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Journées d’étude. « Tolérance, liberté de conscience, laïcité : Quelle place pour l’athéisme ? »

Posted by Hervé Moine sur 13 janvier 2015

tolérance et athéismeJournées d’étude « Tolérance, liberté de conscience, laïcité Quelle place pour l’athéisme ? » du 21 au 23 janvier 2015, Université de Paris 8 Salle D002 et G-2 2 rue de la liberté à Saint-Denis

Organisées par l’Université Paris 8 et le Laboratoire sur les logiques contemporaines de la philosophie, l’Institut d’histoire de la pensée classique (UMR 5037) et l’Université de Lyon (Labex COMOD – Constitution de la modernité).

Elles auront lieu les mercredi 21, jeudi 22 et vendredi 23 janvier 2015 à l’Université Paris 8.

Ces journées d’étude porteront sur la manière dont les philosophies du XVIIe, du XVIIIe et du XIXe siècles envisagent l’idée d’un fondement théologique de l’Etat et la coexistence des différentes croyances en son sein. Elles se centreront sur la question de l’athéisme et sur la manière dont sa place est envisagée dans les différents régimes politiques de cohabitation des options spirituelles et philosophiques. Elles envisageront notamment les différentes hypothèses ouvertes par les concepts de tolérance, de liberté de conscience et de laïcité.

Mercredi 21 janvier 2015 

Ouverture : Louise Ferté, Lucie Rey, Patrice Vermeren

  • Nicole Gengoux, CERPHI : L’athéisme au 17e siècle : une aporie morale ou politique ? La naissance douloureuse de l’idée de tolérance dans le Theophrastus redivivus
  • Antony McKenna, UMR 5037, Université Jean Monnet Saint-Étienne : Rationalisme, tolérance et liberté de penser chez Bayle
  • Jacques-Louis Lantoine, CERPHI : Tolérer pour tenir en respect ? La défense de la liberté de philosopher chez Spinoza

Jeudi 22 janvier 2015 

  • Julie Saada, Université d’Artois : Politique de l’immanence ? Les ambivalences du sujet chez Hobbes
  • Alain Sandrier, CSLF, Université Paris Ouest Nanterre : Tolérer (par) l’athéisme : les leçons de d’Holbach
  • Bertrand Ogilvie, LLCP, Université Paris 8 : L’athéisme est-il une position politique ?
  • Fabienne Brugere, LLCP, Université Paris 8 : Le spectre de  l’athéisme dans les Lumières radicales. Le monde peut-il être encore harmonieux ?
  • Francine Markovits, Université Paris 10 : Figures de l’athéisme
  • Sophie Wahnich, CNRS : Quelle place pour l’athéisme après le décret du 18 floréal an II sur l’être suprême ?
  • Frédéric Brahami, Logique de l’agir, Université de Besançon : Comte, une religion sans Dieu ?

Vendredi 23 janvier 2015 

  • Lucie Rey, Labex COMOD, Université de Lyon : Le 19e siècle lecteur du 18e : Le socialisme de P. Leroux contre l’athéisme moral ?
  • Georges Navet, LLCP, Université Paris 8 : L’antithéisme de P.J. Proudhon
  • Louise Ferté, UMR 5037, Université Jean Monnet Saint-Etienne : La critique de la société d’athées chez Edgar Quinet
  • Jacqueline Lalouette, IRHIS, Université Lille 3 : Sur la laïcité républicaine – Ferry-Bert-Buisson-Bourneville-Combes-Jaurès
  • Juliette Grange, LIRE, Université Rabelais de Tours : Organiser l’humanité sans dieu et sans roi ?
Clôture des journées : Patrice Vermeren, LLCP, Université Paris 8 : Qu’est-ce qu’un miracle ?

Comité d’organisation

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Que peut la philosophie face à la colère des exclus ?

Posted by Hervé Moine sur 5 novembre 2011

Le philosophe et les SDF

Article d’Isabelle Castéria paru dans Sud-Ouest du samedi 5 novembre 2011

http://www.sudouest.fr/2011/11/05/le-philosophe-et-les-sdf

Jeudi soir, à la fac Montesquieu, la conférence sur l’exclusion a ouvert la parole aux exclus.Vies ordinaires, vies précaires

 Les SDF ont échangé hier soir avec le philosophe Guillaume le Blanc sur la souffrance de la rue.  L T.

Les SDF ont échangé hier soir avec le philosophe Guillaume le Blanc sur la souffrance de la rue. L T.

Les SDF ont échangé hier soir avec le philosophe Guillaume le Blanc sur la souffrance de la rue. L T.

Une rencontre d’intellos. A priori. Des intellectuels fort intelligents qui pensent la fragilité sociale, la nôtre, celle des exclus, qu’ils soient SDF, sans papiers, sans voix. Jeudi soir, l’amphithéâtre Duguit de Bordeaux 4, place Pey-Berland était bondé. Il fallait s’asseoir par terre faute de sièges, pour écouter le philosophe bordelais Guillaume le Blanc prendre la parole à la place de ceux qui ne l’ont plus.

Les discours didactiques, pourtant fort opportuns et emplis d’empathie, n’ont visiblement pas convaincu la petite poignée « d’exclus » qui se sont invités à la soirée, organisée par le collectif Les Bruits de la rue. En préambule à la conférence dite dialoguée, une vidéo a été projetée qui met en présence des personnes en situation de grande précarité. « On ne connaît pas notre chance d’avoir un toit sur la tête », dit l’un. « On dérange la société », lâche l’autre. « Moi, admet une jeune femme, j’ai toujours peur d’être jugée : pas assez propre, pas assez belle. » Encore un : « On envoie de l’argent en Grèce et nous en France ? Les nécessiteux ? » ou : « Je suis toujours en train de fouiller en moi, pour chercher une qualité. »

Sortir des poncifs

Guillaume le Blanc, auteur de plusieurs ouvrages sur la question sociale, remarque la diversité des personnalités qui s’expriment, laquelle donne plusieurs approches de la précarité. « Une voix, une vie, commente-t-il. Chaque vie a sa stratégie propre. Les paroles ne se laissent pas enfermer dans une logique sociologique. Cela rend la tâche modeste, je ne vous dirai pas ce que sont les vies fragilisées. Prendre soin des exclus, c’est chercher au-delà du côté spectaculaire de la mise en scène médiatique, à les accompagner au quotidien. »

Sortir des poncifs qui entourent l’image du SDF, éviter les lieux communs pour tenter une réflexion plus vaste. Les hommes qui sont intervenus en fin de soirée, ont demandé le micro. Ils étaient en fond de salle et n’ont pas bronché pendant deux heures, attendant leur tour. Le micro a tremblé. « Ce serait pour poser une question au philosophe, a lancé le premier. Êtes-vous allé rencontrer vraiment les gens dans la rue ? » Guillaume le Blanc est visiblement sensible au ton réprobateur. Il fait remarquer : « Vous avez l’air en colère ? » « Oui je suis en colère ! Je sais pas pourquoi, enfin si », a répondu son interlocuteur. « J’ai posé un diagnostic certes, a repris le philosophe, mais mon propos est forcément aléatoire. »

« Eh bien moi, ajoute une autre voix dans le public, j’aimerais bien pouvoir discuter avec des gens comme vous. Ce soir, alors qu’on est tous là bien au chaud, il y a 150 personnes qui dormiront dehors dans les rues de Bordeaux. Je suis un SDF et je parle en leur nom ! »

Une dame prend le relais : « Monsieur le philosophe, êtes-vous allé dans les structures offrir votre livre aux exclus, qui n’ont pas les moyens de se le payer ? »

Guillaume le Blanc : « Je ne suis pas la bonne parole. Oui je rencontre des gens sur le terrain, je discute, j’écoute, je veux maintenir l’échange. Votre colère est légitime… » Mais.

Mais, le discours forcément se heurte au réel. Et même si le discours est bienveillant, intelligent, porteur d’espoirs et de leçons, puisqu’il parle de tolérance, de soutien et de prise en compte de l’autre comme un égal, il n’est qu’un discours. Des mots face à des personnes qui souffrent, vivent la mise à l’écart de la société comme un rejet viscéral. « Vous dites prendre soin, vous parlez de nous comme si nous étions malades ! », tonne un auditeur. « Prendre soin n’est pas à prendre au sens médical, il s’agit d’accompagnement », plaide Guillaume le Blanc.

Guillaume Le Blanc

Vies ordinaires

Vies précaires

aux éditions du Seuil

Collection : la couleur des idées

Présentation de l’ouvrage

Banalisée, inscrite désormais dans le décor de notre quotidien, la précarité bouleverse notre rapport aux normes sociales.

Sait-on simplement aujourd’hui ce qui distingue une vie ordinaire d’une vie précaire ? A-t-on seulement noté que les chômeurs, les surnuméraires, les inutiles, cette armée de sans-voix, s’inventent une nouvelle langue à laquelle nous restons sourds ?

Si la philosophie peut espérer contribuer à la critique sociale, il lui revient de traduire ces expériences d’inexistence et de redonner droit de cité à ces voix discordantes, participant ainsi à la construction d’une  » société décente « .

Non point un programme, mais une exigence : parce que les voix des précaires sont l’ultime voix de la démocratie, leur faire une place dans le bruit ordinaire de nos vies.

Se procurer l’ouvrage de Guillaume Le Blanc Vies ordinaires, vies précaires

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