Actuphilo

Actualité philosophique et réflexion philosophique sur l'actualité

Posts Tagged ‘temps’

Conférence. « Sciences, liberté et loisir : Platon et l’ANR »

Posted by Hervé Moine sur 21 janvier 2016

Le temps et la liberté sont-ils nécessaires voire spécifiques à l’activité scientifique ? et, si oui, pourquoi ?

Pour y réfléchir, il conviendra d’examiner la genèse de cette thèse chez Platon, dans la digression du Théétète, en la replaçant dans son contexte politique et philosophique, puis on se demandera si elle est, oui ou non, “périmée” à partir de divers épisodes de l’histoire des sciences jusqu’à notre époque. Tel est en résumé ce dont il sera question dans la conférence de Thomas Benatouïl intitulée « Science, liberté et loisir : Platon et l’ANR », dans le cadre d’une séance du séminaire de l’UFR Humanités, mardi 26 janvier, à 17h15, à la salle A3 363 à l’Université de Lille 3.

Thomas Benatouïl est professeur de philosophie à l’Université de Lille 3 (UFR Humanités / département Philosophie, laboratoire STL)

En savoir davantage sur Thomas Benatouïl : http://stl.recherche.univ-lille3.fr/sitespersonnels/benatouil/accueilbenatouil.html

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Que Dieu te comble d’années

Posted by Hervé Moine sur 6 novembre 2011

Bertrand Vergely

Retour à l’émerveillement

Chez Albin Michel

Collection Essais Clés

Présentation de l’ouvrage de Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement

« Notre devoir le plus impérieux est peut-être de ne jamais lâcher le fil de la Merveille. Grâce à lui je sortirai du plus sombre des labyrinthes ». Partant de cette magnifique formule de Christiane Singer, qui fut son amie, Bertrand Vergely s’attaque à un sujet non seulement essentiel, mais indispensable à l’équilibre de chaque être humain : l’acte de savoir s’émerveiller, envers et contre tout. Cet essai écrit d’une plume vive est un vibrant plaidoyer pour retrouver l’amour de la vie et la noblesse de l’âme.

Qui s’émerveille n’est pas indifférent mais est ouvert au monde, à l’humanité, à l’existence. Il rend possible un lien à ceux-ci. On comprend donc que la faculté de s’émerveiller soit jugée comme la

chose la plus précieuse qui soit. On peut être pauvre mais si l’on sait s’émerveiller, on est riche.

Bertrand Vergely enracine sa grande culture et son propos dans une véritable philosophie du vécu, et montre comment il est possible de renouveler sans cesse ses capacités d’émerveillement devant

l’existence.

Se procurer de l’ouvrage de Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement

Bertrand Vergely : « Bien vieillir c’est savoir rester jeune »

Interview par Chantal Cabé – publié dans La Vie le 04 novembre 2011

http://www.lavie.fr/bienvivre/sante/bertrand-vergely-bien-vieillir-c-est-savoir-rester-jeune

Qu’est-ce que la vieillesse et pourquoi certains vieillissent-ils mieux que d’autres ? Peut-on se préparer à vieillir ? Réflexion avec Bertrand Vergely, philosophe, sur cette question existentielle.

Le philosophe et théologien Bertrand Vergely est l'auteur de "Retour à l'émerveillement" © Camille Tassel

Le philosophe et théologien Bertrand Vergely est l'auteur de "Retour à l'émerveillement" © Camille Tassel

Bien vieillir, est-ce rester jeune ?

Oui, c’est le paradoxe. Les gens qui vieillissent bien n’ont pas tué leur jeunesse. Ils savent s’émerveiller. Bien vieillir, ce n’est donc pas tant être jeune que savoir le rester. En l’occurrence, c’est savoir recevoir la vie comme don et comme présent. C’est être présent. Le philosophe Martin Heidegger explique cela quand il parle d’« habiter l’existence ». Bien vieillir, c’est être capable d’habiter tous les âges de sa vie : l’enfance, la jeunesse, l’âge adulte et la vieillesse.

L’homme est-il comme le bon vin, se bonifie-t-il avec le temps ?

Oui, comme le vin prend de l’ampleur en mûrissant, nous nous bonifions tous avec le temps. Les vignerons ne perçoivent pas le vieillissement du vin comme un handicap mais comme une absolue nécessité. Trop jeune, le vin est acide. Il n’a pas cette patine que donne le fait d’habiter le fût. Mûrir, c’est l’œuvre du temps, de la bonification. Les personnes qui vieillissent bien ne sont pas obsédées par les inconvénients de l’âge – il y en a toujours. Elles ont comme principal souci de demeurer dans la vie et dans l’intelligence. Et elles en sont récompensées en faisant tous les jours des découvertes intellectuelles, affectives, sentimentales. Elles vivent.

Comment expliquez-vous, alors, que certains d’entre nous échappent aux bénéfices du temps ?

Si certaines personnes sont vieilles, c’est pour une seule raison : elles se comparent aux autres. Si, par exemple, vous regardez votre passé de femme et vous dites : « Ah, ce que j’aimerais être cette jeune fille ravissante pour que tous les garçons me regardent », vous plongerez dans la tristesse. Vous courrez derrière votre jeunesse que vous ne rattraperez jamais. C’est l’enseignement de Jean-­Jacques Rousseau. L’inégalité sociale apparaît dès qu’on regarde dans l’assiette du voisin et qu’on en est jaloux : « Il a ça et moi pas, je ne comprends pas. » Dans son livre Éloge de la faiblesse, le philosophe et écrivain contemporain suisse Alexandre ­Jollien fait un constat semblable, que l’on peut résumer ainsi : « Moi qui suis handicapé, si je regarde le corps des autres, je suis mort. Si je reste à l’intérieur de moi-même sans me comparer aux autres, je suis sauvé. » En ce sens, pour bien vieillir, il faut être capable de détachement et d’humour. Si on ne prend pas de recul, on est mort. Vieillir implique une croissance, alors qu’être vieux est synonyme de décadence. Vieillir, c’est aller dans la vie. Être vieux, c’est perdre le goût de la vie.

Les personnes qui « vieillissent bien » ont-elles des caractéristiques communes ?

Toutes gardent de la curiosité intellectuelle et s’intéressent aux autres. Selon le philosophe Friedrich Nietzsche, il existe de multiples façons de regarder l’existence. Je peux l’envisager du point de vue de l’enfance, sans être un éternel enfant. Je peux la regarder du point de vue de la jeunesse, sans être un éternel adolescent. Je peux la voir du point de vue de l’âge adulte pour, à un moment donné, la voir avec les yeux de la vieillesse. L’important étant d’aller toujours plus loin. Le regard qu’on porte sur la vie peut en changer le cours.

Quelle est la démarche à suivre pour accepter de vieillir ?

Accepter de vivre. Ne pas penser que la vieillesse tue la vie mais que la vie peut réveiller la vieillesse. Plus on vit longtemps, plus on a de chances de fabriquer ce recul extraordinaire que donne la vieillesse. C’est pour cela que les Grecs se souhaitent « Chronia pola », c’est-à-dire : « Que Dieu te comble d’années. »

Se procurer de l’ouvrage de Bertrand Vergely, Retour à l’émerveillement

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Comprendre la pensée de saint Augustin

Posted by Hervé Moine sur 3 novembre 2011

Treize notions-clés chez saint Augustin

Par Jean Montenot (Lire), publié le 01 novembre 2011

http://www.lexpress.fr/culture/livre/treize-notions-cles-chez-saint-augustin

Pas évident de comprendre la pensée de saint Augustin. En voici treize notions-clés.

Avant de devenir le chrétien, l’évêque, puis le saint que l’on connaît, Aurelius Augustinus fut profondément influencé par la philosophie. Dans les Confessions notamment, il reconnaît lui-même sa dette à l’égard de cette discipline. Dans la lignée du Cicéron des Tusculanes ou de l’Hortensius (traité d’exhortation à la philosophie aujourd’hui perdu, et qu’Augustin connaissait par coeur), il comprenait la philosophie avant tout comme amour de la sagesse et comme « science des choses humaines et divines ». Augustin, formé à la rhétorique, dont la culture littéraire et biblique était très grande et de première main, n’était pas pour autant stricto sensu un philosophe. La philosophie, sagesse païenne, devait trouver son accomplissement et sa raison d’être dans la découverte du Dieu des chrétiens. La conversio ad philosophiam (conversion à la philosophie) n’était donc qu’une étape d’un chemin conduisant jusqu’à la foi, le seul vrai sage étant celui qui aime Dieu (La cité de Dieu, VIII, 1) – sagesse authentique – et la seule « voie vérissime » ayant pour nom le Christ. Il ne faut donc pas tant chercher des idées ou des « concepts philosophiques » augustiniens, mais montrer plutôt comment sa soif initiale de philosophe désirant passionnément la vérité a infléchi sa compréhension des Ecritures et comment en retour ses convictions tirées de son interprétation de la Bible ont contribué à imposer une certaine interprétation des « concepts fondamentaux » de la pensée occidentale. Mais, pour Augustin, l’expérience concrète de la vie porte la double dimension philosophique et religieuse de son oeuvre. Enfin, il faut savoir que sur de nombreuses questions Augustin a évolué et rien ne serait plus contraire à son esprit que de vouloir enserrer sa pensée dans un réseau de définitions figées.

Ames

De la conception antique de l’âme, Augustin retient que tout vivant est animé, doté d’une âme (anima, féminin), mais il réserve cependant le terme d’animus(masculin) à l’âme rationnelle de l’homme ou à l’esprit (mens). C’est dans l’esprit des doctrines platoniciennes qu’il définit l’âme humaine comme « une substance douée de raison et apte à gouverner un corps » (De la grandeur de l’âme,XIII, 22). De la tradition chrétienne, il retient une conception de l’âme individuelle – « moi, l’âme » (animus, Confessions,X, 9, 6) – caractérisée essentiellement par son rapport au Dieu créateur: l’âme est capax Dei « capable de Dieu » (La Trinité,XIV, 4, 6, 8, 11), porteuse de ce Dieu à l’image duquel elle a été créée. Aussi est-elle le point d’accès essentiel à Dieu « plus intime à moi-même que moi-même ». C’est pourquoi enfin Augustin déclare « ne vouloir connaître que Dieu et l’âme » (Soliloques, I, 2, 7) et que le bonheur recherché dans le traité La vie heureuse est bien celui de l’âme qui ne trouve son repos et son souverain bien qu’en Dieu.

Amour/Charité

L’amour est au centre de l’oeuvre d’Augustin. Il désigne ce qui met l’âme en mouvement, ce qui lui donne force et vie, en la conduisant vers son « lieu naturel »: « Ma pesanteur, c’est mon amour » (pondus meum amor meus, Confessions,XIII, 9). Il est aussi au principe de toutes les vertus et de la perfection à laquelle elles tendent. Contrairement aux auteurs qui distinguent entre la dilectio (positive) et l’amor (négatif), Augustin les identifie et les fait culminer dans la charité (caritas), forme suprême de l’amour puisque, se donnant sans réserve, la charité s’assure la possession du Bien suprême. La charité s’exprime dans le commandement du Christ: « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean, 13, 34) et, bien sûr, dans l’Incarnation. Parmi les quatre objets susceptibles d’être aimés, il y a Dieu bien sûr, nous-mêmes, notre prochain et le corps (cela étant rappelé pour ceux qui ne voient dans le christianisme que contemption du corps). Cependant il faut distinguer entre l’amour et ses contre-images: le véritable amour de soi consiste à aimer Dieu, ce soi plus intime que soi, qui est le Bien suprême et non un bien parmi d’autres. L’amour de soi devient source d’iniquité quand, oublieux de sa destination naturelle, il est cultivé pour lui-même. Il faut donc fermement opposer la dilectioau désir concupiscent (cupiditas, libido) hérité du péché originel. C’est bien sa soif de l’amour véritable qu’évoque la célèbre formule: « Je n’aimais pas encore, mais j’aimais aimer » (Nondum amabam sed amare amabam, Confessions,XIII, 9). En revanche la formule « La mesure de l’amour de Dieu, c’est de l’aimer sans mesure », souvent attribuée à Augustin, est en fait de saint Bernard de Clairvaux dans son Traité de l’amour de Dieu.

Civitas, Cité

Le thème des « deux cités », motivé par le sac de Rome et à l’origine élaboré par Tyconius, un adversaire donatiste, permet de préciser les relations entre l’ordre temporel et l’ordre spirituel. L’idée est que, sans renoncer à leur appartenance à une société temporelle, les chrétiens appartiennent toujours en même temps à une autre société universelle: « Deux amours ont donc fait deux cités, l’amour de soi jusqu’au mépris de Dieu, la cité terrestre, l’amour de Dieu jusqu’au mépris de soi, la Cité céleste. L’une se glorifie en elle-même, l’autre dans le Seigneur. L’une demande sa gloire aux hommes; l’autre tire sa plus grande gloire de Dieu, témoin de sa conscience. » (La cité de Dieu, XIV, 2) La doctrine d’Augustin implique la tension interne chez le chrétien entre l’orientation de la volonté vers Dieu ou vers soi-même. Elle interdit de sacraliser les institutions temporelles, y compris l’Eglise en tant que puissance temporelle, mais pas de défendre sa patrie. Même si elles sont distinctes essentiellement, les cités n’en sont pas moins mêlées dans les faits et la Rome des papes n’est pas le paradis, ni celle des Césars, l’enfer.

Cogito

Les historiens de la philosophie ont appelé cogito l’argument de Descartes qui consiste à affirmer l’évidence de l’existence du sujet pensant comme première vérité ainsi que sa séparation essentielle d’avec le corps. On a dit que Descartes avait emprunté son cogito à Augustin jusque dans son détail (argument du rêve, argument de la folie, argument du si fallor sum, « si je me trompe je suis »). Les premières formulations augustiniennes de l’argument se trouvent dans La vie heureuse et dans le Traité du libre arbitre, mais c’est dans La Trinité (XV, 12.21) et dans La cité de Dieu(XI, 26) que le parallèle est le plus manifeste. Si les deux démarches conduisent de l’épreuve du doute à la certitude de l’existence du sujet pensant et, de là, à la démonstration de l’existence de Dieu, le projet cartésien – établir quelque chose de ferme et de constant dans les sciences, autrement dit assurer une solide assise métaphysique aux sciences – diffère de celui d’Augustin – quête spirituelle de Dieu. La différence conceptuelle essentielle tient à ce que Descartes confère de l’être ou de la substantialité à la pensée en tant que telle – c’est la fameuse res cogitans- tandis que, pour Augustin, l’être de la pensée tient en un « je suis » – un sum – qui doit toute sa substantialité à Dieu.

Etre

La doctrine augustinienne de l’être s’inscrit dans une perspective indissociablement philosophique et religieuse: conformément à l’exégèse la plus courante d’Exode, 3, 14 : « Je suis Celui qui suis » – Dieu y est l’être par excellence, la source parfaite de toutes les existences créées par lui ex nihilo et Celui vers qui toutes les créatures tendent. Mais l’Augustin de la maturité (Homélies sur l’Evangile de Jean,38, 8 ) insiste sur la difficulté qu’il y a à comprendre la teneur de ce verset. Dans sa jeunesse, Augustin ne concevait l’être (et donc Dieu) que de manière matérielle. Sous l’influence de la philosophie platonicienne, il a été conduit à considérer à envisager Dieu comme un être immatériel, immuable et spirituel dont l’activité créatrice, comprendre donatrice d’être et d’existence, est continue et gratuite. C’est par l’âme – elle aussi immatérielle – que l’on peut s’approcher de l’être immatériel et intelligible de Dieu. Du platonisme éclectique de son temps dérive aussi une conception hiérarchisée des niveaux de réalité : au niveau de réalité le plus élevé – en Dieu – il y a les rationes aeternae, raisons éternelles plus ou moins équivalentes aux Formes intelligibles platoniciennes, lois de la raison et prototypes de toutes les idées créées. Au niveau intermédiaire, il y a la ratio hominis (raison humaine), qui se situe à l’articulation de l’éternel et du temporel, la raison se subdivisant en ratio superiorqui regarde vers le hautet en ratio inferior, qui regarde vers le bas, vers le troisième niveau, celui des réalités périssables et corporelles. La compréhension augustinienne de l’être se raffine encore dans son usage proprement théologique, par exemple s’agissant des conséquences ontologiques de la doctrine trinitaire, il utilise le terme technique d’essence suprême (summa essentia) pour désigner l’unité de l’Etre de Dieu.

Foi

On a fait d’Augustin l’un des pères du « croire pour comprendre », si essentiel à la pensée chrétienne médiévale. Jusqu’à sa conversion finale, à travers ses adhésions au rationalisme baroque des manichéens, au scepticisme de Cicéron et à son antidote platonicien, Augustin a d’abord longtemps cherché à atteindre la vérité sans faire appel à la foi. Une fois converti, Augustin s’est par la suite souvent référé à la parole d’Isaïe (7, 9) « Si vous ne croyez pas, vous ne comprendrez pas ». La foi – ou la croyance, chez Augustin le substantif fides et le verbe crederesont équivalents – est en effet nécessaire à la compréhension de la vérité. Adhésion personnelle et consentement reconnu, elle est assentiment aux vérités révélées par l’Ecriture: « Même croire n’est pas autre chose que penser en donnant son assentiment […]. Quiconque croit pense, et en croyant il pense et en pensant il croit […]. Si elle n’est pas pensée, la foi n’est rien » (Sur la prédestination des saints, 2, 5). La foi diffère cependant de la connaissance au sens le plus élevé, car elle doit être complétée par la caritas, don et grâce divine.

Grâce

Le « docteur de la Grâce » – c’est ainsi que l’on désigne parfois Augustin – a fourni à l’exégèse et aux commentaires théologiques l’occasion d’innombrables discussions sur cette question difficile. Généralement, le terme désigne l’action divine sur les anges et les êtres humains qui les conduit à Le reconnaître et à L’aimer. Pour Augustin, la grâce est la condition essentielle et gratuite du salut. Cela implique – et c’est ce qui a choqué un Pélage et ses sectateurs – que les hommes, blessés dans leur condition par le péché, ne sauraient par leurs seuls efforts obéir aux ordres divins (et donc faire quelque chose de bien) et qu’ils doivent pour y parvenir libérer leur volonté en sollicitant les moyens divins, autrement dit la grâce. De là, les interminables débats sur la liberté de l’homme et sur la prédestination. Pour résumer grossièrement la chose : pas de salut sans grâce divine. Toutefois, la grâce n’annule pas le libre arbitre des hommes. Condition nécessaire mais non suffisante, elle ne garantit pas le salut de celui qui, bien qu’en ayant reçu le don, fait un mauvais usage de sa liberté.

Liberté

Sous prétexte qu’elle refuse de proportionner la grâce aux mérites – ce qui alimenterait le péché d’orgueil – la doctrine augustinienne ne réduit pas pour autant les êtres humains à n’être que des « marionnettes dans la main de Dieu » (De la grâce et du libre arbitre). La volonté libre n’est en effet pas détruite par la prévalence de la grâce, mais elle ne concourt qu’au péché si elle n’est pas secondée par la grâce divine. Par ailleurs, Augustin distingue soigneusement la liberté politique de la liberté religieuse.

Mal/Péché

L’une des thèses fondamentales d’Augustin, peu audible si on ne la met pas en perspective avec la réfutation du manichéisme dont Augustin avait été un adepte, est que le mal n’existe pas. Le mal n’est rien en lui-même, sinon la privation du bien, sa mutilation: c’est la nature déchue en tant que viciée par les péchés, au premier desquels il faut compter le péché originel qui a eu pour conséquence la rébellion du corps contre l’âme, d’où sont issues la concupiscence et l’ignorance. Le mal n’est donc pas pensable, sinon justement par référence au bien dont il est privation et, pour ce qui concerne le mal moral, il est l’effet du mésusage par l’homme de son libre arbitre.

Rétractations

Rétractations est d’abord le titre d’un traité d’Augustin (achevé en 427) assez unique en son genre puisqu’il s’agit de la révision par Augustin de l’ensemble de son oeuvre. C’est aussi la marque de l’humilité du penseur, l’aveu de la faillibilité de tout penseur et du caractère ouvert de sa pensée. C’est aussi un exemple sans équivalent de relecture, chez un auteur ancien, de sa propre oeuvre.

Sagesse

La sapientia,ou sagesse, se distingue de la scientia, ou science, en ce que la première a pour objet le monde éternel et immuable, tandis que la seconde est connaissance du monde temporel et muable. La sagesse étant acquise par la raison supérieure (voir « être ») et la science par la raison inférieure. Le péché affecte la capacité humaine d’atteindre la sagesse et donc le bonheur. Augustin distingue par ailleurs entre sagesse immédiate- que les âmes bienheureuses pourront atteindre dans la vision béatifique (La cité de Dieu,XXII, 29), cette contemplation remplaçant dans la vie à venir la foi – et sagesse médiate qui suppose la médiation de l’Incarnation, de l’enseignement du Christ, de la Bible et de l’Eglise.

Temps

« Tant qu’on ne me le demande pas, je sais [ce qu’est le temps], dès qu’on me demande de l’expliquer, je ne le sais plus », lit-on dans les Confessions(XI, 14). Augustin analyse cependant dans ce même livre la question du temps de manière extrêmement suggestive, l’insérant dans une réflexion plus générale sur la création. Distinguant d’abord le temps relatif à l’existence des choses créées et l’éternité de leur créateur, il conclut qu’il n’y a pas de sens à se demander ce qu’il y avait avant la Création puisque le temps lui-même, avec la distinction de ses trois dimensions, commence avec la Création. Mais c’est certainement la description de la conscience intime du temps et de son essence fragmentaire du point de vue de l’âme humaine qui témoigne le mieux du génie d’Augustin. Rien n’est plus caractéristique de la relation de l’âme au temps que la métaphore de la distentio animi qui, en rendant possible la coexistence du futur et du passé dans le présent vécu par l’âme, explique qu’on puisse percevoir la durée et en effectuer la mesure.

Vérité

La vie d’Augustin est une quête constante de la vérité comme l’attestent les Confessions. Des Ecritures, il tire un « concept » de vérité identifié à Dieu – « le vrai […] c’est ce qui est » (id est quod est, Soliloques,II, 5, 8) -, de l’idée du bien platonicienne, l’idée d’un Dieu qui éclaire de sa lumière le monde intelligible comme le soleil illumine le monde sensible. De cela ressort la doctrine spécifiquement augustinienne de l' »illumination divine ». La métaphore apparaît notamment dans les Soliloques, où il discute de la question de l’immortalité et dans La cité de Dieu,X, 2, 1) où s’opère une sorte de conciliation entre la doctrine platonicienne (ou plutôt plotinienne) de l’illumination et les lieux scripturaires qui ont conduit Augustin à identifier Dieu à une lumière intelligible. Il diffère de Platon en ce que cette lumière touche l’homme en entier et non seulement sa part intelligible. Aussi la quête de la vérité se confond-elle avec la recherche du bonheur et de la sagesse. Dieu est le « maître intérieur » qui fait que nous prenons conscience de la vérité d’un discours ou d’une démonstration. Ainsi n’est-ce pas le maître qui enseigne au disciple la vérité, mais ils sont l’un et l’autre soumis à la vérité intérieure qui réside dans l’âme même, « c’est-à-dire le Christ vertu immuable et Sagesse éternelle de Dieu » (Du Maître, XII, 38). Enfin, de même que le mal n’est rien qu’une privation du bien, le faux n’est qu’une déviation du vrai.

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Dramaturgie de la pensée ou aveux sur le temps

Posted by Hervé Moine sur 13 mars 2011

 

Rencontre avec Denis Guénoun

Présentation et interprétation de son spectacle

Qu’est-ce que le temps ?

Spectacle interprété par Stanislas Roquette

Samedi 26 mars 2011 à 15h

Théâtre de Gennevilliers

 

 

 

 

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Denis Guénoun

Le spectacle

Dans le Livre XI des Confessions, Augustin pose une question à la fois simple et vertigineuse : « Qu’est-ce que le temps ? » Il ajoute, dans une formule passée à la postérité : « Si personne ne me le demande, je sais. Si on me le demande et que je veux l’expliquer, je ne sais plus. » Ces pages, à la fois claires et profondes, fournissent une étonnante matière pour une expérience théâtrale. Il s’agit en effet, à la fois d’accompagner le penseur dans sa réflexion, et en même temps de donner corps à celle-ci, de ne jamais lâcher le parti-pris de la diction et de la vision les plus concrètes.

Le spectacle est construit sur une « dramaturgie de la pensée » : l’acteur cherche pour chaque énoncé la présence scénique la plus claire, et aussi à passer d’une idée à l’autre, non pas seulement par une déduction mentale, mais par une sorte de chemin physique. On s’appuie pour cela sur la forme très particulière du texte d’Augustin, sans cesse adressé à un interlocuteur exigeant et attentif qui se situe à la fois hors de lui et en lui-même. Le texte est interprété dans la toute récente traduction de l’écrivain Frédéric Boyer sous le titre « Les Aveux » (P.O.L., 2007).

ActuPhilo du 8 février 2011 : Philo-Théâtre. Une question simple et abyssale : « qu’est-ce que le temps ? »

Le metteur en scène du spectacle

Denis Guénoun est professeur à l’université Paris-Sorbonne, tout en ayant été a été comédien, metteur en scène, puis directeur du Centre Dramatique National de Reims. Auteur de textes de théâtre, parmi lesquels Lettre au directeur du théâtre (Cahiers de l’Egaré 1996), Monsieur Ruisseau (Circé 1997), Scène (Comp’Act 2000) Tout ce que je dis (Cahiers de l’Egaré, 2007) ; de divers essais, dont Le Théâtre est-il nécessaire ? (Circé 1997), L’Exhibition des mots (Circé 1998), Hypothèses sur l’Europe (Circé 2000), Après la révolution (Belin 2003), Actions et acteurs (Belin 2005), Livraison et délivrance (Belin, 2009); et d’un récit : Un sémite (Circé 2003). Parmi ses dernières mises en scène : Le Banquet de Platon, au Conservatoire (journées de juin 2008), L’Augmentation, de Georges Perec, en chinois à Shanghai (mai-août 2010) et Artaud-Barrault au Théâtre Marigny (octobre 2010). Il est par ailleurs directeur des collections « Expériences philosophiques » aux Editions des Solitaires Intempestifs, et de « Théâtre et philosophie » aux Presses de l’Université Paris-Sorbonne.

Informations pratiques concernant la rencontre et le spectacle

  • L’entrée est libre mais la réservation est souhaitée
  • La rencontre avec Denis Guénoun sera précédée par la présentation de son spectacle « Qu’est-ce que le temps ? (Le Livre XI des Confessions d’Augustin) » à 15h.
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Stanislas Roquette, interprète de "Qu'est-ce que le temps" d'après les Confessions XI de saint Augustin, spectacle de Denis Guénoun

Un classique de la pensée philosophique mis en scène

Les Confessions, de Saint Augustin, sont un des écrits les plus célèbres de la culture occidentale. Augustin y invente le genre de l’autobiographie, et livre des souvenirs bouleversants sur son enfance, sa mère, sa conversion, dans une prose très intense. Mais ce ne sont pas ces aspects qui font la matière du spectacle ici proposé. Dans le Livre XI – un classique de la pensée philosophique –, Augustin pose une question à la fois simple et vertigineuse : Qu’est-ce que le temps ? Il ajoute, dans une formule passée à la postérité : « Si personne ne me le demande, je sais. Si on me le demande et que je veux l’expliquer, je ne sais plus. » Il a semblé que ces pages, à la fois claires et profondes, étaient une étonnante matière pour une expérience théâtrale. Il s’agit en effet, à la fois d’accompagner cet immense penseur dans sa réflexion, et en même temps de donner corps à celle-ci, de ne jamais lâcher le parti-pris de la diction et de la vision les plus concrètes. Le spectacle est construit sur une dramaturgie de la pensée : l’acteur cherche à donner à chaque énoncé sa présence scénique la plus claire, et aussi à passer d’une idée à l’autre, non pas seulement par une déduction mentale, mais par une sorte de chemin physique. On s’appuie pour cela sur la forme très particulière du texte d’Augustin, sans cesse adressé à un interlocuteur exigeant et attentif qui se situe à la fois hors de lui et en lui-même. Cette mise en corps, et en espace, d’une interrogation qui anime un (jeune) homme très ardent, se présente comme un questionnement intense, à la fois violent et drôle – dans la tradition d’une sorte de comique spéculatif, ou de one-man-show théorique, dont les antécédents pourraient être paradoxalement trouvés dans Molière ou Raymond Devos.

Lors de la création aux journées de Brangues 2010, Armelle Héliot a pu écrire dans Le Figaro : « Mis en scène avec finesse par Denis Guénoun, le jeune Stanislas Roquette a fait du livre XI des Confessions de Saint Augustin, traduit par Frédéric Boyer, un éblouissement spirituel et théâtral ! »

Dans le Bulletin de la Société Paul Claudel, Sever Martinot-Lagarde écrit de son côté : « Denis Guénoun présente son étonnante mise en scène du livre XI des Confessions de Saint Augustin. Avec une énergie et une endurance extraordinaires, Stanislas Roquette tient en haleine les spectateurs pendant une heure sur un monologue philosophique long et touffu. Il se livre à un travail magnifique de regards et modulation rythmique des gestes et de la voix. Torturé par sa pensée, enfermé dans ses apories, le comédien donne vie aux interrogations angoissées d’Augustin sur le temps, qu’il a l’art de rendre à la fois comiques et tragiques. »

Lu dans le blog de Denis Guénoun : http://denisguenoun.unblog.fr/


Saint Augustin

Les Aveux

Nouvelle traduction des Confessions

par Frédéric Boyer

P.O.L.

 

Présentation de l’éditeur

 » Ne laisse pas ma part obscure me parler. Je me suis dispersé là-bas. Je suis obscur. Mais là, même là, je t’ai aimé à la folie. Je me suis perdu et je me suis souvenu de toi… Maintenant je reviens vers ta source. En feu. Le souffle coupé. Personne pour m’en empêcher. Je vais la boire. Je vais en vivre. Je ne suis pas ma vie. Je vis mal de moi. J’ai été ma mort.  » Livre XII, 10.

Interpellations, confidences, exhortations, aveux, micro narrations, souvenirs, hymnes, fictions, louanges, analyses exploratoires, déplorations, cris, anathèmes, psaumes, discours, chants…

J’ai voulu, par une nouvelle traduction intégrale du texte d’Augustin, rendre justice à cette véritable odyssée personnelle, à ce voyage intime dans le temps, la mémoire de soi et l’écriture. Augustin révolutionne ainsi la confession antique, détourne la littérature classique, et fait exploser les cadres anciens à l’intérieur desquels nous avons l’habitude de nous réfugier et de penser notre vie.

Pour se procurer Les Aveux : Nouvelle traduction des Confessions par Frédéric Boyer

 

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Philo-Théâtre. Une question simple et abyssale : « qu’est-ce que le temps ? »

Posted by Hervé Moine sur 8 février 2011

Du 10 au 12 février 2011 au Centre dramatique régional de Haute-Normandie / Théâtre des deux rives à Rouen

Qu’est-ce que le temps ?

d’après Le Livre XI des Confessions d’Augustin

mise en scène Denis Guénoun

création / coproduction du Centre dramatique régional de Haute-Normandie / Théâtre des deux rives

– avec Stanislas Roquette

– nouvelle traduction Frédéric Boyer

– direction technique Patrick Delacroix et l’équipe technique du Centre dramatique

Retour aux textes fondateurs dans un monde où les repères vacillent. La question posée est à la fois simple et abyssale : qu’est-ce que le temps ?

Fidèles complices, Denis Guénoun et Stanislas Roquette se de la pensée et son incarnation sur scène. Les Confessions, de Saint Augustin, sont un des écrits les plus célèbres de la culture occidentale. Augustin y invente le genre de l’autobiographie, livre des souvenirs bouleversants sur son enfance, sa mère, sa conversion, dans une prose très intense. Dans un langage contemporain qui restitue toute sa verdeur à la première autobiographie de tous les temps, Frédéric Boyer en propose une remarquable traduction.

À travers les mots, dits, montrés, portés, Denis Guénoun et Stanislas Roquette nous font suivre avec humour le cheminement philosophique de Saint Augustin et donnent corps à sa réflexion. L’épure de cette expérience théâtrale invite à un voyage intime dans le temps et la mémoire de soi.

production Artépo ; coproduction Centre dramatique régional de Haute-Normandie / Théâtre des deux rives, avec l’aide du TNP de Villeurbanne et des Rencontres de Brangues.

Ce spectacle a été présenté en avant-première dans le cadre des Rencontres de Brangues, à l’invitation de Christian Schiaretti.

Les Aveux, nouvelle traduction des Confessions de Saint Augustin (2008, P.O.L) a obtenu le Prix Jules Janin de l’Académie française.

Fichier:AugustineLateran.jpg« Qu’est-ce donc que le temps ? Si personne ne me le demande, je le sais ; mais que je veuille l’expliquer à la demande, je ne le sais pas ! Et pourtant – je le dis en toute confiance – je sais que si rien ne sepassait, il n’y aurait pas de temps passé, et si rien n’advenait, il n’y aurait pas d’avenir, et si rien n’existait, il n’y aurait pas de temps présent.

Mais ces deux temps, passé et avenir, quel est leur mode d’être alors que le passé n’est plus et que l’avenir n’est pas encore ? Quant au présent, s’il était toujours présent sans passer au passé, il ne serait plus le temps mais l’éternité. Si donc le présent, pour être du temps, ne devient tel qu’en passant au passé, quel mode d’être lui reconnaître, puisque sa raison d’être est de cesser d’être, si bien que nous pouvons dire que le temps a l’être seulement parce qu’il tend au néant. […] Enfin, si l’avenir et le passé sont, je veux savoir où ils sont. Si je ne le puis, je sais du moins que, où qu’ils soient, ils n’y sont pas en tant que choses futures ou passées, mais sont choses présentes. Car s’ils y sont, futur il n’y est pas encore, passé il n’y est plus. Où donc qu’ils soient, quels qu’ils soient, ils n’y sont que présents. Quand nous racontons véridiquement le passé, ce qui sort de la mémoire, ce n’est pas la réalité même, la réalité passée, mais des mots, conçus d’après ces images qu’elle a fixées comme des traces dans notre esprit en passant par les sens. Mon enfance par exemple, qui n’est plus, est dans un passé qui n’est plus, mais quand je me la rappelle et la raconte, c’est son image que je vois dans le présent, image présente en ma mémoire.

En va-t-il de même quand on prédit l’avenir ? Les choses qui ne sont pas encore sont-elles pressenties grâce à des images présentes ? Je confesse, mon Dieu, que je ne le sais pas. Mais je sais bien en tout cas que d’ordinaire nous préméditons nos actions futures et que cette préméditation est présente, alors que l’action préméditée n’est pas encore puisqu’elle est à venir. Quand nous l’aurons entreprise, quand nous commencerons d’exécuter notre projet, alors l’action existera mais ne sera plus à venir, mais présente. […]

Il est dès lors évident et clair que ni l’avenir ni le passé ne sont et qu’il est impropre de dire: il y a trois temps, le passé, le présent, l’avenir, mais qu’il serait exact de dire: il y a trois temps, un présent au sujet du passé, un présent au sujet du présent, un présent au sujet de l’avenir. Il y a en effet dans l’âme ces trois instances, et je ne les vois pas ailleurs: un présent relatif au passé, la mémoire, un présent relatif au présent, la perception, un présent relatif à l’avenir, l’attente. Si l’on me permet ces expressions, ce sont bien trois temps que je vois et je conviens qu’il y en a trois ».

Saint Augustin, Confessions (vers 400), trad. E Khodoss, livre XI, § XIV, XVIII et XX.

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Journée d’études sur Cicéron

Posted by Hervé Moine sur 23 janvier 2011

Préparation à l’agrégation de philosophie : CICERON

Journée d’études sur Cicéron

le 31 janvier 2011

à l’EN d’Ulm

Une journée d’études sur Cicéron est organisée dans le cadre de la préparation à l’agrégation de philosophie par Christophe Grellard, David Lefebvre & Carlos Lévy par les Universités de Paris 1, Panthéon-Sorbonne et de Paris-Sorbonne, Paris 4. Cette journée aura lieu lundi 31 janvier 2011 à la salle Dussane de l’Ecole normale supérieure, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris, selon le programme suivant :

  • de 10h à 11h : J.-B. Gourinat du CNRS, Centre Léon Robin : «La querelle de la représentation compréhensive et de la représentation probable dans le Lucullus : un dialogue de sourds ?»
  • de 11h à 12h : S. Husson de Paris-Sorbonne, Paris 4): «Evénement fortuit et destin dans le De natura deorum et le De divinatione de Cicéron»
  • de 12h à 13h : C. Veillard de Paris Ouest Nanterre : «La liberté stoïcienne dans le De fato»
  • de 14h30 à 15h30 : F. Prost de Paris-Sorbonne, Paris 4 : «L’indifférence pyrrhonienne dans la doxographie morale de Cicéron»
  • de 15h30à 16h30 : V. Laurand de Bordeaux 3/IUF : «Ils disent les mêmes choses avec d’autres mots»

Parution aux Presses Universitaires de Paris Sorbonne

Temps et éternité dans l’oeuvre philosophique de Cicéron de Sabine Luciani

Cicéron est-il un penseur du temps ?

Cette interrogation conduit à une interprétation d’ensemble de l’œuvre philosophique de l’écrivain, envisagée non comme une compilation de sources disparates, mais en termes de cohérence et d’unité. L’enjeu est de taille : il s’agit d’éclairer la pensée complexe et foisonnante du plus grand auteur de la République romaine en référence auxTusculanes, qui représentent le couronnement de son œuvre et l’aboutissement de sa réflexion sur la notion de sujet.

À partir d’une minutieuse analyse structurale, lexicale et stylistique, cette étude montre notamment que l’expérience du temps, qui représente un élément constitutif de l’anthropologie cicéronienne, favorise l’émergence d’une philosophie de l’existence et permet de comprendre comment Cicéron reçoit et interprète, voire modifie, les différentes conceptions antiques du temps, en particulier celles héritées du platonisme, du stoïcisme et de l’épicurisme ; ce faisant, il se fait le passeur à Rome des notions philosophiques grecques et marque de son influence, jusqu’à nos jours, leur réception.

L’auteur : Sabine Luciani

Professeur de langue et littérature latines à l’université Stendhal-Grenoble III, Sabine Luciani est spécialiste de philosophie hellénistique et romaine. Elle est l’auteur de L’Éclair immobile dans la plaine. Philosophie et poétique du temps chez Lucrèce(Peeters, 2000) et de l’édition du De opificio Dei de Lactance, en collaboration avec B. Bakhouche (Brepols, 2009).

Pour se procurer l’ouvrage de Sabine Luciani : Temps et éternité dans l’oeuvre philosophique de Cicéron

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13ème édition des semaines européennes de la philosophie

Posted by Hervé Moine sur 16 octobre 2009

En novembre prochain, pour la treizième année consécutive, se tiendront, à Lille et dans la région Nord,  les semaines européennes de la Philosophie.

citéphilo usages du temps

Depuis sa création, l’idée de  « Citéphilo » est de sortir la philo de l’université et son cénacle et de la conduire dans la cité : Lille en l’occurrence mais aussi Arras, Roubaix ou Armentières.

Une centaine de débats, tables-rondes mais aussi d’expositions, de projections de films ou de lectures sont ainsi organisées, cette année en particulier autour de deux thématiques : les « usages du temps » et la ville de Berlin.
Afin de définir ces usages possibles, contraints ou libres du temps dans la société, ainsi que leurs évolutions, les diverses rencontres de cette manifestation balaient une multiplicité de champs.

En vous rendant sur le site de Cité Philo vous pourrez connaître le programme de ces semaines consacrées à la philosophie :

http://www.citephilo.org/

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