous faire part de ses travaux, jeudi 15 mars 2011.

La séance aura lieu de 19 à 21h, 45 rue d’Ulm, dans l’Amphithéâtre Rataud.

Voir le site de l’atelier Simondon : http://atelier-simondon.ens.fr/

Vincent Minier, astrophysicien
Vincent Minier, astrophysicien

Vincent Minier, l’importance de diffuser la culture des sciences et des techniques

Docteur en radio-astronomie et ingénieur en micro-électronique de l’Ecole polytechnique Chalmers en 2000 (Suède), Vincent Minier est astrophysicien au Commissariat à l’Energie Atomique Saclay (http://www.cea.fr/).

Après avoir étudié à l’Université de Nantes et à l’Institut d’astrophysique de Paris (UPMC), il devient Coopérant du service national et doctorant en Suède. Il séjourne deux ans à Sydney pour revenir en France en 2003, justement à Saclay, au célèbre Centre pluridiscisplinaire, où il est l’un des 5000 chercheurs.

Auteur de près d’une centaine d’articles et de communications scientifiques, l’expertise de Vincent Minier réside dans le domaine de la formation des étoiles, en particulier dans les signatures et la compréhension des mécanismes à l’oeuvre dans les phases de gestation des étoiles massives. Ses travaux actuels en astrophysique portent sur la formation des étoiles dans les nuages moléculaires géants, en particulier dans le cadre des programmes d’observation du télescope spatial Herschel en astronomie infrarouge. La recherche du meilleur site terrestre pour l’astronomie submillimétrique et le potentiel de l’Antarctique comme un site d’accueil d’un observatoire sont également ses champs d’investigation.

Enfin il mène des travaux de recherche en histoire et philosophie des sciences sur les grands instruments de l’astrophysique et sur leur contribution à la production de discours prometteurs sur origines de l’homme, de la planète, de l’univers.

En outre, Vincent Minier a un goût affirmé pour la diffusion de la culture scientifique et technique sur le Web : il est rédacteur en chef et concepteur du site Web dédié au télescope spatial Herschel, et intervient souvent à travers des conférences publiques. Pour s’en convaincre on consultera les liens de sites et média suivant dont notre chercheur est créateur ou rédacteur :

Télescope Herschel Credits: ESA 2002/Medialab

Télescope Herschel Credits: ESA 2002/Medialab

 

La technique n’est-elle qu’une application de la science ?

La technique ne peut-elle pas contribuer à l’investigation et l’élaboration de la science. Le cas du télescope Herschel.

Une science à l’âge de ses instruments d’observation et de mesure affirmait le philosophie épistémologue Gaston Bachelard. Les innovations technologiques peuvent en effet ouvrir sur d’autres mondes, changer l’échelle d’observation et aboutir à des crises scientifiques très fructueuses. De la lunette Galilée au télescope spatial Herschel que de chemins parcourus en astrophysique ! Herschel qui possède le plus grand miroir construit à ce jour pour l’astronomie spatiale est un télescope spatial Herschel doit son nom au physicien William Herschel (1738-1822), le savant à qui l’on doit la découverte de  l’infrarouge en 1800. Herschel, le plus grand télescope spatial pour l’astronomie dans l’infrarouge et le submillimétrique, a été lancé par Ariane, le 14 mai 2009. Un mois pile après son lancement, situé à plus d’un million de kilomètres de la Terre, il a porté son premier regard sur la galaxie Messier 51. Dès lors, ce télescope spatiale a ouvert une nouvelle fenêtre d’observation sur l’univers.

Désormais, il s’attaque aux mystères de la naissance des étoiles et de l’évolution de la vie des galaxies. Comment les galaxies se forment-elles et évoluent-elle dans la jeunesse de l’Univers ? Comment les étoiles se forment-elles et évoluent-elle en relation avec le milieu interstellaire des galaxies ? Herschel étudie également la chimie du milieu interstellaire des galaxies, des comètes et du système solaire. Comment la matière des galaxies est-elle recyclée ? Herschel observe cette interaction entre atomes, molécules et poussières à différentes échelles dans les galaxies proches, et dans le milieu interstellaire et à proximité des étoiles de notre galaxie. Quelle est l’origine des molécules essentielles à la vie telles que les acides aminés observés dans les météorites du Système Solaire ? Grâce à Herschel, il est possible d’étudier les signatures de nombreuses espèces chimiques, et ainsi déterminer la composition de l’environnement d’embryons stellaires à différents stades d’évolution, ce qui permettra de mieux comprendre l’évolution chimiques des régions de formation stellaire, en particulier celles de type solaire.

Pour en savoir davantage, il est possible d’écouter l’intervention de Vincent Minier, le 15 mars prochain ou bien de consulter le site de la Mission Herschel : http://www.herschel.fr/index.php

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Dela théorie des ensembles aux racines du numérique

Posted by Hervé Moine sur 3 mars 2011

Sciences et Société

Il était une fois la théorie des ensembles…

Par Patrick Dehornoy

17 mars 2011

IUT Charlemagne – Nancy

La prochaine conférence du cycle « Sciences et Société » organisé par l’IUT Nancy-Charlemagne, intitulée « Il était une fois la théorie des ensembles…  » aura lieu le jeudi 17 mars 2011 à 20h30, dans l’Amphi Botté de l’IUT Nancy-Charlemagne, 2 ter boulevard Charlemagne, Nancy. Le conférencier est Patrick Dehornoy,  professeur à l’Université de Caen, membre de l’Institut Universitaire de France et directeur adjoint de l’Institut National des Sciences Mathématiques et de leurs Interactions(CNRS).

Dans les années 1970, la théorie des ensembles a fait irruption dans l’enseignement des mathématiques, sans qu’on ait toujours une vue claire ni de l’origine de cet engouement, ni des principes scientifiques pouvant le justifier, ni tout simplement de ce qu’est la théorie des ensembles.

Cet exposé visera à remettre ces questions en perspective en dissipant quelques malentendus et en donnant une petite idée de ce qu’est vraiment la théorie des ensembles, y compris aujourd’hui, bien après que la mode en soit passée.

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Les inversions mentales de l’informatique, racines de la révolution numérique

Gérard Berry

jeudi 31 mars 2011

IUT Charlemagne – Nancy

La deuxième conférence intitulée « Les inversions mentales de l’informatique, racines de la révolution numérique » aura lieu le jeudi 31 mars 2011 à 20h30 dans l’Amphi Botté de l’IUT Nancy-Charlemagne, 2 ter boulevard Charlemagne Nancy. Le conférencier est Gérard Berry, ingénieur général des Mines en détachement à l’INRIA, professeur au Collège de France, chaire Informatique et sciences numériques 2009-2010 et au Collège de France, chaire d’Innovation technologique 2007-2000. Il est également membre de l’Académie des Sciences, de l’Académie des Technologies , et de l’Academia Europaea.

Dans les 50 dernières années, la science et la technologie informatique ont connu un suite d’évolutions majeures, qui ont provoqué des bouleversements considérables dans de nombreux pans de la société et dans la plupart autres sciences. Avec l’arrivée massive de réseaux rapides et ubiquitaires, de nouveaux types d’objets informatisés, et de nouvelles capacités de modélisation et de contrôle de phénomènes de plus en plus complexes, ce grand mouvement va encore s’accélérer et étendre son impact. Il produira de nombreux effets spectaculairement bénéfiques un peu partout, mais aussi des tensions et rejets de tous ordres, souvent liés au fait que la compréhension des phénomènes réels à l’œuvre et des enjeux associés reste trop peu répandue, même chez les ingénieurs et les scientifiques. Nous étudierons les causes intimes de tous ces bouleversements, et surtout les inversions mentales majeures que produit l’informatique dans de nombreux domaines, quelquefois à l’insu de leurs acteurs. Nous montrerons aussi les difficultés du sujet, en particulier les bugs qui en font intimement partie. Nous insisterons enfin sur ce qu’il est indispensable de faire pour que nous fassions encore partie des créateurs du monde numérique qui s’installe inexorablement.

Ce cycle de conférences est organisé par l’IUT Charlemagne, l’Institut Elie Cartan et la Fédération Charles Hermite avec le soutien de Nancy-Université et la région Lorraine.

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Dieu et la science ou Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?

Posted by Hervé Moine sur 23 février 2011

Stephen Hawking

et Leonard Mlodinow

Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?

Odile Jacob

 

Présentation de l’éditeur

Pourquoi et comment l’Univers a-t-il commencé ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ? Quelle est la nature de la réalité ? Comment expliquer que les lois naturelles soient aussi finement ajustées ? Et nous, pourquoi donc existons-nous ?

Longtemps réservées aux philosophes et aux théologiens, ces interrogations relèvent désormais aussi de la science. C’est ce que montrent ici avec brio et simplicité Stephen Hawking et Leonard Mlodinow, s’appuyant sur les découvertes et les théories les plus récentes, qui ébranlent nos croyances les plus anciennes.

Pour eux, inutile d’imaginer un plan, un dessein, un créateur derrière la nature. La science explique bel et bien à elle seule les mystères de l’Univers.

Des réponses nouvelles aux questions les plus élémentaires : lumineux et provocateur !

Le premier ouvrage important de Stephen Hawking depuis dix ans.

Stephen Hawking a écrit Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ? avec Leonard Mlodinow qui est physicien au California Institute of Technology.

 

Au sommaire de Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?

– Le Mystère de l’existence

– Le règne de la loi

– Qu’est-ce que la réalité ?

– Des histoires alternatives

– La théorie du Tout

– Choisissons notre Univers

– Le miracle apparent

– Le grand Dessein

    L’auteur

    Fils du Dr Frank Hawking, un chercheur biologiste, et d’Isobel Hawking, une activiste politique, Stephen Hawking est né le 8 janvier 1942.

    Stephen Hawking est actuellement professeur à l’Université de Cambridge.

    Il est l’auteur d’ « Une brève histoire du temps« , de « Trous noirs et Bébés univers » et de « l’Univers dans une coquille de noix« .

    Les principaux domaines de recherches de Hawking sont la cosmologie et la gravité quantique.

    « À la fin des années 1960, lui et son ami et collègue de Cambridge, Roger Penrose, ont appliqué un nouveau modèle mathématique complexe, qu’ils ont créé à partir de la théorie d’Albert Einstein sur la relativité générale. Cela a conduit Hawking à prouver en 1970 le premier de nombreux théorèmes sur les singularités ; tels les théorèmes capables de fournir un ensemble de conditions suffisantes à l’existence d’une singularité dans l’espace-temps. Ce travail a montré que, loin d’être une curiosité mathématique qui ne figure que dans des cas particuliers, les singularités sont assez génériques dans la relativité générale. » source wikipedia

    Se procurer l’ouvrage de Stephen Hawking et de Leonard Mlodinow Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?

     

    Dieu et la science

    Article de Christian Doré à propos de la sortie du livre de Stephen Hawking Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ? paru dans le Figaro le 18 février 2011

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/02/19/01008-20110219ARTFIG00010-dieu-et-la-science.php

    Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers ? Non, répond le célèbre astrophysicien Stephen Hawking dans un livre événement (Odile Jacob) dont Le Figaro Magazine publie des extraits en exclusivité. Une théorie très contestée. Scientifiques, philosophes et croyants lui répondent.

    Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien?» La question du philosophe et mathématicien Gottfried Wilhelm Leibniz fera l’actualité dès jeudi prochain avec la sortie en France du dernier livre de l’astrophysicien Stephen Hawking, Y a-t-il un grand architecte dans l’Univers? (Odile Jacob).

    Ce retour sur le devant de la scène d’une interrogation métaphysique remontant au XVIIe siècle peut paraître surprenant. Au-delà d’élever le débat face à nos tracasseries quotidiennes, la fin des soldes ou le casting de la saison 2 de «Masterchef» (TF1), la question s’inscrit dans une tendance qui se fait jour dans la communauté scientifique.

    Stephen Hawking a aujourd’hui une double conviction. Les chercheurs doivent non seulement répondre à la question «Comment l’Univers évolue?» mais aussi à celle-ci: «Pourquoi il y a un Univers?» Il n’est pas le seul à penser ainsi.

    Le pacte qui voulait que les sciences répondent au «comment», laissant les religions régler le problème du «pourquoi», n’aurait plus de raison d’être tant la recherche se frotte aujourd’hui à l’essence même de notre monde. La frontière longtemps respectée est en train de céder en laissant sur le bas-côté les philosophes. Dès le deuxième paragraphe de son introduction, Stephen Hawking leur règle leur compte: «La philosophie est morte, faute d’avoir réussi à suivre les développements de la science moderne, en particulier de la physique»… «Donc… Ça c’est fait!» diraient des ados. Mais le célèbre astrophysicien britannique qui occupe à Cambridge la chaire historique d’Isaac Newton n’en reste pas là. «C’est à la question ultime de la vie, de l’Univers et de Tout, à laquelle nous essaierons de répondre dans cet ouvrage», résume-t-il. On se doutait qu’Hawking n’avait pas pris la plume pour expliciter l’art difficile de trier son linge avant lavage, mais l’entreprise est pour le moins ambitieuse.

    Lors de sa parution dans sa version anglaise (The Grand Design), l’ouvrage a provoqué une levée de boucliers impressionnante. Archevêques anglicans et grand rabbin, évêque catholique ou imam, mais aussi athées intègres lui sont tombés dessus à propos raccourcis. «La physique ne peut pas répondre à elle seule à la question « Pourquoi il y a quelque chose plutôt que rien »», reprochent certains au cosmologiste cloué par une maladie dégénérative dans un fauteuil roulant depuis ses années universitaires. «Le discours métaphysique vers lequel glisse Hawking n’est pas sérieusement étayé», critiquent d’autres.

    Ses collègues astrophysiciens ne l’épargnent pas non plus. Selon eux, Hawking n’apporte pas de choses nouvelles par rapport à l’un des plus grands succès de la littérature scientifique, Une brève histoire du temps, ouvrage de vulgarisation qu’il a publié en 1989. Voire, il se contredit.

    Il n’empêche, en donnant une réponse intellectuellement séduisante à la création du monde, le livre de Stephen Hawking trouve une résonance toute particulière sur cette éternelle question qui oppose Dieu et les sciences. Selon lui, l’Univers – ou plutôt les Univers – n’ont pas besoin de créateur puisque les lois de la gravitation et celles de la physique quantique fournissent un modèle d’Univers qui se créent eux-mêmes. Cette théorie, appelée M-Théorie, présente tout de même un défaut majeur : elle reste à prouver, ce que reconnaît Stephen Hawking. Autre nuance: elle n’est pas la seule théorie aujourd’hui défendue par les cosmologistes sérieux.

    Dans son Discours sur l’origine de l’Univers (Flammarion), le physicien Etienne Klein rappelle que, à bien les examiner, «les perspectives que nous offre la cosmologie contemporaine sont plus vertigineuses que ce que nous avons imaginé». Il raconte aussi cette anecdote selon laquelle le pape Jean-Paul II, en recevant Stephen Hawking au Vatican, lui aurait déclaré: «Nous sommes bien d’accord, monsieur l’astrophysicien. Ce qu’il y a après le big bang c’est pour vous, et ce qu’il y a avant, c’est pour nous.» C’était sans doute oublier que la curiosité des hommes est sans limite. Dieu n’est dorénavant plus tabou chez les scientifiques, qu’il s’agisse de l’effacer des possibles ou de prouver son existence. Jean Staune est un grand défenseur de ce débat. Ce catholique, professeur et directeur de la collection «Science et religion» des Presses de la Renaissance, a le sens du slogan et affirme que «Dieu revient très fort!» Loin de tuer l’idée d’un dieu, les sciences modernes et les questions qu’elles soulèvent se confrontent de plus en plus à l’hypothèse d’un grand créateur, affirme-t-il. S’il n’adhère pas aux conclusions de Stephen Hawking, il respecte la démarche du savant.

    Les frères Bogdanov, auteurs du best-seller Le Visage de Dieu, surfent aussi sur cette thématique. Le titre de leur ouvrage, inspiré d’un mot de l’astrophysicien George Smoot (prix Nobel) lorsqu’il découvrit les premières images du fond de l’Univers, est explicite. Ces croyants affirment déceler, dans le rayonnement cosmique et le réglage fin de l’Univers, l’existence d’un créateur. Pour son second volet, cette théorie est en partie empruntée à l’astrophysicien américain Trinh Xuan Thuan. Bouddhiste, il défend l’idée d’un principe créateur se manifestant dans les lois physiques de la nature. Cette vision panthéiste est proche de celle de Spinoza ou d’Einstein. «Je crois au Dieu de Spinoza, qui se révèle dans l’ordre harmonieux de ce qui existe, et non en un dieu qui se préoccupe du sort et des actions des êtres humains», écrivait ce dernier en avril 1929 au rabbin Herbert Goldstein de New York.

    Dans les propos, nous voilà bien loin des principes du père du déterminisme scientifique, Laplace. Celui-ci répondit à Napoléon, qui l’interrogeait sur la question de Dieu et de l’Univers: «Sire, je n’ai pas besoin de cette hypothèse.» S’interdisant de s’interdire, des scientifiques du XXIe siècle lui répondent aujourd’hui: une hypothèse plutôt que rien. Stephen Hawking en fait partie.

    Se procurer l’ouvrage de Stephen Hawking et de Leonard Mlodinow Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?

    Extraits de Stephen Hawking et de Leonard Mlodinow Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?

     

    L’Univers n’a pas besoin de Dieu pour exister

    Extraits choisis par Christophe Doré, article paru dans le Figaro le 18 février 2011

    http://www.lefigaro.fr/sciences/2011/02/19/01008-20110219ARTFIG00001-l-univers-n-a-pas-besoin-de-dieu-pour-exister.php

    Stephen Hawking défend l’idée d’une théorie justifiant une création spontanée de l’Univers.

    Nous ne vivons chacun que pendant un bref laps de temps au cours duquel nous ne visitons qu’une infime partie de l’Univers. Mais la curiosité, qui est le propre de l’homme, nous pousse à sans cesse nous interroger, en quête permanente de réponses. Prisonniers de ce vaste monde tour à tour accueillant ou cruel, les hommes se sont toujours tournés vers les cieux pour poser quantité de questions : comment comprendre le monde dans lequel nous vivons? Comment se comporte l’Univers ? Quelle est la nature de la réalité? D’où venons-nous? L’Univers a-t-il eu besoin d’un créateur? Même si ces questions ne nous taraudent pas en permanence, elles viennent hanter chacun d’entre nous à un moment ou un autre.

    Ces questions sont traditionnellement du ressort de la philosophie. Mais la philosophie est morte, faute d’avoir réussi à suivre les développements de la science moderne, en particulier de la physique. Ce sont les scientifiques qui ont repris le flambeau dans notre quête du savoir. Cet ouvrage a pour but de présenter les réponses que nous suggèrent leurs découvertes récentes et leurs avancées théoriques. L’image qu’elles nous dessinent de l’Univers et de notre place dans ce dernier a radicalement changé ces dix ou vingt dernières années, même si ses premières esquisses remontent à près d’un siècle.

    Dans la conception classique de l’Univers, les objets se déplacent selon une évolution et des trajectoires bien définies si bien que l’on peut, à chaque instant, spécifier avec précision leur position. Même si cette conception suffit pour nos besoins courants, on a découvert, dans les années 1920, que cette image «classique» ne permettait pas de rendre compte des comportements en apparence étranges qu’on pouvait observer à l’échelle atomique ou subatomique. Il était donc nécessaire d’adopter un cadre nouveau: la physique quantique. Les prédictions des théories quantiques se sont révélées remarquablement exactes à ces échelles, tout en permettant de retrouver les anciennes théories classiques à l’échelle du monde macroscopique usuel. Pourtant, les physiques quantique et classique reposent sur des conceptions radicalement différentes de la réalité physique.

    Le libre arbitre

    C’est à Laplace (1749-1827) que l’on attribue le plus souvent la préformulation claire du déterminisme scientifique : si l’on connaît l’état de l’Univers à un instant donné, alors son futur et son passé sont entièrement déterminés par les lois physiques. Cela exclut toute possibilité de miracle ou d’intervention divine. C’est, en fait, le fondement de toute la science moderne et l’un des principes essentiels qui sous-tendent cet ouvrage. Une loi scientifique n’en est pas une si elle vaut seulement en l’absence d’une intervention divine. On rapporte que Napoléon, ayant demandé à Laplace quelle était la place de Dieu dans son schéma du monde, reçut cette réponse: «Sire, je n’ai pas besoin de cette hypothèse.»

    Les hommes vivant dans l’Univers et interagissant avec les autres objets qui s’y trouvent, le déterminisme scientifique doit également s’appliquer à eux. Nombreux sont cependant ceux qui, tout en admettant que le déterminisme scientifique régit les processus physiques, voudraient faire une exception pour le comportement humain en raison de l’existence supposée du libre arbitre. Ainsi Descartes, afin de préserver ce libre arbitre, affirmait-il que l’esprit humain différait du monde physique et n’obéissait pas à ses lois. Selon lui, toute personne était composée de deux ingrédients, un corps et une âme. Tandis que les corps n’étaient rien d’autre que des machines ordinaires, les âmes échappaient, elles, à la loi scientifique. Descartes, féru d’anatomie et de physiologie, tenait un petit organe situé au centre du cerveau, la glande pinéale, pour le siège de l’âme. Selon lui, toutes nos pensées prenaient naissance dans cette glande qui était la source de notre libre arbitre.

    Les hommes possèdent-ils un libre arbitre ? Si c’est le cas, à quel moment est-il apparu dans l’arbre de l’évolution? Les algues vertes ou les bactéries en possèdent-elles ou bien leur comportement est-il automatique, entièrement gouverné par les lois scientifiques ? Ce libre arbitre est-il l’apanage des seuls organismes multicellulaires ou bien des seuls mammifères? On peut croire que le chimpanzé fait preuve de libre arbitre lorsqu’il choisit d’attraper une banane, ou encore le chat quand il lacère votre divan, mais qu’en est-il du ver nématode Caenorhabditis elegans, créature rudimentaire composée de 959 cellules ? (…)

    Bien que nous pensions décider de nos actions, notre connaissance des fondements moléculaires de la biologie nous montre que les processus biologiques sont également gouvernés par les lois de la physique et de la chimie, et qu’ils sont par conséquent aussi déterminés que les orbites des planètes. Des expériences menées récemment en neurosciences viennent nous conforter dans l’idée que c’est bien notre cerveau physique qui détermine nos actions en se conformant aux lois scientifiques connues, et non quelque mystérieuse instance qui serait capable de s’en affranchir. Une étude réalisée sur des patients opérés du cerveau en restant conscients a ainsi pu montrer qu’on peut susciter chez ceux-ci le désir de bouger une main, un bras ou un pied, ou encore celui de remuer les lèvres et de parler. Il est difficile d’imaginer quel peut être notre libre arbitre si notre comportement est déterminé par les lois physiques. Il semble donc que nous ne soyons que des machines biologiques et que notre libre arbitre ne soit qu’une illusion.

    La théorie ultime du Tout

    On peut formuler les théories quantiques de bien des façons, mais celui qui en a donné la description la plus intuitive est sans doute Richard (Dick) Feynman, personnage haut en couleur qui travaillait au California Institute of Technology le jour et jouait du bongo dans une boîte à strip-tease la nuit. D’après lui, un système n’a pas une histoire unique, mais toutes les histoires possibles. Pour tenter de répondre aux questions formulées plus haut, nous expliciterons l’approche de Feynman et nous l’utiliserons afin d’explorer l’idée selon laquelle l’Univers lui-même n’a pas une seule et unique histoire ni même une existence indépendante. Elle peut sembler radicale même pour nombre de physiciens et, de fait, elle va, comme beaucoup de notions courantes aujourd’hui en science, à l’encontre du sens commun. (…)

    On dispose aujourd’hui d’une prétendante au titre de théorie ultime du Tout, si elle existe. Baptisée «M-Théorie», elle peut apporter des réponses à la question de la création. Pour elle, non seulement notre Univers n’est pas unique, mais de nombreux autres ont été créés à partir du néant, sans que leur création ne requière l’intervention d’un être surnaturel ou divin. Ces Univers multiples dérivent de façon naturelle des lois de la physique. Ils représentent une prédiction scientifique. Chaque Univers a de nombreuses histoires possibles et peut occuper un grand nombre d’états différents longtemps après sa création, même aujourd’hui. Cependant, la majorité de ces états ne ressemblent en rien à l’Univers que nous connaissons et ne peuvent contenir de forme de vie. Seule une poignée d’entre eux permettraient à des créatures semblables à nous d’exister. Ainsi, notre simple présence sélectionne dans tout l’éventail de ces Univers seulement ceux qui sont compatibles avec notre existence. Malgré notre taille ridicule et notre insignifiance à l’échelle du cosmos, voilà qui fait de nous en quelque sorte les seigneurs de la création.

    L’origine des temps

    La question de l’origine des temps est en quelque sorte analogue à celle du bord du monde. A l’époque où on pensait que le monde était plat, certains ont dû se demander si la mer tombait en arrivant au bord. L’expérience a permis de répondre à cette question: il était possible de faire le tour du monde sans tomber. La question du bord du monde a en réalité été résolue lorsqu’on a compris que la Terre n’était pas une assiette plate, mais une surface courbée. Le temps, en revanche, nous apparaissait comme une voie de chemin de fer. Si commencement il y avait, il avait bien fallu quelqu’un (autrement dit Dieu) pour lancer les trains. Même après que la relativité générale eut unifié temps et espace en une seule entité appelée espace-temps, le temps continuait de se distinguer de l’espace : soit il avait un commencement, soit il existait depuis toujours. En revanche, dès qu’on incorpore les effets quantiques dans la théorie relativiste, dans certains cas extrêmes la courbure peut être si intense qu’elle amène le temps à se comporter comme une dimension supplémentaire d’espace.

    Dans l’Univers primordial si concentré qu’il était régi à la fois par la relativité générale et la physique quantique coexistaient effectivement quatre dimensions d’espace et aucune de temps. Cela signifie que, lorsque nous parlons de « commencement » de l’Univers, nous éludons habilement un subtil problème: aux premiers instants de l’Univers, le temps tel que nous le connaissons n’existait pas! De fait, nous devons admettre que notre conception familière de l’espace et du temps ne s’applique pas à l’Univers primordial. Cela échappe peut-être à notre entendement ordinaire, mais pas à notre imagination ni à nos mathématiques. Pour autant, si les quatre dimensions se comportent dans cet Univers naissant comme des dimensions d’espace, qu’advient-il du commencement des temps? (…) Lorsqu’on combine relativité générale et physique quantique, la question de ce qu’il y avait avant le commencement de l’Univers perd tout sens. Ce concept consistant à voir les histoires possibles comme des surfaces fermées sans frontière porte le nom de condition sans bord.

    Au cours des siècles, nombreux ont été ceux qui, tel Aristote, ont cru que l’Univers était présent depuis toujours, évitant ainsi d’affronter l’écueil de sa création. D’autres au contraire ont imaginé qu’il avait eu un commencement, utilisant cet argument pour prouver l’existence de Dieu. Comprendre que le temps se comporte comme l’espace permet de proposer une version alternative. Celle-ci, écartant l’objection éculée qui s’oppose à tout commencement de l’Univers, s’en remet aux lois de la physique pour expliquer cette création sans recourir à une quelconque divinité.

    Extraits choisis par Christophe Doré, du Figaro

    Se procurer l’ouvrage de Stephen Hawking et de Leonard Mlodinow Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ?


    Un peu de lecture sur Dieu et la Science

    On ne peut pas ne pas remarquer la multiplicité des ouvrages sur la question du débat entre Dieu et la Science aujourd’hui. L’ouvrage de Stephen Hawking et de Leonard Mlodinow Y a-t-il un grand architecte dans l’univers ? nous donne justement d’évoquer les publications sur le sujet. Nous ne citerons que quelques ouvrages parmi bien d’autres. Nous commencerons par le plus ancien, celui de le l’échange entre Jean Guitton et les frères Bogdanov dans Dieu et la science (1991) réédité en format de poche en 2004, les frères Bogdanov ayant dernièrement en 2010 publié un Visage de Dieu. On évoquera un dialogue entre la science et la religion au sujet du créationnisme et du matérialisme que l’on retrouve dans un ouvrage de Bertrand Souchard et de Jean-Michel Maldamé paru également en 2010 Dieu et la science en questions, et, la même année, toujours ce même thème un ouvrage de la philosophe Véronique Le Ru La Science et Dieu La science et Dieu. Enfin dans un échange dans lequel se livrent un philosophe athée André Comte Sponville, un scientifique matérialiste Guillaume Lecointre et un théologien jésuite François Euvé sur la question de Dieu et la science (2011). Cette liste d’ouvrage est loin d’être exhaustive.

    Jean Guitton

    Grichka Bogdanov

    Igor Bogdanov

    Dieu et la science

    Grasset

    Présentation de l’éditeur

    A-t-on le droit, à la fin du XXe siècle, de penser ensemble Dieu et la science ? De dépasser le vieux conflit entre le croyant – pour qui Dieu n’est ni démontrable, ni calculable – et le savant – pour qui Dieu n’est même pas une hypothèse de travail ?

    Tel est, en tout cas, l’enjeu de ce livre qui, de ce fait, s’autorise d’une évidence : aujourd’hui, la science pose des questions qui, jusqu’à une date récente, n’appartenaient qu’à la théologie ou à la métaphysique.

    D’où vient l’univers ? Qu’est-ce que le réel ? Quels sont les rapports entre la conscience et la matière ? Pourquoi y a-t-il quelque chose plutôt que rien ?

    De ce fait, tout se passe comme si l’immatérialité même d’une transcendance devenait l’un des objets possibles de la physique. Comme si les mystères de la nature relevaient, également, d’un acte de foi. Jean Guitton, Igor et Grichka Bogdanov ont ainsi voulu transformer l’ancien conflit du croyant et du savant en un débat essentiel.

    A travers l’échange de leurs arguments, de leurs interrogations, c’est bien de l’homme et de sa place dans l’univers qu’il est ici question.

    Se procurer l’ouvrage de Jean Guitton Dieu et la science

     

     

    Bertrand Souchard

    Jean-Michel Maldamé

    Dieu et la science en questions

    Ni créationnisme ni matérialisme

    Presses de la Renaissance

    Présentation de l’éditeur

    La science peut-elle tout expliquer ? Le big bang, est-ce la création ? L’animal a-t-il une conscience? La violence potentielle de l’homme. est-elle exacerbée par la religion? Pourquoi faudrait-il être contre le clonage humain ? Dans un langage accessible à tous, Bertrand Souchard, philosophe et théologien, répond avec précision et pédagogie à 28 questions fondamentales sur Dieu, la science et la nature, les classant selon cinq grands thèmes: La nature physique : la création et l’univers; La nature vivante : Dieu et Darwin ; La connaissance de la nature: la foi et la science; La nature de l’homme: image de Dieu et descendant du singe; La nature du bien humain: l’éthique et la technique. La science, la théologie et la philosophie ont leur autonomie et leur légitimité propres dans l’explication du réel et du sens de la vie. L’auteur a pris soin d’éviter la confusion des genres et de respecter la spécificité de chacune tout en engageant un dialogue passionnant et passionné entre les trois, aussi éloigné du créationnisme que du matérialisme. Fruit de longues années d’études approfondies et de recherches validées par une dizaine de scientifiques et philosophes, cet ouvrage de fond est une somme objective et claire, essentielle au dialogue entre la science et la religion.

    Bertrand Souchard

    Bertrand Souchard, né en 1965, est docteur en philosophie et maître en théologie. Professeur de philosophie au lycée Ampère et à l’Université catholique de Lyon, chargé de cours de philosophie de la nature, il est notamment l’auteur d’Aristote, de la physique à la métaphysique (Editions universitaires de Dijon, 2003) et de 42 questions sur Dieu (Salvator, 2007).

    Se procurer l’ouvrage de Bertrand Souchard Dieu et la science en questions

     

    Igor et Grichka Bogdanov

    Robert W. Wilson

    Le visage de Dieu

     

    Présentation de l’éditeur

    Le « visage de Dieu » ? C’est l’expression qu’utilisa l’astrophysicien Georges Smoot (prix Nobel 2006) lorsque le 23 avril 1992, il réussit, grâce au satellite COBE, à prendre des photos de la naissance de l’univers tel qu’il émergeait des ténèbres cosmiques tout juste 380 000 ans après le Big Bang.

    Depuis, cette expression a fait le tour du monde, déclenché la fureur des scientifiques, et bouleversé les croyants. Mais, par delà ces quelques mots, quel est le fabuleux secret qui se cache derrière le « bébé univers » ? Pourquoi Smoot y a-t-il vu le « Visage de Dieu » ?

    Ce livre – nourri des formidable attentes suscitées par le nouveau satellite Planck lancé le 14 mai 2009 – s’approche, comme jamais, de ce mystère suprême : l’instant même de la Création.

    Trois des héros de cette fantastique aventure – Jim Peebles (prix Craaford d’Astronomie 2005), Robert W. Wilson (Prix Nobel 1978) et John Matters (Prix Nobel 2006) – ont postfacé cet ouvrage au fil duquel on s’avisera que la science, parfois, se confond avec la plus haute spiritualité.

    Se procurer l’ouvrage des frères Bogdanov Le visage de Dieu

     

     

     

     

    André Comte-Sponville

    François Euvé

    Guillaume Lecointre

    Dieu et la science (février 2011)

    Les Presses de l’ENSTA

     

    Présentation de l’éditeur

     » Qu’est-ce que la vie ? « 

     » Qu’est-ce que l’homme ? « 

     » D’où vient l’univers ? « 

    Il est longtemps allé de soi que ces questions, purement métaphysiques, relevaient de la religion. Mais la science ne cesse de repousser les limites du mystère… Certains y voient la preuve que Dieu n’existe pas – ou qu’au contraire, il se cache derrière les équations. Quelles questions est-on fondé à poser à la science ? Quelles interrogations ne concernent que la religion ? Quelles portes peut-on ouvrir entre les deux sans les dénaturer ?

    Plus qu’à un échange de points de vue, c’est à une mise au point nécessaire que se livrent ici un philosophe athée, un scientifique matérialiste et un théologien jésuite.

    Les auteurs

    André Comte-Sponville est philosophe.

    François Euvé est prêtre jésuite et théologien au Centre Sèvres.

    Guillaume Lecointre est systématicien au Muséum national d’Histoire naturelle.

    Se procurer l’ouvrage d’André Comte-Sponville Dieu et la science

     

    Véronique Le Ru

    La science et Dieu

    Entre croire et savoir (octobre 2010)

    Vuibert ADAPT-SNES

    Présentation de l’éditeur

    Pourquoi s’intéresser aujourd’hui au problème de la science et de Dieu ? Pourquoi revenir au moment où les savants ont remplacé la question traditionnelle des causes filiales – pourquoi tel phénomène ? – par la question des causes efficientes : comment se produit tel phénomène ? La nature est  » objective  » et non pas projective  » ; et c’est objectivement que la science doit enquêter. Tel est l’énoncé du postulat d’objectivité. Formulé par Galilée et Descartes au XVIIe siècle, il a libéré la science du joug de la théologie et de la religion.

    Si l’on considère l’ampleur du mouvement créationniste qui veut actuellement s’immiscer dans l’enseignement des sciences autant que dans la théorie et la pratique scientifiques, il est important de rappeler que la science d’un côté et, de l’autre, le domaine de la foi et de l’idéologie, ont des droits séparés.

    Revenir au moment de la formulation du postulat d’objectivité pour enquêter sur la manière dont la science s’est construite par l’affirmation de son autonomie et de son indépendance à l’égard de toute référence à Dieu, c’est là un moyen utile pour contrecarrer toute tentative de brouiller les cartes entre croire et savoir.

    L’auteur

    Ancienne élève de l’Ecole normale supérieure de Saint-Cloud, agrégée de philosophie, Véronique le Ru est maître de conférence habilitée en philosophie à l’Université de Reims.

    Elle est déjà l’auteur de plusieurs ouvrages publiés aux éditions du CNRS ainsi que chez Vrin, Vuibert et Larousse. Dans la collection GF-Flammarion « , elle a procuré l’édition critique du Philosophe ignorant de Voltaire.

    Se procurer l’ouvrage de Véronique Le Ru La science et Dieu


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    Conférence des archives Poincaré

    Posted by Hervé Moine sur 14 février 2011

    Dans la continuité et la complémentarité du colloque qui s’est déroulé à Nancy les 27 et 28 janvier derniers « écrire l’histoire des espaces géométrique, une approche biographique« , une grande Conférence des Archives H. Poincaré aura lieu mercredi 16 février, de 17h00 à 19h00, dans la Salle Internationale de la Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine (91 avenue de la Libération, Nancy, 3e étage, salle 324), conférence dont les intervenants seront Laurent Rollet et Philippe Nabonnand (LHSP – Archives Poincaré), conférence intitulée :

    Pourquoi un dictionnaire biographique

    de la Faculté des Sciences de Nancy?

    Résumé :

    Depuis les années 1980, plusieurs dictionnaires biographiques ont été consacrés à la population universitaire. Dans le domaine scientifique, ceux-ci se sont surtout concentrés sur les institutions d’élite (Sorbonne, Collège de France, etc.) et sur les titulaires de chaires, laissant dans l’ombre une vaste population imparfaitement connue: maîtres de conférences, répétiteurs, chefs de travaux, préparateurs, etc. Pourtant, ces «seconds-rôles», ces «seconds-couteaux» «les autres» pour aller vite – ont joué un rôle extrêmement important dans le fonctionnement de ces institutions, aussi bien du point de vue pédagogique que du point de vue scientifique.

    Pour les universités de province, et notamment pour les facultés des sciences, un important travail reste à faire. C’est sur la base de ce constat que s’est constitué en 2008 le projet d’un dictionnaire biographique des enseignants de la Faculté des sciences de Nancy pour la période 1854-1918.

    L’histoire de la Faculté des sciences de Nancy montre que celle-ci a largement bénéficié d’apports d’enseignants issus de l’enseignement secondaire ou de l’industrie privée… A titre d’illustration, entre 1854 et 1918 la population des professeurs de la faculté représente au maximum une trentaine de personnes, toutes chaires confondues, alors que la population des enseignants représente plus de 150 personnes. Comment ces enseignants étaient-ils recrutés? Quels étaient leurs profils de carrière? Quelles étaient leurs modes d’intervention au sein de l’université? Quelles relations entretenaient-ils avec le monde de la recherche? Peut-on reconstruire la nature et les contenus de leurs enseignements? Autant de questions qui appellent une étude précise, à la frontière de la sociologie et de l’histoire des sciences.

    L’étude du pôle scientifique nancéien permet par ailleurs de relativiser l’idée communément admise selon laquelle les universités de province ont constitué des lieux de passages pour des savants de premier ordre attirés irrémédiablement vers Paris. Nancy a certes été un lieu de passage pour certains savants de premier plan (Hervé Faye, Elie Cartan, Victor Grignard, Edmond Rothé). Mais réduire l’histoire de la faculté à ces quelques noms serait un non-sens historique : Nancy a également été un lieu d’épanouissement scientifique et intellectuel pour un grand nombre de savants qui n’ont manifestement pas vécu leur carrière comme un échec ou un exil (citons Gaston Floquet, Lucien Cunéot, Jules Molk, etc.) ; de plus la forte présence de chargés de cours intervenant à la Faculté des sciences inciterait à dépasser la simple opposition Paris / Province, cette population n’analysant probablement pas sa carrière suivant un tel schéma.

    Cette intervention proposera une présentation générale de ce projet collectif. Après avoir exposé les choix méthodologiques qui structurent le projet (définition de la population, choix de la période temporelle, types de sources mobilisées, modalités de rédaction des notices, etc.) nous montrerons comment un tel projet apporte des éclairages nouveaux, aussi bien sur l’histoire institutionnelle, que sur l’histoire de l’enseignement ou l’histoire des sciences, ne serait-ce qu’en faisant apparaître de nouveaux lieux, de nouvelles sources et de nouveaux acteurs. Plus particulièrement, nous attacherons à montrer que pour une discipline donnée – les mathématiques – ce projet peut produire des effets de connaissance sur les relations Paris-Province, sur la circulation des hommes et des idées et sur les stratégies de carrière des individus.

    Les Grandes conférences de l’année universitaire 2010-2011 portent sur le thème de l’épistémologie sociale.

    Les Grandes conférences sont organisées par :

    • Archives Henri Poincaré (UMR 7117)
    • Département de Philosophie de l’Université Nancy 2
    •  Colloque permanent transfrontalier Nancy-Saarbrücken
    • MSH Lorraine (USR 3261)

    Le programme mis à jour : http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=5293

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    Entre le grand philosophe Emmanuel Kant et les chimpanzés, un fossé infranchissable ?

    Posted by Hervé Moine sur 7 février 2011

    Séminaire Individuation et technique

    Mardi 15 février 2011

    Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord

    Georges Chapouthier

    Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ?

    La prochaine séance du séminaire « Individuation et technique » aura lieu le mardi 15/2 de 17h à 19h30 à la Maison des Sciences de l’Homme de Paris-Nord, 4 rue de la Croix-Faron (RER B station La Plaine-Stade de France). Nous aurons le plaisir d’accueillir le neurobiologiste Georges Chapouthier.

    L’auteur de L’homme, l’animal et la machine et de Kant et le chimpanzé : Essai sur l’être humain, la morale et l’art interviendra sur le thème : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ?«  Son intervention aura lieu dans la Salle A, et sera suivie d’un débat.

    Rappel sur le séminaire

    Le séminaire « Individuation et Technique » résulte du couplage des activités de l’atelier avec le nouveau séminaire organisé par Jean-Hugues Barthélémy dans lecadre de la Maison des Sciences de l’Homme Paris Nord, où il prolonge ses précédentes recherches sur « L’Encyclopédisme génétique de Gilbert Simondon ». Il accueille des conférences relatives à quelques chantiers théoriques ouverts par l’œuvre simondonienne :

    1. Comment penser la dérivation de la culture à partir de la nature en accord avec les récents progrès de l’éthologie ? Autrement dit, comment penser la dérivation de la culture comme sphère du sens à partir de la nature, à l’heure où l’éthologie vient bousculer les derniers îlots de résistance des philosophes du « propre de l’homme » ?
    2. Peut-on mettre en relation la pensée du vivant chez Simondon avec les dernières avancées théoriques de la biologie française ? Autrement dit, L’individuation est-elle la thématique où doit se construire cette articulation de l’homme au vivant ? Quelle est d’autre part la nature exacte du lien entre la pensée simondonienne du vivant (présence de processus internes de mort comme conditions de l’individuation vitale, mais aussi critique de la conception de l’information comme message) et les dernières avancées théoriques de la biologie française (Ameisen, Kupiec) ?
    3. Quel statut reçoit la technique au sein de ce devenir culturel de la nature ? Faut-il en faire (peut-être par-delà Simondon autant que grâce à lui) une condition générale, et définir différents régimes de technicité en fonction des différentes « phases de la culture » (science, art, etc) ?

    En outre, les travaux du séminaire ont vocation à alimenter les Cahiers Simondon que dirige Barthélémy.

    Pour cette année 2010/11 , Le séminaire « Individuation et technique » (MSH-Paris-Nord), en partenariat avec l’Atelier Simondon (ENS Ulm) a déjà proposé 5 séances ont déjà eu lieu : « Simondon et les différents stades de la mécanique quantique » avec Gilles Cohen-Tannoudji (CEA), « L’homme, la technique et la Polis », par Jean-Hugues Barthélémy et « L’histoire… à la limite », par Ludovic Duhem (Lille 3) ; « Simondon et les sciences sociales » avec Xavier Guchet (Paris 1) ; « Les enjeux de la postanimalité » avec Dominique Lestel (ENS) et le 20 janvier dernier « Le disegno chez Simondon » avec Giovanni Carrozzini (Université de Lecce).

    5 séances, sont encore à venir

    • Mardi 16 février : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? » avec Georges Chapoutier (CNRS et MSH Paris-Nord)
    • Jeudi 17 mars : « La mécanologie du satellite Herschel » avec Vincent Minier (CEA)
    • Jeudi 7 avril : « Simondon et la psychothérapie » avec Jacques-Antoine Malarewicz (Malarewicz Conseil)
    • Jeudi 5 mai : « Repenser la politique avec Simondon » avec André Tosel (professeur émérite des universités)
    • Jeudi 26 mai : « Simondon, théoricien de l’imagination » avec Jean-Louis Déotte (Paris 8 et MSH-Paris-Nord)

    Portrait du prochain intervenant du séminaire le neurobiologiste, Georges Chapouthier

    Article de Marie Lescroart du Journal du CNRS : http://www2.cnrs.fr/presse/journal/4649.htm

    rencontre avec
    Georges Chapouthier © S. Godefroy/CNRS Photothèque

    Passion double

    Entre biologie et philosophie, Georges Chapouthier n’a pas voulu choisir. Neurobiologiste, directeur de recherche CNRS au Centre émotion-remédiation et réalité virtuelle1, spécialiste des liens entre anxiété et mémoire, l’homme est aussi auteur d’essais sur l’animalité, le droit de l’animal, et l’éthique de nos relations à la nature. Paru chez Belin en 2009, l’un de ses derniers ouvrages, Kant et le chimpanzé, traite de la continuité entre animal et être humain, et des racines « naturelles » de concepts aussi évolués que l’art et la morale. Le débit est rapide, les idées fusent, précises : Georges Chapouthier n’est pas homme à perdre de temps. C’est qu’il a dû optimiser son agenda pour mener de front ses deux carrières ! « Après mes journées au laboratoire, la philosophie occupe le plus clair de mon temps libre. Mais en fait, j’y pense continuellement, avoue-t-il. D’ailleurs, je vois mal comment j’aurais pu avoir ce parcours sans cette passion pour ces deux disciplines ! »

    Ce double attrait ne date pas d’hier. « Nous sommes tous conditionnés par notre enfance », estime-t-il. La sienne fut marquée par une double influence. Son côté littéraire, un appétit pour les livres qu’il dévore depuis son plus jeune âge, il le doit à son père, archéologue et professeur de grec à la Sorbonne, et à sa mère qui enseignait les lettres classiques dans un lycée. Son intérêt pour les sciences est, lui, un avatar de « cette appétence pour les animaux qui, pour des raisons mystérieuses, touche certaines personnes ». Enfant, il se réjouissait de retrouver les animaux de la ferme de son grand-père, en Charente, connaissait par leur nom tous les chiens du village, passait des heures avec les chats. « Cet amour des bêtes est à l’origine de ma volonté de comprendre leur comportement », analyse-t-il rétrospectivement.

    En terminale, le jeune homme doit bien faire un choix. Il opte pour les sciences. « J’aimais les lettres, mais pas le latin », justifie-t-il. S’ensuit une classe préparatoire en biologie, puis l’École normale supérieure. C’est avec son sujet de thèse de troisième cycle, sur l’apprentissage des vers plats, qu’il entame sa carrière d’explorateur de la mémoire. Une exploration fructueuse. Dans les années 1980, avec Jean Rossier, au laboratoire de physiologie nerveuse du CNRS, à Gif-sur-Yvette, il montre qu’à dose très faible, une molécule, la b-CCM, facilite l’apprentissage chez la souris, tandis qu’à dose plus forte, elle le perturbe et provoque l’anxiété. Ces travaux, qui suggèrent qu’anxiété et mémoire reposent sur un même mécanisme, lui valent deux publications, coup sur coup, dans la revue Nature. En 1989, il rejoint le groupe de génétique du comportement de Pierre Roubertoux à la faculté de médecine de Paris. Et c’est là qu’il met en évidence certains facteurs génétiques conditionnant la sensibilité à l’anxiété, en produisant deux lignées de souris dont l’une est sensible, et l’autre est résistante à la b-CCM. Enfin, en 1995, il intègre son unité actuelle, le laboratoire de Roland Jouvent, afin de poursuivre ses recherches sur l’action des molécules sur l’anxiété et la mémoire des rongeurs.

    Beaucoup se seraient contentés de cette carrière bien remplie de biologiste. Mais à peine l’avait-il entamée que le littéraire en lui souffrait déjà d’être délaissé. Goût pour les études oblige (encore un coup du conditionnement familial), il entreprend, juste après sa nomination au CNRS, un cursus complet en philosophie, parallèlement à son activité de jeune chercheur. « Je me disais que mes futurs travaux de philosophe pourraient se nourrir de mes recherches en biologie. » Ce spécialiste de la mémoire soutiendra donc une thèse de troisième cycle en philosophie sur le concept d’information. Plus tard, il explorera l’apparent paradoxe qu’il y a à expérimenter sur les animaux, quand on est depuis toujours défenseur de leur cause, dans sa thèse d’État sur le respect de l’animal. Publié en 1990 aux éditions Denoël sous le titre « Au bon vouloir de l’homme, l’animal », ce travail est devenu une référence en matière d’éthique et de droit de l’animal.

    À deux ans de la retraite, Georges Chapouthier n’est pas prêt de se retirer du monde des idées. Côté sciences, il entame un nouveau chapitre de ses recherches pour étudier, sous la direction du professeur Jouvent, les rapports entre anxiété et mémoire chez l’être humain, sans oublier des projets de livres sur le cerveau. Ensuite, il aimerait se consacrer pleinement aux lettres, voire à la littérature. « J’aimerais m’essayer à la science-fiction », confie-t-il. Et, peut-être, se retirer à la campagne, avec des compagnons à quatre pattes.

    Marie Lescroart

    Notes : 1. Unité CNRS / APHP Pitié-Salpêtrière / Université Paris-VI.

    George Chapouthier et Frédéric Kaplan

    L’homme l’animal et la machine

    CNRS Editions

    Présentation de l’éditeur

    Les animaux ont-ils une conscience ? Sont-ils intelligents ? Et les machines ? Peuvent-elles avoir un cerveau ? La culture, qui a fait l’intelligence de l’homme, fera-t-elle l’intelligence des machines ? Les ordinateurs remplaceront-ils un jour les humains ? Et l’homme ? Est-il une machine ? Un animal ? Les deux ? Autant de questions qui, au final, n’en font qu’une : comparé aux machines et aux animaux, quel est le propre de l’homme ? Chaque nouvelle découverte des biologistes, chaque nouvelle invention des ingénieurs nous invite à reconsidérer cette vertigineuse interrogation. Voici réunis, en un volume clair et didactique, les analyses des deux grands spécialistes d’un sujet qui n’en finit pas d’alimenter les débats entre scientifiques, zoologistes, informaticiens, philosophes, théologiens… Sont ainsi explorés les concepts clés à partir desquels l’homme s’est comparé aux animaux et aux machines : apprentissage, intelligence, conscience, capacité à ressentir la douleur, à construire une culture ou une morale. Sont aussi analysées les relations complexes qui nous lient à notre alter ego biologique et artificiel : attachement, sexualité, droit, hybridation. Sans oublier les traits qui semblent encore spécifiques à l’homme : le rire, l’imaginaire, l’âme ou le sens du temps. Un ouvrage passionnant qui explore les méandres de la nature humaine à l’aune des dernières avancées de la science.

    Le co-auteur de Georges Chapouthier, Frédéric Kaplan  est spécialiste des interfaces homme-machines et de l’intelligence artificielle, est chercheur à l’Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne. Il a notamment publié Les machines apprivoisées (Vuibert, 2005) et La métamorphose des objets (Fyp, 2009)

    Pour se procurer l’ouvrage de Georges Chapouthier et de Frédéric Kaplan, L’homme, l’animal et la machine

     

    Georges Chapouthier

    Kant et le chimpanzé

    Essai sur l’être humain, la morale et l’art

    Editions Belin / Pour la science

    Présentation de l’éditeur

    Nous, êtres humains, sommes issus d’une longue évolution, minérale et cosmique d’abord, biologique et terrestre ensuite. Pour certains, nous aurions définitivement rompu avec un héritage ancestral qui faisait de nous des bêtes. Nous seuls serions capables du sens du bien et du sens du beau. Nous seuls serions doués de morale. Il existerait ainsi un fossé infranchissable entre le grand philosophe Emmanuel Kant et nos cousins les chimpanzés ! Ou bien, au contraire, faut-il considérer que la morale et l’esthétique chez l’homme plongent leurs racines dans le terreau de la « nature »? Les animaux ne sont-ils pas eux aussi capables de dévouement pour leurs proches? Nos cousins les primates ne peuvent-ils pas éprouver eux aussi des sentiments en face d’une belle (d’un beau) chimpanzé ? Bref, la découverte des « cultures animales » n’amène-t-elle pas à concevoir davantage de continuité entre l’homme et l’animal ?

    Pour se procurer l’ouvrage de Georges Chapouthier, Kant et le chimpanzé : Essai sur l’être humain, la morale et l’art

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    Epistémologie sociale : prochaine conférence des Archives Henri Poincaré

    Posted by Hervé Moine sur 1 février 2011

    Mercredi 16 février 2011

    Maisons des Sciences de L’homme de Lorraine

    Conférence des Archives Henri Poincaré

    Pourquoi un dictionnaire biographique de la Faculté des Sciences de Nancy ?

    La prochaine Grande Conférence des Archives H. Poincaré aura lieu mercredi 16 février, de 17h00 à 19h00, dans la Salle Internationale de la Maison des Sciences de l’Homme de Lorraine (91 avenue de la Libération, Nancy, 3e étage, salle 324).

    Nous aurons le plaisir d’écouter Laurent Rollet et Philippe Nabonnand (LHSP – Archives Poincaré), qui présenteront une conférence intitulée : Pourquoi un dictionnaire biographique de la Faculté des Sciences de Nancy ?


    Résumé :

    Depuis les années 1980, plusieurs dictionnaires biographiques ont été consacrés à la population universitaire. Dans le domaine scientifique, ceux-ci se sont surtout concentrés sur les institutions d’élite (Sorbonne, Collège de France, etc.) et sur les titulaires de chaires, laissant dans l’ombre une vaste population imparfaitement connue : maîtres de conférences, répétiteurs, chefs de travaux, préparateurs, etc. Pourtant, ces «seconds-rôles», ces «seconds-couteaux» «les autres» pour aller vite – ont joué un rôle extrêmement important dans le fonctionnement de ces institutions, aussi bien du point de vue pédagogique que du point de vue scientifique.

    Pour les universités de province, et notamment pour les facultés des sciences, un important travail reste à faire. C’est sur la base de ce constat que s’est constitué en 2008 le projet d’un dictionnaire biographique des enseignants de la Faculté des sciences de Nancy pour la période 1854-1918.

    L’histoire de la Faculté des sciences de Nancy montre que celle-ci a largement bénéficié d’apports d’enseignants issus de l’enseignement secondaire ou de l’industrie privée… A titre d’illustration, entre 1854 et 1918 la population des professeurs de la faculté représente au maximum une trentaine de personnes, toutes chaires confondues, alors que la population des enseignants représente plus de 150 personnes. Comment ces enseignants étaient-ils recrutés? Quels étaient leurs profils de carrière? Quelles étaient leurs modes d’intervention au sein de l’université? Quelles relations entretenaient-ils avec le monde de la recherche? Peut-on reconstruire la nature et les contenus de leurs enseignements? Autant de questions qui appellent une étude précise, à la frontière de la sociologie et de l’histoire des sciences.

    L’étude du pôle scientifique nancéien permet par ailleurs de relativiser l’idée communément admise selon laquelle les universités de province ont constitué des lieux de passages pour des savants de premier ordre attirés irrémédiablement vers Paris. Nancy a certes été un lieu de passage pour certains savants de premier plan (Hervé Faye, Elie Cartan, Victor Grignard, Edmond Rothé). Mais réduire l’histoire de la faculté à ces quelques noms serait un non-sens historique : Nancy a également été un lieu d’épanouissement scientifique et intellectuel pour un grand nombre de savants qui n’ont manifestement pas vécu leur carrière comme un échec ou un exil (citons Gaston Floquet, Lucien Cunéot, Jules Molk, etc.) ; de plus la forte présence de chargés de cours intervenant à la Faculté des sciences inciterait à dépasser la simple opposition Paris / Province, cette population n’analysant probablement pas sa carrière suivant un tel schéma.

    Cette intervention proposera une présentation générale de ce projet collectif. Après avoir exposé les choix méthodologiques qui structurent le projet (définition de la population, choix de la période temporelle, types de sources mobilisées, modalités de rédaction des notices, etc.) nous montrerons comment un tel projet apporte des éclairages nouveaux, aussi bien sur l’histoire institutionnelle, que sur l’histoire de l’enseignement ou l’histoire des sciences, ne serait-ce qu’en faisant apparaître de nouveaux lieux, de nouvelles sources et de nouveaux acteurs. Plus particulièrement, nous attacherons à montrer que pour une discipline donnée – les mathématiques – ce projet peut produire des effets de connaissance sur les relations Paris-Province, sur la circulation des hommes et des idées et sur les stratégies de carrière des individus.


    Les Grandes conférences de l’année universitaire 2010-2011 portent sur le thème de l’épistémologie sociale.

    Les Grandes conférences sont organisées par :

    • Archives Henri Poincaré (UMR 7117)
    • Département de Philosophie de l’Université Nancy 2
    • Colloque permanent transfrontalier Nancy-Saarbrücken
    • MSH Lorraine (USR 3261)


    Le programme mis à jour : http://poincare.univ-nancy2.fr/Activites/?contentId=5293

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    dialogue entre scientifiques et philosophes à la Cité des sciences et de l’industrie

    Posted by Hervé Moine sur 6 janvier 2011

    Les sixièmes rencontres de Futura Sciences

    avec le Collège international de philosophie

    Pour la sixième saison, trois rencontres organisées en partenariat avec le Collège international de philosophie

    font dialoguer scientifiques et philosophes sur des questions qui leur sont communes :

    Qu’est-ce que vouloir une action, la réaliser et l’assumer ?

    Qu’est-ce qu’apprendre ? Une simple imitation ou davantage ?

    Quel rapport entretenons-nous avec la machine ?

    Conseiller scientifique : Frédéric Vengeon, vice-président du Collège international de philosophie.

    Au programme

    Le 22 janvier 2011 : L’acte volontaire

    • David Dubois, directeur de programme de recherche, Collège international de philosophie, spécialiste de la pensée indienne.
    • Marc Jeannerod, professeur émérite de physiologie à l’université Claude-Bernard, fondateur de l’Institut des sciences cognitives et membre de l’Académie des sciences.
    • Pascal Séverac, vice-président du Collège international de philosophie, directeur de programme de recherche, spécialiste de Spinoza.

    Modération : Roland Schaer, Universcience

    Le 26 mars 2011 : Apprendre – Imiter

    • Emmanuel Brassat, professeur à l’institut universitaire de formation des maîtres (IUFM) de Versailles, spécialiste en philosophie de l’éducation.
    • Ghislaine Dehaene-Lambertz, pédiatre, directrice de recherche au CNRS, laboratoire de neuro-imagerie du CEA.
    • Martine Hausberger, directrice du laboratoire d’éthologie animale et humaine, CNRS, Rennes.
    • Aurélie Névot, chercheure au CNRS, Centre d’études himalayennes.

    Modération : Frédéric Vengeon

    Le 28 mai 2011 : Les machines

    • Antoine Danchin, professeur à l’Université de Hong Kong, fondateur de AMAbiotics SAS, conseiller scientifique au Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives.
    • Jean-Gabriel Ganascia, professeur d’informatique à l’Université Pierre-et-Marie-Curie, chercheur au laboratoire d’informatique de Paris-VI (LIP6).
    • Patrick Juignet, directeur de programme au Collège international de philosophie, spécialiste des rapports de la machine et de l’esprit.
    • Frédéric Vengeon, directeur du programme Machine.

    Modération : Bénédicte Leclercq, Universcience

    Lieu

    Cité des sciences et de l’industrie
    30, avenue Corentin Cariou
    75019
    Paris

    Contact

    Tel : +33 (0)1.40.05.70.00

    Site internet de Futura Sciences

    http://www.futura-sciences.com

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    « Vacarme », une réflexion entre politique, art et sciences

    Posted by Hervé Moine sur 29 octobre 2010

    ActuPhilo se penche aujourd’hui sur une revue originale, engagée, militante dont les articles nous interpellent, nous interrogent, nous désarçonnent. Bref, Vacarme nous réveillent de nos sommeils dogmatiques. Mais qu’est-ce que Vacarmes précisément ? Pour faire vite disons que Vacarme propose une réflexion entre politique, art et sciences, réflexion dont l’éclectisme devrait permettre à chacun d’y trouver son compte. En effet, depuis sa création il y a maintenant trois ans, Vacarme mène une réflexion à la croisée de l’engagement politique, de l’expérimentation artistique et de la recherche scientifique.

    Comment est né Vacarme ?

    Vacarme est née en 1997 de la rencontre d’individus engagés dans différents mouvements sociaux, notamment la lutte contre le sida et la défense des sans-papiers, et de leur désir de confronter ce qu’ils apprenaient du monde depuis leur expérience politique au savoir qu’ils forgeaient dans leurs travaux respectifs de chercheurs, d’enseignants, d’écrivains, de thérapeutes ou d’artistes. Ils ont voulu que Vacarme soit un lieu d’échanges entre réseaux militants, intellectuels et artistiques, un espace qui échappe aux séparations traditionnelles entre la pratique et le savoir, la politique et l’art, l’urgence d’agir et la nécessité de penser.

    Pierre Zaoui…

    Vacarme résolument éclectique

    Vacarme est un trimestriel résolument généraliste, qui refuse de choisir entre les articles d’opinion et les textes théoriques, la philosophie et les sciences sociales, la création littéraire et les enquêtes de terrain, l’économie et la poésie, l’image et le texte. On y trouvera aussi bien une réflexion sur l’art contemporain qu’un entretien avec Mike Davis, aussi bien une enquête sur les quartiers pavillonnaires que de la poésie américaine, aussi bien un portfolio photographique qu’un dossier sur les politiques de générations, aussi bien Olivier Cadiot qu’Anne Cheng. Au-delà d’un simple voisinage, il s’agit de rapprocher les savoirs, afin qu’ils se métissent.

    Comment se compose la revue ?

    Vacarme s’ouvre sur un long entretien, qui invite une personnalité du champ intellectuel, militant ou artistique à partager son travail. Suit un dossier : le chantier, thématique. Le cahier, lui, est une série délibérément éclectique de textes et d’images où s’entremêlent fiction, poésie, art et critique. Enfin, les lignes creusent de numéro en numéro les obsessions politiques de Vacarme. Par exemple : les psychotropes comme enjeu politique (série «  Drogues  ») ; l’inquiétante étrangeté que prennent les politiques européennes (série «  L’Europe du pire  ») ; les débats qui traversent l’école (série «  Éducation, Institutions  »)

    Quel est le style de Vacarme ?

    Formellement, Vacarme est un objet hybride, qui veut concilier la rigueur de pensée et d’écriture propre aux revues, et la variété des formats — textes, entretiens, enquêtes, images — qui fait la vivacité des journaux. Ce style, comme son contenu, la situent entre les revues de recherche confinées dans leur spécificité disciplinaire et les journaux issus de groupes militants qui peinent à être lus au-delà de leurs sympathisants ; entre les magazines dont la spécialité (culturelle, politique, économique) fait obstacle à une approche transversale, et les journaux dont la course à l’actualité empêche un traitement en profondeur.

    Un mot sur l’éditeur de Vacarme…

    L’éditeur de Vacarme est l’association du même nom, qui regroupe une vingtaine de membres, bénévoles. Régulièrement réunis en comité de rédaction, ceux-ci assurent collégialement la conception des numéros, coordonnée par une rédaction en chef collective et tournante. Refusant une certaine division professionnelle — c’est-à-dire, souvent, sexuelle — du travail éditorial, ils participent également à la fabrication matérielle de l’objet : si la réalisation de la maquette et de la couverture sont rémunérées, le secrétariat de rédaction est bénévole et collectif, tout comme les tâches administratives. Un travail d’amateurs, en somme, dans le sens joyeux du terme.

    À partir du numéro 53, Vacarme devient partenaire des éditions Les Prairies ordinaires. Ce rapprochement, fondé sur des affinités politiques et intellectuelles anciennes et fortes, entend développer une étroite collaboration éditoriale et perpétuer la mutualisation de certains moyens logistiques  : Vacarme est distribuée en librairies par le diffuseur des éditions Les Prairies ordinaires, Belles Lettres Diffusion Distribution.

    A noter que le trimestriel Vacarme est publié sur papier et archivé en ligne sur son site « vacarme.org« . Vous y trouverez ce qui vous permettra de commander un numéro de la revue ou bien de vous y abonner.

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    Pour une anthropologie historique des pratiques savantes

    Posted by Hervé Moine sur 1 octobre 2010

    Christian JACOB

    Pour une anthropologie historique des pratiques savantes

    Mer 10 nov (18h30-20h30)

    Amphithéâtre 45 B, Université Paris 6-Pierre et Marie Curie,

    4 place Jussieu, 75005 Paris

    Cette conférence est organisée avec le soutien de l’université Paris 6-Pierre et Marie Curie.

    Les savoirs ne naissent pas dans l’univers éthéré et intemporel des idées, où tout ne serait que raison et vérité. Comme tant d’autres aspects de l’activité humaine, ils sont construits au fil de chaînes d’opérations où les gestes de la  main accompagnent les opérations de l’esprit, où les mouvements de la pensée prennent forme et matérialité dans le maniement des objets, des inscriptions et leurs différents supports.
    Ces opérations et ces mouvements ont une histoire et sont déterminés par leurs ancrages dans des cultures et des communautés savantes particulières. Ils sont des objets d’apprentissages, de réflexivité, de formalisation.
    Observer, prélever, fabriquer, classer, comprendre, hiérarchiser, mémoriser, calculer, construire une synthèse ou un modèle, interpréter, lire et écrire, schématiser, manier les livres, travailler sur un ordinateur, déchiffrer des signes : ces multiples opérations, inscrites dans des projets de connaissance particuliers, ouvrent le champ d’une anthropologie historique et comparée des savoirs humains et de leurs pratiques.
    La parution du second volume des Lieux de savoir, Les mains de l’intellect (Albin Michel, 2010) nous offrira l’occasion d’une réflexion à deux voix sur les enjeux d’une histoire culturelle des savoirs attentive aux acteurs et à leurs pratiques, aux objets et à leurs transformations, aux inscriptions et à leurs effets multiples.
    • Intervenant : Christian Jacob, directeur d’études à l’EHESS, Centre Anhima.
    • Discutant : Rafaël Mandressi, chargé de recherches au CNRS, Centre Koyré.

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