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Contemplation bouddhiste ou pragmatisme scientifique. Regards croisés sur le progrès technologiques et la création des richesses

Posted by Hervé Moine sur 11 novembre 2011

Matthieu Ricard et Étienne Klein : physique et métaphysique

Article paru sur le site 100% PME

http://www.centpourcentpme.fr/

L’un s’est retiré dans l’Himalaya afin d’étudier et de pratiquer le bouddhisme. L’autre, physicien, dirige le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière du CEA à Saclay. Contemplation contre pragmatisme, les deux hommes confrontent leurs regards sur le progrès technologique et la création de richesses.

Etienne Klein

Etienne Klein, physicien, dirige le laboratoire de recherche sur les sciences de la matière du CEA à Saclay

Étienne Klein : À l’âge de 19 ans, j’ai eu la chance de suivre une conférence donnée par Victor Weisskopf, un éminent physicien-théoricien à l’humour ravageur. Malgré ses 75 ans, il avait un enthousiasme de jeune homme. Il commença par expliquer qu’il s’était toujours interrogé sur la réalité physique des objets mathématiques : ces derniers avaient-ils une contrepartie dans le monde ou ne constituaient-ils que des idéalités angéliques ? Pour les besoins d’une démonstration, il fut amené à tracer au tableau un repère à 3 dimensions. Il représenta les axes Ox et Oy dans le plan même du tableau, puis figura l’axe Oz par un point entouré d’un cercle, donnant l’impression que cet axe pointu jaillissait telle une flèche hors du tableau. Quelques instants plus tard, alors qu’il s’apprêtait à passer devant la figure qu’il avait tracée, il se baissa avec ostentation pour passer sous l’axe Oz. Une fois relevé, il se tourna vers nous et souffla malicieusement :“On ne sait jamais, l’axe Oz existe peut-être vraiment”Pour moi, c’est avec ce gag que la messe fut dite : j’étudierais le monde de l’infiniment petit, j’enseignerais la physique d’une façon si possible vivante et originale, et je tenterais de questionner avec malice ses implications philosophiques. 

Matthieu Ricard, vous avez au contraire renoncé à une carrière scientifique…

Matthieu Ricard : Je n’ai rien abandonné mais plutôt poursuivi mon chemin vers une science des mécanismes du bonheur et de la souffrance, de l’exploration de la nature de la conscience, des émotions, de l’amour altruiste et de la compassion. 

D’aucuns reprochent aux moines un certain repli. N’auriez-vous pas été plus «utile» au monde en tant que scientifique ?

Matthieu Ricard

Matthieu Ricard est le coordinateur principal de Karuna-Shéchèn, une association à but non lucratif qui possède des antennes dans le monde entier. Les activités de Karuna-Shéchèn incluent différents projets dans le domaine de l’éducation, de la santé et des services sociaux, des soins envers les personnes âgées et d’aide aux gens les plus démunis. Pour en savoir plus, consultez la section “Humanitaire”, ou visitez directement le site: http://www.karuna-shechen.org.

Matthieu Ricard : Avec l’organisation que j’ai fondée, Karuna-Shechen, nous avons accompli plus de 110 projets humanitaires au Tibet, au Népal et en Inde. Nous traitons 100.000 patients par an dans nos cliniques, une bonne partie gratuitement, et 15.000 enfants étudient dans les écoles que nous avons construites. Depuis une dizaine d’années, je participe régulièrement à des programmes de recherche en neurosciences sur les effets à court et à long termes de l’entraînement de l’esprit. Enfin, l’idée que seules des réalisations matérielles auraient une valeur me semble absurde. Le malaise de la société de consommation ne vient-il pas d’une vision du monde très appauvrie ? Dans l’ouvrage The High Price of Materialism, le chercheur Tim Kasser montre, à la suite de 20 ans d’études sociologiques portant sur plus de 10.000 sujets, que les personnes qui ont le plus tendance à la consommation et se concentrent sur les valeurs extrinsèques de l’existence (richesse, image sociale…) sont en moyenne plus malheureuses, ont moins d’amis, sont moins concernées par les questions globales (environnement) et sont même en moins bonne santé. 

Étienne Klein, vous êtes à la fois directeur de recherche et enseignant, auteur d’essais sur la physique. Pourquoi ce besoin de vous adresser au grand public ?

Étienne Klein : La première raison est que les physiciens ont produit des théories fascinantes qui valent le détour, et inventé des concepts originaux qui n’ont pas de contrepartie dans la vie courante. Il m’importe que chacun puisse découvrir que la science est la plus grande pourvoyeuse de joies intellectuelles, qu’on peut littéralement se faire plaisir avec elle, car comprendre aide à mieux ressentir. La seconde raison est d’ordre politique : il faut bien reconnaître que nous, les scientifiques, nous avons un problème de transmission, de pédagogie. J’observe par exemple que sur les sujets vraiment chauds de la science et de la technologie – l’origine de l’univers, le changement climatique, les nanosciences –, nous sommes médiatiquement débordés par des discours plus simples que les nôtres qui remportent un grand succès auprès du public. Eh oui, la science est elle aussi victime d’une sorte de populisme racoleur… Avec nos explications laborieuses, nos arguments compliqués, nous ne parvenons pas à nous faire entendre dans un contexte qui préfère les demi-vérités simples aux vérités complexes. 

Quel est le projet sur lequel vous travaillez actuellement ?

Étienne Klein : En ce moment, je m’intéresse de très près aux résultats des expériences menées auprès du LHC, le grand collisionneur de protons du CERN. La finalité de ces expériences est purement cognitive. Il ne s’agit que de comprendre… par exemple, pourquoi les particules élémentaires ont-elles une masse non nulle. 

Après une thèse en génétique cellulaire, Matthieu Ricard s’est consacré au bouddhisme. Comment adressez-vous les questions métaphysiques ? Quel est votre rapport à la spiritualité ?

Étienne Klein : La physique contemporaine produit des résultats cruciaux à propos de questions fondamentales, concernant par exemple les propriétés de l’espace et du temps. Leur valeur dépasse celle de certains énoncés issus de la métaphysique spéculative en fauteuil. Reste qu’il ne peut y avoir d’analyse épistémologique de la science sans une analyse métaphysique des questions abordées en son sein. La spiritualité, c’est autre chose : elle engage la façon dont nous ressentons le monde. À mon avis, connaître le monde ne s’oppose pas au fait de le ressentir, au contraire même. 

La science et la technologie sont devenues les principales sources de richesse et de pouvoir. Quel est l’impact de ce phénomène sur la recherche ?

Étienne Klein : Désormais, il s’agit soit de montrer que les recherches menées conduiront à des résultats utiles, soit de promettre que ceux-ci pourront l’être un jour. La question centrale n’est plus : “Est-ce vrai ?”, mais “À quoi cela servira-t-il ?”. Ainsi, s’installe l’idée que la valeur d’une connaissance nouvellement acquise ne se mesure qu’à l’aune de ses éventuelles retombées concrètes. 

Comment expliquer la peur des nanotechnologies, du nucléaire ? Ces craintes ne sont-elles pas liées aux enjeux d’argent et à leurs potentielles dérives ?

Étienne Klein : Le sentiment s’installe que le progrès technique, longtemps réputé servir à l’amélioration de la condition humaine, se développe dorénavant pour lui-même et non plus en vue d’une fin supérieure. Comme si la rivalité des laboratoires et des entreprises générait automatiquement un impératif “d’innovation pour l’innovation”, sans que personne ne maîtrise plus le processus. Contre cette menace d’être dépossédés de leur destin, les individus et les sociétés aspirent à disposer de repères plus objectifs et mieux assurés. Parmi tous les fruits de la science, ils voudraient pouvoir choisir, en connaissance de cause, ceux qu’ils consommeront. C’est pourquoi la puissance même de la rationalité scientifique et l’impact des technosciences sur les modes de vie provoquent des réactions de résistance de plus en plus fortes, d’ordre culturel, social, idéologique : le désir de réaffirmer son autonomie face à un processus qui semble nous échapper, la volonté de rendre sa transparence au débat démocratique quand la complexité des problèmes tend à le confisquer au profit des seuls experts. 

Matthieu Ricard, quel message souhaitez-vous porter à l’université d’été du MEDEF ?

Matthieu Ricard : Je souhaite promouvoir l’idée d’une société plus altruiste, fondée sur la coopération, la considération de l’autre, sur 3 échelles de temps : le court terme de l’économie, le moyen terme de la qualité de vie et le plus long terme de l’environnement. L’altruisme permet de relier naturellement ces 3 échelles de temps et d’harmoniser leurs exigences. L’altruisme n’est pas seulement un idéal noble, quelque peu naïf, un luxe réservé aux nantis : il est, plus que jamais, une nécessité. En effet, si nous avions davantage de considération pour autrui, nous ne nous livrerions pas à des spéculations sauvages avec les économies des épargnants qui nous font confiance. Si nous avions davantage de considération pour la qualité de vie de ceux qui nous entourent, nous veillerions à améliorer les conditions du travail, de la vie familiale et bien d’autres aspects de l’existence. Enfin, si nous avions davantage de considération pour les générations à venir, nous ne sacrifierions pas aveuglément le monde que nous leur livrons. 

Que reprochez-vous aux sociétés industrielles et aux chefs d’entreprise aujourd’hui ?

Matthieu Ricard : Je ne reproche rien à personne, mais attire l’attention sur le fait qu’une poursuite d’un bonheur égoïste est vouée à l’échec.  

Est-il possible de concilier croissance économique et développement durable ?

Étienne Klein : Sans doute, mais je me méfie des jeux de langage. Or, l’idée de développement durable sonne comme un oxymore : il y a de l’injonction paradoxale là-derrière.

Matthieu Ricard : Tout dépend ce que l’on appelle “croissance”Il faudrait envisager 3 indicateurs : le Produit national brut (PNB), la satisfaction de vie (“Bonheur national brut”, BNB) et la qualité de l’environnement. Le PNB, initialement conçu pour gérer la crise de 1929, ne peut servir qu’à mesurer un seul aspect de la qualité de vie. Aucun État ne souhaite avoir le sentiment que sa prospérité décline. Aujourd’hui, toute baisse du PNB et de la croissance économique donne lieu à un constat d’échec. En revanche, si la richesse d’une nation était mesurée à la fois en termes de PNB, de satisfaction de vie (ou BNB) et de qualité environnementale, les dirigeants et les citoyens pourraient se réjouir d’une croissance annuelle des 2 derniers indicateurs, même en cas de baisse corrélative du PNB. Selon Richard Layard, professeur à la London School of Economics, “Nous avons plus de nourriture, plus de vêtements, plus de voitures, des maisons plus grandes, plus de chauffage, plus de vacances à l’étranger, 1 semaine de travail plus courte, un travail plus agréable et, surtout, nous sommes en meilleure santé. Et pourtant, nous ne sommes pas plus heureux… Si nous voulons rendre les gens plus heureux, il faut vraiment que nous identifions les conditions propices à leur épanouissement ainsi que les moyens de mettre celles-ci en œuvre”*. Le bonheur national brut doit être évalué selon des critères qui lui sont propres et doit être poursuivi pour lui-même. Une science y correspond, celle de l’étude de la satisfaction de vie chez les individus, aussi bien dans le moment que sur la durée, et des corrélations entre leur niveau de satisfaction et divers autres facteurs extrinsèques (ressources financières, éducation, degré de liberté, niveau de violence dans la société, situation politique…) et intrinsèques (recherche d’un bonheur hédonique ou eudémonique, optimisme ou pessimisme, égocentrisme ou altruisme…). Les bienfaits de telle ou telle politique devraient ainsi être évalués en tenant compte des effets sur la satisfaction de vie, tout comme des répercussions sur l’environnement. 

Vous parlez de Bonheur national brut. Cette dimension de bonheur est-elle aussi importante que la lutte contre la pauvreté, l’accès aux soins… ?

Étienne Klein : Le bonheur est une notion à la fois vague et secondaire (il advient toujours “de surcroît”), au contraire de la lutte contre la pauvreté qui est, elle, un impératif précis et prioritaire.

Matthieu Ricard : Croyez-vous que le bonheur soit un luxe pour personnes riches ? Le bonheur est une manière d’être fondée sur la force intérieure, l’altruisme et le sens d’une direction dans l’existence, autant de valeurs dont les pays nantis semblent souvent cruellement manquer. 

De plus en plus d’entreprises intègrent les préoccupations sociales et environnementales dans leurs activités. Comment aller plus loin ?

Matthieu Ricard : En étant davantage concerné par les autres. Comme je l’ai entendu dire par Muhammad Yunus :“Faire du profit le seul but d’une entreprise est un complet non-sens. La dimension humaine manque totalement”.

Propos recueillis par Elsa Faure

*Le Prix du bonheur : Leçons d’une science nouvelle, 2007.

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Quantum Mechanics, Potentiality and the Philosophy of Gilbert Simondon

Posted by Hervé Moine sur 2 novembre 2011

Séminaire « Culture et Invention »

séance du mardi 8 novembre à 18h en salle des Actes, 45 rue d’Ulm

Christian de Ronde

« Quantum Mechanics, Potentiality and the Philosophy of Gilbert Simondon »

 

Abstract

Since its origin quantum mechanics has been directly related and interpreted in terms of the notions of possible and potential. However, the meaning of such notions remains still today completely obscure with respect to the formalism of the theory. The difficulties to account for an ontological realm of potentiality might be related to the development of modern science which, after Newton, seemed to follow the path laid down by the substantialist tradition. In this presentation we will argue that the reconsideration of the hylemorphic tradition, as analyzed and discussed by Simondon, can lead us to a possible development and a new understanding of the problems to which quantum mechanics confronts us.

Christian de Ronde

  • Center Leo Apostel (CLEA) and Foundations of the Exact Sciences (FUND)
  • Vrije Universiteit Brussel – Krijgkundestraat 33, 1160 Brussel
  • cderonde@vub.ac.be

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La culture contemporaine hantée par Cyborg

Posted by Hervé Moine sur 1 novembre 2011

Thierry Hoquet

Cyborg philosophie

Penser contre les dualismes

Aux éditions du Seuil

Présentation de l’ouvrage 

Cyborg hante la culture contemporaine, au cinéma (Robocop, Terminator) ou dans les mangas. Il s’incarne dans les sportifs dopés, dans les prothèses médicales et dans les fantasmes d’« humanité augmentée », voire immortelle. Mais Cyborg est aussi, et surtout, une figure philosophique. Cet hybride d’organisme et de machine bouleverse en effet les dichotomies fondamentales de notre pensée : nature / artifice ; humain / non-humain ; nature / culture ; masculin / féminin ; normal / pathologique, etc.

À partir d’une lecture personnelle des travaux de Georges Canguilhem et de Donna Haraway, Thierry Hoquet explore, dans ce texte très original par sa forme et son style l’énigme de cette figure : Cyborg est-il un instrument susceptible de nous conduire vers une humanité libérée des dualismes, colombe platonicienne rêvant d’un ciel sans air, où elle pourrait voler plus librement ? Ou, au contraire, marque-t-il notre asservissement à un système technique de contrôle et d’oppression, est-il l’incarnation d’une humanité perdue dans le cliquetis mécanique de l’acier ? Penser philosophiquement Cyborg, c’est réfléchir sur les rapports de la machine et de l’organisme et sur la possibilité de les composer. Mais Cyborg invite aussi à penser la différence des sexes en rapport avec la nature et la technique : Cyborg est-il le neutre ou l’androgyne, ou propose-t-il une autre manière d’articuler le masculin et le féminin ? On l’a compris, Cyborg vient troubler la philosophie. Il décrit notre condition et ses, insolubles ? contradictions.

Les sept visages de Cyborg

Article paru dans le Nouvel Observateur du 27 octobre 2011, propos du philosophe Thierry Hoquet recueillis par par Eric Aeschimann

De la prothèse à la manipulation génétique, l’homme contemporain marie l’organique et le technique. Pour y trouver plus de puissance ou y perdre sa liberté ? Réponses de Thierry Hoquet, auteur de «Cyborg philosophie».

Inventé en 1960 par deux scientifiques américains à partir de l’expression «cybernetic organism , le cyborg est un «organisme auquel on a ajouté un dispositif mécanique qui lui permet de vivre dans un milieu auquel l’organisme seul ne serait pas adapté». Mais c’est aussi une façon de désigner une expérience qui ne cesse de se répéter et de nous troubler: la présence dans notre chair d’une dimension non humaine. De Frankenstein au transsexuel, du mutant aux héros de films de science-fiction, Cyborg revêt mille figures. Pour «le Nouvel Observateur», Thierry Hoquet nous en présente sept.


Fichier:Robocop.jpg

RoboCop

«Sorti en 1987, « RoboCop » raconte l’histoire d’un flic grièvement blessé que des chirurgiens sauvent en le dotant d’un corps d’acier. Le deuxième bras, valide, est remplacé par un bras artificiel, tandis que les souvenirs du cerveau sont gommés. Avec RoboCop, la technique se retourne: elle assure la survie de l’organisme, mais en prend le contrôle. L’humain lui sacrifle sa liberté, pour devenir la machine servile du techno-capitalisme et de ses experts. Si, à la fin, RoboCop retrouve ses souvenirs et sa liberté, la question reste: la technologie est-elle démocratique?»

 Fichier:Landon-IcarusandDaedalus.jpg

Icare

«Icare est l’homme que l’amour de la technique fait courir à sa perte. C’est la figure de l’excès, de l’hubris : celui qui se croit tout-puissant finit par se brûler les ailes. Mais que serait le monde sans les ingénieurs? Icare montre à l’humanité qu’elle peut devenir autre chose que ce qu’elle est, il l’invite à sortir de la vie banale, à se dépasser, au sens hégélien: prendre le risque de la destruction pour créer de nouvelles formes.»

Fichier:Oscar Pistorius 2 Daegu 2011.jpg

Pistorius

«Oscar Pistorius est ce coureur sud-africain handicapé dont les tibias ont été remplacés par des lames de carbone et qui participe désormais aux compétitions de haut niveau. La prothèse était un pis-aller: elle devient une adjonction désirable. Les lames de carbone font courir plus vite qu’un organisme « bio », elles se transforment en avantage. Pistorius fera-il des émules? Les futurs athlètes abandonneront-ils leur corps organique? Les cyclistes qui se détruisent la santé en prenant des hormones ont déjà ouvert la voie.»

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Bébé-éprouvette

«Cela fait longtemps que l’espèce humaine ne se reproduit plus naturellement. L’accouchement est médicalisé, l’échographie donne au foetus une existence prénatale, il reçoit un sexe, un prénom, on peut le déclarer à l’état civil. Si les techniques médicales existent depuis toujours, nous sommes maintenant parvenus à une symbiose de l’humain et de la technique, sans laquelle l’avenir de l’espèce serait menacé.»

Extrait de couverture de l’ouvrage de Q. Delaunay

Femme

«En 1985, dans son « Manifeste cyborg », la philosophe américaine Donna Haraway établit la jonction entre féminisme et technologie. L’idéologie néolibérale veut que l’homme soit du côté de la technique et la femme de la nature. Or, dans la maternité, le monde du travail, la consommation, la vie domestique, les femmes participent pleinement aux systèmes techniques. Simplement, elles y sont dominées. Etre « féminisé », dit Haraway, c’est être exploité par la technique. Pour combattre le machisme, les femmes doivent admettre qu’elles mêlent l’organique et le technique, qu’elles sont hybrides.»

Fichier:Frankenstein's monster (Boris Karloff).jpg

Frankenstein

Clone

«En constituant des réserves remplies d’organes vivants où l’on pioche en cas de pépin de santé, le clonage prend acte du caractère faillible de nos corps. A l’instar de Frankenstein, le clone est né du désir de la science d’engendrer sans passer par la femme. Mais il atteste qu’à un certain stade technologique notre survie va nécessiter – ou nécessite déjà – la transformation d’autrui en objet, voire en marchandise. L’existence des uns suppose l’exploitation des autres.»

Fichier:Isus.jpg

Jesus Christ the Pantocrator

Jésus

«Avec sa Croix, il formait un dispositif technique qui a suscité beaucoup de polémiques. On ne sait pas comment il est né. Il est humain mais pas vraiment… A maints égards, Jésus illustre la condition Cyborg. Tous deux ont une double nature. En Jésus, Dieu se fait humain ; en Cyborg, la technologie se connecte au corps. Je ne crois pas au cerveau dans une cuve, le téléchargement d’une personne sur une puce : comme Jésus, Cyborg a besoin de l’incarnation.»

Propos recueillis par Eric Aeschimann

Cyborg philosophie, par Thierry Hoquet, Seuil, 360 p.

Source : « Le Nouvel Observateur » du 27 octobre 2011.

Thierry Hoquet

L’auteur de « Cyborg philosophie »

Thierry Hoquet est ancien élève de l’ENS Ulm, et maître de conférences au département de philosophie de l’université Paris X Nanterre.

Secrétaire de rédaction de Corpus, revue de philosophie, il est directeur scientifique du site http://www.cnrs.buffon.fr et membre du conseil d’administration de la Société française d’histoire des sciences et des techniques (SFHST).

Champ de recherche

Son champ de recherche croise la philosophie des Lumières et les sciences de la vie du XVIIIe siècle à nos jours. Il a publié divers ouvrages sur Buffon et Linné et dirigé un numéro spécial « Mutants » de la revue Critique (juin-juillet 2006). Ses travaux portent sur Darwin, les cyborgs et la virilité ; sur la philosophie des sciences naturelles et biologiques, ainsi que sur les questions de genre et de sexualités. Il co-dirige en particulier avec Elsa Dorlin un projet sur le concept de « sexe » dans les sciences bio-médicales au XXe siècle.

Ses oeuvres

  • La Vie, Paris, Flammarion, 1999
  • Buffon, histoire naturelle et philosophie, Paris, Honoré Champion, 2005.
  • Buffon/Linné: éternels rivaux de la biologie?, Paris, Dunod, 2007.
  • Darwin contre Darwin : comment lire l’origine des espèces ?, Paris, Seuil, 2009.
  • La Virilité. À quoi rêvent les hommes ?, Paris, Larousse, coll. « Philosopher », 2009.
  • Cyborg philosophie : Penser contre les dualismes, Paris, Le Seuil, coll. « L’ordre philosophique », 2011

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La philosophie a-t-elle le monopole de la pensée ?

Posted by Hervé Moine sur 31 octobre 2011

2011

Les 15èmes semaines européennes de la philosophie

Citéphilo2011

du 8 au 29 novembre 2011

« L’art de faire »

Le propre d’une civilisation technicienne est de s’appuyer sur une conception du faire conçu généralement en termes d’application, où faire ne serait qu’exécuter ce que la pensée a préalablement conçu et élaboré. Placé sous la dépendance de la pensée et sous le signe de la séparation, le faire se voit alors retirer toute fécondité, toute inventivité. Une telle conception est caractéristique d’un abaissement général des activités pratiques, à quoi n’a longtemps échappé que la sphère à la fois préservée et magnifiée de l’Art.

C’est à penser autrement et à réconcilier la pensée et le faire que la présente édition de Citéphilo aimerait s’employer, ce qui va bien au- delà d’une simple réhabilitation de l’activité pratique ou technique. Cela nous incite plutôt à concevoir, à la manière de Valéry, une sorte de « poïétique générale » où l’on s’intéresserait aux multiples façons dont la pensée – toujours simultanément pratique – et le faire – toujours simultanément théorique – élaborent, conçoivent, imaginent, en un mot : inventent.

Programme qui suppose de convoquer, plus encore que dans les éditions précédentes, toutes sortes de pratiques, d’expérimentations, de performances – cinématographiques, plastiques, paysagères, chorégraphiques, analytiques, pédagogiques, sportives, médicales, musicales, littéraires, scientifiques, historiennes – qui viennent contester à la philosophie le monopole qu’elle s’accorde parfois sur ce qu’on appelle penser.

Il en résulte du même coup un bougé dans les traçages disciplinaires que nous ne pouvions mieux illustrer qu’en choisissant cette année de nous intéresser plus particulièrement à l’œuvre de Carlo Ginzburg, l’un des historiens contemporains qui a le plus fait pour renouveler à la fois l’art de faire et l’art d’écrire l’histoire – théoricien exemplaire de sa propre pratique, capable de faire dialoguer au plus près pensée théorique et fiction.

Thématique qui est loin d’épuiser le programme de cette édition 2011, où l’on fera, comme à l’accoutumée, leur place tant à l’actualité éditoriale qu’aux interrogations qui ne cessent de travailler notre présent.

Pour de plus amples informations : http://www.citephilo.org/

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La culture et la politique destinées aux élèves de classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES

Posted by Hervé Moine sur 26 octobre 2011

Cours particuliers de philosophie

Culture et politique

Charles-Eric de Saint Germain

Aux éditions Ellipses

Au sommaire de ce volume 1 à paraître en novembre 2011 :

  • La culture
  • L’art
  • Technologie et écologie
  • Le travail
  • Dieu et la religion
  • L’Etat et le pouvoir politique
  • La politique
  • Le droit et la justice.

Destinées aux élèves de Classes préparatoires littéraires, aux étudiants en IEP comme aux candidats au CAPES, ces leçons offrent une présentation globale et complète de l’ensemble des questions philosophiques du programme sous une forme pédagogiquement claire et accessible.

L’auteur propose dans ce premier volume consacré à la Culture et la Politique un traitement  » exhaustif  » des grandes notions (La Culture, l’Art, Technique et Ecologie, le Travail, Dieu et la Religion, l’Etat et le Pouvoir politique, la Politique, le Droit et la Justice). Pour cela, il a mobilisé quasiment l’intégralité des philosophes de la longue tradition qui est celle de la philosophie, depuis les présocratiques jusqu’à ses développements les plus contemporains.

Outre les philosophes  » classiques « , qui nourrissent la substance de ces cours, il mobilise des sociologues dont l’étude est désormais un  » passage obligé  » pour tout candidat un peu sérieux mais aussi des philosophes contemporains dont la connaissance s’impose aujourd’hui à tous ceux qui souhaitent se familiariser avec les enjeux de la réflexion contemporaine.

Leçons Particulières de Philosophie Volume 1 Culture & Politique (Culture Art Technique Ecologie)

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De la cuisine gastronomique à la bombe atomique : La main ou l’intelligence de l’homme ?

Posted by Hervé Moine sur 15 octobre 2011

Le grand chef Guy Savoy, 3 étoiles au guide Michelin cite Anaxagore

Anaxagore Vème s av. JC : "l'homme est intelligent parce qu'il a une main"

Effectuant des recherches sur la possible fabrication de la bombe atomique iranienne, je parcourais l’espace Débattre du Point, et je fus interpellé par un titre : Guy Savoy : « C’est la main qui fait l’homme », titre accrocheur pour moi ayant donné à mes élèves, il y a quelques temps, le sujet de dissertation philosophique suivant : « l’homme est-il le plus intelligent parce qu’il a des mains ou bien est-ce parce qu’il a des mains qu’il est le plus intelligent ? »

C’est cela surfer sur le net. A l’origine, on part d’une recherche bien précise, et, au final, l’attention accrochée à de multiples reprises amène à parcourir toute sorte de chemins tant et si bien que l’on se retrouve bien éloigné du but au départ fixé. En apparence seulement !

Dans cet article du Point, où le grand chef cuisinier, grand sage également qui revient sur les raisons qui l’ont attiré dans à la cuisine affirme en substance qu’être derrière les fourneaux n’est aucunement un bagne et qu’il faut définitivement tordre le cou au préjugé selon lequel les métiers manuels n’ont rien de dégradant.

« Arrêtons de nous faire croire que les métiers manuels n’ont pas la dimension des métiers intellectuels. C’est une douce hérésie. Comme si les cols blancs dominaient de la tête… et des épaules les cols bleus. » dit Guy Savoy et de citer et d’approuver Anaxagore : « L’homme est intelligent parce qu’il a une main ».

Mais le philosophe grec a eu un détracteur de poids : Aristote.

Relisons un célèbre extrait Des parties des animaux :

"C'est à l'être capable d'acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l'outil de loin le plus utile, la main"

« Anaxagore prétend que c’est parce qu’il a des mains que l’homme est le plus intelligent des animaux. Ce qui est rationnel plutôt, c’est de dire qu’il a des mains parce qu’il est intelligent. En effet, l’être le plus intelligent est celui qui est capable d’utiliser le plus grand nombre d’outils : or la main semble bien être non pas un outil, mais plusieurs. Car elle est pour ainsi dire un outil qui tient lieu des autres. C’est donc à l’être capable d’acquérir le plus grand nombre de techniques que la nature a donné l’outil de loin le plus utile, la main. Aussi ceux qui disent que l’homme n’est pas naturellement bien constitué, qu’il est le plus désavantagé des animaux, parce qu’il est sans chaussures, qu’il est nu et n’a pas d’armes pour combattre, sont dans l’erreur. Car les autres animaux n’ont chacun qu’un seul moyen de défense, et il ne leur est pas possible d’en changer. Ils sont forcés, pour ainsi dire, de garder leurs chaussures pour dormir comme pour faire tout le reste, il leur est interdit de déposer l’armure qu’ils ont autour du corps et de changer l’arme qu’ils ont reçue en partage. L’homme, au contraire, possède de nombreux moyens de défense, et il lui est toujours permis d’en changer, et même d’avoir l’arme qu’il veut quand il le veut. Car la main devient griffe, serre, corne, elle devient lance ou épée, ou toute autre arme ou outil. Elle peut être tout cela, parce qu’elle est capable de tout saisir et de tout tenir. La forme même que la nature a imaginée pour la main est adaptée à cette fonction. Elle est, en effet, divisée en plusieurs parties. Et le fait que ces parties peuvent s’écarter implique aussi pour elles la faculté de se réunir, tandis que la réciproque n’est pas vraie. Il est possible de s’en servir comme d’un organe unique, double ou multiple. »

Aristote, Des parties des animaux

Alors qu’en est-il exactement ?

L’intelligence humaine est certainement fabricatrice et créatrice pour reprendre la pensée bergsonienne de l’homo faber. Impossible de penser la main de l’homme sans l’intelligence et l’intelligence humaine sans la main ou la capacité de fabriquer. Autrement dit la main est bien davantage qu’un simple organe naturelle et l’intelligence humaine n’est pas qu’une entité immatérielle. Et quoiqu’il en soit c’est bien à la fois avec son intelligence et avec ses mains que l’homme est capable de fabriquer des armes de destruction massives, par exemple la bombe atomique. Pour ma part, je préfèrerais goûter les créations de Guy Savoy.

Hervé Moine

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Reprise des activités de l’Atelier Simondon : « Culture et Invention »

Posted by Hervé Moine sur 3 septembre 2011

Reprise des Activités de l’Atelier Simondon

Programme 2011/2012

L’Atelier Simondon est heureux de vous annoncer le redémarrage de ses activités.

Le cycle de séminaires de cette année, toujours organisé en partenariat avec la MSH Paris-Nord, sera intitulé « Culture et Invention« . Il s’agira ainsi de prolonger Simondon sur le terrain socio-politique, mais sans délaisser non plus les dimensions épistémologique et esthétique de la notion d’invention, ici mise en jeu comme centre d’une nouvelle culture et préférentiellement à la notion d' »innovation » – mot d’ordre dont il faudra montrer le contenu technocratique illusionnant. Dans cette perspective on proposera plusieurs confrontations de la pensée simondonienne à celles d’autres philosophes.

En voici une présentation et le programme des dix séances.

Présentation du programme de l’atelier

« Le devenir-technique de la culture est-il ce qui peut nous faire passer de la « culture du travail » à une « culture de l’invention » ? Et si oui, selon quelles modalités? Telles sont les deux questions, de type socio-politique, que ce nouveau séminaire entend prioritairement traiter, en prolongeant pour cela les pistes tracées par Simondon dans « Du mode d’existence des objets techniques » (1958) mais aussi dans le Cours de 1965-66 intitulé « Imagination et invention ». L’ère de l’information qu’anticipait Simondon est aujourd’hui devenue l’ère des réseaux numériques : la technique peut y entretenir une nouvelle relation à l’homme favorisant ce que Simondon appelait la « transindividualité ». Mais cela ne pourra se faire qu’en renonçant à une certaine « culture du travail », qui rendait impossible la compréhension de la nature profonde de la réalité technique : la transindividualité, dont l’invention technique fournit le « support », s’oppose en effet à l' »inter-individualité » mise en œuvre par les relations du travail dominées par l’organisation productiviste. C’est déjà ce qu’annonçait la très longue « Note complémentaire » à « L’individuation à la lumière des notions de forme et d’information » (ILFI, 2005) ».

  • 27 septembre 2011 : Vincent Bontems : « L’éthique des techniques chez Simondon et Gonseth« 
  • 11 octobre 2011 : Jean-Hugues Barthélémy : « Les anti-substantialismes de Bachelard, Merleau-Ponty et Simondon« 
  • 8 novembre 2011 : Christian de Ronde : « Potentiality in Quantum Mechanics : a Simondonian Interpretation« 
  • 6 décembre 2011 : Bernard Stiegler : « L’invention et la bêtise. Simondon ou l’oubli de Derrida lisant Deleuze« 
  • 17 janvier 2012 : Gilles Hiéronimus : « L’imagination du mouvement chez Bachelard et Simondon« 
  • 7 février 2012 : Sarah Margairaz et Julien Rabachou : « La puissance et le préindividuel : Simondon et Aristote« 
  • 6 mars 2012 : André Tosel : « Simondon et Marx : technique et politique » (journée d’étude avec la participation probable d’Andrea Bardin, Jean-Hugues Barthélémy, Vincent Bontems, Giovanni Carrozzini, et Andrea Cavazzini)
  • 3 avril 2012 : Sacha Loeve : « Figures de la technique dans l’oeuvre de Simondon« 
  • 15 mai 2012 : Baptiste Morizot et Brice Poreau : « L’individuation biologique. Simondon, Lamarck et Darwin« 
  • 5 juin 2012 : Arne de Boever : « Simondon et Baudrillard« 

Les séances auront lieu de 18h à 20h30, pour la plupart, en Salle des Actes, au 45, rue d’Ulm.

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Platon et la técknè : la voie des pratiques techniques

Posted by Hervé Moine sur 9 mars 2011

Platon et la técknè

Vendredi 25 mars 2011

Université de Franche-Comté à Besançon

Dans le cadre du séminaire de la Société d’Etudes Platoniciennes, « Platon et ses prédécesseurs », sous la direction de Luc Brisson, Arnaud Macé et Olivier Renaut est organisé une séance sur le thème « Platon et la técknè : la voie des pratiques techniques », vendredi 25 mars à l’Université de Franche-Comté à Besançon de 10h30 à 17h UFR LLPHI, Bâtiment L, salle R15.

Les intervenants de la journée sont : Rudolf Löbl de Darmstadt, Anne-Gabrielle Wersinger de l’Université de Reims Champagne-Ardenne, David Bouvier de l’Université de Lausanne et Tosca LYNCH de l’Université de St Andrews.

Au programme de la séance : « la voie des pratiques techniques »

  • Anne Gabrièle Wersinger : « Techniques et schématismes cognitifs : quelques exemples chez les anciens Grecs »
  • David Bouvier : « Quand Platon confisque son nom au poète : remarques sur le verbe poiein et l’intelligence poïétique, d’Homère à Platon »
  • Tosca Lynch : « A Sophist `in disguise’: a reconstruction of Damon of Oa and his role in Plato’s dialogues »

La société d’Etudes Platoniciennes

La Société d’Études Platoniciennes, fondée en 2001 par Luc Brisson, Francesco Fronterotta et Jean-François Pradeau, s’efforce de promouvoir les études platoniciennes de différentes façons. Elle a créé une publication annuelle, les Études platoniciennes, qui paraît à Paris aux éditions des Belles Lettres et rassemble dans chacun de ses numéros des études en cinq langues consacrées à l’œuvre de Platon et à l’ensemble de la tradition platonicienne.

Dans cette revue, les membres de la Société d’Études Platoniciennes rédigent chaque année un « Bulletin Platonicien » international, composé de comptes rendus qui tentent de couvrir au mieux les publications récemment consacrées au platonisme, en France comme à l’étranger. Chaque numéro des Études Platoniciennes comporte en outre une « Bibliographie Platonicienne », qui pour sa part s’attache à donner la liste presque exhaustive de toutes les publications platoniciennes.

La Société d’Études Platoniciennes organise une « Journée d’Études Platoniciennes », qu’elle consacre le plus souvent à la présentation d’un ouvrage marquant, en compagnie de son auteur.

Enfin, la Société s’attache à promouvoir les colloques et séminaires consacrés à la tradition platonicienne, et c’est à ce titre qu’elle promeut l’organisation d’un « Séminaire de la Société d’Etudes Platoniciennes », mis en oeuvre par le CNRS, l’Université de Paris Ouest Nanterre-La Défense et l’Université de Franche-Comté.

 

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Herschel. Nouvelle fenêtre d’observation de l’univers et nouveau champs d’investigations sur notre origine

Posted by Hervé Moine sur 7 mars 2011

Atelier Simondon « Individuation et Technique »

Jeudi 15 mars 2011 : « La mécanologie du satellite Herschel »

Par l’astrophysicien Vincent Minier

Après l’intervention de Georges Chapoutier (CNRS) dans le cadre de l’atelier Simondon « Individuation et technique » mardi 15 février dernier qui nous interrogeait sur la question de savoir : « Jusqu’où sommes-nous des singes philosophes ? » (Entre le grand philosophe Emmanuel Kant et les chimpanzés, un fossé infranchissable ?), c’est au tour de Vincent Minier, astrophysicien de son état de nous entretenir et « La mécanologie du satellite Herschel » et de nous faire part de ses travaux, jeudi 15 mars 2011.

La séance aura lieu de 19 à 21h, 45 rue d’Ulm, dans l’Amphithéâtre Rataud.

Voir le site de l’atelier Simondon : http://atelier-simondon.ens.fr/

Vincent Minier, astrophysicien
Vincent Minier, astrophysicien

Vincent Minier, l’importance de diffuser la culture des sciences et des techniques

Docteur en radio-astronomie et ingénieur en micro-électronique de l’Ecole polytechnique Chalmers en 2000 (Suède), Vincent Minier est astrophysicien au Commissariat à l’Energie Atomique Saclay (http://www.cea.fr/).

Après avoir étudié à l’Université de Nantes et à l’Institut d’astrophysique de Paris (UPMC), il devient Coopérant du service national et doctorant en Suède. Il séjourne deux ans à Sydney pour revenir en France en 2003, justement à Saclay, au célèbre Centre pluridiscisplinaire, où il est l’un des 5000 chercheurs.

Auteur de près d’une centaine d’articles et de communications scientifiques, l’expertise de Vincent Minier réside dans le domaine de la formation des étoiles, en particulier dans les signatures et la compréhension des mécanismes à l’oeuvre dans les phases de gestation des étoiles massives. Ses travaux actuels en astrophysique portent sur la formation des étoiles dans les nuages moléculaires géants, en particulier dans le cadre des programmes d’observation du télescope spatial Herschel en astronomie infrarouge. La recherche du meilleur site terrestre pour l’astronomie submillimétrique et le potentiel de l’Antarctique comme un site d’accueil d’un observatoire sont également ses champs d’investigation.

Enfin il mène des travaux de recherche en histoire et philosophie des sciences sur les grands instruments de l’astrophysique et sur leur contribution à la production de discours prometteurs sur origines de l’homme, de la planète, de l’univers.

En outre, Vincent Minier a un goût affirmé pour la diffusion de la culture scientifique et technique sur le Web : il est rédacteur en chef et concepteur du site Web dédié au télescope spatial Herschel, et intervient souvent à travers des conférences publiques. Pour s’en convaincre on consultera les liens de sites et média suivant dont notre chercheur est créateur ou rédacteur :

Télescope Herschel Credits: ESA 2002/Medialab

Télescope Herschel Credits: ESA 2002/Medialab

 

La technique n’est-elle qu’une application de la science ?

La technique ne peut-elle pas contribuer à l’investigation et l’élaboration de la science. Le cas du télescope Herschel.

Une science à l’âge de ses instruments d’observation et de mesure affirmait le philosophie épistémologue Gaston Bachelard. Les innovations technologiques peuvent en effet ouvrir sur d’autres mondes, changer l’échelle d’observation et aboutir à des crises scientifiques très fructueuses. De la lunette Galilée au télescope spatial Herschel que de chemins parcourus en astrophysique ! Herschel qui possède le plus grand miroir construit à ce jour pour l’astronomie spatiale est un télescope spatial Herschel doit son nom au physicien William Herschel (1738-1822), le savant à qui l’on doit la découverte de  l’infrarouge en 1800. Herschel, le plus grand télescope spatial pour l’astronomie dans l’infrarouge et le submillimétrique, a été lancé par Ariane, le 14 mai 2009. Un mois pile après son lancement, situé à plus d’un million de kilomètres de la Terre, il a porté son premier regard sur la galaxie Messier 51. Dès lors, ce télescope spatiale a ouvert une nouvelle fenêtre d’observation sur l’univers.

Désormais, il s’attaque aux mystères de la naissance des étoiles et de l’évolution de la vie des galaxies. Comment les galaxies se forment-elles et évoluent-elle dans la jeunesse de l’Univers ? Comment les étoiles se forment-elles et évoluent-elle en relation avec le milieu interstellaire des galaxies ? Herschel étudie également la chimie du milieu interstellaire des galaxies, des comètes et du système solaire. Comment la matière des galaxies est-elle recyclée ? Herschel observe cette interaction entre atomes, molécules et poussières à différentes échelles dans les galaxies proches, et dans le milieu interstellaire et à proximité des étoiles de notre galaxie. Quelle est l’origine des molécules essentielles à la vie telles que les acides aminés observés dans les météorites du Système Solaire ? Grâce à Herschel, il est possible d’étudier les signatures de nombreuses espèces chimiques, et ainsi déterminer la composition de l’environnement d’embryons stellaires à différents stades d’évolution, ce qui permettra de mieux comprendre l’évolution chimiques des régions de formation stellaire, en particulier celles de type solaire.

Pour en savoir davantage, il est possible d’écouter l’intervention de Vincent Minier, le 15 mars prochain ou bien de consulter le site de la Mission Herschel : http://www.herschel.fr/index.php

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Dela théorie des ensembles aux racines du numérique

Posted by Hervé Moine sur 3 mars 2011

Sciences et Société

Il était une fois la théorie des ensembles…

Par Patrick Dehornoy

17 mars 2011

IUT Charlemagne – Nancy

La prochaine conférence du cycle « Sciences et Société » organisé par l’IUT Nancy-Charlemagne, intitulée « Il était une fois la théorie des ensembles…  » aura lieu le jeudi 17 mars 2011 à 20h30, dans l’Amphi Botté de l’IUT Nancy-Charlemagne, 2 ter boulevard Charlemagne, Nancy. Le conférencier est Patrick Dehornoy,  professeur à l’Université de Caen, membre de l’Institut Universitaire de France et directeur adjoint de l’Institut National des Sciences Mathématiques et de leurs Interactions(CNRS).

Dans les années 1970, la théorie des ensembles a fait irruption dans l’enseignement des mathématiques, sans qu’on ait toujours une vue claire ni de l’origine de cet engouement, ni des principes scientifiques pouvant le justifier, ni tout simplement de ce qu’est la théorie des ensembles.

Cet exposé visera à remettre ces questions en perspective en dissipant quelques malentendus et en donnant une petite idée de ce qu’est vraiment la théorie des ensembles, y compris aujourd’hui, bien après que la mode en soit passée.

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Les inversions mentales de l’informatique, racines de la révolution numérique

Gérard Berry

jeudi 31 mars 2011

IUT Charlemagne – Nancy

La deuxième conférence intitulée « Les inversions mentales de l’informatique, racines de la révolution numérique » aura lieu le jeudi 31 mars 2011 à 20h30 dans l’Amphi Botté de l’IUT Nancy-Charlemagne, 2 ter boulevard Charlemagne Nancy. Le conférencier est Gérard Berry, ingénieur général des Mines en détachement à l’INRIA, professeur au Collège de France, chaire Informatique et sciences numériques 2009-2010 et au Collège de France, chaire d’Innovation technologique 2007-2000. Il est également membre de l’Académie des Sciences, de l’Académie des Technologies , et de l’Academia Europaea.

Dans les 50 dernières années, la science et la technologie informatique ont connu un suite d’évolutions majeures, qui ont provoqué des bouleversements considérables dans de nombreux pans de la société et dans la plupart autres sciences. Avec l’arrivée massive de réseaux rapides et ubiquitaires, de nouveaux types d’objets informatisés, et de nouvelles capacités de modélisation et de contrôle de phénomènes de plus en plus complexes, ce grand mouvement va encore s’accélérer et étendre son impact. Il produira de nombreux effets spectaculairement bénéfiques un peu partout, mais aussi des tensions et rejets de tous ordres, souvent liés au fait que la compréhension des phénomènes réels à l’œuvre et des enjeux associés reste trop peu répandue, même chez les ingénieurs et les scientifiques. Nous étudierons les causes intimes de tous ces bouleversements, et surtout les inversions mentales majeures que produit l’informatique dans de nombreux domaines, quelquefois à l’insu de leurs acteurs. Nous montrerons aussi les difficultés du sujet, en particulier les bugs qui en font intimement partie. Nous insisterons enfin sur ce qu’il est indispensable de faire pour que nous fassions encore partie des créateurs du monde numérique qui s’installe inexorablement.

Ce cycle de conférences est organisé par l’IUT Charlemagne, l’Institut Elie Cartan et la Fédération Charles Hermite avec le soutien de Nancy-Université et la région Lorraine.

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